Ayant vaguement inspiré le western de Quentin Tarantino (à part le titre, les deux films n'ont pas grand-chose en commun!), « Django » ne démérite pas, à défaut d'être totalement abouti. D'abord, c'est un western spaghetti : du coup, comme dans 99% des cas, on n'a pas des moyens illimités et cela se ressent. De plus, Sergio Corbucci n'a pas la maestria de Sergio Leone derrière la caméra, se lâchant pas mal niveau gros plans et zooms à gogo loin d'être indispensables. Oui, mais c'est peut-être aussi cela qui fait son charme : percutant, y allant franco et ne faisant pas dans la demi-mesure niveau violence, le résultat, un peu chaotique, n'en est pas moins savoureux et même parfois assez réjouissant. Renvoyant dos à dos américains et mexicains, le réalisateur se montre souvent d'un cynisme absolu, n'ayant aucune foi dans la parole des hommes et leur conscience, préférant au contraire massacrer à tout va pour assouvir leur autorité et leur soif de pouvoir. Ce discours brutal est particulièrement bien développé tout au long du récit, le scénario ne tombant jamais dans une sorte de consensualité qui aurait fait tâche, Django s'avérant surtout « moins pourri » que les autres, à l'image de son passé douloureux. Ajoutez à cela la mythique chanson de Luis Bacalov et un final aussi improbable que réjouissant, et vous obtiendrez un résultat très crû, brutal, moyennement joué (surtout par Loredana Nusciak) mais percutant : appréciable.