Le Juge et l'Assassin
Note moyenne
4,0
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148 critiques spectateurs

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Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2014
Un film somme, tant les sujets abordés sont nombreux. Film traitant de l arrestation d un tueur en série a la fin du 19 e siècle et de ses entretiens avec le juge d instruction qui enquête sur son affaire. Le personnage de l assassin joué par un remarquable Michel Galabru, militaire remercié de l armée car ayant "trop travaillé" se retrouve isolé rejeté par une société qui l a aliénée et qui ne veut plus le voir (à ce titre le film est d une modernité et d une actualité remarquable), mais il n est pas qu une victime car l on voit aussi chez lui sous sa folie son côté manipulateur et vicieux. Face à lui Philippe Noiret représente les institutions et le lien existant entre la justice et la politique, le fait qu il voit dans l affaire une possibilité d avancement, sa quête de la vérité au mépris de tous les dégâts que cela peut engendrer (la méfiance qui colle auprès des suspects qui ont été relâchés).On voit également Jean Claude Brialy remarquable qui représente une vieille France royaliste .A côté de cela on évoque aussi une France tiraillée entre la contestation sociale, l église, l'affaire Dreyffus... J ai trouvé ce film vraiment fort digne de certaines œuvres de Zola dont il se fait l écho.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2019
A la toute fin du 19ème siècle, un vagabond viole et tue des bergers et jeunes filles dans la France rurale. Il se fait arrêter grâce aux efforts d'un juge, qui profitera de cette affaire pour tenter de faire avancer sa carrière. Bertrand Tavernier s'inspire d'une vraie affaire criminelle pour nous livrer ce film aussi profond que riche. Profond car le portrait livré des deux protagonistes est amer et social. Michel Galabru, sans doute dans son plus grand rôle, délaisse les prestations comiques pour incarner ce tueur fou et violent, parfois poète, anarchiste mais bigot, à l'air hagard, et qui rend le système responsable de sa condition. Philippe Noiret est quant à lui excellent en juge au départ pointilleux, qui adopte rapidement des méthodes discutables (manipulations de prisonnier, utilisation des médias, politisation de son affaire...) pour son prestige, et qui ne vaut finalement pas beaucoup plus que son prisonnier... A travers ce duel, Tavernier en profite pour dépeindre les inégalités sociales criantes (vagabond et France rurale vivant dans la pauvreté, ouvriers aux conditions difficiles, classe aisée totalement déconnectée...), et le climat détestable d'une France en pleine affaire Dreyfus, où l'anti-sémitisme et l'intolérance règne. Le tout sur fond de paysages naturels et montagneux de l'Ardèche, qui renforcent l'ambiance rude du film.
Pierre Augustin
Pierre Augustin

23 abonnés 202 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mars 2021
Film assez inégal, le début est le milieu sont intéressants, une fois que Bouvier est capturé ça devient presque interminable... Sans compter des passages assez inutiles avec des chansons dont on ne comprend pas grand chose et qui ralentissent encore plus... Je ne sais pas si c'est lié à l'âge du film ou le réalisateur mais ça ne prend pas trop...
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2014
Un film original qui repose avant tout sur ses acteurs. Tavernier met en scène un thriller/drame psychologique situé à la fin du 19ème, ce qui lui offre la possibilité de relater une France divisée, au bord de la rupture en pleine époque Dreyfus. Le cinéaste glisse donc tout un tas d'allusions et inscrit son scénario dans la grande histoire. Le tout est souvent assez malhabile, manichéen et un peu pataud. on aurait aimé un peu plus de finesse pour dénoncer la montée de l'antisémitisme et des nationalismes et les répressions sanglantes des premiers mouvements sociaux. Heureusement, le film est sauvé par l'interprétation magistrale de Noiret et Galabru. L'affrontement entre ces deux personnages est assez fascinant et se fait l'écho de cette plaie béante qui naît entre deux parties de la France. Au final, il ne se passe pas grand chose dans le film, mais le tout reste assez maîtrisé.
SebD31
SebD31

102 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 juillet 2009
Galabru signe une performance exceptionnelle et inquiète le spectateur dans cet immense film. Un chef-d'oeuvre.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2013
Pour son troisième long-métrage (après L'Horloger de Saint-Paul et Que la fête commence), Bertrand Tavernier reprend une célèbre affaire criminelle de la fin du XIXe siècle (l'affaire Vacher). Il l'aborde moins sous l'angle du polar/thriller que sous l'angle de la chronique sociopolitique. En toile de fond historique : l'affaire Dreyfus, la puissance de la bourgeoisie, la montée du socialisme. Le réalisateur jongle aussi avec des questions juridiques et morales (le criminel est-il fou ou responsable de ses actes ?) et se livre à une étude de moeurs par le biais de la confrontation entre les deux personnages principaux. Une relation ambiguë. Tavernier brouille habilement les cartes : on ne sait pas qui est le plus méprisable. L'assassin, "anarchiste de Dieu", pauvre diable meurtrier ? Ou le juge, vicieux, assoiffé de reconnaissance et de gloire ? Au final : un drame plus intelligent que viscéral, un traitement thématique original et pertinent, une forme classique.
Michael
Michael

