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Benoît
1 critique
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5,0
Publiée le 30 avril 2026
J'ai ressenti une tendresse pour l'assassin de Tavernier. C'est peut être ce qui démontre le mieux la réussite de ce film, sa sincérité. La beauté de la manifestante, en toute fin. La jeune française à l'âme qui luit. Ces ouvriers qui la suivent. J'ai ressenti le combat des idées au fond de moi. Et la solitude du vagabond aussi, sa détresse. La rigueur de la droiture. Un film de gauche, assurément. Politisé, probablement. Mais qui prête à réfléchir, simplement.
Un film qui m avait la première fois que je l ai visionné m avait interloqué de par l histoire assez sombre et surtout de la prestation de Michel galabru, habitué aux films de comédie populaire. Il interprète avec courage et surtout avec brio ce monstre, tueur de jeunes enfants. L histoire se déroule a la fin du 19 ème siècle dans la France périphérique, profonde,rural et excessivement pauvres, très bien illustré par tavernier. Le film vaut aussi par ses 2 personnages puissants celui de galabru et de Philippe noiret jouant un juge ambitieux, manipulateur. Un film puissant qui est en partie réel car il narre en partie les méfaits d un tueur en serie qui sevissait durant cette période,ce qui est aussi glaçant
Hola ! Tavernier ! un carafon de rouge ! Parlons cinéma : parlons des prises de vue de l’ardèche belles comme des cartes postales ( ou des diapos de vacances ), de quelques décors d’époque parfois bien chargés, mais coquets, des séquences de vie du XIX ème : carosses cahotant sur des chemins escarpés ou scènes de marchés de village un peu étriquées… Parlons d’un montage improbable mélangeant tout au long du film l’avancée tragique du héros de l’histoire, la vie du juge les délires du personnage joué par Michel Galabru ( de manière hystérique et outrancière d’ailleurs ). La durée du film et son rythme nuisent à sa compréhension. Philippe noiret est parfait dans le rôle du juge ce qui sauve le film du naufrage absolu. Mais parlons surtout du parti pris de l’auteur : Quelle haine pour ce juge qui fait son travail au mieux, mais avec un zèle un peu psychorigide certes. Il est quand même à la recherche d’un forcené qui a tué après les avoir violés une douzaine d’ados et d’enfants ! Ses moyens pour y parvenir sont limités par ceux de son époque. Et il faut retrouver le fuyard au milieu de 4 à 500 000 cheminots qui parcourent les routes de France : Sûr qu’il faut être motivé et utiliser des méthodes rigoureuses pour y parvenir. Et c’est ce qu’il va réussir à faire. S’il en tire profit, ce n’est pas notre problème puiqu’il est dans son rôle ! Pour salir ce juge, Tavernier en fait un violeur occasionnel : c’est très mal venu. La référence au nombre d’enfants tués au travail est carrément inaudible : Le travail des enfants au 19ème est encadré par la loi, donc légal. Après la défaite de 1870, une nouvelle loi est votée en 1874. 12 ans devient l’âge minimum pour travailler. À partir de cet âge, le temps de travail imposé est de six heures puis 12 heures entre 13 et 16 ; le travail de nuit est interdit jusqu’à 16 ans ; un corps d’inspecteurs est fondé. Par la suite les lois Jules Ferry en 1881 et 1882 accélèrent l’évolution : l'instruction des enfants devient obligatoire ; la scolarisation devient gratuite. En 1893, à 13 ans, la durée est limitée à 10 heures plus une heure de repos. Les lois se succèdent à partir de 1900 mais il faut attendre 1967 pour voir la scolarité rendue obligatoire jusqu’à 16 ans ! En réalité il y a des enfants qui travaillent dés l’âge de 6 ans ! Aussi injuste qu’il paraisse, c’est un état de fait à cette époque : pour diverses raisons il y a des millions d’enfants qui travaillent et cela dès le plus jeune âge et dans des conditions effrayantes. Tavernier regarde le 19ème siècle par le petit bout de la lorgnette pour nous sortir des jugements à l’emporte pièce. De plus il nous sort des images de la commune qui s’est passée en 1871 alors qu’on est en 1895… Pas terrible ! La réalité c’est que les moyens de la médecine de l’époque n’avait rien à voir avec ceux de la fin du XX ème siècle et que l’on classait les sujets en fou ou pas fou sans grande nuance, que l’on pouvait laisser repartir un gars qui s’était tiré 2 balles dans la tête sans sourciller ! Bien sûr que cet homme était dément, bien sûr que de nos jours on aurait pu définir son état et le soigner ! Mais pas à cette époque ! Et donc il est devenu criminel et dangereux et en tant que tel compte tenu du contexte sa condamnation devenait imparable. Il y avait de quoi faire un bon film, mais le réalisateur a privilégié ses jugements personnels ce qui discrédite son œuvre, à mon avis, et la fait tomber dans la catégorie des diatribes oiseuses et vindicatives.
Très grosse performance de Galabru (cesar amplement mérité) ainsi que Noiret, Brialy et Huppert. Un film à texte, avec une époque à défendre et une justice à expliquer. Le délire de Bouvier est très bien travailler et ce juge couver par sa mère... Une bonne intensité et une belle photographie également. La réalisation est plutôt rythmé. Un bon cinéma socio judiciaire.
Un chef d'oeuvre. L'interprétation de Michel Galabru est géniale. J'ai en mémoire toutes ses interprétations dans plusieurs films. La phrase qui résume sa présence dans certains films: il faut bien manger.
