La Rue de la honte
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2017
L'oeuvre monumentale de Kenji Mizoguchi s'achève en beauté avec «La Rue de la Honte»! Le film vaut le coup d'oeil rien que pour Machiko Kyô (l'inoubliable interprète de «Rashômon») : fascinante dans un rôle complexe, elle crêve l'écran dès sa première apparition. Mais quand on sait qu'il s'agit en plus d'un long métrage de Mizoguchi, qui plus est son dernier, regarder «La Rue de la Honte» c'est avoir la chance de contempler le talent à l'état pur, une maîtrise cinématographique sans égale, point d'orgue d'une carrière exceptionnellement riche et brutalement arrêtée par la mort du cinéaste. Il est troublant de constater que son art n'avait en rien perdu de son génie après plus d'une centaine de films réalisés, s'offrant même le luxe de défricher des territoires inconnus : Mizoguchi a en effet choisi pour une fois un sujet contemporain (la loi contre la prostitution allait réellement être votée), il n'hésite pas à employer de la musique « électronique » dissonante, et son style rejoint celui d'Akira Kurosawa et de Masaki Kobayashi dans ce mélange de critique sociale, d'humanisme prononcé et d'esthétique recherchée. Formellement, bien que moins poétique que certaines de ses oeuvres, le film est parfait. Le cadrage, la mise en scène, le montage, la photographie... Ajoutons à cela un propos dense et fort, des personnages attachants brillamment écrits, une interprétation sans failles, et nous obtenons l'un des sommets du cinéma mondial. Un pur chef-d'oeuvre, apothéose de l'un des plus grands cinéastes ayant jamais existés. Une merveille. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 janvier 2012
Bel ensemble. Mizoguchi utilise l'image action à la perfection (réalisme important), tout en conservant une grandiosité dans sa mise en scène.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2019
Une maison Tellier japonaise où la vie se déroule entre tristesse et résignation.
La loi est représentée par l'homme qui apparaît au début et à la fin. Mais au final c'est le métier qui gagne en étant un "métier social "
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 901 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2025
Ce dernier film est surprenant et semble bien documenté. Parait-il que la sœur de Mizoguchi avait été placée dans une maison de geishas et que lui-même fréquentait ces lieux de "honte".
Quoiqu'il en soit, voilà une galerie de portraits de cinq femmes dans l'un de ces mondes reclus, à une époque de remise en cause du principe des maisons closes au Japon.
Un portrait très humaniste et réaliste. Chacune expose simplement les motivations matérielles ou les accidents de vie qui les ont amené à ce "métier". Et imagine comment s'en sortir.
Le tout filmé simplement, mais si efficacement. Pas d'image facile, que l'essentiel, compréhensible et sensible.
La honte domine l'entourage des prostituées (fils, mari, père) plus qu'elles-mêmes qui l'ont mis à distance pour vivre au quotidien.
Dans une société traditionnellement machiste, les femmes n'apparaissent pas ici sans ressources ni énergie pour s'en sortir.
D'une valeur historique par son réaliste, le film offre une touche de modernité par le rééquilibrage entre les sexes qui s'y dessine. Payer c'est bien, se faire avoir est moins glorieux, les hommes japonais ne sont pas ici des foudres de guerre!
streaming-avril 25
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2015
La rue de la honte est le dernier film de Mizoguchi. Se déroulant à l'époque contemporaine (année cinquante) c'est la chronique d'une maison de geishas, (un bordel japonais, à vrai dire), avec les histoires de ses pensionnaires genre Maison Tellier. C'est superbement réalisé et parfaitement réussi (contre exemple l'Appollonide de Bonello) mais sans véritable intérêt autre que sociologique. Les techniques de racolage des geishas sont directes et surprennent! A noter que c'est une 4CV qui vient chercher l'une d'elles, et que enquête faite, la 4CV Renault fut fabriquée au Japon dans les années 50!!
Alolfer
Alolfer

181 abonnés 1 794 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2023
Mon premier film que je regarde de Mizoguchi et paradoxalement, c'était son dernier. Très nouveau pour moi de découvrir un cinéma très différent du cinéma américain ou européen. Quelle surprise ! Dès les premières secondes, on comprend vite le style du réalisateur. C'est ce qui démarque le plus dans son film avec une histoire bonne dans son ensemble. Des sujets que le réalisateur avait déjà utilisé par le passé (comme la prostitution). Même si ce film est loin d'être son meilleur, le film en soit est assez unique comme la plupart de ses films
White Fingers
White Fingers

