Un film de gangsters signé Jules Dassin, ici dans sa période française. Si l’histoire du casse n’est pas follement originale, l’ambiance devient vite prenante, notamment grâce à la très belle photographie de Philippe Agostini, qui met en valeur l’atmosphère grise et pluvieuse des rues de Paris. Quant à la scène de cambriolage en soit, quasi silencieuse, c’est le grand moment de mise en scène du film, une vraie leçon de cinéma. A noter également la présence amusante d’un Robert Hossein débutant dans le rôle d’une petite frappe.
Noir, c'est noir, y a plus d'aspoir. Cette petite phrase incarne parfaitement le ton de ce "Rififi chez les hommes", sorte de classique parmi les classiques du film noir. Car au-delà d'une histoire on ne peut plus classique (pour ne pas dire légèrement prévisible), c'est avant tout la mise en scène somptueuse de Jules Dassin qui donne toute sa dimension au film. Elégante, raffiné et d'une subtilité de tous les instants, cette dernière permet au film de se faire proche du transcendant parfois, surtout que quelques scènes restent longtemps gravés dans les mémoires (la scène du casse bien sur, de la chanson dans le cabaret mais également la fuite en voiture à la toute fin). De plus, c'est ce mélange assez extraordinaire des genres qui se fait également des plus attrayants à nos yeux, Dassin réussissant en quelques instants à nous faire passer du polar anglais au pur policier à la française, tout en évoquant régulièrement le film noir à l'américaine (dont il fût bien entendu l'un des maîtres incontestés). Qui plus est servi par des acteurs des plus convaincants et un rythme presque endiablé, il est donc peu dire que ce "Rififi chez les hommes" est à découvrir absolument, au risque de se priver d'un véritable bijou du septième art. Immanquable.
5 ans après "Night and the city" ,son chef d'oeuvre, Jules Dassin réalise le premier de ses deux films français, qui pourrait s'appeler Fog and the city , tant le brouillard n'abandonne jamais Paris.
La mode du film noir débute en France et Jules Dassin va satisfaire les envies des spectateurs , en leur décrivant un hold up, sa préparation, son déroulement et son dénouement. La chose est alors nouvelle en France et a sans doute captivé les âmes. Pour moi, le film tourne à la litanie , avec des scènes interminables, revues depuis 100 fois avec d'autres technologies de systèmes d'alarme, tout aussi assommantes. Les psychologies des personnages sont plutôt épaisses , avec , dans l'esprit de l'époque, les truands avec honneur et ceux d'en face, brutaux et sans pitié
Pourtant ce film a une vraie qualité , celle d'avoir mis le studio à la portion congrue et au revers de cette époque (1955), d'avoir tourné beaucoup en extérieurs. les trois dernières minutes du film sont remarquables, avec ce trajet Saint Remy /paris 20 èmè, extraordinairement découpé, un montage hallucinant , pétri d'exactitude (on passe par la N307, boulogne, ...), et cette sèrie de prises de vues de 2 secondes dans cette traversée fatale d'ouest en est de Paris, est du cinema de haut vol. Enfin, il y a le regard de la mère de l'enfant (jouée par Jeanine Darcey, l'actrice d'Entrée des artistes) sans reconnaissance pour les hommes morts , même dédaigneuse, indifférente à l'argent et qui va s'enfermer avec son fils retrouvé dans son logement modeste. Elle assumera sa vie future de mère seule quoiqu'il arriveet sans riffifi. La vrai dure c'est elle
Très bonne scène de casse dans la banque... J'ai aussi bien aimé le parler parisien des années cinquante, mais par contre je ne trouve pas très crédible ni très bons les acteurs de ce film, loin des Gabin ou Ventura.
un film de casse d'une bijouterie et de guerre entre gangsters qui date un peu, mais globalement bien ficelé, avec en arrière-plan, un Paris des années 50 qui suscite la nostalgie. La bande son de la version TV est de bien piètre qualité, notamment pour ma voix de Jean Servais, souvent inaudible.
