Noblesse oblige
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soniadidierkmurgia

1 462 abonnés 4 371 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 août 2016
"Noblesse oblige" demeure un passage obligé pour quiconque veut s'initier à l'humour noir anglais porté au cinéma. Le film est sorti juste Après-guerre pendant la courte période dorée des célèbres studios Ealing durant laquelle le gouvernement anglais pour relancer une économie moribonde avait fortement taxé les productions cinématographiques étrangères évitant ainsi au Royaume uni d'être envahi par les films en provenance d'Hollywood qui n'avaient pu traverser l'Atlantique durant le conflit. Un peu tombé dans l'oubli hors de Grande-Bretagne où il conserve une aura intacte, "Noblesse oblige" est surtout réputé pour la performance d'Alec Guinness qui tient à lui seul les huit rôles de la famille d'Ascoyne décimée par un arriviste vengeur (Dennis Price). Une aptitude au transformisme unanimement saluée de l'acteur (réitérée huit ans plus tard dans "Barnacle Bill" de Charles Frend) qui avait fait ses débuts au grand écran trois ans plus tôt dans "Les grandes espérances" (1946) de David Lean suivi d'"Oliver Twist" (1948) du même réalisateur. Certes la performance est méritoire mais c'est principalement le scénario retors de Robert Hamer dont la construction réserve une chute inoubliable qui fait tout le prix de ce petit joyau de dérision et de satire sociale aux dialogues à multiples facettes. Elevé dans la rancœur par sa mère répudiée de la famille ducale d'Ascoyne-Chalfont pour avoir épousé un ténor italien, le jeune Louis Mazzini d'Ascoyne se met en tête de reconquérir son titre de noblesse en éliminant les quelques huit membres de la famille qui lui font obstacle. Robert Hamer ouvre son film sur le très digne nouveau duc d'Ascoyne dans sa cellule la veille de son exécution alors qu'il met imprudemment la touche finale à ses mémoires relatant son étrange parcours. Champ libre est alors donné à Dennis Price qui livre une prestation en tout point remarquable mélange savoureux et très complexe de candeur et de froide détermination mais aussi teintée d'un sens de l'autodérision excellemment mis en valeur par la voix-off. En sa charmante compagnie on assiste avec un plaisir presque coupable à cette partie de fléchettes primesautière où quelquefois les cibles tombent d'elles-mêmes, évitant au futur duc d'avoir à sacrifier ceux de ses ennemis qui lui sont le moins antipathique. Alec Guinness on l'a dit flegmatique et hautain en diable pour camper les membres de la famille d'Ascoyne lui renvoie efficacement la balle. Idem pour Joan Greenwood dont le charmant cynisme ravageur permet de maintenir Louis Mazzini (Dennis Price) dans la réalisation de son projet macabre. Mais c'est bien la chute finale donnant tout leridicule à cette quête qui fournit au film son titre de chef d'œuvre de la comédie à l'anglaise. Bizarrement Robert Hamer qui avait participé à l'aventure du célèbre film à sketches "Au cœur de la nuit" en 1945 (4ème sketche,"Le miroir hanté") ne tirera pas tout le profit de ce coup de maitre tombant rapidement dans l'oubli avant de disparaitre en 1963 à seulement 52 ans.
Acidus

883 abonnés 3 994 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2016
"Noblesse oblige" est une excellente comédie qui manie habilement l'humour noir. Mordant et drôle, on suit les péripéties d'un jeune noble renié qui souhaite conquérir sont titre de Duc en assassinant un par un les héritiers. Alec Guinness, alias Obi-Wan Kenobi, se livre à une véritable performance d'acteur en incarnant chacun des huit héritiers. Cette comédie a parfaitement bien passé les années et les dialogues conservent tout leur croustillant. Une oeuvre à découvrir ou à redécouvrir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 décembre 2015
Un nom : Alec Guinness... Alec Guinness... Ce mec joue huit rôles dans le film et il va sans dire qu'il les joue à la perfection, apportant à chaque personnage une personnalité plus loufoque que le précédent, parvenant à monopoliser l'écran par son énergie et son comique, il aurait largement mérité l'Oscar (dans la catégorie meilleur second rôle)... Enfin heureusement il l'a eu (dans la catégorie meilleur rôle principal) pour Le pont de la rivière Kwaï. Bon, réduire le film à l'énorme prestation de Guinness serait un peu réducteur. Il brille également par son ton très décalé, très satirique, drôle par moment même si je m'attendais à ce que le métrage se concentre plus sur les meurtres. Au final il préfère nous montrer les choix du personnage central et je trouve ça dommage car il perd un peu en comique (il avait le potentiel de faire un truc juste complètement absurde mais intelligent, au final c'est intelligent, mais l'absurde est un peu trop peu présent à mon goût).
Satire drôle donc, avec encore une fois un Alec Guinness magistral.
weihnachtsmann

