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fabrice d.
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3,5
Publiée le 6 février 2025
C'est un polar français des années 70, plutôt classique, mais très efficace de part son scénario implacable et une construction sous forme de flash-backs qui fonctionne bien. Bien que quelquefois on soit un peu perdu, mais ça dure pas longtemps, car c'est le même Belmondo qui joue aussi bien le nouveau que l'ancien si j'ose dire. L'histoire n'est pas sans rappeler d'autres du même genre, en tout cas au début, quand le prisonnier sort de prison effectivement et va au petit matin saluer ses anciens amis. La musique de F. Lai est aussi sympa. Seul le nom de Courtrai, pour désigner la ville en expansion, celle où tout s'est passé sonne un peu faux.
Peut-être ni le meilleur film d'Henri Verneuil ni les dialogues les plus inspirés de Michel Audiard ni la prestation la plus aboutie de Jean-Paul Belmondo mais un excellent film noir français qui fait immanquablement penser à "Coup de tête" avec Patrick Dewaere pour le côté revanchard de son intrigue mais aussi à "Poulet au vinaigre" de Claude Chabrol pour sa peinture au vitriol d'une bourgeoisie de campagne corrompue et magouilleuse. Malgré un coup de vieux certain dans la mise en scène et quelques longueurs assez lourdes, un long-métrage qui demeure intéressant grâce à son écriture qui s'inscrit parfaitement dans la lignée de ce genre de réalisations des années 70. Une réussite.
Classique de Jean Paul Belmondo sur la trahison et les souches sociales..Le thème de la musique principale est superbe..le film avec Marie France Pisier et Bernard Blier sont impeccables..à voir ou revoir n'a pas vieilli et pourtant c'est de 1976...c'est dire...
Belmondo revient en ville après sept ans de prison et ça va chauffer pour les notables qui l'ont fait injustement condamné pour meurtre. Le film d'Henri Verneuil est un virulent pamphlet contre la bourgeoisie de province, plus brutal, façon Clouzot, que corrosif, à la manière d'un Chabrol. Mais Verneuil n'ayant le talent ni de l'un ni de l'autre et, de surcroît, s'associant à un Michel Audiard ont les formules et sentences populistes à l'encontre des notables sont aussi complaisantes que réductrices, le film tourne vite à la démonstration méprisante et grossière, pleine de clichés sociaux autant que cinématographiques. On a même droit à la maison de passe ou l'on rencontre quelques personnalités locales en fâcheuses postures. C'est dire si elles sont détestables... La caricature est épaisse, le discours "politique" nul.
En matière de mise en scène, le film alterne les flashback relatifs à l'histoire de François Leclercq et aux péripéties qui l'on conduit à endosser un crime, et sa journée à Cournai où il déambule en attendant de régler ses comptes. En fait, son histoire est excessivement banale et très conventionnelle sur les plans scénaristiques et dramatiques. La plupart des retours en arrière ne s'imposent pas: on a déjà tout compris. Il est vrai que l'ellipse et les subtilités narratives, ce n'est pas l'apanage de Verneuil. Quant au héros, mi-Leclercq, mi-Belmondo (plus Belmondo, d'ailleurs, tant l'acteur compose peu ce personnage creux, sans matière, dont le mépris et la rancune garantissaient pourtant une certaine profondeur), on suit ses pas dans la ville avec un ennui toujours plus grand.
un Belmondo un peu surprenant . Il quitte le thriller traditionnel, pour le thriller politique. L'ensemble est bien ficele tous les acteurs jouent leur partition avec réussite, et les flash back fonctionnent à merveille. Une fois de plus le duo Verneuil Belmondo fait mouche
Le corps de mon ennemi est un film surprenant puisque, malgré la présence au casting d'un Belmondo incarnant comme à son habitude un personnage intègre, rigolard et dynamique nous sert une intrigue riche et relativement complexe s'étalant sur plusieurs temporalités et mettant en scène les pions, très nombreux d'ailleurs, d'un vaste complot dont François tentera de se venger après en avoir subi les conséquences durant des années.
Derrière le ton détaché et plutôt humoristique dû à l'innénarable talent d'écriture de Verneuil et de Audiard, j'ai ressenti durant tout le visionnage de ce film un malaise, malaise très tôt exprimé par François dans le film prenant la forme d'une haine latente le forçant à se dissimuler. Ainsi, la gaudriole et le mot juste (j'ai vu le film dans une petite salle de ciné club et le public rigolait littéralement toutes les minutes) cachent en réalité une intrigue plus sombre et triste dont notre protagoniste devra se défaire.
Loin du chef d'oeuvre d'action qu'était Peur sur la ville sorti l'année précédent Le corps de mon ennemi, Henri Verneuil nous livre ici un tout autre style de narration.
