Aujourd’hui Clint Eastwood le réalisateur (41 films entre 1971 et 2024) est aussi reconnu voire davantage estimé et surtout récompensé (2 Oscars du meilleur réalisateur) que l’acteur. Pour en arriver à ce degré de popularité et de reconnaissance critique, le parcours aura été long et parfois semé d’embûches. Alors qu’il végète depuis quelques années, alternant figurations et petits rôles dans des séries télévisées, Eastwood parvient à se faire remarquer par sa présence tout aussi sensuelle, flegmatique qu’énigmatique. Il obtient son premier rôle principal dans la série « Rawhide » qui sera un énorme succès où il incarne un cowboy au sein d’un groupe conduisant un troupeau du Texas au Missouri. A 29 ans, le jeune acteur prend confiance en lui, même s’il n’entrevoit pas de débouché immédiat vers le cinéma. Le miracle va venir d’Italie quand Sergio Leone impressionné par sa prestation dans « Rawhide » lui confie le rôle de « L’homme sans nom » dans « Pour une poignée de dollars », premier segment de ce qui va devenir une célèbre trilogie plus tard renommée par les cinéphiles « La trilogie des dollars ». Une trilogie qui va révolutionner un genre typiquement hollywoodien alors enkysté dans certains stéréotypes et à vrai dire un peu délaissé. Après deux années passées sous la férule de Leone, Clint Eastwood décide de revenir à Hollywood pour y tourner un nouveau western sous la direction de Ted Post « Pendez-les haut et court » qui ne sera pas un énorme succès, preuve que l’énorme popularité acquise en Europe n’a pas encore traversé l’Atlantique. Juste après, la rencontre avec Don Siegel, réalisateur expérimenté de séries B sera déterminante, les deux hommes étant en totale osmose artistique. Siegel devenu son mentor encouragera Eastwood à franchir le Rubicon en s’engageant dans sa première réalisation, activité qui l’aimante depuis ses débuts. Le style réaliste, direct et sans ambages de Siegel, inspire fortement Eastwood qui a pu constater à son retour d’Italie la lourdeur organisationnelle et la gabegie pratiquées par le système vieillissant des studios. Après avoir achevé le tournage de « The Beguiled » ("Les Proies") avec Siegel, il décide donc de tenter l’aventure encouragé par Lew Wisseman producteur d’Universal. Via sa société de production The Malpaso Company fondée pour « Pendez-les haut et court », Eastwood montre déjà clairement sa volonté de maîtriser toutes les composantes de son projet. spoiler: Le scénario est développé par Jo Heims à partir de l’expérience vécue par une de ses amies proches qui avait harcelé un homme qu’elle connaissait à peine. Steve MacQueen un temps envisagé pour tenir le rôle de l’animateur de radio terrorisé par une conquête d’un soir se désiste, jugeant le rôle féminin trop important . Un peu à contre-cœur, le réalisateur débutant consent à se filmer lui-même. Ayant repéré l’actrice Jessica Walter dans « Le groupe » de Sydney Lumet, Eastwood l’impose en lieu et place de Lee Remick initialement prévue par Universal. Entouré de techniciens chevronnés, habituels collaborateurs de Don Siegel (Bruce Surtees à la photographie, Carl Pingitore au montage ou encore Dee Barton à la ), l’impétrant prend d’emblée la bonne habitude de travailler vite tout en respectant le budget qui lui est alloué. Pratique très appréciée des studios qu’il conservera tout au long de sa prolifique et prestigieuse carrière de réalisateur. Le thème du film très peu usité surtout présenté de manière aussi crue, constitue avec le recul une sorte de prélude au cultissime spoiler: « Liaison fatale » d’Adrian Lyne qui fera sensation seize ans plus tard avec Michael Douglas et Glenn Close au générique. Moins sophistiqué mais plus frontal dans l’enchaînement des faits « Un frisson dans la nuit » se révèle presque plus terrifiant que le film de Lyne. L’intrigue s’articule autour du personnage un peu dilettante et forcément imprévoyant interprété par un Clint Eastwood apparaissant dans un registre différent qu’il sert sans difficulté, laissant