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Liliom
6 critiques
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3,5
Publiée le 24 août 2026
Dans la grande série des adaptations du grand héros républicain, ce film paraît terne, triste voire laid. Il l'est à certains égards (les couleurs et la fin du film notamment). Il faut aussi le voir sous un autre angle: c'est le testament de Lino Ventura. Ventura devait faire Valjean car il avait des caractéristiques communes avec lui (carrure, caractère, générosité, rédemption), sa carrière était derrière lui, il savait qu'il n'allait pas vivre centenaire et il devait régler une histoire avec sa fille. Car oui, quand Valjean s'occupe de Cosette, Ventura s'occupe de sa fille handicapée, quand Ventura sauve qui vous savez dans les égouts, il porte à la fois sa croix, la maladie de sa fille et les cadavres et de ses amis disparus. Ça paraît loufoque ou fou, mais il suffit de voir le reportage (touchant) sur France 2 de Delahousse sur le grand Lino pour s'en convaincre. Pour cette raison précise et les bons acteurs dans les seconds rôles, il faut voir cette adaptation. Ventura était bien Valjean et nous sommes tous orphelins.
Victor Hugo était un génie et Les Misérables, notamment, le prouvent. Qui d'autres que Hugo a réussi a créer plusieurs archétypes humains dans une seule œuvre ? Jean Valjean, le bagnard qui se rachète et fait le bien. Fantine, la victime de la société. Cosette, l'innocence exploitée. Gavroche, le gamin des rues. Les Thénardiers, les mauvais pauvres. Eponine, l'amoureuse sacrificielle. Etc. Dans cette adaptation, Lino Ventura est très crédible en Valjean. Idem pour Michel Bouquet en Javert. Louis Seigner en Monseigneur Myriel etc. Malheureusement, je n'ai pas lu le roman. Je devrais.
Le film est plutôt bon, mais je ne lui mets pas 4 étoiles, car je suis très déçu de la fin. Ne pas utiliser la fin du roman, si belle, pour en faire une fin si triste... Mais pourquoi donc???
Magnifique, sur un pied d'égalité avec l'adaptation de jean Gabin. Ventura, Bousquet, Carmet sont magistrals. On ne fera jamais mieux que cette réalisation de Robert Hossein. A voir absolument !
Le charisme inégalé de Lino Ventura dans l'immense rôle de Jean Valjean, la musique grandiose, la reconstitution de l'époque (costumes, décors), la mise en scène théâtrale et extrêmement sombre, ce sont ces éléments qui marquent l'esprit au visionnage de ce film. Belle adaptation du roman.
Bon voilà l'exemple parfait de quelque chose de bien scénarisé (c'est tout de même Victor Hugo qui a fait le plus gros travail) mais où un manque de moyen financier a considérablement amoindri le potentiel. En effet, la scènes des barricades de 1838 donne l'impression qu'on assiste à une échauffourée dans un quartier un peu chaud et pas du tout une insurrection. Certains montages sont un peu maladroit et ne semblent pas respecter une chronologie évidente (Javert est remercié avant que Jean Valjean ne se sauve par les égouts). Néanmoins, c'est un beau travail, fait avec les moyens du bords, avec un Lino Ventura excellent. A voir par les amateurs de film d'époque, et de grande fresque historique et les fans du grand Lino.
Adaptation de Robert Hossein du roman éponyme de Victor Hugo au franc classicisme mais qui parvient en trois heures à parfaitement condenser l’œuvre de l’écrivain avec brio et justesse. La mise en scène plutôt théâtrale fait preuve de lyrisme et doit beaucoup à son interprétation, notamment l’époustouflant Lino Ventura dans la peau du forçat Jean Valjean. Beau et émouvant.
Un grand film français selon moi. Hossein se hisse à la hauteur de Hugo et le sert à merveille. Casting parfait. Les acteurs sont immenses. Chacun est le personnage.
Après le visionnage de la version interprétée par Gabin, celle-ci fait un peu pâle figure, avec une réalisation datée aux effets kitchs comme ces affreux zooms et une écriture que j'ai trouvée maladroite, semblant par moments artificielle. Reste néanmoins une palette d'acteurs presque tous très bons et une belle photographie.
Il est très difficile de réaliser une bonne adaptation des Misérables, surtout en un seul film. L'histoire s'étale sur deux romans très épais. Aussi est-il compliqué de mettre en lumière toutes les questions politiques et sociales de l'œuvre originale. Hossein s'en sort avec les honneurs.
La délinquance est d'abord reliée à sa cause principale, la pauvreté. Hugo ne prend pas trop de risque en dépeignant le cas de Valjean : le bagnard qui a croupi en prison pour un simple vol de pain, puis pour avoir tenté de s'échapper. Il aurait pu tenter d'explorer un cas moralement plus complexe : un meurtrier, par exemple. Mais, bien souvent, les limites de la compréhension, pour ce genre de personnages, se trouvent dans la psychiatrie ; sujet qui n'est pas la thématique politique que souhaite soulever Les Misérables.
