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Un visiteur
4,0
Publiée le 1 décembre 2008
Pour la première réalisation d'Eastwood, ça à le mérite d'être prometteur ( et cela s'est confirmé au vue de sa grande carrière ) et relativement prenant. Le climat intimiste ( appuyée par une bonne bande-son jazzy ) captive et le suspense vous laisse sur les rotules. Ce qui est intéressant dans Play Misty For Me -titre original, en référence à cette chanson que la fan demande à chaque appel à la radio- c'est l'évolution du comportement de cette fan, constamment jalouse et collante, de plus en plus obsessionnelle et effrayante. Et, d'un autre côté, la passivité de cet animateur radio, Dave ( Clint ), vis-à-vis d'elle, suggère clairement qu'il est dépassé par ce qui lui arrive. La mise en scène est au service de l'action, parfois même de l'horreur, mais elle reste sobre et classique, significative de la patte de Clint. Déjà, à ses débuts, sa démarche était sombre et dramatique.
Peu connu du grand public, "Un frisson dans la nuit" est pourtant une oeuvre primordiale sur deux points. Le premier, c'est bien sûr le fait que Clint Eastwood passe pour la première fois derrière la caméra et que ce thriller marque le début de la carrière d'un des plus grands réalisateurs du siècle. Ensuite, l'histoire d'"Un frisson dans la nuit" n'est pas sans rappeller celle de "Liaison Fatale", film d'Adrian Lyne beaucoup plus populaire sortit néanmoins plus de 10 ans après celui de Eastwood. Mais revenons-en au film même. La première réalisation de Clint Eastwood ne ressemble pas franchement à la suite de sa carrière. Le réalisateur y joue le rôle principal, celui d'un animateur radio doublé d'un Don Juan qui va payer le prix de ses relations sans lendemain en entamant une histoire avec une fille qui se révèlera plus qu'envahissante. La patte de Leone est totalement absente, celle de Siegel, à peine perceptible et on découvre à quel point Clint Eastwood semble avoir du talent aux commandes d'un film. Alliant modernité du sujet et direction d'acteurs fantastique (Jessica Walter dans le rôle de la psychopathe est plus folle qu'effrayante mais son personnage devient fascinant au fil des minutes en évitant de tomber dans la caricature), "Un frisson dans la nuit" pêche peut être par manque de fond puisqu'il ne s'agit au final que d'un film à suspens comme Hitchcock savait en faire. Dans sa mise en scène, le film emprunte d'ailleurs par moments au génie anglais notamment lors des séquences où Jessica Walter espionne Eastwood et son amante. Première réalisation et première grande réussite pour le dinosaure Eastwood.
Il y a de très bonnes idées mais l'ensemble est bien trop lent. Toutes les scènes entre Walter et Eastwood sont bonnes mais sinon c'est chiant. Les scènes du concert où les chansons sont sous-titrées ne servent à rien. Idem pour la plupart des scènes entre Eastwood et sa fiancée. Beaucoup trop de moments viennent ralentir le film et du coup on s'ennuie.
Est ce q'un jour Clint Eastwood cessera-t-il de me surprendre ? J'ai encore reçu une énorme claque en visionnant son tout premier long-métrage, "Play Misty For Me" sorti en 1971. Un film qui ne semblait pas révolutionnaire à première vue : dans la charmante ville de Carmel, un séducteur finit par tomber dans les griffes de l'une de ses proies. Malgré qu'il soit novice au poste de réalisateur, le grand Clint prouve déja toute l'étendue de ses talents et parvient à maitriser le suspens en virtuose. On a l'impression qu'il joue avec tous les éléments de son film, tant ils ont l'air d'être maitrisés facilement. L'influence d'Alfred Hitchcock se fait ressentir, notamment de par "Psychose". Photographie impeccable, cadrage soigné, musique originale ayant un rôle scénaristique, tout est perfectionné. On peut juste reprocher quelques séquences et dialogues lourds vers le début. Scénaristiquement, il est très intéressant de constater comment Clint joue avec son image de macho qu'il semble prendre un malin plaisir à casser. Il répond ainsi de belle manière aux critiques assasines dont il faisait l'objet. Dans le même sens, il offre de très beaux rôles à des femmes. Jessica Walter est une très belle "méchante de cinéma", Donna Wills a un peu plus de mal avec un rôle légérement stéréotypé. Clint Eastwood lui-même se donne à fond dans son personnage et emporte sans souci le spectateur avec lui. Commence alors une longue descente aux enfers dont on ne sort pas indemne. "Un frisson dans la nuit" est à voir absolument, premier film impressionant de maturité, du grand cinéma tout simplement...
