Patton
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Arthur Bradol
Arthur Bradol

1 abonné 148 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2025
J'ai regardé "Patton" de Franklin J. Schaffner et je dois dire que j'ai trouvé le temps long. Les films de guerre, retraçant l'histoire sont souvent long et ennuyant pour moi car manquant de psychologie et de suspense. Assurément ce film est beau, grandiose et explosif mais l'histoire derrière n'est que le déroulé du passé sans réel retournement de situation, on connait la fin et donc très peu d'attente s'offre à nous. Or j'ai du mal à apprécier un film juste pour ses décors ou sa musique, bien que les scènes de combats soient majestueusement réalisées et bluffantes de réalisme.

En somme je retiendrai l'incarnation parfaite de l'américain par le général Patton, drôlement bien joué par George C. Scott, qui ne vie que pour la guerre et qui contrairement aux êtres humains normaux, éprouve de la déception lorsque celle-ci s'arrête.

Néanmoins je ne peux descendre en dessous de 3 étoiles de part la beauté de cette oeuvre mais il m'est impossible d'aller au dessus du fait de son manque de tension et de psychologie.
Michael78420
Michael78420

63 abonnés 1 903 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2025
La campagne d'Afrique de la Deuxième Guerre Mondiale ? Une guerre d'égos entre Patton, Montgomery et Rommel. L'action commence en 1943 par l'impressionnante rencontre entre Patton et Rommel en plein désert marocain. La reconstitution mobilise une quantité incroyable de chars, d'avions et de soldats. Il s'avère que Rommel était alors à Berlin, de quoi piquer la fierté de Patton. Montgomery en rajoute lors d'un dîner très officiel : "Vous savez George, vous auriez fait un excellent maréchal pour Napoléon si vous étiez à Austerlitz." Réponse : "Mais, j'étais à Austerlitz." Car Patton est présenté ici avec ses croyances dans la réincarnation et sa conviction d'être voué à un grand destin. La campagne d'Europe lui donnera raison. Sa citation de Frédéric Legrand semble une erreur du scénariste, mais elle lui correspond bien : "L'audace, l'audace, toujours l'audace." Sa foi est aussi profonde que sa gueule est grande. Sollicitant les services d'un prêtre en vue d'obtenir du beau temps, sa prière exaucée l'amène à dire : "Allez me chercher cet aumônier, il a une grande influence sur le bon Dieu, je vais le décorer." Le film retrace au final deux années de la vie de ce général américain haut en couleur, deux ans où il a réalisé sa vocation, au cœur du pire conflit que la Terre ait connu.
Rémi Vionnet
Rémi Vionnet

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2025
️ Patton (1970) — Le général qui se prenait pour Napoléon mais ressemblait à Donald Trump en uniforme

I. Un héros taillé pour les caméras — et pour le ridicule

Dès le premier plan, le film annonce la couleur : un homme minuscule devant un drapeau américain immense.
Patton (George C. Scott) surgit sur scène comme un showman politique, non un général. Il parle fort, tape du pied, fait des blagues grasses sur la virilité de ses troupes. Le plan est sublime, la musique héroïque, la mise en scène grandiose… et pourtant tout respire la farce.

Schaffner filme ce discours d’ouverture comme une conférence de motivation pour vendeurs d’aspirateurs : même ton, même gestuelle, même culte du “winner”.
Le réalisateur sait exactement ce qu’il fait : il ridiculise la masculinité militariste en la poussant jusqu’à l’absurde.
On a 70 % d’héroïsme apparent, et 30 % de second degré corrosif.

Les soldats écoutent, hypnotisés. Mais la caméra s’attarde sur leurs regards vides : aucun n’est ému, tous sont passifs. Déjà, le réalisateur glisse une idée : le charisme de Patton n’est qu’une illusion collective.


II. L’ESTP en guerre : impulsif, narcissique, bruyant

Patton est une caricature vivante du type ESTP :

il agit avant de réfléchir (95 % du temps) ;

il confond confiance et compétence ;

il croit que le monde est une scène où tout le monde doit l’applaudir.


