"L'Homme qui rétrécit" est probablement l'une des expériences les plus intéressantes que j'ai eues à voir récemment. La raison est d'ailleurs très simple, le film datant de 1957 et étant toujours aussi impressionnant en matière d'effets visuels tout comme en astuces techniques. Forcément, au vu du titre, vous avez rapidement compris que le long-métrage allait nous présenter un homme devenir très petit, allant même jusqu'à devenir minuscule. Pour cela, l'équipe du film a clairement multiplié les idées, afin de rendre cet aspect possible pour l'époque. Tout d'abord, cela passe évidemment par des effets visuels, avec pas mal d'incrustations du personnage. Effectivement, c'est peut-être le point qui a le moins bien résisté au temps, mais même à ce niveau, ce n'est pas choquant. On sent que cela a été effectué avec soin, en suivant les techniques de l'époque. Mais à côté, l'autre idée du film est de jouer avec les décors. Alors, pour nous donner l'impression que l'acteur est minuscule, de nombreuses reproductions de taille différente ont été créées, et autant dire que cela se doit d'être félicité. Cette initiative a dû demander un travail de titan, mais le résultat est là, car on y croit ! Mais enfin, la mise en scène aide également à faire illusion, en séparant notre héros dans un coin du cadre, pour faire apparaître un personnage de taille normale dans l'autre. Et honnêtement, même avec une vision actuelle, ce n'est pas facile de remarquer la supercherie ! Par conséquent, je comprends pourquoi ce film a cette réputation. Il est clairement une merveille visuelle pour son époque, et j'imagine bien à quel point il a dû marquer les spectateurs de 1957. Pourtant, il ne faut pas oublier que le long-métrage reste avant tout un film, et pas une démonstration technique. Mais même en regardant via d'autres aspects, je réussis à avoir beaucoup de sympathies pour ce dernier. Par exemple, j'aime beaucoup l'alchimie qui se ressent entre nos deux acteurs principaux. Le scénario a beau passer assez vite sur la relation entre ces deux-là, le jeu de leurs interprètes rattrape le coup et cela nous permet clairement de nous attacher à eux. Malgré tout, on comprend pourquoi le film cherche à accélérer certaines parties, car on sent que c'est l'aspect technique qui voulait être le plus mis en avant, alors l'histoire arrive vite au moment où notre héros devient petit. Cela dit, ce n'est pas pour me déplaire, car cette approche offre un rythme assez soutenu à l'ensemble. En vérité, le seul gros reproche que je dois faire vient des dialogues, le film optant pour l'utilisation d'une voix-off. Si je comprends son utilisation à certains instants, je n'ai pas la sensation qu'elle était absolument nécessaire pour toutes les scènes. Je pense notamment à la conclusion, qui tente de partir dans une réflexion philosophique très basique, et qui aurait donc pu être retirée. Cependant, cela n'enlève rien à la qualité du long-métrage, qui reste encore extrêmement plaisant à voir de nos jours. Pour conclure, un film important.