Les Dames du Bois de Boulogne
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chrischambers86

16 162 abonnés 13 115 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2025
Prenez votre place pour « Le Cinèma de minuit » car "Les dames du Bois de Boulogne" (1944) vous donnent rendez-vous dans un grand classique de Robert Bresson, d'après un conte librement adaptè de Diderot et sur des dialogues de Cocteau! Avec ses images très èlaborèes, cette analyse dure et glacèe d'une passion destructive imposa dèfinitivement le talent si singulier du cinèaste! Maria Casares trouve en cette « dame » qui a tout sacrifiè pour son amant qui ne l'aime plus l'un de ses plus beaux rôles! Tout le talent de Bresson consista à lui faire comprendre que, dans la situation où elle se trouvait avec son amant versatile, elle ne pouvait absolument pas rèagir autrement, et Casares rèussit à se glisser dans ce personnage de femme dèlaissèe malgrè ses mauvais souvenirs de tournage! Elina Labourdette est tout aussi inoubliable en femme vertueuse et raffinèe! L'occasion de voir la Grande Cascade du bois de Boulogne au temps de la France occupèe! A dècouvrir absolument...
Fêtons le cinéma

848 abonnés 3 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 août 2019
Transposition d’un segment de Jacques le Fataliste signé Diderot dans un Paris atemporel, quasi éternel, Les Dames du Bois de Boulogne relit la désillusion amoureuse à l’aune de la modernité urbaine des années 40 curieusement mise en suspens, trace par le mouvement – ou plutôt le refus du mouvement – du contexte politique dans lequel l’œuvre a vu le jour. Robert Bresson se saisit du noir et blanc comme d’une esthétique où se cristallisent ces espoirs perdus, ces amours blessés : il place la couleur au service d’un espace vidé de sa naïveté et de son droit à la vie dans ce qu’elle a de plus sensible et pure. Car les protagonistes semblent autant perdus dans l’intimité de leur demeure qu’à l’extérieur, et la contemplation d’une cascade dans un bois rappelle aussitôt le jaillissement impossible d’une existence, réduite à sa seule valeur d’ornement décoratif. Les visages et les corps ne sont plus que des façades ; en eux bat un profond ressentiment à l’égard d’un temps dans lequel ils ne se sentent pas évoluer et sont enfermés. Derrière cette vengeance de classe se cache un cœur qui se meurt, ce même cœur qui cède dans la robe de mariée, lorsqu’arrive la clausule. Tragédie cynique, Les Dames du Bois de Boulogne prouve que le constat dressé par le philosophe des Lumières quelques siècles plus tôt reste actuel : mener à bien une entreprise de réparation de son honneur pour n’éprouver, une fois celle-ci achevée, sa solitude que plus profondément encore. Car l’amour impossible entre Agnès et Jean dessine en creux la passion interdite par le poids des familles et des classes sociales, l’atrophie du désir que font régner étiquettes et cérémonials. Le film incarne avec une grande subtilité la terreur d’une époque à l’idée de reconstruire du lien humain dans un monde désuni et vulnérable.
Caine78

7 754 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2019
Vu et (beaucoup) aimé il y a désormais pas mal d'années, c'est avec le souvenir de la version « officielle » signée Emmanuel Mouret que je me suis cette fois penché sur l'un des classiques de Robert Bresson, que ce dernier renie pour des raisons assez incompréhensibles. Bien plus épuré que le film sorti en 2018 (l'intrigue exclut toute la première partie du roman de Diderot), cette version moderne (bien que nettement plus ancienne, vous suivez?) fait preuve d'un talent assez étourdissant pour nous conter cette histoire aussi cruelle qu'intense, un récit de vengeance implacable et pourtant si humain. Si dans d'autres mains ce « Dames du Bois de Boulogne » aurait pu être vite indigeste, ici, par la beauté de l'œuvre, son univers délicat, l'intelligence des situations, la détresse de sentiments décrits avec un lyrisme d'une rare puissance (et quelle musique), elle apparaît magistrale. J'avoue avoir de réelles difficultés à écrire cette critique tant l'œuvre passe par le ressenti, ce qui y est décrit, montré, caché : à ce titre, le choix des interprètes s'avère idéal, le quatuor Maria Casarès - Paul Bernard - Élina Labourdette - Lucienne Bogaert incarnant tous avec brio, dans des registres très différents, ces personnages plongés dans une spirale qu'au fond personne ne maîtrise. Certainement l'œuvre ayant su le mieux rendre hommage au génie de l'auteur français, et surtout un grand film sur lequel le temps ne semble avoir aucun effet. Magnifique.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 octobre 2022
Deuxième expérience avec Robert Bresson.

Mauvaise langue que j’étais, j’avais annoncé un automne pluvieux de suite après avoir vu son « Pickpocket » à la direction d’acteurs radicale, assumée mais non faite pour moi.
C’est suite à ce film, « Les Dames du Bois de Boulogne », que Bresson s’est juré de ne prendre que des acteurs non-professionnels qu’il modèlerait à sa façon.
Il était tellement déçu de ce film et de l’interprétation de Maria Casarès…
Euh qui ?
Maria Casarès, une des plus grandes actrices de son temps, qui est entrée plus tard à la Comédie-Française, excusez du
peu ; qui a eu le prix d’interprétation pour son rôle « La chartreuse de Parme », excusez du peu.