Dans chaque scène, Schaffner transforme sa spontanéité en pathologie comique.
Lorsqu’il traverse un champ de bataille pour inspecter les blessés, il ne regarde pas les mourants — il vérifie si sa cape flotte bien au vent.
Lorsqu’il fait un discours sur le courage, il le fait depuis une voiture luxueuse, entouré de caméras.
Et lorsqu’il voit un âne bloquer un pont, il ordonne de le tuer… pour gagner cinq minutes.
C’est un gag noir sur l’absurdité de la hiérarchie militaire : tuer un animal pour faire avancer un ego.


III. Carthage : le moment “je suis la réincarnation du génie”

La scène de Carthage résume toute la comédie tragique du personnage.
Patton contemple les ruines et déclare avec gravité :

> « J’étais ici, autrefois. Je commandais une armée. »



Le spectateur d’aujourd’hui pourrait jurer entendre Trump dire :

> « J’ai eu la meilleure armée. Les Romains, vous savez, de grands gars. »



Le réalisateur cadre cette déclaration dans une lumière crépusculaire : Patton semble sincère… mais la mise en scène le trahit. Le plan est trop long, trop théâtral, presque gênant. Schaffner veut qu’on voie le décalage entre sa grandeur imaginaire et sa solitude réelle.

C’est le narcissisme métaphysique à son apogée : Patton ne croit pas seulement qu’il est exceptionnel, il croit qu’il est immortel. Le film rit doucement, mais fermement : c’est la folie du pouvoir déguisée en destin.


IV. Le soldat giflé — l’humiliation publique du héros

La scène la plus célèbre du film est celle où Patton gifle un soldat atteint de stress post-traumatique.
Il le traite de lâche, devant tout le monde.
Et là, Schaffner déploie une intelligence perverse :

pas de musique héroïque,

pas de contrechamp empathique,

juste le bruit sec de la gifle et le silence choqué des témoins.


L’héroïsme de Patton explose en plein vol.
Le réalisateur montre l’ego militaire réduit à son essence : la domination.
C’est un instant de nudité morale, où la guerre révèle sa vulgarité.

Même le cadrage change : Patton est filmé en légère contre-plongée inversée, ce qui écrase sa stature. Il paraît petit, colérique, pathétique.
C’est la première fois qu’on rit mal à l’aise, mais qu’on rit quand même.


V. La scène du miroir : l’autoportrait d’un clown

Après le scandale, Patton se retrouve seul, devant un miroir.
Et au lieu d’introspection, il s’admire. Il ajuste sa casquette, ses médailles, ses bottes.
C’est un des moments les plus cruels du film : Schaffner le filme comme un acteur de théâtre qui ne sait pas que la pièce est finie.

La lumière froide, la composition symétrique, le silence : tout accentue le ridicule.
Le spectateur comprend : cet homme ne réfléchit pas. Il se contemple.
La guerre n’est plus un combat : c’est un prétexte pour continuer à jouer un rôle.
Le réalisateur l’expose sans haine — comme on observerait un enfant pris au sérieux par erreur.


VI. L’héroïsme filmé comme une parodie

Tout dans la mise en scène semble héroïque, mais tout finit en dérision :

les plans larges magnifient un homme seul ;

les marches triomphales se terminent dans la boue ;

les victoires sont célébrées par des discours ridicules.


Schaffner construit un film double : visible comme une épopée pour le public patriote (60 %), lisible comme une satire antimilitariste pour ceux qui regardent mieux (40 %).
C’est un piège magistral : l’Amérique a applaudi un film qui se moquait d’elle.

Le rire vient lentement, mais sûrement. On se surprend à penser : “Patton est un héros… de son propre film intérieur.”
Et c’est exactement ça que Schaffner dénonce.


VII. Un film antimilitariste déguisé en éloge

Sous ses apparences épiques, Patton est une charge contre la culture du chef charismatique.
Chaque scène renverse l’imagerie du pouvoir :

le drapeau devient rideau de théâtre ;

le casque devient accessoire ;

les victoires deviennent symptômes.


