Le Juge et l'Assassin
Note moyenne
4,0
1455 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

149 critiques spectateurs

5
32 critiques
4
55 critiques
3
38 critiques
2
18 critiques
1
4 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
dougray
dougray

274 abonnés 1 904 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 août 2017
Bien qu’il soit porté aux nues par les critiques et considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de son réalisateur Bertrand Tavernier, "Le juge et l’assassin" m’a un peu laissé sur la faim. Non pas que le film m’ait déplu ! Mais je trouve qu’il souffre d’un certain nombre de défauts trop souvent oublié lorsqu’on l’évoque et qui l’empêche, à mon sens, d’être totalement réussi. Certes, on retient, à juste titre, le numéro des deux interprètes principaux, à savoir Michel Galabru en assassin fou à lier (qui recevra son seul César à cette occasion) et Philippe Noiret en juge ambitieux. Galabru est effectivement bluffant car il parvient à casser son image (tellement réductrice et injuste pour cet acteur merveilleux) de comique ringard sans, pour autant, renier son jeu habituel. On retrouve, ainsi, son accent méridional et ses éclats de voix… au point de rendre le personnage limité, voire grotesque. Ce n’est, pour autant, pas une critique dans la mesure où le tueur dont s’inspire le film (Joseph Vacher rebaptisé ici Joseph Bouvier) était visiblement très proche de ce portrait. L’interprétation outrancière de Galabru tranche, du reste, avec celle de toutes ses partenaires… à commencer par celle de Noiret, souvent oublié lorsqu’on parle du film au profit de son "adversaire" alors qu’il campe un juge passionnant dans son arrivisme et sa moralité douteuse (là encore, le portrait semble proche du Juge Fourquet qui a fait condamner Vacher). Plus qu’un reversement des repères habituels (Tavernier ne va pas jusqu’à faire de son assassin un "gentil"), le portrait de ce juge s’inscrit dans la logique du propos du film, à savoir une dénonciation des injustices sociales de l’époque, à travers le cas de cet assassin, incontestablement fou mais qui, en raison de l’obstination d’un juge ne voulant pas passer à côté de l’affaire de sa vie, finira par être considéré comme responsable de ces actes et guillotiné. Tavernier élargit sa critique en replaçant les faits dans le contexte de l’époque, gangrenée par l’antisémitisme galopant, le colonialisme, la mainmise de l’Eglise ou encore l’affaire Dreyfuss. Malheureusement, Tavernier pousse sa logique un peu trop loin à mon sens puisque, visiblement craintif que l’affaire Vacher et la description des mœurs de l’époque soient insuffisants, il force le trait, avec un manque de subtilité surprenant en faisant du juge (qui avait déjà bien des défauts) spoiler: un violeur
et en se livrant à une comparaison assez maladroite entre les enfants assassinés de façon assez abominable par Bouvier et… spoiler: les enfants mourant dans les mines
! Ce parallèle n’apporte pas grand-chose au récit et fait franchement cheveu sur la soupe spoiler: (comme la séquence finale façon "Germinal" !)
. Autre problème : le rythme qui, à plusieurs reprises, fait défaut en raison, notamment, des longs monologues de Bouvier en voix-off, accompagnés d’une musique à la limite du supportable, d’un montage qui aurait gagné à être plus serré, d’un certain nombre de sous-intrigues qui ralentissent le récit (à commencer par la relation entre le juge et Rose) ou encore de chansons entièrement déclamées (là où un extrait aurait été amplement suffisant !). Cependant, la mise en scène de Tavernier m’ayant toujours laissé assez dubitatif, je suis peut-être un des rares à avoir été gêné par ces défauts. Heureusement, le film est parsemé de moments surprenants par leur légèreté, voire leur drôlerie inattendue. Les échanges entre Bouvier et le juge sont souvent incroyables à ce titre mais ce sont, surtout, les séquences du Procureur (joué par le fantastique Jean-Claude Brialy) qui remportent la timbale à ce titre, tout comme les réactions décalées de la mère du Juge (Renée Faure). Le juge et l’assassin est donc un film intéressant, qui retrace un des faits divers les plus terribles du 19e siècle (Vacher étant considéré comme un des premiers serial killer français) et qui bénéficie d’une interprétation de haute volée… sans pour autant être le chef d’œuvre escompté.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 décembre 2008
Un film poignant qui doit beaucoup à la confrontation Noiret Galabru . Une grande intensité se dégage de ce film dramatique à la mise en scène soignée . Superbe .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 novembre 2012
Formidable film tout d'abord il s'agit d'un polar en costume et ensuite un portrait d'un époque (Dreyfus, anarchisme et justice, ...). La reconstitution est exceptionnelle tant dans le matériel que dans les dialogues, situations et personnages décrit. Superbement mise en scène et le duel entre Philippe Noiret et Michel Galabru est fort (les seconds rôles sont très important également).
Cocobusiness
Cocobusiness

