1063 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
85 critiques spectateurs
5
20 critiques
4
39 critiques
3
16 critiques
2
7 critiques
1
2 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Scorcm83
122 abonnés
508 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 17 novembre 2014
Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Il est vrai que j'admire le travail esthétique de Bergman, autant j'ai du mal à totalement rentrer dans ses films à cause de la froideur qui s'en dégage. Toujours est-il qu'il arrive à m'immerger à plusieurs reprises grâce à des scènes superbement interprétées et mises en scène et à m'en faire ressortir lors de transitions trop longues à mon goût. Cela dit, j'ai bien conscience de l'importance de son cinéma, et même si il ne me transcende pas comme je l'espérais, la vision de ses films m'est extrêmement bénéfique, en tant que, j'espère, futur réalisateur !
Pour en revenir sur Les Fraises Sauvages, j'ai aimé le portrait qu'il dresse de ce vieil homme en fin de vie, qui se voit effectuer le long d'un trajet en voiture une introspection sur sa propre vie en se posant des questions morales essentielles. J'y vois un conflit des générations, et en même temps la représentation de l'importance qu'ont nos aînés sur nos choix de vie. Il s'agit d'un film très personnel du cinéaste, et sa direction d'acteurs reste encore est toujours excellente, mention spéciale à Bibi Henderson, sublime et à l'opposé de son personnage dans Persona.
Même s'il ne m'a pas touché comme je l'espérais, il y a une atmosphère dans ce film, tout comme dans Persona, qui fait que l'on va tout de même au bout de cette histoire, malgré la distance qu'on peut avoir à son égard.
Se rendant à Lund au volant de sa voiture, accompagné par sa belle-fille pour une cérémonie de jubilé en son honneur, un professeur de médecine renommé décide de faire le point sur sa vie, son parcours. Que l’on aime ou pas, il n’y a pas à dire, Ingmar Bergman, dans l’histoire du cinéma, c’est quand même quelqu’un. Chacun de ses films, en dépit de thèmes revenant de manière récurrente, est une expérience cinématographique nouvelle. En ce qui me concerne, j’ai une connaissance très limitée de l’œuvre du cinéaste suédois car je n’ai vu qu’un seul film de lui. Il s’agit de « Persona », que j’avais beaucoup apprécié. En revanche, pour ces « Fraises sauvages », je n’ai pas ressenti le même enthousiasme. Pourtant, les propos tenus par Bergman sont d’une grande justesse. Mais j’y suis resté hermétique. J’ai eu pas mal de difficultés à me sentir pleinement concerné par la quête de rédemption de ce médecin qui se rend compte bien trop tard qu’il fut un homme égoïste, froid et qu’il a blessé de nombreuses personnes. C’est une réalité, pendant longtemps on refuse de se confronter à la vérité sur soi. Et c’est toujours trop tard lorsque l’on décide d’enfin la regarder bien en face. Le médecin, tente de montrer autre chose, tente de se réconcilier avec ceux qu’il a blessés, revoit son passé et fait des rêves étranges. Finalement, n’est-ce pas à cela que chaque être humain est condamné lorsque le dernier souffle approche de plus en plus? Le propos est donc juste, mais le film en lui-même est assez ennuyeux et est surtout plombé par des dialogues didactiques et pompeux. Même en V.O, ils sont durs à encaisser. Ingmar Bergman fut un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma, il n’empêche que lui aussi n’a pas réalisé que des chefs-d’œuvres. Et encore, c’est à nuancer, étant donné que même un Bergman mineur est un coffre-fort difficile à percer mais qui contient beaucoup de choses.
La vieillesse, l'appréhension de la Mort et des souvenirs: les thèmes de ce film signé Ingmar Bergman sont tout à fait passionnants et développés d'une façon aussi singulière que brillante. Et si le film possède bien des longueurs, notamment à cause de quelques discussions ne parvenant pas à aller plus en profondeur dans la psychologie du personnage principal, il reste remarquable dans sa mise en scène. Bergman tente avant tout de capter un certain nombre de points de vue. D'abord celui de Isak (Victor Sjöstrom) sur lui-même, puis Isak vu par ses connaissances (gouvernante, famille, et autres compagnons de route). Ainsi, à travers des rêves d'une étrangeté fascinante, des regards qui disent beaucoup plus que des mots et des dialogues d'une rare finesse, "Les Fraises sauvages" offre de très belles réflexions existentielles en oscillant entre un humour amer et une vraie cruauté. Ces changements de ton imprévisibles procurent d'ailleurs une émotion qui rompt avec la froideur habituelle du cinéaste sans en briser l'époustouflante maîtrise.