Selon l’historien du cinéma Paul Fussell (Wartime, 1989), Patton est un des rares films américains de l’époque à “déconstruire le mythe de la guerre tout en respectant ses formes”.
C’est l’arme la plus subtile : la critique par l’imitation.

Patton, c’est le militaire parfait pour la télévision : beau, bruyant, inconstant.
Un Trump avant l’heure, galvanisé par l’image de soi, incapable de distinguer la gloire du narcissisme.
Un homme qui gagne des batailles mais perd son humanité.


VIII. Conclusion — Rire, mais comprendre

On pourrait croire que Patton glorifie la guerre. En réalité, il la vide de sens.
Le héros ESTP croit commander le monde, mais il est seulement commandé par son besoin d’admiration.
Schaffner transforme la biographie d’un général en une comédie existentielle sur la vanité virile.

Et quand le film se termine sur Patton seul, marchant avec son chien, la victoire derrière lui… il ne reste rien d’héroïque.
Seulement le bruit de ses bottes, et le silence d’un homme qui croyait être César, mais n’était qu’un acteur en uniforme.


En résumé :

> Patton n’est pas un film sur la grandeur militaire, mais sur la stupidité du pouvoir qui s’y croit.
Et à ce jeu-là, le réalisateur gagne haut la main — en ridiculisant le général avec la précision d’un sniper et l’humour d’un philosophe.
fred c
fred c

6 abonnés 460 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 avril 2024
La seconde guerre mondiale vue a travers le prisme d'un personnage au caractère pittoresque (voir antipathique), ça se marie de mon point de vue mal avec la gravité du sujet, et ça ne m'a pas fait aimer le film.
Totoloinloin
Totoloinloin

13 abonnés 469 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mars 2024
D'abord, ce n'est absolument pas un biopic. C'est la vie d'un général américain en Europe pendant 2 ans, de 1943 à 1945. Ensuite, malgré un acteur excellent dans le rôle principal et quelques bonnes scènes, j'ai eu du mal à accrocher. Le film est long, on ressent bien la singularité du personnage, mais il reste 1 general ayant exercé loin du front principal... le film gagne en intérêt quand paradoxalement le personnage en perd ! il mérite d'être vu pour l'histoire de ce général mais pour moi, dans l'ensemble c'est pas terrible.
obligeance française
obligeance française

6 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 février 2024
Malgré un acteur charismatique, ce film est profondément ennuyeux avec ce personnage principal détestable à souhait. Trop de longueurs et un un personnage complètement "fou" dans sa conception du patriotisme qui apparaît comme un homme sans âme à la fierté et l'honneur mal placés.
Topaze87
Topaze87

10 abonnés 647 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 janvier 2024
Un film de guerre qui consiste à l'étude de la psychologie du général Patton durant la Seconde Guerre Mondiale, le sujet est interessant mais le film souffre de sa longueur.
vincent lefevre
vincent lefevre

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2023
Biographie qui se consacre seulement dans la période guerrière de PATTON. Tout au long du long métrage on voit très bien le caractère de la personnalité de ce générale qui n'a rien a voire avec d'autre. Il a de l'audace, parle droit au but et insulte tout le monde quand celui ci est en désaccord.
George s scoot est exellent dans la peau du générale.
La réalisation date de cette époque ni bon, ni mauvais, regardable mais sans guère d'originalité.
Oscar du meilleurs film.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2023
Film à la réalisation très académique un tantinet viellotte qui du coup gâche un peu le plaisir de cette biopic hollywoodienne sur ce personnage de l'armée américaine très controversé. La bonne idee là-dedans c'est de ne pas auréolér le héros mais de le dépeindre avec ses forces et ses failles. Mais film un peu long  (3h tout de meme) même  si la performance de l'acteur principal est parfaite.
Uchroniqueur
Uchroniqueur

