A juste titre Noir comme le souvenir (datant déjà de 1992) est considéré comme le dernier véritable bon film de Mocky pourtant parfois depuis quelques uns de ses films se distinguent à sa manière et c'est le cas de La Bête de miséricorde. Alors bien sur on retrouve le côté amateur et approximatif qu'il semble affectionner ses 20 dernières années or il faut reconnaître que La Bête de miséricorde est un bon film ou plutôt un bon Mocky bien que celui qui a pour habitude de seulement regarder des comédies françaises ou des films de super-héros restera très perplexe devant ce polar. Pour les autres (qui sont rares) et qui se sont attachés aux films de Mocky presque malgré-eux et j'en fais partie La Bête de miséricorde est agréable à regarder, l'intrigue est pas mauvaise, l'ambiance sombre un peu désespérée est pas mal puis les acteurs sont bons Mocky joue le rôle principal entouré de Bernard Menez et Jackie Berroyer interprétant 2 flics pittoresques. Donc La Bête de miséricorde vaut le coup d’œil bien que je conseillerais aux néophytes de commencer la filmographie de Mocky par des films tels que Solo, L'Albatros ou encore l'excellent Le Témoin.
Un polar noir réalisé par Jean-Pierre Mocky. Avec " La Bête de Miséricorde", il nous livre une fiction qui démarre sur les chapeaux de roues pour nous mettre de suite dans le ton mystique de cette Comédie dramatique. Mocky réalise aussi une belle prestation d'acteur, bien secondé par Bernard Ménez et Jackie Berroyer lui aussi très bon. Même s'il ne signe pas ici le meilleur cru de ses scénarios, Mocky compense avec la mise scène pour nous conter une histoire sombre que l'on suit avec intérêt.
Un type dérangé se croit investi par Dieu d'éliminer un certain profil de quidams. Formellement, le film de Mocky est avenant comme un épisode de Derrick. C'est l'époque où le cinéaste, faute de moyens, commence à filmer vite et mal. C'est pourquoi on ne lui en veut pas trop de tourner manifestement au rabais. Mais, bon, l'absence d'éclairage et la grisaille de la banlieue sont assez peu engageants, même en se disant que ça participe de la noirceur de l'intrigue. "La bête de miséricorde" n'est pas un bon film mais il est un des derniers, peut-être, où Mocky fait l'effort de diriger un minimum ses interprètes et à cet égard, dans leur duo de flics, Jackie Berroyer s'en sort mieux que Bernard Menez (lequel produit un moment amusant : il bafouille son texte mais la scène est gardée !). L'intérêt du polar tient au personnage que compose Jean-Pierre Mocky himself. Le problème c'est que Mocky joue tellement mal ce Jean Mardet illuminé, le privant de toute profondeur psychologique, que le sujet ne repose plus sur grand' chose. La mise en scène est rudimentaire et l'intrigue policière devient vite indifférente. On ne porte plus attention qu'à ces moments saugrenus, volontaires ou non, qui caractérisent le cinéma de Mocky.
Mocky est le protagoniste de « La Bête de Miséricorde », mais il a cette fois-ci lintelligence de sentourer de deux des meilleurs comédiens burlesques existants : Jacky Berroyer et Bernard Menez, dans le rôle dun duo dinspecteurs de police absolument hilarants. Ils en arrivent presque à faire oublier lintrigue totalement bancale du film où, après avoir achever sa femme à coups de pierre à la suite dune accident de voiture, le dénommé Jean Mardet, se croyant lenvoyé de Dieu, décide déliminer systématiquement toute personne qui souffre dun chagrin profond. Le spectateur souffre également, parfois, mais le duo Berroyer / Menez lui apporte un bel et drôle échappatoire.
J'en sors à l'instant et je sens que j'ai beaucoup aimé. Bien sûr, on frôle le ridicule pas mal de fois, mais je m'en fiche: beaucoup de choses sont singulières, très poétiques, voire désespérantes. Mocky joue très bien, les scènes de meurtres sont très étranges et touchantes, la fin est brillante, la musique est formidable. Mocky fait un cinéma culotté, toujours prêt à sortir de la route, en sortant parfois et vlan ! il retrouve la trajectoire, nous réembarque, on ne sait plus si on doit rire ou pleure, alors on fait les deux en même temps. Désespérant et beau. Exemple de choses très belles que l'on trouve dans ce film: Mocky qui dépose le cadavre de Bernard Menez comme si il était vivant et lui dit "et merci pour l'amitié". On est loin, et c'est terriblement chouette, d'un cinéma impeccablement fait et culturellement satisfaisant.
Un veuf se croyant investi d'une mission divine tue les personnes minées par un lourd chagrin inconsolable. "La Bête de Miséricorde" (2001) fait déjà partie de la période "Underground" de Mocky, pourtant, si le film reste fauché cela ne transparaît quasiment pas, tout l'amour du cinéma se ressent ici avec un bel hommage rendu aux films de série B. Mocky a su rendre ce coin de banlieue parisienne lugubre ( pavillons anciens, terrains vagues...) et une teinte bleutée enforce le climat désespéré de ce polar teinté d'humour noir...