Du film de Bertrand Tavernier, on retiendra les prestations de Noiret, mais surtout de Michel Galabru, prestation qui lui vaudra un César. Sinon malgré un côté sociétal (peine de mort, politique, traitement des blessés de guerre dont la folie...), le film a un rythme trop lent et un style trop théâtral surtout de la part des figurants.
Intéressant de revoir ce film avec beaucoup de recul tant il avait eu de succès à sa sortie. Ce qui reste c’est un excellent numéro d’acteurs et Galabru complètement à contre emploi en tête. C’est aussi l’inoubliable passage avec l’orgue de barbarie de Jean René Caussimon. Mais c’est malheureusement une fin complètement ridicule qui tombe comme un cheveu sur la soupe, probablement un exercice obligé dans le monde artistique français de la fin des années 70.
Le juge Rousseau met enfin la main sur le vagabond Bouvier, auteur de crimes atroces sur des enfants. Le titre du film de Tavernier invoque deux idées: la confrontation entre deux (fortes) personnalités et celle entre deux types sociaux évidemment opposés. Sous l'apparence de la bonhomie, le juge personnalise une bourgeoisie répressive et dominatrice réclamant l'échafaud pour un assassin dément et pulsionnel. Face au juge et à la société qu'il incarne, face à sa roublardise, l'assassin semble -c'est l'objet du film- un coupable moins fautif pour ses meurtres que pour ses propos libertaires, mélange de clairvoyance et d'illuminations.
Philippe Noiret et Michel Galabru trouvent ici deux beaux rôles, dont on sait que celui du second, dans une composition grave dont il n'est pas coutumier, lui un valu un César inespéré. Bertrand Tavernier réalise un film d'époque soigné et documenté, soucieux d'authenticité, tant formelle que sociale, un film dépassant le cadre du fait divers criminel par sa fonction critique et politique. La bourgeoise des débuts de la Troisième République, bientôt compromise pour une large part dans l'affaire Dreyfus, fait l'objet d'une peinture satirique feutrée au terme de laquelle, au risque de choquer, le cinéaste relativise les crimes de Bouvier en les rapportant à la condition sociale et sanitaire des enfants travaillant dans les mines.
Un film qui vaut surtout pour l'opposition entre deux très grand acteurs : Philippe Noiret qui incarne le juge face à Michel Galabru qui incarne l'assassin. Noiret est excellent dans le rôle du juge qui cherche à faire craquer l'assassin par tous les moyens. Face à lui Michel Galabru est exceptionnel, prouvant si besoin qu'il est un très grand acteur et pas seulement un acteur comique. La reconstitution historique est soignée et les seconds rôles sont aussi très bons (Brialy en procureur très chic ou encore la jeune Isabelle Huppert). Un film indémodable.
un joli drame porté par son couple vedette Philippe Noiret et Michel Galabru et aussi Jean-claude Brialy et Isabelle Huppert. Cette réalisation de Bertrand Tavernier, et bien signer de sa main. une réalisation toute particulière avec son montage étrange et ces dialogues, bien écrit. même si on trouve un côté très Yves Robert donc bon enfant, ce drame est effroyable. un juge veut prouver que son assassin, un ancien devenu fou, a violé et tué des jeunes filles délibérément et non par folie, pour l'envoyer à la guillotine. Le juge joue sur du chantage pour y arriver. Un juge tout aussi sans scrupule. Un finale étrange et froid.
Des paysages superbes, des décors et des costumes riches, des personnages fouillés. L’assassin est crillant de vérité, fou mais pas trop, inquiétant mais aussi faisant pitié. Le juge m’a moins convaincu, même si sa droiture et son côté guindé sont compréhensibles. Un film qui se termine sur une note politique révolutionnaire communarde.
Tavernier réussit l'exploit de traiter d'un sujet de serial killer sans qu'il nous donne à voir des scènes de violence. Pourtant, le dénommé Vacher ou Bouvier dans le film, a commis des meurtres horribles avec des mutilations sexuelles. Seulement, ce qui intéresse le réalisateur, c'est la personnalité de l'assassin et son histoire. Puis sa rencontre avec le juge Rousseau et la relation de confiance qui s'établit entre les deux. Ce juge, très habilement va l'amener à avouer ses crimes pour le faire condamner. Galabru campe le personnage principal, homme complexe à la fois brutal et poète, anarchiste qui a une grande dévotion envers la Vierge Marie. Noiret dans son personnage d'homme ambitieux et perspicace a un beau rôle qui lui va comme un gant. Excellent film d'un grand réalisateur français.
Le troisième long-métrage de Bertrand Tavernier, sorti en 1976, retrace l’histoire d’un tueur en série pourchassé par un juge ambitieux à la fin du XIXème siècle. Le film est porté par d’excellents acteurs, dont Philippe Noiret et Michel Galabru. Ce dernier, plus connu pour ses rôles de personnage comique, livre ici une prestation étonnante dans la peau de ce psychopathe illuminé, ce qui lui vaudra d’ailleurs le César du meilleur acteur. Mais les propos du récit ont également pour objet de dépeindre le contexte social et politique de l’époque, avec en toile de fond l’affaire Dreyfus et la question de la peine de mort. Bref, une œuvre puissante.
À travers cette confrontation entre un assassin, ancien militaire, vagabond sans le sou, et un juge bourgeois, Bertrand Tavernier signe une variation autour de la lutte des classes. Très politique, "Le juge et l’assassin" reste pourtant ambiguë et ne sombre jamais dans le manichéisme.