1 639 abonnés 5 816 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mai 2015
Quelle prouesse. Avec ce flegme britannique, cet humour noir, ce cynisme et cette élégance dans toutes les situations, on assiste à un jeu macabre rempli de petites piques d'humour. C'est très fin et très stylé. La fin est fabuleuse. On vient l'arrêter pour un meurtre (d'où la première scène dans le cachot), mais lequel?????? Suspense excellent.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

80 abonnés 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2014
"Noblesse oblige" est célèbre d'abord pour la prouesse d'Alec Guinness (incarner 8 personnages dans le même film), mais il ne saurait se résoudre à cette performance. C'est un film délicieux, une des plus parfaites incarnations de l'humour anglais de la grande époque. Distinction, finesse des dialogues, burlesque subtil des situations... et en arrière-plan, une peinture cruelle de la société édouardienne. On est frappé en permanence par la justesse du ton, l'audace et l'immoralité de l'histoire, derrière une bienséance de façade so british. Tout ceci ne serait pas possible sans l'interprétation superlative de tous les comédiens, à commencer par Dennis Price, qui incarne aussi parfaitement le pauvre dadais orphelin du début que l'aristocrate élégant et sûr de lui des dernières scènes. Joan Greenwood et Valerie Hobson incarnent idéalement les deux pendants de la beauté (bourgeoise et aristocratique) - les deux superbement habillées - et, comme Dennis Price dans la dernière scène, on serait bien en peine d'en choisir une. Les personnages d'Alec Guinness ne sont que des apparitions fugaces, mais qui mettent en lumière le don extraordinaire de caractérisation de l'acteur - en particulier la façon dont il module sa voix. "Noblesse oblige" fait son âge, assurément - mais comme il le porte bien!
Benjamin A

819 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2014
C’est depuis le fond de sa cellule que Louis Mazzini d’Ascoyne raconte son passé criminel. Plus précisément ses jeunes années où il est, tout comme sa mère, renié par sa famille maternelle (il est fils d’une aristocrate et d’un chanteur d’opéra) puis son ambition de retrouver le titre qui lui est dû et ce en décidant d’assassiner tous ceux qui l’empêchent d’être héritier direct, soit les huit autres successeurs !

Robert Hamer nous livre un petit bijou d’humour noir, d’intelligence et de cynisme. L’écriture est d’une grande richesse, que ce soit dans le déroulement (inventif) de l’histoire et les morts absurdes qui vont se produire, les personnages et surtout le principal, les dialogues ou encore dans les thèmes abordés notamment celui de l’aristocratie anglaise dont Hamer se fend d’une féroce critique.

Hamer dose subtilement l’humour noir qui fonctionne la plupart du temps et manie habilement avec l’atmosphère machiavélique et cynique régnant tout le long. Sa mise en scène plutôt élégante est impeccable, tout comme la photographie en noir et blanc. Certaines scènes sont d’ailleurs marquantes à l’image de la boite de caviars explosifs !

Si Alec Guiness est excellent dans ses huit rôles ( !) dont un de femme, Dennis Price l’est tout autant dans la peau d’un jeune homme aussi intelligent qu’il est machiavélique (il a d’ailleurs un double rôle, il joue aussi son père). Valérie Hobson n’est pas non plus en reste. Le montage est ingénieux et le film, axé autour d’un long flash-back, est bien construit.

En adaptant le roman « Israel Rank » de Roy Horniman, Hamer nous livre un grand film et manie à merveille humour noir, cynisme et intelligence à travers un récit très bien écrit et interprété.
QuelquesFilms.fr

368 abonnés 1 789 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2026
Portrait savoureux d’un arriviste, serial killer, aussi pervers que flegmatique. Peinture caustique de l’aristocratie de l’Angleterre victorienne. Narration enlevée, où l’élégance du verbe se conjugue à un humour noir, un cynisme allègre, une touche de non-sens… Tout cela ponctué par une ironie finale assez jubilatoire. Ce film, adapté d’un texte de Roy Horniman, est une petite perle de la comédie anglaise. Et un grand succès public de l’époque. Coscénariste et réalisateur, Robert Hamer connaissait à cette occasion l’unique heure de gloire de sa carrière, lui l’auteur d’une dizaine d’autres films plus ou moins passés aux oubliettes de l’histoire du cinéma. Noblesse oblige est aussi connu et reconnu pour la performance d’Alec Guinness qui interprète la bagatelle de huit rôles...
-marc-
-marc-

