À sa sortie de prison, François Leclercq est bien déterminée à trouver les responsables du complot qui l’y a envoyé. L’intrigue, avec de nombreux flashbacks entremêlés, est bien construite et se suit avec plaisir.
Réalisation signée Henri Verneuil, Jean-Paul Belmondo est bon dans un rôle plus sobre pour une fois, Michel Audiard a toujours des dialogues qui font mouche, Marie-France Pisier est divinement belle, Bernard Blier est impeccable dans son petit rôle. Voilà pour les points forts. Pour les points faibles: le film est beaucoup trop long, manque de rythme, le scénario s'enlise dans des flashbacks incessants et mal montés, et au final je me suis perdue au bout d'une heure.
J'ai vu un film... comme on en fait plus... Il y a du style, de l'élégance, de la qualité dans la mise en scène, et un casting qui reprend tout ce le gratin du second-rôle du cinéma français a connu de mieux... (bon, il en manque quand même qq uns)...Jean-Paul Belmondo est d'un charme inouï, d'un charisme total... et même s'il en fait trop, beaucoup, eh bien... ce n'est pas grave... On suit en mode falsh-back, les pérégrinations d'un homme jeune, issu d'un milieu modeste, s'élever dans la haute, très haute de la bourgeoisie du textile du Nord, et finalement retomber de haut, victime d'une machination car trop hâbleur, trop gêneur, trop indépendant... Marie-France Pisier est d'une beauté époustouflante, et Bernard Blier extraordinaire... On suit donc cette histoire de vengeance avec un nombre incalculable de protagonistes, tous ayant joué un rôle dans cette leçon au personnage interprété par Belmondo... A noter quelques séquences mémorables (Daniel Ivernel/Claude Brosset en Sado-maso, et bien sûr, Frida de Düsseldorf... Alors là, c'est puissant... Et les décors du Nord, les architectures "modernes"... C'est un excellent film populaire...
Je ne suis ni très Verneuil ni très Belmondo, dont le personnage est encore une fois très narcissique, cynique, distributeur de beignes.... Marie-France est caricaturalement snob, le scénario est confus et peu crédible criminologiquement parlant, n'est pas Scorsese qui veut !
On ne peut pas vraiment parler d'un rôle dramatique pour Belmondo tant son personnage est emprunt de nonchalance, ce qui donne une ambiance un peu curieuse au film qui du coup oscille entre le drame et la comédie sociale, surtout que les dialogues ciselés sont écrits par Michel Audiard. Le film est donc excellent pour ses dialogues, on retrouve toute une galerie d'acteurs de premier ordre et des gueules bien connues des films des années soixante dix/quatre vingt du cinéma français, tous excellents (à l'exception d'une jeune actrice qui joue comme une cruche...), mais c'est surtout les transitions avec les multiples flashbacks qui m'ont impressionné tant elles sont habiles. Le scénario est bon, l'histoire se dévoile petit à petit jusqu'à l'explication finale et on a droit à quelques scènes mondaines très acides où les dialogues d'Audiard font merveille. Même si la réalisation de René Clément et la musique sentent un peu trop leur époque (on est loin du modernisme du nouvel Hollywood), c'est plus la mécanique du film qui devient redondante et qui finit par le rendre quelque peu lassant et fade faute de quelques scènes piquantes supplémentaires.
Une oscillation réussie entre respect des codes génériques et trouvailles de mises en scène: d'une part une intrigue revancharde limpide organisée autour de collusions économico-politiques, un jeu sobrement efficace autour d'un Belmondo tout en froide rancœur et des dialogues savoureux; de l'autre un parti-pris assumé (justifié!) de ne pas rajeunir les protagonistes entre les deux temporalités exposées, des voix off cyniques et une ville érigée en symbole. Très plaisant!
Film noir classique des seventies, plaisant à revoir pour son casting, la solide réalisation de Verneuil, le montage habile et nerveux, les dialogues savoureux d’Audiard. Mais hélas la décontraction habituelle de Belmondo ne fait pas oublier la faiblesse du scénario, bourré d’un peu trop d’invraisemblances qui rétrogradent le film en série B.