toute la lumière rejaillir sur une Jessica Walter stupéfiante qui malgré un début de carrière prometteur sous la direction de Robert Rossen (« Lilith ») et de Sydney Lumet recycle assez vite sa carrière dans les séries télévisées. Si la mise en scène de Clint Eastwood est encore perfectible notamment dans la gestion de l’articulation entre les scènes et dans celle du rythme, on détecte derrière de solides références assumées (« Psychose » d’Alfred Hitchcock) une manière très personnelle de se mettre au service du sujet additionnée à une aptitude évidente à mettre les acteurs en confiance. Des débuts plus que prometteurs qui se sont confirmés, faisant de « l’homme sans nom » un des réalisateurs américains les plus importants de la seconde moitié du XXème siècle
Thriller mettant en scène une érotomane et psychopathe qui persécute un animateur radio, le film est plutôt original dans la carrière de Clint Eastwood. Dans l'ensemble on ressent bien la tension inhérente à ce genre, mais le tout déçoit tout de même par le montage pas toujours des plus heureux, et certaines scènes aussi longues que sans grand intérêt, comme le concert en plein air;
Pour sa toute première réalisation, Clint Eastwood signe avec "Un frisson dans la nuit" un thriller psychologique d'une redoutable efficacité, qui a non seulement défini les codes d'un genre, mais qui reste, plus de cinquante ans après, une leçon de suspense.
Eastwood fait preuve d'une réalisation sobre et intelligente, qui utilise à merveille les décors naturels de la côte californienne pour créer une ambiance très intéressante, un mélange de "cool" décontracté des années 70 et de paranoïa grandissante. La bande-son jazzy et l'utilisation du standard "Misty" comme leitmotiv de l'obsession sont une idée de génie. Ce cadre sert un scénario efficace, un modèle de thriller qui installe sa tension de manière progressive et implacable. Mais la force du film est aussi l'interprétation très convaincante de Jessica Walter. Elle campe une fan obsessionnelle particulièrement inquiétante, et sa performance est l'un des piliers de la tension du film.
Le principal reproche que l'on pourrait faire au film réside dans son rythme inégal. En effet, le récit est ponctué de quelques longueurs qui viennent casser la tension. La longue séquence romantique au milieu du film ou la scène étendue du Monterey Jazz Festival, si elles participent à l'ambiance, ralentissent considérablement une mécanique du suspense par ailleurs très bien huilée.
Au final, "Un frisson dans la nuit" est une première œuvre très réussie. Un thriller d'ambiance efficace et remarquablement tendu, qui a su poser les bases d'un genre entier. Malgré quelques baisses de rythme, sa puissance et la qualité de son interprétation en font un classique qui mérite amplement d'être découvert ou redécouvert.
Film de Clint Eastwood moyen : Un mélange de comédie romantique et de thriller psychologique dramatique .
Le scénario , l'histoire n'est pas nul , mais pas superbe , non plus , disons moyen , sur une femme folle , fan et amoureuse d'un animateur radio , interprété par Clint Eastwood .
Il y a de l'émotion et du suspens , on ne s'ennuie pas de trop , mais ce film est quand même mou , ça manque de rythmes , c'est un petit peu ennuyant quand même .
Je ne m'attendais pas à ce que ce soit si naze. Au delà du fait que les thriller érotiques/romantiques/toxiques je déteste ça je trouve ce film horrible. Une histoire perverse malsaine hautement désagréable à suivre. C'est également pour moi la pire prestation de Clint Eastwood qui est dans un surjeu grimaçant risible. Le seul point positif du film c'est l'affiche qui est très belle
Un animateur radio rencontre et séduit une auditrice qui se montrera rapidement trop envahissante dans ce thriller dont la trame sans originalité est compensée par une réalisation langoureuse et la prestance à l’écran de Clint Eastwood. Dosant savamment le suspense, le réalisateur livre un film certes mineur mais néanmoins efficace.