Revoir ce film est une bonne chose . J avoue l avoir vu il y a très longtemps et c etait l occasion de le redécouvrir. C est très efficace et étonnant pour l epoque où on découvre les magouilles de notables dans une ville ennuyeuse de province. Les acteurs sont le point fort du long métrage et Belmondo impérial.
Voilà le scénario réglé pile poil, qui vous mène du début à la fin sans vous laisser une once d'esprit libre. Vous n'êtes pas pris par l'action, pas au sens bourrin du terme, mais plutôt par les événements, qui peu à peu vous amène à découvrir toutes les ficelles, et vous fait attendre avec impatience le dénouement, et celui qui les a tirées, ces ficelles. Ce film est une magnifique critique de ce monde bourgeois des années 1900, qui perduraient encore dans ces années 70, et qui pensaient que tout leur était dû. Bon, il faut bien avouer que par certain point, cela n'a guère changé. Enfin, ce film c'est aussi une vengeance, très adroitement menée, quasi jubilatoire tant elle est construite avec art. A voir par tous
Un polar mettant en scène les turpitudes d’une bourgeoisie de province, en l’espèce celle du Nord. Une production assez typique des années 70, des dernières années des trente glorieuses. Le film se distingue par une histoire intéressante, assez vraisemblable, et surtout par une construction en flash-backs et associations sophistiquée. Belmondo joue comme d’habitude les rigolos tout en bagout, c’est un peu énervant mais il a heureusement un rôle assez consistant et il est bien dirigé. Pas mal.
Encore une excellente association Verneuil-Belmondo. L'acteur laisse de coté les pitreries et le cabotinage (domaine où pourtant il excelle) pour interpréter à merveille un héros blessé assoiffé de vengeance. Peu drôle mais très fort émotionnellement. Tiré d'un bouquin, les enjeux et personnages sont donc multiples et on est parfois même un peu frustré de ne pas avoir plus d'explication (le personnage du père du héros par exemple disparait assez vite), c'est tellement plaisant que le film aurait pu durer 02h30 mais c'était très rare pour l'époque. Belmondo n'est pas seul à l'écran les seconds couteaux, Blier et Marie-France Pisier en têtes, sont excellents et la bande originale entêtante.
Pour sa septième collaboration avec Jean-Paul Belmondo, Henri Verneuil signe un récit de vengeance dans une petite ville de province. Après avoir purgé 7 ans de prison pour un double meurtre, François Leclerc revient à Cournai, agglomération paisible du Nord entièrement dédiée à l'industrie textile, aux mains d'une bande de notables peu scrupuleux qui utilisent les succès de l'équipe de football pour maintenir l'ordre établi. Peu à peu, par le biais de flashbacks, Leclerc se souvient de son ascension spectaculaire au sein de la bourgeoisie locale, après sa rencontre avec la ravissante Gilberte, fille d'un baron du textile, puis de sa déchéance illustrée par sa condamnation aux assises. Pour dénoncer le conformisme et la corruption des élites provinciales, Verneuil fait appel à Michel Audiard à l'écriture, qui distille nombre de répliques vachardes mise en valeur par la gouaille de Belmondo, dans un rôle plus sombre qu'à l'accoutumée. On retrouve également au casting Bernard Blier en notable retors, Marie-France Pisier en jeune beauté indépendante, ainsi que Michel Beaune, Claude Brosset et Nicole Garcia dans des rôles secondaires. "Le corps de mon ennemi" bénéficie en outre d'une réalisation soignée de Verneuil, sa seule faiblesse résidant dans un scénario somme toute linéaire.
Une réalisation rondement menée comme Verneuil à toujours su le faire avec sa caméra. un Belmondo en pleine inspiration de son talent incommensurable. De 1976 aux années 2010 finalement les choses ne sont pas si différentes c'est stupéfiant par cette description sociétale, patronat contre prolétariat, corruption, blanchiment d'argent, démesures financière footballistique,... L'intrigue policière prend son sens au cours du film et les flashbacks permettent non seulement d'en comprendre son avancée mais également d'en voir les changements d'une société des 30 glorieuses qui évolue différemment selon les strates sociales (avant et après mai 68 la vie n'est plus la même après 7 années de prison...) et s'éssouflent...un film visionnaire dans un sens...
Un Bébel de plus, me diriez-vous, et vous auriez sans doute raison, mais celui-ci a un parfum particulier: construit avec maints flashbacks par Henri Verneuil, il distille une atmosphère pesante et tranche par son absence de scènes d'action. Les coups de feu sont remplacés par des répliques assassines du plus bel effet, et le casting réunit une fine fleur de comédiens très à son affaire. L'ambiance des années 70 est restituée à plein, entre usines, boîtes de nuit et football: on s'y croirait. Un polar français impeccable.