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titusdu59
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1,0
Publiée le 4 mai 2010
Un film plutôt étrange, qui traite de la folie, qu'elle se manifeste par des pulsions, par des troubles, ou bien de l'acharnement. Et Galabru s'imprègne parfaitement de son rôle, tout comme Noiret dans un registre plus sobre. Mais je n'ai pas aimé les gueulades bruyantes de Galabru, et le fait que tous les personnages soient caricaturaux dans le sens où l'on ne voit que leur racisme, leur folie, leur entêtement et non pas leur humanité, m'a beaucoup gêné dans la mesure où je n'ai trouvé aucun personnage attachant. A voir seulement pour les décors naturels, magnifiques. Un exercice de style agaçant.
L'histoire ne m'a pas séduite, certains moments m'ont paru même un peu grotesque ! L'interprétation de Philippe Noiret est comme toujours excellente et celle de Galabru nous prouve largement qu'il vaut bien mieux que de jouer dans le gendarme et les gendarmettes !!! Les prises de vue du film sont très belles, mais ce film ne risque pas de rester gravé bien longtemps dans ma mémoire...
Michel Galabru est vraiment étonnant dans ce film. Son personnage dérive progressivement vers la folie : d'abord amoureux déchu qui a tendance à s'emporter, il devient un illuminé, un meurtrier aux pulsions destructrices incontrôlées. Philippe Noiret lui est un juge qui rêve de gloire. Il n'hésite pas à manipuler pour arriver à ses fins : il obtiendra des aveux écrits et la dénégation de la folie de son suspect. Le film est teinté de politique, d'inégalité sociale, de religion. Socialistes / Républicain, pro-Dreyfus / anti-Dreyfus, les conflits majeurs de la fin du XIXe siècle sont là. Les dernières lignes du film, durant le générique, sont assez perturbantes. Elle mettent en relation les 12 victimes mineures de l'assassin et les milliers d'enfants morts dans les usines pendant cette période. Une manière je suppose de rappeler les inégalités de l'époque mais qui, avec notre point de vue actuel, ressemble davantage à une minimisation des meurtres. Qu'importe. Ce film peint la réalité de l'époque, et il fait réfléchir. Une œuvre à voir de Bertrand Tavernier.
Le principal point fort du film est son casting. Brialy et Huppert campent des seconds rôles solides et nuancés. Noiret est un juge Rousseau idéal, obsédé par son ambition au point de ne pas hésiter à envoyer un fou à l'échafaud. Mais c'est Galabru, en assassin, qui est absolument formidable. Il arrive à volonté à rendre son personnage atteint de folie criminelle glaçant ou pathétique. Si ce personnage et sa relation avec le juge rend déjà le film passionnant, Tavernier a l'intelligence de ne pas s'en contenter et de lier cette histoire inspirée de faits reels au contexte historique (affaire Dreyfuss, naissance du syndicalisme, obsession de prendre une revanche sur l'Allemagne), donnat ainsi à son sujet un sous-texte encore plus riche.
Au delà de l'intérêt évident du film et du grand talent de Tavernier, un Noiret très à l'aise, un Galabru renversant... et un Brialy extraordinaire d'intensité et de souffrance rentrée.
Un film intéressant de Bertrand Tavernier,tant par son époque choisie(la toute fin du XIXème siècle),que par la thématique de la collusion entre politique et justice.Il y aurait beaucoup à dire sur "Le Juge et l'Assassin",oeuvre socialiste transformant le meurtrier en victime,et le juge d'instruction en bourreau.Tavernier s'est richement documenté sur ces années 1893-1898,et restitue bien les forces en présence,avec leurs inégalités béantes.Le prolétariat ouvrier en colère.L'aristocratie déclinante(Jean-Claude Brialy,royalement dédaigneux).La bourgeoisie rationnelle et arriviste(Philippe Noiret,aux motivations ambiguës).Le vagabondage incompris de la société(Michel Galabru,dans son meilleur rôle:trouble,obscur,manipulateur, attachant).Sur fond d'affaire Dreyfus,et de calomnie sur les écrits sociaux d'Emile Zola,Tavernier démontre toute la partialité de la IIIème République,pas encore détaché de l'influence religieuse,ni tout à fait dotée d'une justice honnête.On regrettera encore le style réfrigérant de Tavernier,qui ne provoque aucune empathie envers ses personnages;ainsi qu'un scénario passablement alambiqué,et nécessitant quelques connaissances historiques.Mais que de pistes de réflexion sur une époque venant d'entrer dans son siècle le plus meurtrier...
Un film magnifique avec un Michel Galabru époustouflant entouré par des acteurs talentueux (Philippe Noiret, Jean-Claude Brialy, Isabelle Huppert, Jean-Roger Caussimon, René Faure ...). Si on ajoute les très beaux paysages de l'Ardèche et la musique de Philippe Sarde, ce film mérite largement quatre étoiles même si peut-être, la dernière scène est de trop !
Un grand film. Michel Galabru tient ici le rôle de sa vie, sa meilleure prestation qui prouve que même si il a joué dans pas mal de navet cet acteur reste un grand nom de la culture cinématographique française. Noiret quand à lui est comme à son haitude génial.
La performance de Galabru vaut 4 étoiles, seulement même si la réalisation est bonne, le scénario trop alambiqué et les passages mous enlèvent au film tout son potentiel polémique.
Fabuleux face a face entre 2 "monstres sacrés" du cinema francais ,mais alors que le jeu superbe de Noiret est une habitude pour moi ,je dois dire que j'ai ete litteralement bluffé par celui de Galabru magistral de justesse ,de force et d'une terrible precision dans toutes ses attitudes ,quand je repense a toutes les merdes qu'il a pu faire ,on peut vraiment parler de gachis quand on voit ce qu'il donne ici.Seconds roles solides,magnifiques eclairages ,paysages verdoyants ,dialogues puissants et reconstitution minutieuse de la fin du 19 eme siecle sont mis en valeurs par une realisation totalement maitrisé qui mele habillement drame social,enquete policiere et film historique.Sur une histoire reelle,Tavernier decrit a travers le portrait de 2 hommes l'emmergence de mouvements sociaux des classes ouvrieres face a l'ordre etablit dominé par la haute bourgeoisie : une sorte d'affaire Dreyfus (egalement evoqué ici) en moins mediatique mais qui annonce bien les changements sociaux a venir.
BTavernier a souvent rélisé des films intéréssants et intelligents et même si certains ont quelque peu vieillis , sa filmographie reste l'une des plus regulières du cinéma français. Incontestablement son chef d'oeuvre demeure 'Le Juge et l'assassin "réalisé en 1976 , un film inspiré d'un célèbre fait divers qui passionna et divisa la France a la fin du XIX siècle a savoir la cavale sanguinaire de Joseph Vacher qui assassina et tua au moins une vingtaine de personnes et qui fut guillotiné en 1898 .Avec un talent indéniable de narrateur Tavernier nous raconte l'itinéraire de cet ancien soldat , amoureux éconduit qui tenta de tuer sa fiançée et de mettre fin a ses jours en se tirant deux balles dans la tête ,le destin décida de les faire survivre tout les deux mais Vacher (Bouvier dans le film de tavernier) resta psychiquement atteint (crises de paranoïa, hallucinations) il passa plus de six mois à l'asile où fort peu soigné Il tentera à de multiples reprises de s'échapper .Libéré et considéré comme guéri par les psychiatres il passe par des crises de folie mau cours desquelles il viole, éventre, mutile des adolescents .personne ne discutera le fait que ce film restera le plus grand rôle de Galabru absolument incroyable et époustouflant dans le personnage du tueur halluciné acteur il forme ici un duo épatant avec Philippe Noiret un fidèle de Tavernier qui interpréte le juge Rousseau ,homme intègre et juste qui va se passionner pour cette affaire au point qu'elle devienne pour lui une obsession totale.Le film ne se contente pas de raconter l'une des plus terribles affaires judiciaires de notre pays il pose aussi la question de la manipulation des médias dans un pays qui vient alors de se déchirer pour l'affaire Dreyfuss. intelligemment Tavernier laisse a chacun la libre interprétation du cas de Bouvier il ne nous dit a aucun moment qu'il est innocent mais sans le présenter comme une victime il laisse entrevoir la possibilité qu'il n'est peut etre pas coupable
Pour son troisième long-métrage, Bertrand Tavernier s’atèle à la thématique languienne de la subjectivité de la justice. «Le juge et l’assassin» (France, 1976) s’ouvre sur les blanches collines des Alpes où un soldat trace sur la neige son amour pour une femme qui le refusera. Inspiré d’une histoire vraie, comme bien souvent dans le cinéma de Tavernier, le film confronte un juge tenace, ambitieux et persuadé de la culpabilité de ses accusés et l’un d’eux, un homme rendu ivre de rage et de pulsion par les sévices de la première guerre mondiale. De l’un à l’autre, Tavernier dispose une dialectique qui traduit l’échange entre deux folies : celle engendrée par la soif du pouvoir et celle imposée par les traumatismes de la guerre. De Fritz Lang, Tavernier reprend l’aporie qui résulte d’une telle lutte. Entre raison et folie, il est impossible de trouver le dialogue. De ce fait les relations qu’entretiennent le juge Rousseau (Noiret) et l’assassin Joseph Bouvier (Galabru dans sa plus belle incarnation) reposent sur l’illusion et le mensonge. Pourtant, Tavernier prend le soin de nous présenter les deux protagonistes comme semblables. Tous d’eux enamourer d’une belle jeune femme, tous d’eux issu de la même génération, tous d’eux arborant à la même moustache élégante, ils sont pourtant les pôles contraires de la justice. Ce qui les différencie ne provient pas tant de leur situation dans le film mais plutôt de leur éducation, de leur origine sociale. La théorie de Taine contemporaine à la période du récit (XIXème siècle), selon laquelle un individu est projeté à ne devenir que ce que son milieu lui a permis d’être, est parfaitement illustré. Le juge venant d’une bourgeoisie aisée et Bouvier étant l’enfant d’un misérable village des Alpes, leur destin se voit déterminés. La réussite du cinéaste est d’accepter ce constat et de se positionner d’un point de vue critique vis-à-vis de lui. La musique de Sarde et la photographie «natureliste» de Glenn le permettent.
Un an après le film nommé "Que la fête commence", Bertrand Tavernier et son acteur fétiche Philippe Noiret collaborent à nouveau dans un film sombre qui relève du drame psychologique. Le film en lui-même atteint les plus grands sommets du film noir Français. Dans ce long-métrage, personne n'est ni tout blanc ni tout noir. Le réalisateur décide d'organiser un duel entre Philippe Noiret dans le rôle d'un juge ambitieux et cynique à un tueur en série peu commun et empreint à l'illumination formidablement interprété par Michel Galabru dans un rôle dramatique où l'acteur trouve enfin le moyen d'exprimer la plénitude de son immense talent. Ce film en plus de posséder des acteurs talentueux propose de plonger dans la misère humaine de la fin du dix-neuvième siècle. Le réalisateur dispose en plus d'un scénario riche et dense de telle sorte qu'il ne subsiste aucun temps mort. Le film relate l'histoire d'un homme qui viole, qui tue des jeunes femmes puis qui est capturé par les forces de police et qui attend son jugement en exigeant d'écrire des articles dans les journaux pour sensibiliser l'opinion en échange de ses aveux. Le plus étrange paramètre dans tout cela concerne le malaise que provoque le réalisateur en acceptant de confronter deux hommes très différents sur le plan légal, l'un juge, l'autre criminel, mais réussit grâce à une réalisation brillante à rendre le personnage joué par Galabru sympathique malgré ses crimes horribles et le personnage de Noiret parfaitement détestable, ce dernier étant présenté comme un opportuniste prêt à tout pour monter en grade dans les plus grandes magistratures de France. A la question "Peut-on tolérer qu'un homme gravisse les échelons d'une élite en envoyant un homme à la guillotine?", la réponse du peuple est clairement "non" surtout à cette époque durant laquelle les valeurs de gauche et le socialisme prenaient leur essor. Bertrand Tavernier réalise une oeuvre brillante et intéressante dont la phrase finale qui donne à réfléchir.
Un pur moment de bonheur,le rêve de tout cinéphile.Des décors naturels grandioses, un sujet important, des acteurs habités par leurs personnages et une musique de circonstance. Merci à Bertrand Tavernier qui réalise un chef-d'oeuvre absolu et à Michel Galabru pour cette performance inoubliable.