25 abonnés 550 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2020
Un film qui a tout pour être un grand film. Un Galabru excellent à contre emploi dans le rôle d un tueur en série violeur d enfants de 12 à 16 ans selon les dires du juge avec en face de lui Noiret en juge prêt à jouer la sympathie pour mieux le confondre.
Le film pouvait donc parler de la folie réelle ou jouée par Bouvier de sa responsabilité de la peine de mort....
Mais au bout d une heure là mécanique s enrayé on quitte le sujet qui est pourtant une histoire vraie comme si Tavernier n en avait plus rien à en dire pour s étendre un peu plus sur la commune ou l affaire Dreyfus les 5 dernières minutes se passent sans les personnages principaux et l on voit juste la commune et C est la qu une comparaison hasardeuse et pour le moins choquante est effectuée puisqu on y prend que durant la période où Bouvier(Vacher) dans la realite) à commis 12 meurtres d enfants 2500 enfants sont morts dans les mines assassinés. Si le travail des enfants est effectivement abject et est une abbération je trouve cette phrase abberante car on s en sert pour amoindrir la culpabilité d un pédophile dont les actes sont également abjectes. Cette fin que Tavernier nous impose ne rend en aucun cas hommage à l excellent travail de ses comédiens
Sonia K.
Sonia K.