La vengeance est un plat qui se mange froid. Sur fond de gros sous, d'influence, de politique, de trafic, François Leclercq (Jean-Paul Belmondo), mène l'enquête à sa sortie de prison. Il convient d'être attentif car Henri Verneuil abuse de flashbacks pas toujours évidents à distinguer, puisqu'aucun effort n'a été fait pour rajeunir les protagonistes. Une astuce pour se repérer : Bébel porte un imperméable dans toutes les scènes qui se passent après sa sortie de prison. Le script est efficace, on reconnait la patte de Michel Audiard, comme lorsque le taxi indique au héros à propos d'un match de foot : "Les Allemands sur leur terrain, faut jamais les sous-estimer." Réponse de François : "Parfois même sur le nôtre..." Le retour dans la rue commerçante de Cournai est l'occasion d'une belle critique de la société de consommation de 1976. Que dirait François en 2024 de ces produits qui "ne servent à rien d'autre qu'à être achetés" ? Les amateurs de strip-tease apprécieront la prestation de Frida de Düsseldorf, marqueur fort des années 1970 où ça ne gênait personne de voir une paire de seins dans un film grand public. Enfin les amateurs de golf apprécieront le swing Bernard Blier. Au final, un bon film avec Belmondo, sans cascade, sans poursuite en voiture, avec un montage un peu compliqué à mon goût.
Ce film d’Henri Verneuil construit sur une succession de flash-back finit par diluer son fil narratif qui peine à captiver en dépit d’une réalisation très appliquée du cinéaste reposant sur des dialogues brillants et la prestation toute en verbe de Jean-Paul Belmondo. Malgré tout, le long-métrage ne trouve jamais son rythme et cette trouble histoire de vengeance dans la région nordiste finit par prendre l’eau.
Voilà un bon petit polar. Le cadre est chabrolien, le traitement l'est beaucoup moins, puisque c'est bien l'intrigue policière qui est au cœur du film, malgré un sous-texte social parfois féroce. Le scénario n'évite pas les incongruités, ainsi si la scène du spoiler: meeting est cinématographique forte, elle a le tort de n'être que cinématographique, on pourrait aussi parler de cette idylle de fin de film genre "plus farfelu tu meurs", mais ça ne pénalise pas le film. L'intrigue policière est bien ficelée même si on reste dans les schémas classiques de ce genre d'enquête. Il faut bien sûr parler de l'interprétation, Belmondo nous fait un sans-faute même s'il est prisonnier des répliques d'Audiard trop écrites, Blier est fidèle à son image c’est-à-dire exceptionnel et Marie-France Pisier éclatante de beauté et de talent. Sinon on est pas près d'oublier le duo Daniel Ivernel/Claude Brosset spoiler: en travestis sado-maso. Et comme il paraît que tout polar se doit de nous offrir un strip-tease, avouons que celui de Frida de Düsseldorf n'est pas mal du tout
François Leclercq (Jean-Paul Belmondo) vient de purger une peine de sept ans de prison pour un double meurtre dont il est innocent. Il revient à Cournai, une grande ville ouvrière du nord de la France, sur les lieux du crime, pour démasquer le coupable. Ce retour teinté de nostalgie est l'occasion de retrouver tour à tour chacun des protagonistes de son passé. Jeune homme d'origine modeste, Leclercq avait séduit une riche héritière, Gilberte Beaumont-Liégard (Marie-France Pisier) dont le père (Bernard Blier) tenait la ville en coupe réglée, avant de devenir le directeur d'une boîte de nuit où se déroulaient à son insu des trafics louches.
Netflix propose à ses abonnés une dizaine de films de Belmondo. Vu de Los Gatos, Bébel est peut-être une star immortelle du cinéma français. Vu de France, c'est nettement moins le cas. Son "sex appeal" ne fait plus se pâmer un sexe qui n'est plus faible. Ses cascades ne font plus trembler des spectateurs qui depuis Tom Cruise et Harrison Ford en ont vu bien d'autres.
J'avais vu sur Netflix il y a quelques semaines "Stavisky" qui m'intéressait parce qu'il était l'œuvre de Alain Resnais et qu'il racontait un épisode célèbre de l'histoire de la IIIème République. J'ai déjà écrit ici le mal que j'ai pensé de ce film vieillot et vieilli.
Je n'attendais pas mieux de cette sixième collaboration entre Jean-Paul Belmondo et Henri Verneuil (il y en aura encore une dernière en 1984, "Les Morfalous", que je vis dans la petite salle de cinéma de mon village et dont une réplique de Marie Laforêt me fait encore hoqueter de rire). Circonstance aggravante, il s'agit de l'adaptation d'un roman de Félicien Marceau, un académicien qui a laissé le souvenir d'un romancier conservateur sinon réactionnaire.
