La Révolution française par le petit bout de la lorgnette.
A la différence d’un Abel Gance qui filme un Napoléon héroïque, Jean Renoir choisit de traiter non pas la grande histoire mais la petite. On verra certes Louis XVI et sa cour ; mais rien sur Robespierre, Danton ou Murat. Cette « chronique de quelques faits ayant contribué à la chute de la monarchie » – comme l’annonce le sous-titre du film – a pour héros quelques Marseillais enrôlés volontaire qui monteront à Paris, le chant de Rouget de Lisle aux lèvres, prendront d’assaut les Tuileries la nuit du 4-août et partiront combattre à Valmy.
La Révolution française vue par le Front populaire.
« La Marseillaise » se termine en 1792 avant l’exécution du Roi et la Terreur. Parti pris discutable au regard de l’historiographie la plus récente qui a confirmé l’intuition de Clémenceau : la Révolution est un bloc dont on ne saurait séparer le bon grain (jusqu’en 1793) de l’ivraie (après l’exécution de Louis XVI). Ignorant la dérive thermidorienne, Jean Renoir donne à voir une Révolution française en résonance avec l’esprit du Front populaire et avec la CGT qui lui avait passer commande de cette fresque : l’histoire édifiante du Peuple révolté contre l’ordre monarchique. Pour autant, le réalisateur de « La grande illusion » est trop fin pour sombrer dans le manichéisme. Mais, comme il le fera dire à son personnage dans « La Règle du jeu », chacun a ses raisons, même parmi les aristocrates.
La Marseillaise est un film historique plutôt convaincant de la part de Jean Renoir. Les acteurs dans leur multitude sont bons (même si au final, à l'image de leur personnage, ils restent relativement éteints par rapport au groupe). Je ne suis pas expert de la Révolution Française et je ne pourrais donc pas m'exprimer sur l'exactitude et la véracité historique du long-métrage ; néanmoins le récit raconté m'a séduit. Le film peut éventuellement effaroucher les royalistes les plus chevronnés (qui sont tout de même peu nombreux aujourd'hui), car il fait évidemment la part belle aux Révolutionnaires (dépeints en personnages loyaux et bons vivants) et montre sous un mauvais jour les aristocrates (qui sont ici vénaux et méprisant vis-à-vis du peuple). On peut supposer que si le film s'était intéressé à la période suivant la Révolution Française – la Terreur –, le discours ne serait sans doute pas le même. Il en reste tout de même bon petit film historique sur cette période charnière de l'Histoire française.
Réalisé en 1938, " La Marseillaise " arrive dans la filmographie de Renoir après de nombreux chefs-d'oeuvre, " La Chienne ", " Boudu ", " Tony ", " Le Crime de M. Lange ", " Partie de campagne ", " Les Bas-fonds ", " La Grande Illusion ", et se situe juste avant deux de ses films les plus importants : " La Bête Humaine " et " La Règle du Jeu ". Si " La Marseillaise " n'est pas son meilleur film, de loin, il reste tout de même relativement important dans sa carrière. D'abord car c'est une belle fresque historique, celle de la chute de la Monarchie française, ensuite car les effets mis en oeuvre pour la réaliser, tant au niveau des moyens techniques que de la mise en scène pure, sont brillants et démonstratifs, aussi car le propos du film a de l'ampleur, de par ses figurants, décors, etc., et enfin car, par le biais de cette " Marseillaise ", Renoir n'hésite pas à s'engager et à regarder la Révolution française d'un vrai oeil de gauche.
Un excellent film patriotique qui met en valeur la nation française. Dans ce monde qui méprise de plus en plus les nations, ça fait du bien. Un film qui ne présente pas Robespierre comme un monstre, qui ne présente pas le roi comme un tyran, qui nous montre que les vrais ennemis ce n'était pas le roi mais les aristocrates, où plus précisément les francs-maçons. Le roi a tout fait pour calmer la situation. Il s'est retrouvé pris dans un étau. On y découvre l'histoire de La Marseillaise, ce chant qui rassemble tous les Français. Ce film est donc une vrai référence pour donner des leçons de patriotisme à tous les internationalistes qui nous entourent aujourd'hui, dont certains sont des francs-maçons au passage. Renoir se place d'un point de vue populaire. Il nous montre le peuple pro-français. Mais d'une manière générale, c'est une référence cinématographique.