2229 Du rififi chez les hommes 1954/115’ Réalisé par Jules Dassin
Ma note 5 *
Les films policiers français de cette qualité sont rares. Celui-ci a en plus l’avantage d’avoir été tourné par un américain spécialiste des films ‘’noirs’’. Avec Paris comme toile de fond en plus. Il ne faut pas bouder notre plaisir. La mise en scène est si réussie que 30 minutes muettes environ passent sans que l’on s’en rende compte. Quant au reste, c’est une leçon de cinéma : pas un seul plan n’est laissé au hasard et le travail se voit, le déroulement de l’histoire se fait autant dans la forme que dans le fond signé Auguste Lebreton. Évidemment, en 1954 nous sommes dans le symbolisme, le réalisme passant par l’art cinématographique primant tout. De plus l’histoire est enfantine, des gentils comme la bande au stéphanois cela n’existe pas. Aucune importance, on sort meurtri mais heureux de ce film du temps jadis empli de morceaux d’anthologie (la raclée de Louise, le cambriolage, la chanson de Viviane, le retour St Rémy les Chevreuses/Paris) Qui connait aujourd’hui Jean Servais ?
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4,0
Publiée le 28 octobre 2010
L'èvènement du cinèma policier français des annèes 50 est la redècouverte du milieu! Milieu avec le brillantissime "Du rififi chez les hommes" de Jules Dassin d'après Auguste Le Breton! Cette fois, les vrais hommes sont de retour avec code d'honneur et autres fariboles! Ce polar pur et dur est connu surtout pour sa sèquence de cambriolage virtuose (le mythique parapluie qui permet de rècupèrer les gravats du plafond) et sans parole! Une sèquence d'anthologie qui dure vingt-cinq minutes montre en main, qu'on pourrait qualifier de muette, pour un morceau de bravoure à couper le souffle qui n'a jamais ètè rééditée par la suite! Visage ravagè, Jean Servais, acteur bien oubliè aujourd'hui, trouve là son plus beau rôle au cinèma dans ce grand classique qui a rèvolutionnè le genre en France...
On a rarement la chance de voir des films noirs français et ici c'est une réussite en plus. Les scènes du braquage sont grandioses un silence de 20 minutes, le travail minutieux des acteurs (enfin des personnages) vaut vraiment le coup d'oeil. Ensuite arrive le suspense, le scénario devient plus retors et la séquence finale avec le personnage de Jean Servais qui reconduit son neveu chez lui est très bien monter (un peu à la Godard avant l'heure).
Le chef d'oeuvre du film noir français. Si bien réalisé qu'on croirait un instant à un film noir américain. La réalisation du plus américain des français, Jules Dassin, y est pour beaucoup. Le cinéaste est parfait, respectant les codes du genre à la virgule près, et le comédien est tout bonnement exceptionnel. Une des plus grandes interprétations pour un acteur français! Splendide.
Le film est intéressant parce que c’est un des premiers exemples de polar avec un braquage compliqué et une certaine tendance autodestructive parmi les délinquants, due a leur agressivité et avidité. Comme l’annonce le titre c’est une histoire d’hommes et les personnages féminins sont à peine plus valorisés que des objets, utilisés selon les besoins des dominants. La dramatisation est un peu grossière et les acteurs un peu vieux pour leurs rôles. En toile de fond, on voit un Paris désert et assez pauvre qui met en évidence les cicatrices encore visibles de la guerre et j'aime ces images documentaires en noir et blanc de rues désertes et de grosses voitures. Cependant à mon avis c’est un film qui a vieilli et que d’un point de vue actuel on peut trouver un peu limité. J’ai lu que François Truffaut aimait ce film et c’est un mystère pour moi, parce que le style rude de Dassin était particulièrement détesté par les jeunes furieux de la Nouvelle Vague.
