Je dois avouer que c'est une déception, s'il y a trois génies à l'origine de ce film : Bresson, Cocteau et Diderot, je dois avouer que je n'ai été qu'à moitié convaincu, le film est assez loin des autres Bresson que j'ai pu voir, on ne retrouve pas le côté amateur du jeu d'acteur que je trouve très touchant, j'ai l'impression qu'on se rapproche plus du cinéma d'Ophüls dans le fond, mais sans le talent d'Ophüls pour éviter le mélodrame (bien que la fin soit très belle dans ce film). C'est un film agréable à voir, mais dont il manque quelque chose pour réellement se démarquer.
Mon premier Robert Bresson. Avis mitigé : d'un côté on a de très bons dialogues (Jean Cocteau) et des bons acteurs (ce visage de garce de Maria Casares restera dans les mémoires) et de l'autre une histoire pas si passionnante que ça, une réalisation peu originale avec beaucoup de fondus enchaînés...Sympa mais loin d'un chef d'oeuvre.
Bresson aurait dû appeler ce film "Le diable probablement" vu le comportement d'un des personnages. C'est un de ses films les plus accessibles vis-à-vis des performances d'acteurs. Et les dialogues de Cocteau : un régale.
Ce film de Robert Bresson « première période » laisse un goût d’inachevé, et a mal vieilli. Son principal intérêt réside finalement dans l’intrigue magnifique due à Diderot : il s’agit d’une s’agit de l’adaptation d’un épisode du roman « Jacques le fataliste ». (Cette intrigue ayant d’ailleurs été reprise plus brillamment par Emmanuel Mouret dans « Mademoiselle de Joncquières »). Le style adopte déjà ce qui sera la marque du réalisateur, par un certain minimalisme dans l’ambiance et les décors, et le refus du spectaculaire ; mais le jeu trop théâtral des acteurs, des temps morts pesants et certaines concessions, comme une musique envahissante, nuisent au propos. Il en reste néanmoins une impression de tragédie, noire, comme le symbolise ce mariage qui ressemble à un enterrement, et une très belle dernière scène, où l’amour l’emporte de façon inattendue, tant sur la bienséance que sur les calculs et les machinations.
Quand un grand réalisateur fait un grand film! Les dames du bois de Boulogne est un film sur la vengeance. Ici, la vengeance est personnifiée par la grande, la très grande Maria Casarès (qui a l'un des regards les plus intéressant de l'histoire du cinéma), qui met son ex-amant dans les bras d'une prostituée. La mise en scène est révolutionnaire, le jeu des comédiens est exceptionnel. Bref, ce film est un chef-d'oeuvre.
Un film à l'intrigue très intéressante: la manipulation d'une femme blessée pour se venger de son ex amant. La mise en scène sobre est singulière et le personnage d'Hélène est de loin de plus intéressant. En revanche la diction empruntée au théâtre ne colle pas du tout au cinéma où l'on attends un peu plus de naturel. C'est aussi un film très daté, nos mœurs actuels ne nous permettent pas de comprendre d'un premier abord le drame qui se joue spoiler: (pour un homme de la haute société l'infamie qu'est d'épouser une ancienne danseuse de cabaret venant pourtant d'une bonne famille). . A voir néanmoins pour les dialogues recherchés.
Robert Bresson transforme un récit de vengeance amoureuse en une tragédie d’une redoutable élégance morale et psychologique. Adapté d’un épisode de Diderot dialogué par Jean Cocteau, le film explore avec une grande acuité les rapports entre orgueil, manipulation et désir de domination. La mise en scène, encore éloignée de l’épure radicale des œuvres futures de Bresson, impressionne déjà par sa précision et son refus du pathos facile. Maria Casarès incarne une héroïne blessée dont la volonté de vengeance finit par révéler les contradictions et les limites de son propre pouvoir. Malgré son apparente sophistication mondaine, Les Dames du bois de Boulogne demeure une œuvre d’une profonde cruauté sentimentale et d’une grande modernité.