En 1973 le féminisme bat son plein dans les grandes villes américaines et bientôt les mâles dominants issus de la high class n'auront d'autres recours que de se construire de toute pièce en banlieue une copie conforme de la bourgade telle qu'elle était rêvée dans les années 1950 et 1960, offrant une vie bâtie autour d'une famille parfaitement ordonnée, la femme y tenant le rôle de la ménagère accomplie. Mais ce retour à la campagne s'accompagne rapidement de l'ennui d'une épouse qui a précédemment goûté à l'indépendance dans la grande cité. Les hommes se sont alors regroupés pour mettre au point un horrible projet destiné à faire accepter de force aux épouses rebelles le rôle qu’ils leur pensent normalement dévolu. La belle Katharine Ross qui vient juste d’emménager à Stepford comprend vite que quelque chose ne tourne pas rond, le comportement de son mari changeant et surtout l'attitude des femmes autour d’elle régressant brusquement vers un amour trop enthousiaste pour les fourneaux et le plumeau qu'elles avaient abandonnés avant leur arrivée au village. Le parfum de complot qui embaume fort agréablement l’intrigue nous rappelle tout à la fois le "Prisonnier" série culte britannique et "Rosemary's baby". Cette analogie n'est pas un hasard quand on sait que le metteur en scène Bryan Forbes est lui-même anglais et que le scénario est tiré d'un roman d'Ira Levin le père de "Rosemary's baby". Rarement charge n'aura été aussi violente envers la gente masculine. Sous la devanture séduisante d'un film à suspense, Bryan Forbes montre le combat désespéré d'un carré de machistes convaincus qui ayant bien compris que la libération de la femme était inéluctable, choisit en désespoir de cause une voie radicale. Penser que les hommes ne rêvent que de ménagères à forte poitrine juste bonnes à tenir la maison et à satisfaire leurs fantasmes primaires est sans doute exagéré et n'est pas un si bon argument pour la cause féministe. En dehors de l’aspect fortement militant du film qui ne peut être passé sous silence on retiendra surtout un formidable film de genre à l’ambiance envoûtante qui s’il n’est pas aussi magistral que « Rosemary’s baby » en est le digne petit frère. Katharine Ross et la très tonique Paula Prentiss occupent fort bien l’espace, nous entraînant avec elles dans cette enquête dans le milieu aseptisé des femmes d’intérieur. Il est symptomatique de constater que plus de trente ans après le film, une série comme « Mad Men » fait l’apologie de ces fameuses années 1960 à travers la glorification du monde machiste de publicitaires new yorkais. Il faut noter aux côtés de son père Paul, la présence de la toute jeune Mary Stuart Masterson qui sera en 1991 la jeune rebelle « Idgie » des « Beignets de tomates vertes » de Jon Avnet, film devenu culte dans le milieu lesbien.
Pas mal du tout. Au début j'étais sceptique mais en fin de compte je suis resté jusqu'au bout et j'ai apprécié sa fraicheur. Certes certaines scènes sont un peu longues mais le tout reste d'actualité et se laisse facilement regarder.
Un couple quitte la ville et son stress pour vivre dans une bourgade tranquille. Mais les femmes de la ville ont un comportement étrange. Les années 70 ont su cultiver la paranoïa et l'angoisse dans un certain cinéma de genre. Adapté d'un roman d'Ira Levin, auteur de "Rosmary's Baby", "The Stepford Wives" se place dans la même veine que le film de Polanski. Avec une dimension politique plus nette. Car le film est clairement féministe: Stepford se révèle être une ville patriarcale et archaïque tenue par des hommes faibles en manque de virilité. Le scénario est très bien construit et mène crescendo le suspense jusqu'à la fin vraiment terrifiante. Katharine Ross excelle en femme peu sûre d'elle puis revendicatrice. Un vrai thriller qui n'a rien à voir avec le calamiteux remake sorti en 2004.
Un film vraiment prenant à la mise en scène efficace et froide. Autant film de suspense que critique virulente envers le machisme de certains ne pensant la femme parfaite que si elle passe son temps à faire le ménage et la cuisine. Un classique du film fantastique dont le suspense va crescendo et dont le final restera longtemps dans les esprits. A voir absolument et surtout oubliez son remake avec Nicole Kidman
Parfaite oeuvre d'anticipation et simple lutte du bien contre le mal , le film prend tout de suite à la gorge avec son cynisme non-dit & obligé , ses multiples symboles, et enfin ( & bien sûr ) sa parfaite conformation actuelle - avec, par exemples, certains commerces... - d'autre part tellement vraie aujourd'hui. Evitez les imitations !
Quelques mots sur ce classique trop méconnu des 70's à qui "Le Village" de M. Night Shyamalan doit beaucoup... Mise en scène ample et élégante d'un réalisateur éminemment britannique pour un film éminemment américain, repli communautaire, refonte morbide de la cité, paranoia galopante, scénario implacable et glaçant, enfin, chapeau bas à Paula Prentiss et Katharine Ross pour leurs jeux inspirés... Autant de points intéressants qui incitent à voir ce long métrage. Merci d'éviter le remake avec la Kidman, préférez l'original!!!
Un classique du genre. Ce film est très intelligent. Même si on ne sent pas un immense réalisateur derrière la caméra, la msie en scène de Bryan Forbes est tout de même efficace, réussissant à créer une atmosphère très angoissante. Ce film très pessimiste est d'autant plus intéréssant à suivre qu'il est dénonciateur par rapport à une certaine folie humaine, et c'est vraiment très intéréssant à suivre. KAtharine est quant à elle excellente.