Le positif et le négatif s'équilibrent dans ce film noir légèrement surcôté. Au crédit du film la longue scène de casse quasiment documentaire; la photographie, une merveille. Quelques très beaux moments de mise en scène à retenir aussi : notamment la course de la mère de Tonio au palais Royal. Au débit, des dialogues très plats, des seconds rôles caricaturaux et un héros touchant mais avec une carrure de poids mouche. Un très net cran au dessous de Touchez pas au Grisbi.
Du rififi chez les hommes réalisé par l'américain Jules Dassin (père du chanteur Joe Dassin) est pourtant bel et bien un polar français dans la mouvance des productions du genre de l'époque. Un film de gangsters qui préparent un casse d'une bijouterie, la scène en question qui se situe au milieu du film est assez impressionnante et garde encore de son impact de nos jours, pour peu que l'on soit sensible à ce genre de scènes durant de longues minutes et sans aucune parole. C'est vraiment bien mené du début à la fin, niveau acteurs c'est dans l'ensemble bien joué, le casting ne comporte par vraiment des grandes vedettes mais Jean Servais dans le rôle principal est convaincant en vétéran du vol. Un jeune Robert Hossein y apparaît en camé. Quelques personnages féminins aussi, qui sont un peu les faire-valoir des hommes, Magali Noël est dévolue à une scène chantante dans un cabaret, passage peu passionnant et manquant de sensualité. Le derniers tiers durant lequel les cambrioleurs sont à leur tour victimes de voyous plus dangereux qu'eux est prenant. C'est un polar français d'un bon niveau, d'une qualité appréciable et on retrouve l'ambiance parisienne des années 50, sans oublier l'argot qui va avec, et aussi des gangsters qui ont une certaine allure, presque tous vêtus d'un costard/cravate même lors du casse.
Lors de son séjour à Hollywood, Jules Dassin avait porté à son actif deux films noirs de premier plan (« Les bas-fonds de Frisco » en 1949 et « Les forbans de la nuit » en 1950). Il transpose son univers en France après avoir fui le maccarthysme. S’il conserve tous les archétypes du genre, « Du rififi chez les hommes » n’atteint jamais la perfection des films américains des films précités pour ne pas parler des chefs d’œuvre de Preminger, Lang, Wilder ou Siodmak. Le manque de moyens y est certainement pour quelque chose. Notamment la distribution de second plan qui plombe un peu l’action, particulièrement Robert Manuel ou Robert Hossein qui en font des tonnes. Seul Jean Servais toujours sobre et parfait avec sa voix métallique s’impose en gangster qui à peine sorti de prison, replonge. Cette donnée est pressentie dès les premières images. Cet homme-là rongé par ce qui semble être une mauvaise tuberculose attrapée au ballon n’ira pas très loin, on en est sûr. La question est donc de savoir quand, comment et pourquoi il va replonger ? La réponse plutôt prévisible arrive assez vite. Sa dulcinée (Marie Sabouret) a dû se recaser pendant sa longue absence et cette nouvelle ne peut qu’inciter Tony le Stéphanois (Jean Servais) à accepter le gros coup qu’on lui propose pour tenter de la reconquérir. Il s’agira de cambrioler une célèbre joaillerie munie des derniers dispositifs en matière de sécurité. On assiste alors pendant un long moment aux préparatifs puis à la réalisation du hold-up. Malgré les moyens un peu dérisoires déployés par Tony et sa bande au sein de laquelle figure un Jules Dassin assez peu crédible en italien perceur de coffres-forts, cette partie sans parole est plutôt réjouissante. La fin du film dès lors peut arriver, relevant plutôt d’une veine réaliste chère à Jules Dassin. Très bon film valant surtout par son étude de caractères et sa description d’un Paris d’après-guerre encore parfois miséreux mais qui ne mérite tout de même pas le statut de film culte que certains veulent parfois lui attribuer.
Exilé en France pour cause de maccarthysme, Jules Dassin met en scène un petit bijou de film noir à l’ancienne, avec la célèbre scène muette et longue de 20 minutes du casse de la bijouterie, porté par une excellente interprétation.