Un drame sobre et épuré. On y parle pas beaucoup. Par contre on y filme un peu trop. Le cinéaste nous fait croire qu'il fait un documentaire sur le pénitencier de Cayenne. C'est très long et passablement ennuyeux car le vrai sujetdu film ne débute qu'après 1/2h. Un film noir intéressant sans plus.
Il y a d'abord ce prologue dans un bagne de Cayenne où le prisonnier Berthier (Alcover) apprend sa libération prochaine, où Jean Grémillon, en documentariste, filme longuement des détenus plus vrais que nature dans leur chambrée. C'est une séquence étonnante qui ne se rattache pas vraiment à la suite parisienne du film. Le scénario de Charles Spaak est un mélo tout simple, mais on peut y voir plutôt un drame de la fatalité sociale. Berthier est heureux de retrouver à Paris sa fille, sa petite Lise chérie, dont il ignore qu'elle a, avec son amant, des soucis d'argent. Dans des séquences étirées et peu nombreuses, Grémillon donne une intensité dramatique étonnante au sujet en le dépouillant de contingences inutiles et de scènes de transition. Le cinéaste a avec lui le trop méconnu Alcover, un colosse premier prix au Conservatoire (si j'en crois certaines sources), un comédien atypique, puissant et massif, qui porte et relève le film. Tout un contraste avec la petite Lise chétive, à l'interprétation pas loin du pathétique. L'affiche originale du film la montre sous l'emprise d'un diable, qui n'est rien moins, dans la scène charnière du film, qu'un usurier juif caricatural... La dernière scène, festive avec sa musique endiablée de jazz, est une allégorie qui, au-delà du sens qu'elle porte, reflète le goût de Grémillon pour l'expérimentation ou l'innovation, à l'occasion de son premier film parlant.
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3,5
Publiée le 2 février 2014
En ce dèbut du parlant, le cinèma français se cherche encore et part dans des directions souvent opposèes. "La petite Lise" de Jean Grèmillon fut un oeuvre incomprise par les spectateurs de l'èpoque! il s'agit d'un drame de la passion amoureuse, dans lequel un ancien bagnard s'accuse d'un crime qu'il n'a pas commis! Le film est tout entier baignè par un naturalisme de qualitè qui annonçait dèjà le « rèalisme poètique » . Notons cette très belle dèfinition donnèe par Grèmillon : « Le rèalisme, c’est la dècouverte de ce que l’oeil humain ne perçoit pas directement, mais seulement en ètablissant des harmonies, des relations inconnues entre les objets et les êtres. » On pense alors à Erich von Stroheim, Charles Chaplin, Josef von Sternberg ou Friedrich Wilhelm Murnau! Côtè distribution, l'imposant Pierre Alcover, qui jouera plus tard les inspecteurs dans "Drôle de drame" ou les bandits dans "L'affaire du courrier de Lyon" a le sens de l'èmotion! Et que dire de Nadia Sibirskaïa qui fait passer de jolies choses dans les yeux de cette inoubliable Lise...
Un film noir correct pour l'époque, il a surtout le défaut de ne pas trop appronfondir les situations. L'ambiance du bagne par exemple semble bien reconstitué avec des figurants qui l'on peut être connu d'ailleurs mais cela ne pèse pas vraiment sur le film... C'est aussi l'occasion de revoir Alcover, costaud le garçon.
Malgré un montage hasardeux, ce vieux film NB encore sous influence de l’expressionnisme du muet est par certains aspects scéniques d’un modernisme étonnant, notamment dans la partie finale. Le scénario bien fichu nous promène du bagne de Cayenne aux revues parisiennes des années 30. A voir.
Brillant. Encore en avance sur son temps, ce mélodrame! La seule chose insupportable en est l'actrice principale qui minaude à qui mieux mieux. Le défi n'est pas mon fort mais qui pourrait réaliser quelque chose de semblable aujourd'hui, j'entends par là d'aussi peu démagogique et qui juge si peu, et qui tape si vrai en fin de compte? Pialat a su le faire. Il faudrait tout résumer ici, et comme ce n'est pas possible, je renvoie la personne désireuse de se documenter sur ce film à L'Encinéclopédie de Vecchiali, à l'entrée correspondante. GAVTSA.