UN FRISSON DANS LA NUIT marque les débuts de Clint Eastwood derrière la caméra. Un thriller où, là encore, sieur Eastwood se met en avant (héros et tombeur de femmes..) et va être pris dans une machination amoureuse. Film qui avait peut-être tout son intérêt dans les années 70’s, mais depuis, l’histoire s’est reproduite maintes et maintes fois au cinéma et à la télé. Sûrement qu’à l’époque, le film faisait figure d’innovation, mais à l’heure actuelle (2008), le film fait pâle figure. Alors s’il n’y avait pas de grand futur réalisateur derrière la caméra, le film serait tombé dans les limbes les plus sombres.
Le passage de Clint Eastwood du côté de la réalisation avec «Play Misty for me» (USA, 1971) passe par un reniement de l’image que lui ont donné ses rôles dans les films d’action. Être parfait, intouchable chez Leone, Siegel ou dans la série «Rawhide», Eastwood remodèle son image en mettant en crise la perfection qui accompagnait jusque là son élégance. Disc-jockey d’une radio locale, Dave Garland (Eastwood) entretient une légère aventure avec une de ses admiratrices jusqu’à ce qu’une amante perdue revienne à lui. Harcelé puis menacé par la fanatique, le personnage d’Eastwood risque la mort à maintes reprises. Film d’angoisse, à la Hitchcock, cette première réalisation semble davantage tenir de l’histoire d’amour gorgée d’une passion dévorante et hystérique. Empreints parfois des pointes du style de Cassavetes (promiscuité des corps et des visages et surexpression des affects), les décors naturels, la montée progressive de la tension et le naturalisme avec lequel le film s’exprime en font une première œuvre dérobée aux codes du film de studio. Derrière le classicisme initiatique du découpage apparaît par éclat des instants baroques, nourris du montage hitchcockien et des angles wellesien. Bien que de façon mineur, ce premier film inscrit d’ores et déjà le cinéma d’Eastwood dans une tradition américaine tout en reniant une grande part du cinéma académique. A l’heure d’un Hollywood nouveau, porté par la génération des Coppola-Scorsese-De Palma, pour ne citer que les plus illustres, Eastwood apparaît en sourdine, derrière une œuvre innocente, vendue comme un «Psycho» féminin. Plus que l’angoisse, le film travaille au corps la notion d’amour (sentiment fondateur d’un cinéaste romantique) et disperse quelques prémisses du fameux «The Bridges of Madison County», notamment lors de la scène pittoresque où le couple des amoureux se promène dans la nature au doux rythme d’une mélopée jazzy.
Première réalisation de Clint Eastwood,et déja son style se dégage nettement.Rythme nonchalant,musiques jazzy,précision de la mise en scène,folie humaine."Un frisson dans la nuit"est en cela un précurseur.Au delà de cette illustration,c'est tout simplement un thriller de qualité sur un thème casse-gueule(un homme lambda harcelé par une femme dérangée).On est projeté dans des années 70 pas si insouciantes que ça.L'ensemble a pas mal vieilli,mais son coté kitsch lui va bien.Eastwood commençe déja à casser son image avec ce disc-jockey fleur bleue.Et Jessica Walter file la chair de poule.Un petit coté hitchkockien.Palement copié par"Liaison Fatale"plus tard.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'Adrian Lyne n'a rien inventé avec sa "liaison fatale" (très bon film par ailleurs): Eastwood l'a fait avant lui ! Oui, mais voilà, si "un frisson dans la nuit" reste, d'une façon générale, une 1ère bonne réalisation d'un réalisateur prometteur, il manque un petit quelquechose pour en faire un thriller au-dessus de la moyenne : peut-être le scénario est-il trop prévisible ou tout simplement le film a t-il vieilli... Mention spéciale en tout cas pour Jessica Walter dont le jeu inquiétant au possible, n'a lui, pas pris une ride.