220 abonnés 2 578 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2023
"Patton", film de guerre américain réalisé par Franklin J. Schaffner sorti en 1970.
Une biographie du général Patton durant la période où il s'illustra pendant la deuxième guerre mondiale, entre 1943 et 1945. De sa prise de commandement en Tunisie pour chasser définitivement Rommel D'Afrique du nord jusqu'à l'invasion de l'Allemagne en passant par le débarquement en Sicile, puis en Normandie, le film suit ce personnage haut en couleur.
Un film généreux, une réalisation de grande qualité, une durée généreuse, de bon acteurs avec George C. Scott et Karl Malden. Un film qui est aussi bien documenté et ne s'éloigne pas trop de la réalité historique (mis à part quelques détails).
Un aspect de la guerre peu exploré qui met en lumière la concurrence entre les généraux alliés et le désir de chacun d'arriver le premier. L'ambition de Patton en fait un personnage atypique, guerrier romantique, cabotin, terriblement à l'aise sur le champs de bataille et déprimé lorsqu'il est tenu loin de l'action, de la gloire et de l'Histoire.
Un cinéma à l'ancienne, épique, généreux et de très bonne facture.
Janus
Janus

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2023
Le film est assez remarquable a bien des égards. L'acteur principal joue à la perfection le rôle de Patton, les prises de vues sont superbes et la musique remarquable. J'ai pu lire ici ou là que le film était trop long. Je pense au contraire qu'il n'aurait pas été possible d'en réduire la durée sans nuire à la compréhension du personnage. Beaucoup de soin a été apporté dans la reprise de faits et de propos ayant trait à Patton. Jusqu'à la taille de Georges C Scott : 1,85m et Patton 1,87m... Seul bémol dans ce film, les chars utilisés lors de la bataille dans le désert. Tous les chars sont américains et postérieurs à la seconde guerre mondiale !
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2023
Portrait à la fois fascinant et ambiguë du célèbre général américain de la Seconde Guerre mondiale, porté par l’interprétation magistrale (et Oscarisée) de George C. Scott.
Récompensé par 7 Oscars, dont celui du meilleur film.
gerard stevenson
gerard stevenson

29 abonnés 1 295 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2023
Bon film de guerre. A voir rien que pour la superbe interprétation de George C.Scott qui remporta un oscar refusé pour ce rôle.
Isodécaèdre
Isodécaèdre

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2022
Le cinéma hollywoodien a puisé dans les guerres menées par les États-Unis durant le demi-siècle écoulé une inspiration à la hauteur de ce que furent ces immenses tragédies.

Depuis l’attaque-éclair du Japon sur Pearl Harbor en décembre 1941 et l’entrée en lice consécutive du « géant endormi » dans la seconde guerre mondiale (épisode retracé dans « Tora, Tora, Tora », paru en 1970 et coréalisé par Richard Fleischer et deux metteurs en scène japonais), jusqu’au débarquement allié du 6 Juin 1944 en Normandie (reconstitué dans la célébrissime super-production zanuckienne de 1962 « Le jour le plus long » ou, plus récemment, en 1998, dans « Il faut sauver le soldat Ryan » de Steven Spielberg), la seconde guerre mondiale a fourni les gros bataillons de ces « films de guerre », créant l’archétype d’un genre qui allait connaitre, avec la guerre de Corée puis celle du Vietnam, de nombreux développements.

Peut-on considérer « Patton » comme un échantillon représentatif de ces « films de guerre » à gros budget et à message positif ? A première vue, la question parait saugrenue du fait que l’action du film se déroule bel et bien sur des théâtres d’opération emblématiques de la seconde guerre mondiale, que les protagonistes de l’époque (Bradley, Montgomery, Rommel) y sont présents et fidèlement campés et que l’exactitude des faits historiques s’y trouve globalement respectée. Pourtant, il apparait très vite que le réalisateur s’intéresse moins aux différents épisodes de batailles (il y en peu) qu’au personnage bariolé, excessif, mégalomaniaque, admiré et controversé qu’est le général Patton. En ce sens, « Patton » est davantage un film d’auteur qu’un film de genre.