Qui ? Maria Casarès, une femme de théâtre, une comédienne dans le sens noble du terme. Une passionnée des planches.
Ben apparemment, une très bonne comédienne des planches ne fait pas nécessairement une bonne actrice de cinéma… selon Robert Bresson.
Elle n’a pas su se conformer à sa direction d’acteurs. Ça arrive.

Très bien, j’arrête d’ironiser sur la philosophie cinématographique de Robert Bresson.
D’autant que j’ai apprécié son film « Les Dames du Bois de Boulogne », eh oui !
Cette deuxième expérience est heureuse, même si elle ne correspond pas à la chronologie de Bresson.

Je n’ai rien à redire sur l’interprétation de Maria Casarès, moi !
Je perçois bien les intentions de Bresson dans l’expression figurative de l’actrice. J’ai bien aimé cette interprétation. Si elle peut paraître monolithique, elle semble traduire les consignes de son metteur en scène, insatisfait. Il la voulait plus expressive que bavarde. Son phrasé peut surprendre mais il s’accorde bien avec son esprit manipulatrice.
Quant à Paul Bernard, son interprétation traduit parfaitement son personnage de bellâtre, manipulé et étonnement naïf.
Dans ce récit sombre, j’ai apprécié le sourire d’Elina Labourdette avec ses longues jambes de danseuse. Dès qu’elle ne danse plus, elle ne sourit plus.
Bresson n'abuse pas des bons moments !
Casarès sourit plus longuement qu'Elina Labourdette, mais d’un sourire carnassier.

Dommage que Bresson rejette son film. Moi, je ne le rejette pas.
De la lumière au cadre, de l’interprétation au récit, j’ai tout apprécié.
« Les Dames du Bois de Boulogne » est une éclaircie dans mon automne que je craignais pluvieux.
Décidément, Bresson et moi ne sommes pas faits pour nous comprendre.
A la prochaine expérience.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2021
Les dames du bois de Boulogne est une splendeur, une pièce maîtresse du cinéma français. Bresson réussit tout à la fois une mise en image parfaite(cadrage, utilisation optimale de la musique, une sublime photographie en noir et blanc) et une direction d'acteurs qui nous émeut. Maria Casarès a rarement été aussi juste dans l'élaboration de son impitoyable vengeance et l'actrice qui joue la "grue" touchante, sa mort est filmée de façon émouvante, empreinte de mysticisme. La scène du mariage est merveilleuse où celle de l'ultime rencontre entre la mère et la fille et Maria Casarès, sadique au possible. L'acteur est tout en nuance et en sensibilité La scène de danse au début est filmée avec un sens du mouvement rarement vue. Un chef d'oeuvre.
soniadidierkmurgia

1 432 abonnés 4 332 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2017
D'un passage de Jacques le Fataliste de Diderot, Bresson pour sa deuxième mise en scène, tire une remarquable épure. Dans un noir et blanc magnifique (Robert Agostini) les personnages de ce triangle amoureux se meuvent avec une économie de gestes et de paroles qui sera la marque de fabrique du réalisateur. Malgré une réelle sobriété des acteurs, s'en est encore trop pour Bresson qui n'utilisera plus de comédiens professionnels par la suite. Les méthodes de Bresson s'avèrent très modernes avec le recul et surtout très efficaces. A côté des "Dames du bois de Boulogne" certains films du grand Carné comme les "Visiteurs du soir" paraissent soudain datés. Grâce à un montage nerveux qui ne laisse pas de temps morts entre des scènes très ramassées, Bresson fait progresser à grand pas son action et maintient le spectateur en haleine. Si "les dames du Bois de Boulogne" est un remarquable drame, il peut être assimilé à un suspense ou à un film noir tellement l'intrigue nous laisse supposer toutes les issues. Pour garder l'attention soutenue sur le jeu des acteurs, Bresson insère son action dans des décors très sobres à la limite du dépouillement. Même le jeu quelquefois emphatique des actrices n'alourdit pas le propos. Maria Casarès telle une araignée tisse patiemment sa toile avec une froideur sans faille que rien ne peut arrêter. Quant à Elina Labourdette elle incarne la fraîcheur dont on comprend que tous les hommes aient envie de se damner pour elle. Les deux actrices sont magnifiées par la façon sublime qu'à Bresson de saisir la moindre de leur expression. Du très grand art.
 Kurosawa

673 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 novembre 2018
La déception est grande mais elle ne se fait pas attendre tant "Les dames du bois de Boulogne" est un film insipide. Si l'ouverture intrigue avec cette réplique ("Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour") qui laisse entrevoir une réflexion sur la cruauté et les faux-semblants, la suite ne possède que peu d'intérêt. Le film s'applique surtout à dérouler son petit programme (une femme manipule son amant sans que celui-ci ne s'en rende compte) et à faire évoluer des personnages inconsistants dans des lieux interchangeables, symptôme de la faiblesse de l’écriture et de l’académisme d'une mise en scène qui accorde aussi peu d'importance au décor qu'aux acteurs. Jamais l’œil n'est sollicité parce qu'aucun plan ne se dégage de l'ensemble, parce que Bresson n'a aucune volonté de faire des scènes et de créer des situations : c'est peu dire que le film est transparent et qu'il traite son idée d'une façon particulièrement convenue. Aussitôt vu, aussitôt oublié !
Guillaume182
Guillaume182

147 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 janvier 2013
Bresson est certainement l'un des plus grands cinéastes Français de tous les temps.

