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Henri M
60 abonnés
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3,0
Publiée le 26 mars 2016
Le scénario ne tient malheureusement pas ses promesses. Au-delà du pitch intéressant, le traitement s'avère très vite redondant (l'impression de revoir toujours la même scène de terreur). De plus la structure en deux parties n'est pas très bien exploitée, cela aurait pourtant pu déboucher sur quelque chose de très sympa (au lieu de cela, la deuxième partie ne fait que renforcer l'impression de répétition). De plus, les personnages ne sont pas assez creusés. C'est surtout visuellement que le film gagne des points. La photographie est superbe (sans doute le fait que le réalisateur soit chef op' à la base - il a d'ailleurs travaillé pour Scorsese - est un plus dans la composition des plans), les angles de vue intéressants et variés, la lumière toujours bien dosée, avec de très belles ombres, de très belles obscurités. De ce travail résulte une ambiance bien gérée et renforcée par une bonne utilisation des décors. Les acteurs sont très bons aussi.
Connue pour ses films d’horreur gothiques en couleur, la Hammer a aussi produit à la même époque des thrillers psychologiques en noir & blanc, se déroulant à l’ère moderne (enfin dans les 60’s, quoi !). Si certains se la jouent polar vénéneux, « Nightmare » est davantage tourné vers l’horrifique. On y suit une étudiante, qui, depuis un souvenir d’enfance traumatisant, fait des cauchemars de plus en plus inquiétants. Et son retour dans la demeure de son tuteur n’arrangera pas sa santé mentale ! Les grands pans de l’intrigue sont plutôt prévisibles, la faute à de nombreux films similaires… et à un titre VF qui ne fait pas dans la finesse. Néanmoins, « Nightmare » demeure très appréciable. D’abord les acteurs font le job. Ensuite, les quelques séquences horrifiques y sont réussies, exploitant des éléments qui fonctionnent toujours (poupées sinistres, figures ambulantes, grande maison presque vide), mais surtout une mise en scène inspirée. On y dénote quelques plans originaux ou efficaces, et une jolie photographie. Ce n’est finalement pas étonnant de la part de Freddie Francis, plus connu pour son travail de directeur de la photographie que de réalisateur, et qui dans sa carrière semblait plus à l’aise avec le noir & blanc qu’avec la couleur.
Un Hammer peu connu et qui pourtant mérite le coup d’œil. Une machination évidemment machiavélique, sans trop verser dans le grand guignol, sans vampires ou autres créatures des ténèbres. Ici c'est plutôt une série B produite et réalisée avec soin, le scénario utilisant les codes anglais du thriller (un petit côté Agatha Christie en beaucoup moins sage) tout en basculant dans la terreur. Une terreur a relativiser aujourd'hui mais le climat est efficace. Et les acteurs sont bons.
Nightmare rappelle, par son intrigue, la nouvelle « Le bonheur dans le crime » de Jules Barbey d’Aurevilly publiée dans Les Diaboliques (1874) : soit les machinations conçues par deux amants pour mettre la main sur la fortune d’une femme en la vampirisant non par des soins malsains – quoique Grace Maddox soit infirmière – mais par des spoiler: visions cauchemardesques réactualisant le traumatisme vécu enfant par la victime . La théâtralité des retournements de situation et de la direction d’acteurs apporte à l’ensemble un aspect théâtre d’ombres, intégré au noir et blanc. La magnifique photographie de John Wilcox sublime la mise en scène déjà très visuelle de Freddie Francis, toute en mouvements et effets de lumière – n’oublions pas que le cinéaste est avant tout un chef opérateur de talent, oscarisé quelques années plus tôt –, qui propose des séquences de tension retenues proche du geste artistique de Robert Wise dans The Haunting (1963), sorti un an auparavant. Une très belle réussite intégrée au répertoire du studio britannique de la Hammer.