C'est plutôt en dépeignant la rédemption qu'opère Valjean depuis la charité de Myriel que le récit nous séduit. N'en déplaise aux partisans de la justice punitive, le zèle autoritaire, incarné en le personnage de Javert, fait figure d'antagonisme. Sa dureté morale, sa défense systématique de la bourgeoisie et son plaisir à incarcérer les "mauvaises herbes" font de lui un être impitoyable, qui, sous couvert de rendre justice, dispense des punitions arbitraires et disproportionnées.
Toute la rencontre avec Causette nous plonge dans la rudesse campagnarde, et montre le rattachement paradoxal des classes prolétaires à la politique du dessus, pourtant aussi méprisante envers eux qu'envers les plus démunis. Tout l'arc révolutionnaire de la deuxième partie offre un prisme de lecture pertinent sur les solutions envisagées en cas de violences systémiques : rétablir le rapport de force, faire usage du nombre.
Mais toute cette critique ne concerne jamais que le livre d'Hugo, plus que le film, qui les porte aussi bien, cela dit. Disons tout de même que le film de Hossein souffre de quelques longueurs. Le découper en deux volets aurait pu permettre de mieux développer l'histoire, et de ne pas diluer le rythme. On peut aussi se questionner sur quelques procédés, un peu appuyés, utilisés pour accentuer la misère ; par exemple, le fondu enchaîné de Fantine qui se détériore sous musique lacrymale, ou l'usage du ralenti pendant l'affrontement final.
S'attaquer aux Misérables (que je n'ai pas encore lu, honte à moi) est évidemment un défi pour tout réalisateur et acteur mais paradoxalement un passage obligé tant il y a eu d'adaptations. Je ne vais pas pouvoir comparer avec le livre, cela va de soi, ni avec la version de 1957 puisque ce film est mon premier contact avec cette histoire, mais j'en attendais définitivement plus. La mise en scène est un peu trop moyenne et on ne distingue parfois rien à l'écran tant il y a du brouillard. Le casting est bien sûr très bon avec un grand Lino Ventura et les acteurs secondaires ne sont pas en reste. Je ne parlerai pas de l'histoire, bien sûr très bonne grâce à un certain Victor Hugo mais j'en ressors un peu frustré. Est-ce le film qui est un peu en dessous ? Il ne me reste plus que le film de 1957 et le livre pour me faire un avis tranché.
La version 1982 de "Les Misérables", réalisée par Robert Hossein, se présente comme une adaptation notable du roman classique de Victor Hugo. Ce film, distingué par son approche fidèle au matériau source, offre aux spectateurs une immersion profonde dans l'univers de Hugo, tout en conservant l'esprit et la complexité de son œuvre.
D'abord, la performance de Lino Ventura en Jean Valjean est remarquable. Il incarne avec une intensité et une humanité palpables le parcours tortueux de Valjean, offrant une interprétation nuancée qui capte l'essence du personnage. Michel Bouquet, en tant que l'inspecteur Javert, livre également une prestation solide, bien que parfois manquant de la profondeur psychologique que l'on pourrait espérer d'un antagoniste aussi complexe.
L'adaptation du scénario par Alain Decaux et Robert Hossein mérite des éloges pour sa fidélité au texte original. Cependant, cette fidélité a un coût. Le film peut parfois sembler encombré par sa propre ambition de couvrir l'étendue du roman, entraînant par moments une certaine lenteur dans le rythme narratif. En dépit de cela, la profondeur émotionnelle et la richesse thématique du roman sont bien préservées.
La musique de Michel Magne et André Hossein enrichit l'ambiance du film sans pour autant se démarquer de manière significative. Elle soutient l'action et les moments dramatiques, mais ne laisse pas une empreinte mémorable.
Visuellement, le film brille grâce à la photographie d'Edmond Richard. Les décors, sous la direction de François de Lamothe, recréent avec authenticité et détail l'époque de Hugo. Le Paris du 19ème siècle est évoqué avec une précision qui aide à ancrer l'histoire dans son contexte historique.
Par rapport à d'autres adaptations, notamment celle de Tom Hooper et celle de Jean-Paul Le Chanois, le film d'Hossein se positionne confortablement. Il surpasse le film de Hooper en termes de fidélité au roman et d'authenticité historique, mais n'atteint pas tout à fait le niveau de profondeur émotionnelle et de réalisation artistique de celui de Le Chanois.
En conclusion, "Les Misérables" de Robert Hossein est une adaptation respectable et ambitieuse du chef-d'œuvre de Victor Hugo, bien qu'elle ne soit pas sans défauts. Elle réussit à capturer l'esprit du roman, tout en souffrant parfois de ses propres excès de fidélité et d'un rythme inégal. C'est un film qui mérite d'être vu pour ses qualités, tout en reconnaissant ses limitations.
Une adaptation du roman de Victor Hugo de 1862 en 1981 avec une version TV un peu plus longue en 1985 appréciable avec de fameux acteurs français du moment. Un classique adapté de nombreuses fois bien mais sans plus trop sombre à mon goût.