Ce constat n’est pas sans conséquence. Bien que Franklin Schaffner soit crédité au générique comme réalisateur, le film ne porte-t-il pas avant tout la marque de son scénariste, Francis Ford Coppola ? La démesure du personnage de Patton n’annonce-t-elle pas de manière étonnante ces autres figures d’exception que seront Vito Corleone dans « The Godfather I », le lieutenant-colonel Kilmore ou, plus encore, le colonel Kurtz dans « Apocalypse now » ? Quand on sait les conditions difficiles, sinon parfois dantesques, dans lesquelles ces films allaient être tournés, ne peut-on penser que Coppola s’était lui-même, avant de les affronter, totalement identifié à Patton, qu’il concevait son art comme un combat et sa victoire contre les producteurs comme un accomplissement ? Singulièrement d’ailleurs, la version Blu-ray de « Patton » s’ouvre sur un commentaire de Coppola évoquant le film comme s’il était le sien…

Vue dans cette perspective, la croyance de Patton en la réincarnation prend un relief saisissant. Elle apparait d’abord dans la scène où il se rêve (ou prétend se revoir) tel Hannibal affrontant les légions romaines : « C’est ici que la bataille s’est tenue. Les Carthaginois défendant leur cité ont été attaqués par trois légions romaines. Les Carthaginois étaient fiers et courageux mais ils ne pouvaient résister. Ils furent massacrés. […] Il y a deux mille ans, les corps des soldats gisaient nus au soleil ici-même. J’y étais. ». Puis, plus tard dans le film, quand Patton s’entendant dire par l’un des officiers anglais auprès desquels il évoque son plan de reconquête de la Sicile : « Vous savez George, si vous aviez vécu au dix-huitième siècle, vous auriez fait un grand maréchal pour Napoléon ! », il a cette réplique : « Mais je l’ai été Sir Harold, je l’ai été ». Hannibal, un maréchal d'Empire (on pense à Ney), Patton, Coppola, une seule et même figure toujours réincarnée ?

Si tel est le cas, c’est évidemment celle de l’Hubris, ce sentiment d’exaltation et de démesure qui, pour les anciens grecs, conduit les Hommes à commettre les actes de bravoure ou de barbarie les plus insensés et les exposent en retour à la juste colère des dieux, la Nemesis. Une colère qui s’abat sur Patton quand le président Eisenhower choisit de confier le commandement de la 1ère armée à Bradley, son ancien adjoint, ou quand, après la défaite de l’Allemagne, il le destitue de ses fonctions de gouverneur militaire de Bavière. Et lorsqu’une mort sans gloire (une « mort à la con » dira-t-il lui-même avant de trépasser) l’emporte prématurément au soir de sa vie, on est naturellement tenté d’y voir une ultime punition du destin. Injuste fin de partie pour Coppola qui, rompant avec la vérité historique, imagine que son héros survit et rejoint l'Olympe de la rédemption.

Mettant en scène avec brio l’expression de cette Hubris, le film se montre plus discret sur les ambigüités du personnage. Certes, on y voit Patton exalter le courage et la force physique - allant jusqu’à considérer la mort au combat comme une forme de dérobade, tout en faisant preuve d’une compassion extrême à l’égard de ses blessés. En revanche, les aspects de sa personnalité les plus contestables, ses préjugés de « White Anglo-Saxon Protestant » issu de la classe aisée, son racisme latent à l’égard des Noirs, son mépris des juifs, sa sympathie pour les allemands - de bons chrétiens après tout - et sa réluctance à « dénazifier » le territoire sur lequel s’exerce son commandement après guerre sont largement passés sous silence. Nul doute que cet escamotage porte la marque de l’orgueil aveugle et démesuré qui poussait alors Coppola à s’identifier à Patton.

Tout autant que l’hagiographie d’un personnage hors du commun, « Patton » apparait en fin de compte comme l’autoportrait magnifié d’un réalisateur visionnaire. C’est là sans conteste ce qui permet au film d’échapper aux conventions du genre et, par une célébration fervente des vertus du chef, de faire oublier sa part d’ombre.
Fun Hobbies
Fun Hobbies

15 abonnés 105 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2022
Pour moi ce film est un chef d'oeuvre et un incontournable du septième art. On ne peut qu'admirer la performance de l'acteur George C. Scott qui incarne Patton.
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