Ses films sont si atypique, mais j'avoue que je me suis quelques fois cru devant un film de Renoir.

Mise en scène semblable, gros plan et éclairage semblable.

Maria Casarès est une superbe actrice.

Il est assez dur de s'identifier aux personnages, les temps ont changés et puis de nos jours fréquentés une danseuse ce n'est pas si grave.

La fin est magnifique.

Le récit, la technique et avec les acteurs, Les dames du bois de Boulogne est un film réussit sans être à la hauteur des chefs d’œuvre de Bresson.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 19 mai 2011
Hélène est amoureuse de Jean qui ne l'aime plus. Elle lui fait croire que ses sentiments ont disparu et le pousse dans les bras d'Agnès, une ancienne danseuse, à la réputation souillée. Sans doute le plus classique des Bresson, une histoire de vengeance à l'extrême eau de rose avec un Paul Bernard (Jean) pataud et insignifiant qui fait tache face à l'extrême vivacité dégagée par Elina Labourdette (Agnès). Entre les réveils de syncopes de mademoiselle façon grand mélo et les divagations de notre amoureux inexpressif soi-disant transi à mort, Bresson nous emmène dans un plan machiavélique figé, surgonglé de romantisme niais et sans heurt. Le moins singulier de ses films.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 722 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2019
On aurait pas pu trouver mieux que Maria Casares avec son regard profond qui voit au-delà des choses. Comme un regard d’anticipation. Et il y a cette froideur élégante et esthétique qui caractérise en cette œuvre sur la manipulation et la vengeance.
Bresson c’est comme un livre ouvert, une évidence. Une grande classe dans le style
Hotinhere

790 abonnés 5 455 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2022
La vengeance est une femme !
Adaptant librement Diderot, Robert Bresson signe un drame sentimental cruel et machiavélique, servi par les dialogues de Cocteau et l’interprétation glaçante de Maria Caseres. En revanche, Jean Marchat qui joue le séducteur est nettement moins convaincant et charismatique. 3,25
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 juillet 2011
Le film vaut principalement pour les 2 actrices principales, l'histoire et les réactions des personnages sont vraiment trop cousus de fil blanc pour être vraiment intéressante.
Acidus

870 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 août 2014
"Les Dames du Bois de Boulogne" a beau réunir trois grands Hommes - Diderot pour le roman originel, Bresson à la réalisation et Cocteau aux dialogues - c'est une déception. Le film n'est ni captivant, ni soporifique, ni intense, ni vide d'émotion,.... Bref, on regarde cela d'un oeil détaché, sans passion. La faute surement à cette histoire peu intéressante ou tout du moins mal exploité par un Robert Bresson pas au meilleur de sa forme. Moyen.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

89 abonnés 4 215 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 novembre 2023
Le film de Robert Bresson, adaptation d'une oeuvre de Diderot, est l'histoire d'une vengeance amoureuse, de celles assez courantes d'une certaine époque littéraire. Le film, quant à lui, n'est pas commun. Bresson renouvelle, voire invente, la tragédie cinématographique. Dès les premières scènes, la gravité du ton et la sécheresse de la mise en scène tranchent avec les mélodrames sentimentaux courants. Et les dialogues de Cocteau ne sont pas étrangers à cette singularité.
Parce qu'il s'est détaché d'elle, Hélène prétend se venger de son amant Jean en lui présentant Agnès, une jeune fille vivant avec sa mère. Le sujet est très simple et, débarassé de tout artifice mélodramatique, confine à l'épure. Le dépouillement de la mise en scène et ses ellipses élégantes, le laconisme des personnages, font que Bresson nous conduit à l'essentiel, à savoir la souffrance amoureuse commune aux trois protagonistes principaux: Hélène, toujours éprise de son ancien amant, Jean, éperdu d'amour pour agnès, elle-même prête à lui céder si elle ne s'en estimait pas indigne, conséquence de son passé que Jean ignore.
Tragique et, consécutivement, intemporel, ce drame très formel, aux dialogues précis et inspirés, permet à chacun des interprètes de dévoiler, malgré son caractère uniforme, toute la sensibilité, la gravité de son personnage.
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 février 2007
Les dialogues de Jean Cocteau y sont pour beaucoup dans la qualité de ce film. Mais on remarquera égalemement l'interprétation de l'éblouissante Maria Casarès... A voir même si la trame de l'histoire paraît particulièrement désuète... Un cinéma d'un autre âge auquel on adhère ou pas...
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