21 abonnés 233 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2013
La plus célèbre des comédies anglaises traditionnelles. Je souhaite que tous ceux qui rient des blagues des Monty Python ou de Benny Hill voient ce film: c'est ça, l'humour britannique! Froid et pince sans rire. Vous ne rirez pas aux éclats, mais vous savourerez à chaque instant l'humour noir des protagonistes qui va jusqu'à citer un extrait d'une des poësies les plus tristes qui soient: la ballade des pendus.
"Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merci"
Qu'on met aussitôt en contrepoint du poëme du bourreau.
Cobandant_Bitchell
Cobandant_Bitchell

5 abonnés 159 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2013
Assez partagé. La composition de Dennis Price est bonne, et je suis un vrai bon client de ce genre d'humour. Je suis plus mesuré concernant Alec Guinness, tenir 8 personnages peut être une performance, mais aucun n'a de réelle profondeur. Mais bon, la façon du futur duc d'arriver à ses fins est assez machiavélique et immorale, ça compense la fin du film.
dai72
dai72

199 abonnés 2 134 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2012
Une comédie britannique comme on en fait plus beaucoup. Par certains côtés heureusement, par d'autres malheureusement. Pas mal d'humour, de très bonnes scènes, l'excellent Alec Guiness mais un manque de vivacité et un début assez lent perturbent légérement ce film. On s'amuse, on ne rit pas forcément néanmoins cette oeuvre demeure très agréable !!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 août 2012
Délicieuse histoire de vengeance... Quel machiavélisme de la part des personnages...!
petitlapinnoir
petitlapinnoir

73 abonnés 342 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 juin 2012
Un chef-d'oeuvre d'humour noir qui n'a pas pris une ride.
kibruk
kibruk

199 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 octobre 2011
Je m'attendais à une comédie britannique qui manipulerait l'humour noir avec plus de férocité et de maestria. Que Alec Guinness tienne huit rôles différents est totalement anecdotique tant ses personnages ont finalement peu de place (on est loin des prestations inoubliables de Peter Sellers). Seul le personnage de Sibella donne un peu de mordant à cette comédie trop sage qui cède trop à la facilité et se termine de façon bien morale.
NeoLain

5 913 abonnés 4 745 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juillet 2011
Un chef-d'oeuvre, un des plus grands films du pays d'Angleterre. Casting en pierre de Cambridge, Alec Guinness qui joue pas moins de 8 rôles dont celui d'une femme, autre acteur du nom de Dennis Price dont je connaissais pas du tout l'existence et quel acteur, c'est du grand. Ce film allie l'humour, cynisme décapant et le drame et touche la finesse du 7ème art tout comme sa force. A ne rater sous aucun prétexte.
oneosh89000
oneosh89000

55 abonnés 554 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2011
D'après une nouvelle de Roy Horniman, Robert Hamer adapte avec "Noblesse Oblige" ni plus ni moins qu'un chef d'oeuvre. Dennis Price, au premier plan, s'accomodant sublimement le rôle de Louis, jeune homme anglais rempli d'intelligence dans son flot de paroles , décide de venger sa mère à sa façon , ayant injustement été délaissée dans la vie et dans la mort, par toute une famille de bourgeois anglais. Le premier aspect admirable est la constante joute verbale que jouït sans aucun arrêt Louis, fascinant dès les permières secondes de métrage. Je ne sais si cela est bien de comparer ceci à cela, mais toutes les conneries télévisuelles de la vie n'ont plus aucun sens à la vue de ce film subtilement corrosif. Des dialogues signés Gerald Devries, d'une imptoyable intelligence renfloue le fameux personnage(il ya tellement de dialogues et de paroles riches) . Le deuxième aspect, est l'établissement des situations de meurtres, du premier fait au dernier, comment ne pas prendre son pied devant un tel spectacle comique ( exemple parmi tant d'autres la boîte de caviar explosive). Tout en restant des plus modestes comme Louis, Robert Hamert réussit l'impossible alliance cohérente entre deux mondes disposés à ne jamais se rencontrer par principes, le crime et la noblesse. On en vient même à se demander si Hamer ne prend pas un malin plaisir à caricaturer satiriquement toute cette société de personnes. En bref, un film injustement méconnu du septième Art, d'un jouissif absolu surtout lié à une puissance narrative exemplaire.
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