17 abonnés 382 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 janvier 2008
Le Juge et l’assassin, 1976, de Bertrand Tavernier, avec Philippe Noiret, Michel Galabru, Jean-Claude Brialy, Isabelle Huppert. Film dense, qui parle de trop de choses à la fois et en devient confus malgré une interprétation irréprochable, de très belles images et une musique poignante (Philippe Sarde). On est à la fin du 19ième siècle, dans une France déchirée par l’affaire Dreyfus, tiraillée entre conservatisme et modernité (idéologique, sociale, industrielle etc.). Un juge très « fin de siècle », carriériste, ligoté par un cordon ombilical qui le lie encore à sa maman, veut conduire à la guillotine un serial killer et violeur de gamines, manifestement allumé, illuminé, mais malin, qui aurait plus sa place en asile psychiatrique qu’en prison. L’assassin devient alors la victime persécutée et manipulée par un juge au mental de bourreau sans scrupules. L’histoire est belle et forte, mais trop noyée dans un contexte conflictuel, aux niveaux familial, social, historique globalement. La présence du personnage joué par Brialy offre astucieusement un peu de recul, de distance, devant cette épopée brouillonne, même si elle reflète fidèlement les conflits de l’époque.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 décembre 2007
Le juge et l’assassin fait partie de ces films monde qui nous permettent de sortir du cinéma plus éveillé que l’on y est entré. Tout d’abord, c’est un film-beau, car tout y est formellement parfait : des acteurs superbes, on pourrait user sa plume à en parler, une photographie qui transforme chaque scène en tableau de maître et la musique d’Alain sarde qui mêle astucieusement sophistication et air populaire. A ce propos, on notera les deux chansons très émouvantes écrites et interprétée par Jean Roger Caussimon, chansons qui ne toucheront vraisemblablement que ceux qui en partagent le discours, mais bon, y’a pas de mal à se faire de bien. Ensuite, à travers la relation passionnelle de deux individus chacun d’un coté de la loi, ce film soulève des problèmes politiques avec lesquels nous ferraillons toujours : la question de la responsabilité individuelle, le rôle de la justice dans la société, la réalité de son indépendance politique et sociale ; le tout avec finesse et sans jamais transformer l’action en illustration didactique, du grand art. Film monde, enfin, par le cadre historique qui nous ramène au temps de l’affaire Dreyfus et de l’entrée des pauvres en politique, quand les masses s’appropriaient les grandes questions de l’heure. A une époque où l’histoire semble se dérouler sans nous, il est bon, comme le fait ce film, de rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi et qu’il y eu des époques ou elle était dans la rue, ou les individus, du chansonnier au magistrat en passant par la soubrette y tenait sa place. On pourra opposer à cela la naïveté quasi « soviétique » de certaine scène édifiante, mais, à notre époque ou il est de bon ton d’enterrer toutes volonté d’émancipation sous des montagne d’oublie quand ce n’est pas des monceaux d’insultes, un film qui tord parfois maladroitement le bâton dans l’autre sens relève quasiment de l’hygiène intellectuelle. En cela, « le juge et l’assassin » est une sorte de pied de nez à tous ceux qui nous voudraient sans mémo
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 11 décembre 2007
Bertrand Tavernier, en plus d’être une source intarissable de passion pour le cinéma, reste l’un des rares cinéastes littéralement typiquement français en cela qu’il traite le plus souvent des sujets historico-sociaux hexagonaux avec une sensibilité passant la plupart du temps par le prisme affectionné familial (souvent le rapport père-enfants). Ici il dépeint la France conservatrice de la fin du XIXème siècle, ses aversions antisémites et ses certitudes bourgeoises. Les pauvres vagabonds sont des cibles faciles pour qui veut dispenser la justice comme bon lui sied, sauf qu’ici cet affrontement à priori déséquilibré préfigure l’opposition socialiste qui émerge au même moment. C’est la fin d’une époque et Tavernier n’hésite pas pour la décrire à mettre en scène des personnages tout sauf aimables. Cette rigueur toute scolaire fait la part belle aux acteurs, avec Galabru dans le rôle de sa vie.
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2007
Certainement l'un des meilleurs films de Bertrand Tavernier. Moins démonstratif que de coutume, Tavernier s'attache cette fois-ci en priorité à l'histoire... Et le film n'en a que plus de force. Porté par un Michel Galabru époustouflant de talent et un Philippe Noiret, alors au sommet de son art, ce "Juge et l'assassin" dépeint la prériode de l'avant guerre 14-18 comme peu de films ont su le faire. Quant à l'histoire de ce tueur en série interprété par Galabru, elle fait froid dans le dos. Un bon moment de cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 octobre 2007