Certaines situations sont parfois aussi fausses qu'elles ont l'air vrai , et , avec son raffinement scénaristique certain s'apparentant à tant de ces myhologies grecques ; "Play Misty for me" se laisse voir même avec ses clichés parfois - si peu - travaillés...
Histoire que tout le monde connait mais c'est l'originale.Photo superbe, ambiance seventies.Le premier film en tant que réalisateur d'Eastwood, tourné dans son propre village de Californie.La côte, les bagnoles de l'époque, le suspens et un petit tour au festival de Monterrey en prime, un régal.
Pour sa première réalisation, Eastwood réussi là un coup de maître! Le suspense est présent tout au long du film, et le jeu de Jessica Walter alias Evelyn d'une intensité dramatique rare. Incontournable!
Le premier film de Clint Eastwood en tant que réalisateur est un très bon thriller (à la Hitchcock) au suspense intense. Mention spéciale à Jessica Walter pour sa prestation "effrayante" en auditrice inquiétante.
Je rejoins totalement la première critique une étoile. J'étais pour ma part prêt à n'en mettre aucune. Oui, peut-être qu'il y a des choses à sauver dans cette catastrophe... allez, les décors : une étoile donc pour les plages californiennes. Le reste : montage épouvantable (erreurs de raccords, ellipses ou coupes mal réglées), scènes dramatiques ridicules (l'harceleuse est épouvantable), scènes bucoliques interminables (la ballade sur la plage), dialogues nuls (mais se voulant spirituels), j'en passe et des meilleurs. Performance de Clint : mâchoires serrées en permanence, regard d'acier même lorsqu'il essaye de renouer avec son ex, soupirs à tout bout de champs (ou alors ce furent les miens. Ce gars m'a fatigué !). Au final, film éprouvant et beaucoup trop long même visionné en accéléré.
Plutôt déçu à la vision de ce film ayant reçu des critiques élogieuses... Les acteurs sont certes bons, notamment Clint... et Don Siegel campe un barman mémorable, mais le principal problème vient de la réalisation. Le film est plein de défauts : - le scénario est trop prévisible, pas assez fin - le suspense est pour ainsi dire inexistant, on se doute de toute l'histoire dès la première bobine - les scènes de folie/violence sont d'un grand-guignol à faire passer De Palma ou Dario Argento pour des cinéastes suédois - trop de longueurs et de scènes inutiles (notamment le concert de jazz qui n'apporte strictement rien, si ce n'est une scène à la réalisation approximative et très datée) - une fin baclée (comme chez Argento) et devinée depuis longtemps dans le moindre détail - une scène d'amour ridicule, sur une chanson de Roberta Flack... qui plombe un peu plus le rythme du film - une scène de promenade digne des expérimentations les plus foireuses de la nouvelle vague, avec conversation continue sur montage mal travaillé... on a envie de rire, alors que la scène aurait pu être belle... - et puis, mince ! le film s'appelle "play misty for me" et on n'entend quasimment pas le chef-d'oeuvre d'Erroll Garner ! Ajoutons que la photo est moyenne.
Restent de très beaux paysages, un sens du cadre déjà maîtrisé, la belle présence de Clint comme acteur, le plaisir de voir Don Siegel derrière un bar, et un premier quart d'heure plutôt réussi.
Bilan très mitigé, donc, pour un thriller un peu vieilli, un peu grossier dans le trait, mais honorable pour un coup d'essai.