On démarre par un long travelling aérien au-dessus d'une voiture décapotable qui longe la magnifique côte pacifique près de Carmel. Ce n'est pas aussi soigné que l'intro de Shining, mais le rapprochement traverse l'esprit. Ainsi débute la carrière d'un immense metteur en scène démarre. Il y a des scories certes, on sent les inspirations de l'acteur qui sort de chez Leone, tels quelques gros plans sur cette face à la longue chevelure et aux yeux clairs, mais dans l'ensemble on pressent déjà ce va maturer plus tard. Avec un premier budget modeste, mais déjà une maitrise certaine. Le grand David coureur de jupons est prêt à s'assagir, quand Tobie revient le chercher, sauf que dans l'inévitable bar, dans lequel officie Don Siegiel lui-même (!!), apparait Evelyn, interprétée remarquablement par Jessica Walter, un Mister Hyde et Mr Jekyll au féminin! spoiler: L'histoire est prête à dérailler, et risque de tourner au massacre. Va-t-on revoir une nouvelle scène à la Psychose? Inversée?
On voit déjà Eastwood prêt à déconstruire son image, tout fripé au lever du lit, ou malmené face à une furie psychopathe. Déjà le jazz est là, en fond sonore, déjà les radios locales, ainsi que les noirs dansant joyeusement dans un concert en plein-air. Il n'aime pas le flic local, il fait son chemin seul. Déjà. Les retrouvailles charnelles et nocturnes dans la côte sauvage manquent de nouveauté quand on passe après Burt Lancaster dans Tant qu'il y aura des hommes. Eastwood engrange et se prépare aux chefs-d'œuvre qui vont suivre. Errol Gardner joue Misty pour nous seul. Enregistré sur une vieux magnétophone à bande… What else? streaming décembre 2024
1ere réalisation de Clint Eastwood, terminé en avance et en dessous du budget bien sûr. Magnifique première scène du film et générique, avec des plans de Carmel-by-the-Sea (ville où il a résidé et été maire). J'aurais aimé mettre 8 mais ce n'était malheureusement pas possible.
Pour une première réalisation, quelle maitrise! Clint Eastwood se montre à l'aise tant dans une magnifique scène romantique que dans des ambiances plus jazzy ou dans la montée de la tension en usant de ressorts subliminaux tandis que le trio amoureux se transforme en thriller psychologique puis policier illustrant pertinemment la réalité sordidement dangereuse de l'érotomanie, renforcée par la prestation époustouflante de Jessica Walter. Malgré une analyse psychologique pertinente des personnages, on pourra déplorer le combat de coqs dans les dialogues entre le héros et le policier dont l'aspect désuet altère l'ambiance générale. Une affaire habilement menée!
Avec ce premier film, Clint Eastwood en réalisateur convainc déjà ! Un thriller sombre, bien interprété et avec de vrais rebondissements et une ambiance romantico-tragique forte.