29 abonnés 1 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 août 2024
J'ai récemment revu « La Rue de la honte » de Kenji Mizoguchi, et bien que ce ne soit peut-être pas son chef-d'œuvre ultime, c'est un film profondément marquant. Contrairement à ses œuvres précédentes, ce film offre une critique directe de la société japonaise, en particulier sur la question de la prostitution. Mizoguchi explore ici le sort de cinq femmes travaillant dans un bordel à Tokyo, chacune ayant ses propres raisons d'être là, mais toutes confrontées à une réalité sans issue. Ce qui m'a frappé, c'est la manière dont le film met en lumière non seulement la dureté de leur vie, mais aussi la manière dont la société, tout en préparant une loi pour interdire la prostitution, échoue à leur offrir des alternatives viables. Le film est plus poignant qu'émotionnellement bouleversant, mais il reste un adieu puissant de Mizoguchi, marquant par sa pertinence et sa brutalité. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 avril 2013
Ce n'est pas que je n'aime pas ce film, c'est juste que je trouve qu'il a mal vieillit, bien que le sujet soit bien traité, il y a eu des films entre temps qui ont fait bien mieux (je pense à Sion Sono), de leur conditions et qui sont bien plus proches de la réalité. Il y a une situation d'après guerre difficile pour tout le monde même pour ce métier comme on peut le voir pendant tout le film. Pas le meilleur Mizoguchi mais une bonne critique de la situation de la femme japonaise.
Chris Art
Chris Art

86 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2014
(...) La grande force du cinéma japonais se situe dans le fait que, de tout temps, chaque période historique marquante de l’archipel ait engendré une période faste dans sa création artistique. C’est en effet dans ses soubresauts mémoriaux les plus sombres que les plus grands noms du 7éme art ont accompagné cette difficile reconstruction identitaire. Cette « marque de fabrique » – si elle a pu pâtir de la relative bonne santé économique du pays dans les années 90 -, est en passe de faire émerger une des plus puissantes industries cinématographique depuis une dizaine d’années, suite à la crise mondiale qui touche de plein fouet l’ile. Le souvenir des Kurosawa, Mifune, Kobayashi (moins connu mais pas moins important) et autre Oshima, reste fondateur de la construction brillante de cette cinématographie.
Dans ce même esprit, Mizoguchi appartient à ce prestigieux cercle mythique des pères fondateurs. Sa filmographie est truffée de ces films frondeurs envers cette nouvelle société nipponne, où tradition et modernité ne cohabitent que dans une difficile dualité idéologique (...)
Zebrakelo
Zebrakelo

14 abonnés 417 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 septembre 2023
Endormissant tout de même, mais qui respecte grandement les règles du cinéma, avec un bon cadrage (surcadrage même) et un noir & blanc très correct.
On découvre la vie dans un bordel du point de vue des prostituées japonaises, et c'est nouveau. Les actrices et acteurs sont malheureusement pas exceptionnels et on remarque que les textes sont "lus" plus que "joués".
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mars 2008
Un bon drame psychologique particulièrement éprouvant ; avec, de plus, un aspect fort aigu ( sinon presque actuel )de cette maison au sujet de ses protagonistes perfectionnistes jusque dans leur travail !..
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 16 octobre 2007
C'est trop léger à mon goût. le film est bon, mais on a l'impression d'effleurer les problèmes seulement. j'aurai préféré voir plus de dialogues, plus d'explications, de mieux comprendre la psychologie des personnages, de leurs souffrances, leurs occupations le matin etc. Malgrè ces défauts, le film reste bon.
ORHVETKTA
ORHVETKTA

42 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 mai 2020
Une analyse extrêmement fine des relations humaines à travers la prostitution. Que ce soit la prostitution vis à vis de l’état, des clients, des familles, des prostituées elles mêmes... Un tableau compatissant mais qui fait froid dans le dos.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

2 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2026
Kenji Mizoguchi signe une œuvre d’une lucidité bouleversante sur la condition des femmes dans le Japon de l’après-guerre. À travers le quotidien de plusieurs prostituées menacées par une réforme législative, le cinéaste met en lumière les mécanismes économiques, familiaux et sociaux qui enferment ces femmes dans une situation dont elles peinent à s’extraire. Fidèle à son humanisme, Mizoguchi refuse tout jugement moral et accorde à chacune de ses héroïnes une complexité psychologique qui dépasse largement les stéréotypes. La mise en scène, d’une remarquable fluidité, capte avec discrétion les rapports de domination et les espoirs fragiles qui traversent ce microcosme. Malgré son apparente sobriété, La Rue de la honte demeure un film d’une force politique et émotionnelle considérable.
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