Très bizarrement, la mayonnaise prend. Et quarante-cinq ans après, elle n'a pas tourné. Le récit oscille sans jamais perdre l'équilibre entre l'enquête policière et la chronique de la vie provinciale. Eût-il été plus sardonique, on se serait cru chez Chabrol. Belmondo fait du Bébel, monte les escaliers quatre à quatre, dévoile des pectoraux avantageux (j'ai pensé à Olivier Véran), fume après l'amour - qu'il fait sans qu'on en voit rien bien sûr. Marie-France Pisier y a la beauté du diable - et on pense avec déchirement à la déchéance dans laquelle l'alcool et ses déboires familiaux l'avaient fait tomber à la fin de sa vie jusqu'à sa mort dans sa piscine de Saint-Cyr-sur-Mer. On prend plaisir à retrouver tout un tas de seconds rôles, des plus jeunes (Nicole Garcia, Bernard-Pierre Donnadieu...) aux plus anciens (Daniel Ivernel, François Perrot, Charles Gérard...).
Même si le film dépasse les deux heures et se perd dans des circonvolutions parfois inutiles, on ne regarde pas sa montre et on se surprend à se laisser séduire au plaisir suranné et régressif de ce spectacle d'un autre âge.
Adapté d'un roman de Félicien Marceau, académicien français d'origine belge ( au passé contesté ) " le corps de mon ennemi " (1976 ) représente l'avant dernière collaboration entre le cinéaste Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo.
Belmondo vient de tourner sous l'oeil de Verneuil ( considéré à l'époque comme le plus américain des cinéastes français ) deux polars, grands succès public, ( " le casse " et " peur sur la ville " ).
" Le corps de mon ennemi " s'inscrit finalement dans le registre du film noir, sur fond d'une histoire de vengeance ayant pour cadre la grande bourgeoisie du nord ( les ancêtres de Félicien Marceau venaient de cette région ).
De mon point de vue, le film n' a pas très bien vieilli. Il y a le cadre de l'action ( on pense à Chabrol ), un casting relevé ( Marie-France Pisier remarquable, Nicole Garcia formidable notamment) le scénario manque trop de fluidité.
Jean-Paul Belmondo semble en roue libre, fait du Bebel mais curieusement ce style ( je l'affectionne comme beaucoup ) qui a fait son succès, ne me semble pas être mis au service d'un film qui se veut surtout psychologique.
Verneuil avait proposé le scénario à Belmondo en ayant en tête de montrer au public un autre aspect du talent de l'acteur et c'est bien ce qui ne fonctionne pas vraiment.
De trop nombreuses scènes ne sont pas très réussies et même si j' ai passé un moment sympatoche et bercé de nostalgie en le regardant, j'ai aussi éprouvé un brin de déception.
Toutefois, même si " le corps de mon ennemi" n' est pas exempt de défauts, les amateurs des interprétations de cet acteur mythique du cinéma français des années 1960 et surtout des années 1970 ( on y est donc ) et 1980, ne le manqueront pas. Quant à Verneuil, il a souvent fait beaucoup mieux.
Grâce à la réalisation de Henri Verneuil, au dialogue de Michel Audiard, à la décontraction de Belmondo, la beauté de Marie France Pisier et au franc parlé de Bernard Blier, ce vaudeville maquillé de vengeance est un plaisir pour les yeux.
Superbe , Belmondo change un peu de registre dans sa grande période bebel. Là c'est plutôt un homme qui a injustement condamné par de la haute bourgeoisie en la personne de Bernard Blier qui est excellent dans ce rôle. 7 ans pour rien .... ou presque . Bebel nous livre une remarquable présentation en homme blessé par le passé et surtout trahi . La sublime Pisier est magnifique et que dire des seconds rôles. Verneuil réalise pour moi un de ses meilleurs films
Un excellent film servi par un Belmondo impeccable. Verneuil signe un grand film, servi par un scénario brillant et un casting de grande classe. On suit l'histoire de cet homme qui revient dans sa ville après 7 ans passé en prison pour un crime qu'il n'a pas commis. A force de flash back, on découvre peu à peu comment on en est arrivé là. Verneuil joue à merveille avec ces aller-retour dans le passé. Un régal.