Premier Bergman à mon actif et excellente surprise, l'idée de me lancer vers l'inconnu chez ce réalisateur autant réputé restait une sensation plutôt excitante, et je dois dire que l'expérience fût enrichissante. Bergman introduit ce vieux professeur, Isak Borg, abandonné de tous, que ça soit par la mort, l'amour ou sa médiocre paternité, ces rêves le trouble au crépuscule de sa vie, quel aura été le constat de son existence ? Cette cérémonie honorant sa carrière de médecin est l'occasion pour lui de retrouver ses racines sentimentales, se remémorer ses souvenirs enfouis aux tréfonds de sa mémoire pour les exorciser et atteindre la paix ultime dans l'au delà. C'est un voyage sombre, onirique et introspectif que nous propose Bergman, il choisit de débuter par ce rêve étrange et angoissant, presque lynchein (ça m'a quelque peu rappelé "Eraserhead" et sa quête noire de l'existentialisme), le temps semble figé dans un monde macabre qui n'attends que sa dépouille mortuaire. Puis vient l'heure de ce road trip avec sa charmante belle fille Marianne, qu'il emmènera sur les lieux de sa jeunesse fougueuse où les fraises sauvages se cueillaient par la main de sa convoitée Sara, jusqu'à ce qu'il croise une jeune autostoppeuse ressemblant étrangement à son amour envolé. On navigue entre le pessimisme froid du vieux Isak, ses tristes regrets, et d'un autre côté son optimisme renaissant, par la poésie des mots et de la nature, le passé et le présent se juxtaposent, les relents sont parfois cruels mais nécessaires à l'absolution. D'abord aigri et non moins égoïste le vieil homme se mue en être généreux et attentionné avec son jeune entourage et plus particulièrement avec Marianne qui lui confiera un secret douloureux qu'il saura comprendre. La fin est résolument optimiste, Isak peut se voir partir le cœur et l'esprit léger, comme un devoir tardivement accompli, la mort n'est pas montrée explicitement mais tout de même relativement suggérée (enfin à l'interprétation du spectateur), mais les derniers contacts avec l'autostoppeuse, son fils ou Marianne sonnent clairement comme des adieux remplis d'émotion et le vieil homme peut s'en aller retrouver des moments de bonheur au coin où poussent les fraises sauvages. Ce dépucelage bergmanien m'aura enthousiasmé par son ambiance nostalgique et poétique, son style esthétique et cette mise en scène très maîtrisée, une très belle œuvre à déguster sans modération.
Un très beau film (normal c'est du Bergman) sur l'introspection d'un vieil homme froid et égoïste. Malgré sa lenteur, ce film reste captivant car la réalisation est innovante et on est bercé entre la réalité et l'imaginaire.
Tu sais que tu m’intimidais Ingmar ? Je l’ai fantasmé ton cinéma. Un cinéma d’auteur au propos indigeste. Une froideur venue tout droit de ton pays natal. Un pays natal aux longues nuits d’hiver et aux bourrasques glaciales qui ne pouvait que créer un cinéma triste, déprimant et austère, pensais-je alors. Mais bon… prenant mon courage à deux mains, il faut que je saute le pas. C’est un passage obligé. Et je dois dire que malgré l’appréhension il y a aussi un peu d’excitation. Ca y est, je vais le perdre mon pucelage. Je vais pouvoir jouer les fiers à bras auprès des potes. Je serai un cinéphile un vrai, l’égal de ceux qui l’ont déjà fait.
Je me lance. Je me déshabille timidement et toi, méchant Ingmar, tu commences par confirmer mes craintes. Un vieux médecin, une vieille gouvernante, un cauchemar morbide entre ville vide, horloge sans aiguille et cercueil qui tombe. Mon Dieu, dans quoi me suis-je embarqué ? Qu’est-ce que je dois faire ? Tout me semble maladroit. Le malaise s’installe.
Allez ce n’est pas grave. On persévère. Il faut lâcher prise. Je ne suis pas allé jusque-là pour abandonner maintenant. Ca serait dommage, le plus gênant est passé. Il faut juste que tu m’aides un peu, Ingmar. C’est alors que tu me prends par la main, que tu m’amènes en ballade. Tu joues les guides touristiques. Un petit road trip avec la belle Marianne bientôt rejointe par la vibrante Sara. Une colline par ici, un bois par-là. Une maison au bord d’un lac. Tu me montres où cueillir cette fameuse fraise sauvage.
Enfin tu m’absorbes et tu rythmes nos ébats. C’est toi qui mène et j’en suis heureux. Je me laisse porter, béat. Les scènes se succèdent, les émotions aussi. Tu alternes librement, au gré de tes envies mais en prenant bien soin de garder l’équilibre. Tantôt l’angoisse des cauchemars d’Isaac, tantôt la nostalgie de ses jours heureux. Tantôt la froideur d’une mère, tantôt la chaleur de Sara. Tantôt la bêtise des Alman, tantôt l’humanité de Marianne.
C’est finalement dans une explosion d’optimisme et d’amour que tout se termine. Et je dois le dire : tu m’as mis dans tous mes états. Il m’en a fallu du temps pour m’en remettre. C’est heureux de cette expérience, et non pour la gloriole ridicule que je pourrais en retirer, que je te quitte. Mais ne t’inquiète pas. Ce n’était pas un coup d’un soir. Ton cinéma et moi, nous nous reverrons.
Après quelques (longs) jours sans avoir vu ne serais-ce qu'une seule minute d'un long-métrage, il est temps de se rattraper car, comme qui dirait, la culture n'attend pas (surtout que j'ai encore de grosses lacunes concernant envers cette Mme Culture, enfin bref...). Quoi de mieux recommencer le visionnage de films avec "Les Fraises sauvages" de Ingmar Bergman. Tout le monde me bassinait avec le film, comme quoi il était long (1h30, c'est pas ce que j'appelle long mais bon...), comme quoi il était ch*ant (moins chiant que le dernier Marvel, je vous rassure), etc, etc... Mais comme j'ai l'habitude de le dire dans plusieurs de ces critiques, cela doit faire un bon bout de temps que je n'écoute plus ce genre d'avis, préférant vérifier par moi-même. Pour le moment, concernant la filmographie du cinéaste suédois, je n'ai vu que "Fanny et Alexandre" qui possédait un degré de maîtrise fabuleux ainsi qu'un charme et une atmosphère particulière. C'est pareil pour "Les Fraises sauvages", même si j'ai été un poil plus botté par "Fanny et Alexandre". Mettant en scène le cinéaste suédois Victor Sjöström (réputé pour avoir réaliser des classiques du muet à l'instar de "Terje Vigen" ou "La Charrette fantôme"), le film raconte l'histoire d'un vieil homme en fin de vie se remémorant, sur la route qui le mène à une cérémonie doctorale en son honneur, ses jeunes années, ses joies mais surtout ses regrets. Car "Les Fraises sauvages" est avant tout un film qui traite de la mélancolie. Mélancolie d'une vie passée, servi par des acteurs campant des personnages hauts en couleur, sans oublier cette façon de parler de la psyché humaine, avec à la fois un regard critique mais avec compassion. Bergman signe un très beau film, touchant et passionnant, d'une grande beauté.
Un film d’une incroyable richesse, qui mêle la gravité du thème (l’examen de conscience d’un vieil homme passé à côté de sa vie, la solitude ontologique de l’être humain) et la vigueur de son traitement (rythme enjoué de la narration, dialogues plein de vie, sens du décalage ironique). Ce bouillonnement de vie est constitutif du film lui-même, qui, loin d’être un monument figé, témoigne d’une malice et d’une vivacité non exempt d’imperfections (la voix off trop explicative) – ce qui le rend d’autant plus touchant. Et on ne peut qu’être ébahi par l’audace formelle du cinéaste, qui élabore une narration mettant sur le même niveau réalité, rêves et souvenirs, et qui n’hésite pas à transformer sa chronique sentimentale en voyage mental (tous les personnages que croise le vieil homme sont des échos plus ou moins déformés de ce qu’il a vécu – au point de faire jouer par la même actrice son amour de jeunesse et une jeune auto-stoppeuse qui vit le même dilemme amoureux). Mais loin d’être conceptuel, le film palpite de vie et l’acuité habituelle du cinéaste sur la nature humaine (comme toujours chez lui largement teintée de pessimisme : tous les couples du film sont dysfonctionnels) est doublée d’une réjouissante liberté de ton et de forme qui finit par contaminer d’une saine énergie son discours crépusculaire.
Avec "Les Fraises Sauvages" Ingmar Bergman retrace l'odyssée spirituelle de Isak Borg, un vieux professeur qui se rend en voiture avec sa belle-fille à l'université de Lund pour y recevoir une récompense. Pendant ce long trajet, Bergman manie ingénieusement réel et imaginaire, on découvrira qui il est, sa famille, son passé, son enfance ou encore ses sentiments et Bergman brassera intelligemment plusieurs thèmes tels que la vie, l'amour, le regret ou la mort. Que ce soit les dialogues, le scénario ou les personnages, c'est très bien écrit, de manière intelligente et subtile et au final c'est un film à la fois beau et triste mais surtout émouvant qu'il nous livre, avec de belles touches de poésie et une belle mise en scène. Sa force est de décrire tout une existence dans le récit d'une journée et de combiner réalité objective et subjective de Borg. Le rythme est lent, mais ce n'est jamais ennuyant et bien au contraire c'est même passionnant. Une très belle œuvre, bien filmé, bien interprété, bien écrite et captivante.
En reprenant ses thèmes de prédilection autour de la mort, donc de la vie (il est beaucoup question ici de la jeunesse) Bergman montre toute l’étendue de sa vista en matière de réalisation, liée à un scénario écrit avec un cœur gros comme ça. Alors que l’empreinte de la nostalgie marque le tempo, c’est un film chaleureux que Bergman signe au final en donnant les clés de la vie à une jeunesse insouciante mais déterminée à s’en saisir. Beaucoup d’humanité et de tendresse dans ce qui en apparence donnerait plutôt dans la gérontologie.
Avis bonus Une interview instructive de Bibi Andersson, des commentaires sur le film, c'est à voir et à entendre Pour en savoir plus
"Les fraises sauvages" est peut-être l'oeuvre de Bergman la plus belle et touchante. C'est une vraie leçon de vie et d'humanité. Les acteurs sont formidables. Quel plaisir que de (re)voir le célèbre cinéaste et principale influence d'Ingmar Bergman, Victor Sjöström, jouer les premiers rôles et en quête de repentir. Magnifique.
Un film bourré d'idées et vraiment réussi sur le plan formel mais qui manque d'un scénario consistant. Ingmar Bergman est un maître et le prouve en réalisant un film virtuose sur le plan de la réalisation. C'est très intelligent, parfaitement filmé et le cinéaste a des tas d'idées. Malheureusement, si l'histoire commence bien,on tourne vite en rond et le scénario ne décolle pas. Le rythme reste un peu scotché et les personnages, s'ils se dévoilent, restent un peu au ras des pâquerettes, avec des enjeux pas à la hauteur. Bref, un brin ennuyeux, mais très intéressant sur le plan cinématographique.
Juste une merveille. Ingmar Bergman signe ici l'un de ses films les plus douloureux, inquiet, onirique... Un voyage "initiatique" d'un personnage en pleine introspection. Superbe !
Ingmar Bergman signe ici l'un de ses films les plus ouvertement nostalgiques. Durant le voyage qui le conduit à une cérémonie couronnant sa carrière de scientifique, Isak Borg se remémore certains passages de sa vie, le plus souvent douloureux, et rencontre diverses personnes qui l'amèneront à réfléchir sur son existence et finalement à se réconcilier avec lui-même. Dans «Les Fraises Sauvages», la première chose qui nous marque est l'interprétation bouleversante d'humanité de Victor Sjöstrom. Tour à tour enjoué ou pathétique, drôle ou pensif, il remplit tout le film de son charisme vieillissant. Bien sûr les autres acteurs, des habitués de Bergman, sont loin d'être en reste. Mais la figure du professeur est particulièrement intéressante, dans sa façon de se remémorer des instants de sa vie, de réagir face aux autres, sa famille comme de parfaits inconnus, d'ouvrir les yeux sur sa condition et de vouloir enfin changer... «Les Fraises Sauvages» est une fois de plus l'occasion pour Ingmar Bergman de réfléchir sur ses inquiétudes face à la mort, la famille et ses responsabilités, la jeunesse, la mémoire, la solitude... Ainsi il utilise à la fois l'introspection et le rêve, le subconscient donc, pour analyser les échecs et les réussites de son héros. Cet anti-héros presque, que tout le monde juge froid et distant, alors qu'il nous apparaît de plus en plus affectueux et bienveillant, transformé par ce voyage "initiatique", lui qui arrive pourtant au terme de son existence. Un long métrage chaleureux et tendre, parfait point de départ pour découvrir l'oeuvre du suédois. Encore un Bergman à ne pas manquer! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/