fabuleux galabru loin de ses autres nanards , formidable film sur un tueur en série (non reconnu fou) dans les années 1885 , grand film .
on est un peu " dans la tête du tueur " .
Très belle chanson de caussimon .
La remarque finale est typique des années 1970 ,
35 enfants assassinés et 2500 enfants morts dans les mines , genre .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 septembre 2007
Interpretation memorable de Galabru, une photographie remarquable.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 août 2008
Que dire devant telle perfection ? Acteurs parfaits (Noiret, Brialy, Huppert, on le sait, sont toujours parfaits, mais voir Michel Galabru aussi grandiose dans un rôle aussi dramatique est une merveille pour cinéphile) Il est ici bien loin du personnage de l'adjudant-chef Gerber, et on se demande vraiment pourquoi il n'a pas continué dans cette voie, car il tient ici le rôle de sa vie (récompensé justement par un César).
Reconstitution minutieusement parfaite de la France de la fin du XIXème siècle, tant du point de vue social que politique. Ce film est aussi une remarquable vision d'un tueur en série fou et sanguinaire, bien que dramatiquement à plaindre. Il faut à tout prix voir "Le juge et l'assassin". Le meilleur de Tavernier avec "Que la fête commence" et "L.627". Voyez donc comment ce réalisateur est éclectique et talentueux !
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2017
Drame fortement inspiré de l'affaire Joseph Vacher, un Jack l'Eventreur français. Le premier choc, comme dit plus haut, c'est évidemment la performance de Michel Galabru qui incarne un tueur en série monstrueux avec cette nuance pleine de malaise où on ne sait jamais si le meurtrier est fou ou s'il se joue de ce doute. L'autre bonne idée est d'avoir fait du juge un homme ambitieux qui va faire croire à Bouvier qu'il comprend et qu'il croit en sa démence. On sera plus perplexe sur le niveau politico-social que Tavernier met en avant avec maladresse, voir un peu hors-sujet. Néanmoins ça reste un grand film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 mai 2007
Très bon film sur la solitude du juge d'instruction. Comment instruire ? Applique t-il la bonne méthode ? Reste t-il objectif ? Pilippe Noiret est une nouvelle fois remarquable dans ce rôle. Mentions spéciales à la réalisation de Bertrand Tavernier et à l'interprétation phénoménale de Michel Galabru. Du grand art !
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 décembre 2011
Allez, je craque et je mets trois étoiles ( après avoir longtemps hésité pour n'en mettre que deux ). Bertrand Tavernier n'a pas son pareil ( du moins dans le cinéma français des années 1970 ) pour diriger aussi bien ses acteurs. Michel Galabru est magnifique et les qualificatifs ne manquent pas pour exprimer le caractère de son personnage: bourru, maladroit, mélancolique, attachant... mais en aucun cas antipathique. En revanche, le personnage du juge Rousseau ( joué par Noiret ) n'inspire guère la sympathie, et il en devient presque détestable ( c'est pourquoi j'ai des réserves sur le film de Tavernier ): son acharnement à vouloir pousser Bouvier ( qui est probablement fou, et donc irresponsable ) vers la guillotine le rend d'autant plus excécrable. Mon propos se doit cependant d'être nuancé : en effet, le magistrat apparaît aussi comme un être humain dans les scènes où il parle à sa mère ( notamment la scène finale ). Mis à part cela, les décors ardéchois sont somptueux, la musique de Philippe Sarde est bouleversante ( les chansons promettent des instants de pure grâce ) et le scénario d'Aurenche et de Tavernier est intéressant ( malgré quelques longueurs ). Le Juge et l'Assassin permit à Galabru de travailler son potentiel d'acteur dramatique jusqu'alors inexploité ( l'acteur était alors abonné aux seconds rôles inintéressants : la série des Gendarmes, etc...). Un très beau film au final, mais je persiste à dire que le personnage de Noiret n'enjolive pas l'ensemble.
Stjust
Stjust

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mars 2007
Une oeuvre magistrale !

Avec une prestation de Michel Galabru, il ne joue pas Bouvier, il est Bouvier, il réussi à créer une chose rare: une empathie réelle avec son personnage, malgré la monstruosité du personnage, on s'y attache, et on prends partie pour l'assassin,

Belle description aussi du milieu Nationaliste Français de l'époque, ce mélange de vieilles badernes et d'impitoyables représentants de l'ordre, tout un pan de l'histoire souvent oublié.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse