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Sebi Spilbeurg
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4,0
Publiée le 1 avril 2015
Après avoir brillé aux côtés de Marlon Brando dans Le Parrain et avant de reprendre le rôle de Michael Corleone pour se retrouver avec un nouveau personnage mafieux et culte à jouer (Tony Montana dans Scarface), Al Pacino jouait les policiers intègres dans un long-métrage de Sidney Lumet (Douze hommes en colère et alors futur réalisateur du Crime de l’Orient-Express). Une sorte de film policier aux airs de biopics (basé sur la vie de Frank Serpico) qui à l’époque de sa sortie (soit l’année 1973 aux États-Unis) offrait une image peu reluisante de la police aux yeux du grand public, loin des fictions de divertissement. Retour donc sur Serpico, un long-métrage qui a participé à l’élévation d’un comédien hors pairs jusqu’au firmament de la célébrité.
Aujourd’hui, un film tel que Serpico peut paraître dérisoire tant l’histoire du flic tentant de mettre à mal la corruption qui sévit dans la police, nous la connaissons tous, celle-ci nous étant resservie à chaque fois sous différente sauce. Et ce même si la trame en question s’inspire de faits réels. Mais pour l’époque, Serpico eut un impact non négligeable qui peut encore faire effet de nos jours si l’on ne regarde pas ce long-métrage passivement. Car si ce dernier dénonce la corruption policière, il le fait de manière efficace, cinglante et sans détours inutiles. Il suffit de voir le scénario qui préfère s’attarder sur le parcours du personnage au sein des hommes de loi plutôt que de se plonger dans sa vie personnelle, tel est le sujet de base annoncé par le projet. D’accord, il y a bien quelques séquences qui nous dévoilent un peu son intimité, mais elles permettent de donner une humanité à cette figure christique (le fait qu’il arbore au fur et mesure du film une barbe et de longs cheveux n’y est pas pour rien dans cette intrigue de messie tentant de sauver l’intégrité au sein de police new-yorkaise) tout en gardant un lien avec son combat contre la corruption (le fait qu’il ne veuille pas sortir avec une femme issue d’une famille de flics, son obsession qui nuit à sa relation amoureuse…). Le script de Serpico fait tout pour que l’on s’attache à son protagoniste et que l’on s’immisce sans mal dans cette ambiance tendue.
Il faut dire aussi que Sidney Lumet arbore une mise en scène qui aide grandement à ce constat. En effet, Serpico n’a rien d’un film hollywoodien qui fournit son lot de grandes séquences aux innombrables envolées symphoniques. Ici, c’est plutôt une approche documentaire qui est effectuée, la caméra restant sans cesse aux côtés du personnage principal, ne le quittant jamais de l’objectif. Le suivant dans ses nombreuses péripéties avec un certain réalisme, sans passer par des artifices pour le coup inutiles (effets spéciaux à gogo) ni des musiques qui auraient gâché la tension et la crédibilité de l’entreprise. D’ailleurs, ces dernières se font seulement entendre lors des moments dits « joyeux » du film, permettant ainsi au spectateur de se reposer un peu de toute cette nervosité morale, de reprendre son souffle avant de revenir à la charge. Un tel parti pris peu paraître frustrant par moment, pouvant rendre certains moments du long-métrage un brin longuets, mais cela vaut le coup d’œil, l’ensemble se montrant amplement intéressant à suivre sans jamais tomber dans le pédagogique à outrance comme pour la plupart des biopics (surtout actuels).
Mais la véritable valeur sûre de Serpico se trouve en la personne d’Al Pacino, prétexte principal au visionnage du film. Et pour cause, le comédien sait se montrer déluré quand il faut (notamment en ce qui concerne l’accoutrement de son personnage, peu apprécié par ses pairs), décontracté au bon moment notamment lorsqu’il faut draguer. Mais surtout, il arrive à offrir à son rôle une intensité à tout ce que nous offre l’acteur dans son interprétation, aussi bien une crise de nerfs soudaine qu’un moment pour le moins dramatique, rappelant sans cesse sa situation à risques et le danger qui peut avoir raison de lui à tout instant. Bien que son personnage soit le centre du film et que celui-ci ne laisse pas la place aux autres protagonistes secondaires, le fait d’avoir Al Pacino en tête d’affiche y est également pour quelque chose, son aura effaçant sans mal celui de ses partenaires de jeu tout autant investis que lui. Il porte le film sur ses épaules, et ne faiblissant jamais dans la peau de ce policier intègre, permet ainsi à Serpico d’avoir fière allure du début jusqu’à la fin.
Film policier d’exception ne perdant jamais son temps à vouloir en mettre plein la vue, préférant garder toute notion de réalisme et de tension, Serpico est sans nul doute l’un des titres les mieux maîtrisés du genre. Et puis, si vous n’êtes toujours pas convaincus par une « énième » histoire de corruption policière, regardez au moins ce film pour la prestation sans faille d’Al Pacino : il mérite amplement sa notoriété qu’il possède encore aujourd’hui malgré les seconds rôles oubliables de ses derniers films.
Inspiré de la vie de Franck Serpico, ce film de Sydney Lumet n'est pas un simple biopic du style de ceux qu'Hollywood nous sort régulièrement aujourd'hui, avec un Oscar à la clé pour l'interprète qui a sur prendre des kilos (quel prodige!) ou porter des prothèses (incroyable!). C'est un vrai film d'auteur. Incarné avec beaucoup de justesse par Al Pacino qui réalise là une de ses meilleures compositions, Serpico, flic intègre et idéaliste, refuse de s'intégrer au système de pots-de-vins des policiers ripoux de New-York. Sa figure devient peu à peu christique au fur et à mesure que son combat devient sans retour. Serpico, c'est un peu le bon qu'il y a en nous, celui qui refuse de se laisser corrompre et qui va au bout de ses idées, quitte à mettre sa vie en danger pour elles, parce qu'il pense que c'est ce qui est bien. A le voir de loin, rien ne laisse soupçonner son métier, et pourtant, c'est celui qui en a l'idée la plus pure, la plus haute. Le combat idéaliste magnifique de cet homme méritait bien un tel hommage de la part du 7e art, et Sydney Lumet s'acquitte de la tâche avec brio.
Tiré d'une histoire vraie, Sidney Lumet signe ici un bon film policier. Une histoire sur les flics corrompus, on montre bien aussi la tension de son héros, dans ces moments de désespoir et intime. Al Pacino (Golden Globe du Meilleur Acteur dans un Film Dramatique) est excellent dans le rôle de Serpico, un flic intègre qui lutte contre la corruption et qui peut compter que sur lui-même.
1/ Pour le portrait extrêmement riche du personnage principal, sur toute la durée de ce film nerveux ; 2 / Pour le constat sans concession sur l'institution policière, noyée dans la corruption.
Un film prenant qui nous montre une certaine réalité de la vie de policiers aux Etats Unis. Encore une fois Al Pacino joue son rôle à merveille, celui du combat d'un policier contre tous ses collègues corrompus.
Pas mal. Al Pacino assure le show et le sujet (la corruption de la police), bien que maintes fois traité au cinéma, demeure toujours aussi intéressant. Après, il manque à "Serpico" un scénario assez solide pour nous garder en haleine durant plus de deux heures et une mise en scène digne de ce nom. Conventionnel mais relativement efficace.
Un grand classique Hollywoodien des années 70. Sidney Lumet aux manettes, un des tout grand de l'époque , pour une mise en scène virevoletante, à cent à l'heure. Et Al Pacino au top, acteur total, immergé , à fond dans son rôle.
Connu comme un des films qui a propulsé Al Pacino dans le star-system, juste après Le Parrain, Serpico de l’illustre Sidney Lumet, ne passe pas souvent à la télévision. Merci, donc, au Forum des Images.
Conçu comme une suite d’épisodes, tel une mini-série, où Serpico va enchaîner les mutations, se voir déçu car tenté par des flics corrumpus, avant d’aller voir la Police des Polices et de se voir encore déçu. Cela procure un rythme intéressant au film, assez différent de ce qu’on peut voir d’habitude dans une fresque policière. Les personnages passent et seul Serpico (et dans une moindre mesure son ami Bob Blair) est présent tout le film. Le rythme est donc là, mais la répétition aussi et le film se trouve être un peu rengaine au bout d’une heure et n’évolue plus vraiment. Alors, il ne nous reste que les acteurs pour se divertir réellement et force est de constater que ces derniers assurent. Al Pacino cabotine beaucoup, comme on l’aime, Tony Roberts y est très bon, jouant un des deux seuls amis de Serpico avec le très sobre Edward Grover. On y aperçoit F. Murray Abraham dans un rôle non crédité.
Serpico, avec son côté répétitif et sa musique passable n’est pas le classique qu’on nous vend usuellement, mais reste un très bon film policier, plutôt original. A voir.
Serpico est un très bon film de la part de Sydney Lumet. Le film est porté par un Al Pacino au sommet de son art (sans doute un de ses meilleurs rôles après celui du Parrain). Sa prestation de flic infiltré droit dans ses bottes captive à chacune de ses apparitions et son chemin de croix pour faire tomber la corruption dans la police est particulièrement dure à suivre (le personnage se heurte à des murs de plus en plus difficile à faire tomber). Le fait qu'il s'agit de l'adaptation au cinéma d’événements ayant réellement eu lieu renforce l'appréciation que l'on a du personnage de Frank Serpico. Un bon film.
Ce film m’a beaucoup plu. Surtout la réalisation de Sydnet Lumet qui parvient à nous montrer que la corruption dans la police était absolument partout. Pour cela, tout les décors sont moches et sales (les bureaux de police avec sont tous débordant de papier, les rues sont hideuses) et cela permet de nous imprégner de cette univers « pourri ». Après pour le reste, Pacino fait sa part du travail : il est excellent et tient ici, l’un de ses rôles les plus célèbres. Bravo
"Serpico" fait sans aucun doute partie des chefs d'oeuvre de Sidney Lumet, oeuvre intemporelle tiré de fait réels, cette réalisation offre une plongée viscérale dans le milieu policier corrompu du New York de la fin des années 60. Habillement orchestré et soigneusement mis en scène, le film est une réussite totale et a parfaitement bien vieilli. Porté par un Al Pacino de haut vol qui signe une interprétation tout simplement géniale - et assoit par la même occasion son statut de grand acteur en devenir un an seulement après l'inoubliable "Godfather". Le rôle du flic incorruptible et obnubilé par son but lui va comme un gars, il donne la profondeur suffisante au personnage, avec justesse et sensibilité - permettant ainsi au spectateur de ressentir une véritable sensation d'empathie envers celui-ci. Le scénario est impeccablement ficelé, si bien qu'aucune longueur ne vient entaché ce très grand polar. "Serpico" est donc un immanquable, une pierre angulaire du genre à laquelle il ne faut passer à côté.
Film entièrement centré sur un personnage très fort et habité par un grand acteur. Une évolution tout en profondeur d'un homme qui perd ses croyances idéaliste devant un système pourri. Les repères chronologiques de ce film sont les traits et attitudes du personnage principal ce qui rajoute à l’aura qu'il possède dans ce film.
Je ne sais pas si c’est un problème d’adaptation du roman, mais toute l’exposition souffre d’un problème de rythme. Même pour un film du Nouvel Hollywood (donc plus libre dans la narration), ces ellipses à géométrie variable (de quelques jours à plus d’un an) qui s’enchaînent pendant 3/4 d’heure empêchent de bien rentrer dans le film. La suite est plus classique, donc plus efficace et permet enfin de faire exister le personnage autrement que par la taille de sa barbe. Très bonne mise en scène et Al Pacino est au top en Robinson Crusoe perdu dans la corruption de la police new-yorkaise, seul avec son chien, sa souris et son perroquet. Petit regret: comme souvent, les rôles féminins sont purement décoratifs.
Serpico est un très bon film qui doit tout à Serpico: le rôle est parfaitement écrit offrant à Al Pacino un personnage profond et complexe qu'il interprétera avec un brio rarement égalé. J'ai beaucoup aimé la scène où il chante dans la voiture, j'ai eu comme l'impression d'être avec un véritable riverain du new york des années 70..
Une histoire émouvante et dense, celle de Serpico, ce policier honnête qui refusait la corruption. Seul contre tous, son combat l’abîme, l'isole, sans jamais le faire craquer totalement. Al Pacino est comme d'habitude très bon, il incarne ce personnage atypique avec son grand talent. Grâce à tout cela, le film dépasse le simple cadre "policier", et rend finalement hommage aux hommes intègres de toutes professions.