22 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2016
Film brillamment interprété même si Galabru force un peu son jeu, comme à son habitude. Le film met en lumière le caractère politique de la justice: Joseph Bouvier n' a aucune chance de s' en sortir puisqu' il est pauvre (dixit Villedieu, interprété par Brially). Excellent tableau d' une bourgeoisie imbue d' elle même, arriviste, vulgaire, inculte, opportuniste et criminelle.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2016
Hommage à Galabru impose à voir le seul bon film de sa carrière. Lui, modeste, ne comprit pas pourquoi il obtint le César de meilleur acteur et considéra que tout le mérite revenait à Tavernier.
Exploitation d’un fait divers de la fin du XIXème siècle, cette histoire de serial killer français à demi dément est l’occasion pour Tavernier de brocarder la bourgeoisie de l’époque campée sur un espoir d’immobilisme de classe qui l’arrange bien en pleine crise Dreyfusarde. La CGT venait aussi de naître, les ouvriers commençaient à s’unir pour refuser l’establishment ; une nouvelle donne faisait jour.
Tavernier, metteur en scène de talent, maitrise parfaitement les films en costume et la plongée dans une époque. Là, il met en face à face un déséquilibré et un juge symbole de l’ordre social. Le souhait de maintenir cet ordre dépasse, pour le juge, les nouveaux droits des accusés quant à leur assistance d’un avocat et les expertises psychiatriques. La mission que le juge se délègue est donc tout autant juridique que politique. Le pouvoir ne doit montrer aucune faiblesse. Eliminer les ennemis de classe, les révolutionnaires et les dreyfusards passe par la peine de mort, la répression ouvrière, et le colonialisme. La bourgeoisie a tous les pouvoirs et compte bien les conserver longtemps. Ce juge incarne cette bourgeoisie arrogante. Désireuse de statut quo, elle en est insensible.
Tavernier livre donc un film profondément humaniste légitimant les combats contre les ordres établis. Son film est donc à ce titre intemporel. Bouvier, l’assassin, est filmé dans les montagnes ardéchoises en plan large ; Tavernier montre son incapacité à s’intégrer dans ce monde qui lui est hostile. Tandis que le début du film nous révèle un Bouvier antipathique, monstrueux même, qui n’inspire guère l’indulgence ; et un juge d’instruction intègre, compétent et impartial ; une inversion s’opère à la fin ou, tout au moins, le juge Rousseau dévoile ses propres failles et errements professionnels (dans sa quête d'une médiatisation et d'une décoration à tout prix) et personnels (ses relations de quasi couple avec sa mère et de domination avec sa maîtresse Rose / Isabelle Huppert). Il apparait alors comme le représentant d’une société violente et injuste. Bouvier réclame d’être soigné et non jugé ; il invoque l’irresponsabilité pénale pour cause de démence, mais elle ne lui sera pas accordée. Dans le débat qui anime la France à l’époque autour de la peine de mort, ce film a posé sa petite pierre militante.
En effet ce film pose un nombre important de questions : la responsabilité pénale des personnes atteintes d’un trouble mental (peut-on condamner un fou ?) ; le sort judiciaire réservé aux pédophiles (bien que le mot ne soit jamais employé dans le film) ; les conditions de détention des criminels ; le rôle de la presse et le secret (non préservé) de l’instruction ; les crimes sexuels commis par les prêtres de l’Eglise catholique (l’accusé prétendant avoir été victime - à l’âge de seize ans - d’un viol commis par un prêtre mariste) … Au-delà de ces points particuliers, ce film pose des questions fondamentales concernant la repentance, la légitimité de l’acte de juger, le juste châtiment …
Et puis le casting avec un Noiret égale à lui-même et un Galabru capable de se défigurer ; de passer d’une gouaille enfantine avec ses yeux rusés à des éclats de colère soudain, noirs et inquiétants assure un numéro de duettiste de haute volée.
Et puis le film se clos sur un panneau hyper militant de Tavernier qui fit grincer quelques dents ; rappelant que les victimes de Bouvier ne doivent pas occulter celles, infiniment plus nombreuses, que la société a engendrée. Juste que dans les deux cas, ce sont des enfants de classe très défavorisés qui étaient concernés. C’était alors peut être une maladresse.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2021
Film sur la responsabilité en matière pénale, sur la justice de classe à la fin du 19eme siècle, sur les ambitions , les ambigüités et les faiblesses des notables (procureur, juge d'instruction, expert psychiatrique) d'une petite ville de province ( Privas en Ardèche). Remarquable mise en scène de Bertrand Tavernier et magistrale interprétation des acteurs. Un salut particulier à Michel Galabru, en ancien militaire vagabond, anarchiste, mystique, violeur, assassin et fou qui révèle ici la force d'un extraordinaire talent trop souvent sous exploité par la suite. Respect habituel pour Philippe Noiret (juge d'instruction), Isabelle Hupert (maitresse du juge) et Jean-Claude Brialy(procureur désabusé et homosexuel), qui sont parfaits dans leurs rôles respectifs.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 avril 2021
Ce que je veux retenir de ce film c'est l'interprétation magistrale de M. Galabru.
Le face à face avec P. Noiret est intéressant lui aussi car il scelle le film mais Galabru réalise dans ce film une très belle performance.
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2018
Grand film de Tavernier entre un juge et un assassin sur fond de lutte sociale très marquée à la fin du XIX siècle. Galabru est remarquable et perce l'écran à chaque apparition et Noiret est bien fidèle à son habitude. L'assassin qui se disait une victime des bourgeois et des prêtres a commis 12 meurtres atroces de jeunes bergères durant son périple dans la campagne française mais peut on les comparer au 2500 enfants morts dans les mines et autres usines durant la même période ....
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2010
il vaut mieux tard que jamais pour déguster ce face à face digne de Garde à vue; Galabru est épatant face à Noiret. Ambiance de la France antisémite, paysanne et pas encore sortie du joug victorien de l'eglise.
le juge qui vit chez sa mère est-il plus libéré que l'assassin en série, violé jeune? La fin qui esquisse l'affrontement avec la classe ouvrière est bien situé dans l'époque mais est en décalage avec le thème principal. Petit role de la jeune Huppert
TV 1 - mai
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2016
Le film où Galabru écrase Noiret. Le rôle qui le veut certes, mais encore, il domine tout. Il est déchaîné à chaque scène. Le mort de faim de la scène bouffe littéralement l'écran. Et ce n'est pas un vain compliment. Il n'est pas effrayant mais épatant. Il m'a fait hurler de rire avec son compère de Funès, il tire sa révérence en ce début 2016, Arte lui fait un beau cadeau. Tchao, Grand monsieur.
TCovert
TCovert

102 abonnés 383 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2010
Galabru et Noiret trouvent dans Le Juge et L’assassin des beaux rôles qu’ils interprètent à merveille mais qui finalement font aussi tenir le film sur leurs épaules. En effet si le scénario promettait, le film ne décolle jamais vraiment et on reste sur notre fin devant cette histoire un peu brouillon. Là ou on pense qu’on va enfin voir s’approfondir la relation juge-assassin le film ne fait que l’évoquer, on passe à côté. On comprends mal le message que Tavernier a voulu nous faire passer et la fin pseudo-socialiste arrive comme un cheveu sur la soupe. Bref si il vous faut une raison pour voir ce film c’est pour la performance des deux têtes d’affiche, mais globalement on reste sur notre faim.
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