Premier film réalisé par l innenarable Clint Eastwood, et déjà il tape dans le mille. En effet un frisson dans la nuit est un excellent thriller angoissant que n aurait pas renié un Hitchcock s il était à l œuvre. Clint Eastwood joue un disc jockey qui sevit dans une radio locale, et reçoit tout les soirs une doléance au téléphone par une jeune femme qui demande toujours le même disque "joue misty". Un soir dans un bar il rencontre une belle jeune femme joue par la surprenante Jessica walters qui jouera son plus grand rôle. Il va entamer une relation avec cette jeune femme qui va devenir toxique et surtout dangereux pour lui et son entourage. Un très bon film avec un scénario de bonne facture. Bref du bon Eastwood
Premier film réalisé par le grand Clint Eastwood et déjà un premier classique. Car oui, "Play Misty for Me" est encore aujourd'hui un classique du thriller. Clint nous sert un film d'une très grande maîtrise, montrant déjà tout l'étendu de son talent à la réalisation. Abordant les thèmes du harcèlement et de la folie possessive, Clint Eastwood s'amuse à jouer avec les nerfs du spectateur en instaurant un rythme apaisé (notamment par les magnifiques paysages de Carmel-by-the-Sea, filmés superbement et offrant de très belles scènes romantiques) ponctué de moments de violences où tout s'accélère (l'image et le rythme, le son se décuple). "Play Misty for Me" doit aussi beaucoup à son interprétation. Clint Eastwood fait preuve devant la caméra de beaucoup de justesse et d'un humour caustique toujours bienvenu. Quant à Jessica Walter, elle est terrifiante en admiratrice passionnée... à la folie. Dernier point qui rend le film si bon : son ambiance. Une ambiance très seventies, où se côtoient rouflaquettes, dégaines hippies (vraiment très hasardeuses), Jaguar XK 150 coupé décapotable et festival de jazz en plein air. D'ailleurs, en grand passionné de jazz, Clint est allé filmer le festival de Monterey 70 (une séquence dans le film). Et évidemment, comment ne pas finir en parlant de "Misty", superbe ballade écrite par le pianiste de jazz Erroll Garner et chanson clé du film. Play Misty for Me...
Un assez bon Eastwood qui repose beaucoup sur la performance de l'actrice principale, ultra dérangeante et ultra convaincante. Reste que le film vieillit un peu mal. Une curiosité cependant à voir dans la film du grand Clint.
Un thriller intéressant pour cette 1ère réalisation de Clint Eastwood !! Le face à face entre Clint Eastwood et Jessica Walter est parfois intense tellement cette dernière joue parfaitement bien cette psychopathe !! Une réalisation parfois sombre et efficace !!
Premier film de l’acteur Clint Eastwood. Et premier film réussi. Ce qui est surprenant, Clint Eastwood endosse un personnage relativement lambda. Surprenant par rapport à sa jeune filmographie. Et plus tard, en déroulant son parcours de réalisateur, on s’apercevra qu’il n’y a rien de surprenant.
Ici, Dave Garver est victime d’un harcèlement de la part d’une fan. Son personnage est préoccupé par cette psychopathe. Pour autant, il n’est pas dénué de compassion quand celle-ci tente de mettre fin à ses jours.
Clint Eastwood prend son temps pour augmenter l’intensité dramatique voire horrifique de son premier film. Ça passe par de longues balades avec son ex, Tobie, sous les traits de Donna Mills, par sa profession de DJ dans une station de radio locale et son quotidien.
Pour son premier film, il ne se bat pas contre un homme mais contre une femme, Evelyn Draper, terrifiante Jessica Walter qui aurait pu obtenir un Oscar pour son interprétation. Clint Eastwood ne se contente pas de réaliser, il porte aussi un soin à sa direction d’acteur. Et il choisit un sujet peu évident à traiter : le harcèlement d’un fan et particulièrement d’un fan féminin.
La petite histoire dit que le réalisateur aurait proposé le rôle à Steve McQueen, mais celui-ci aurait décliné l’offre n’acceptant pas qu’une femme soit plus forte que son personnage ! Dommage, Steve McQueen ne vit pas avec son temps, il est de la vieille école, il n’est pas question pour lui d’interpréter un homme malmené par une femme. Lui et John Wayne entre autres ne sont pas pleinement acteurs en refusant de sortir de leur zone de confort. Ce qui n’est pas le cas de Clint Eastwood plus grand que ces deux cités même s’ils ont enchanté mes dimanches après-midi durant mon adolescence. Comme je l’écris plus haut, la filmographie de Clint Eastwood révèle un réalisateur sensible.
Le titre français m’a interrogé pendant tout le film. Car si frissons il y avait, ils sont venus tardivement dans les vingt dernières minutes. Je préfère le titre original « Play Misty for Me ». Clint Eastwood en profite au passage pour promouvoir le festival de Jazz de Monterey en nous présentant quelques artistes sur scène qu’il affectionne. Le jazz étant le genre musical préféré de l’acteur (voir sa filmographie).
A voir en V.O pour la voix de Clint Eastwood… si possible.