Freddie Francis fut à l’origine un grand chef opérateur deux fois oscarisé à presque trente ans d’intervalle (« Amants et fils » en 1960 et Glory » en 1989). Devenu assez rapidement réalisateur, il ne cessera jamais son activité de directeur de la photographie, travaillant notamment pour Jack Clayton (« Les innocents »), Karel Reisz (Samedi soir Dimanche matin », « La force des ténèbres », « La maîtresse du lieutenant français »), David Lynch (« Elephant Man », « Dune », « Une histoire vraie »), Robert Mulligan (« Un été en Louisiane ») ou encore Martin Scorsese (Les nerfs à vif »). Concernant la réalisation, Francis se consacre bizarrement au film de genre et plus spécifiquement à celui de l’épouvante sous l’égide de la Hammer Films et de la Amicus Productions où ses compagnons d’armes seront Peter Cushing et Christopher alors les princes de l’épouvante britannique donnant un nouveau souffle à un genre un peu tombé en désuétude depuis l’enlisement des productions Universal dans la caricature d’elles-mêmes à partir des années 1940. En 1964, il collabore une nouvelle fois avec Jimmy Sangster le prolifique et talentueux scénariste attitré de la Hammer pour une histoire spoiler: de manipulation d’apparence classique autour d’un héritage, fomentée par un tuteur (David Knight) et sa maîtresse (Moira Redmond) transformée pour l’occasion en infirmière auprès d’une jeune fille (Jennie Liden) devenue orpheline. Classique certes mais bougrement efficace l’intrigue à tiroirs délivrant plusieurs rebondissements inattendus et saisissants. L’ensemble est bien sûr remarquablement filmé par Freddie Francis qui a judicieusement choisi de recourir au noir et blanc pour mieux diffuser l’angoisse sourde qui inonde la grande demeure aux allures victoriennes. Une petite perle de la Hammer méconnue à chaudement recommander. A noter pour l’anecdote que l’actrice principale Moira Redmond ressemble à s’y méprendre à la Simone Signoret aux cheveux courts des « Diaboliques » d’Henri-Georges Clouzot sorti sur les écrans en 1955. Pur hasard ou hommage appuyé ?
Un film de la Hammer des années 63/64 réalisé par Freddie Francis, assez sous-estimé avec un mélange d'Horreur, de Thriller, de policier, de film noir, avec un peu de psychologie voir de psychanalyse, tout en étant très anglais qu'a dû voir à mon avis Alfred Hitchcock. La musique est de Don Banks, compositeur régulier de la Hammer et compositeur d'œuvres de musiques classiques et de Jazz, et qui a trouvé le bon tempo pour ce film haletant. L'actrice qui joue l'héroïne du film, Janet donc, est parfaite dans ce premier rôle et on la retrouvera ensuite dans quelques film assez proches et des feuilletons télévisés (Le Saint, Amicalement vôtre.).
N&B en 2.35. De très belles images. De beaux cauchemars anticipant ceux des Griffes de la Nuit, le gore en moins. Pour le reste, c'est zéro ou pas loin. L'héroïne est insupportable. Je n'ai aucune empathie pour elle. Les autres n'arrangent rien. J'ai rarement vu un film avec littéralement aucun personnage intéressant, charismatique, sympathique. Bref, personne à qui s'attacher. Je me fous complètement de ce qui leur arrive. Reste la curiosité de connaître la fin de l'histoire car sur le papier, ça aurait pu être du bon Hitchcock. Y avait un potentiel dans ses twists. Mais dans l'exécution, c'est raté. Un gâchis.
Excellent film, abordant des sujets importants (la vraie ou fausse folie ; la manipulation, la vengeance, etc.). La forme est très soignée, et la mise en scène efficace.
Cette petite producrion de la Hammer co signe par Freddie Francis et Jimmy Sangster ne manque pas de charme et d'intérêt.C'est en fait un polar tourné à la façon d'un film d'horreur dans un superbe noir et blanc ou ombres et lumières sont remarquablement mis en avant.Le scénario est certes un brin prévisible mais le pitch final reste assez surprenant et plutôt immoral.On passe donc un bon moment en ce demandant pourquoi cet excellent petit film n'est jamais paru en France (mystere)
Un film de la Hammer trop méconnu à mon gout, en effet mélangeant plusieurs genres tels que le policier, le suspense, l'étrange et le fantastique, cette série B mérite vraiment d'etre redecouverte.