Spéciale première
Note moyenne
3,9
255 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

47 critiques spectateurs

5
7 critiques
4
18 critiques
3
14 critiques
2
7 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
roxburystyle
roxburystyle

6 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2017
Une comédie légère et théâtrale à l'intrigue intelligente, amusante et haletante. Un excellent divertissement !
soniadidierkmurgia

1 441 abonnés 4 342 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2026
Fuyant le nazisme, Billy Wilder ancien scénariste reconnu en Allemagne est arrivé en 1934 à Hollywood pour y exercer ses talents d’écriture où il forma un duo de choc avec Charles Bracket notamment au service d’Ernst Lubitsch et d’Howard Hawks. En 1942, il accède à la réalisation avec « Uniformes et jupons courts ». Remarqué par la Paramount, s’ensuit une prestigieuse carrière pas sans doute moins prolifique qu’attendue (25 films en 39 ans) comparativement aux boulimiques Michael Curtiz (95 films parlants en 34 ans), Raoul Walsh (67 films parlants en 34 ans), John Ford ( 59 films parlants en 36 ans), Robert Siodmak (57 films parlants en 39 ans) ou même Alfred Hitchock (49 films parlants en 51 ans) pour ne citer que les réalisateurs les plus célèbres pouvant être comparés au talentueux et pugnace Billy Wilder.
Une filmographie certes plutôt ramassée si l’on se souvient des exigences des Studios tout puissants durant cette période mais qui rescelle en son sein une bonne dizaine de chefs d’œuvre unanimement reconnus et célébrés. Quand il se lance dans le projet d’une nouvelle adaptation de « Front Page », la pièce de Ben Hecht déjà portée à l’écran par Howard Hawks en 1940 sous le titre « La dame du vendredi » aujourd’hui classé comme un des chefs d’œuvre de la « screwball comedy », Billy Wilder sort de deux films qui n’ont pas recueilli le succès public avec le sans doute trop avant-gardiste « La vie privée de Sherlock Holmes » suivi de l’incompris « Avanti ! ». La conséquence immédiate est que Billy Wilder qui était le producteur de quasiment tous ses films depuis « Le gouffre aux chimères » est cette fois-ci sous l’autorité de Paul Monash qui vient de produire « Butch Cassidy et Billy the Kid ». Il se concentre donc sur la réalisation et le scénario en compagnie de Diamond, le fidèle collaborateur de sa deuxième partie de carrière succédant à Charles Bracket. Une série de films que certains exégètes jugent moins prestigieuse.
Quand Jenning Lang lui propose cette nouvelle adaptation, Billy Wilder qui a été journaliste de faits-divers dans ses jeunes années à passées Vienne puis à Berlin, se réjouit de se plonger une nouvelle fois dans l’univers de la presse quotidienne qu’il avait abordé de manière très corrosive et dramatique en 1951 dans « Le gouffre aux chimères ». Ravi aussi de travailler pour la sixième fois avec Jack Lemmon qu’il associe une nouvelle fois à Walter Matthau (les deux acteurs tourneront dix films ensemble) après « La grande combine » qui résonne dans l’esprit de Wilder comme son dernier succès public. Un Billy Wilder sentant bien qu’Hollywood est en pleine mutation avec l’arrivée des jeunes réalisateurs que sont alors Steven Spielberg, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian de Palma et autres et qui a au fond de lui-même conscience qu’à bientôt 70 ans le nombre de ses réalisations est désormais compté.
L’action se déroule à Chicago en 1929 à la veille de l’exécution très attendue du meurtrier d’un policier. spoiler: Mais par un concours de circonstances improbable le prisonnier s’évade mettant tous les journalistes des grands quotidiens de Chicago réunis dans la salle de presse du commissariat en effervescence. La une du lendemain va être chamboulée ! Hildy (Jack Lemmon) journaliste reconnu qui a décidé d’abandonner son poste pour entamer dès le lendemain une nouvelle vie avec sa jeune fiancée (Susan Sarandon) a été missionné par son rédacteur en chef retors (Walter Matthau) pour couvrir l’évènement. Comment Hildy va-t-il gérer ce brusque retournement de situation qui visiblement l’émoustille, lui montrant que le virus du fait-divers ne l’a pas encore complètement quitté ? Son chef va dès lors user de tous les stratagèmes pour tenter de le retenir.

Le scénario écrit par un duo rodé au genre comique s’avère parfaitement huilé même si un peu miné par trop de circonstances improbables. Jack Lemmon toujours professionnel semble malgré tout un peu en sous-régime, ayant demandé à Billy Wilder le recours à « l’over lapping » (procédé propre à la screwball comédie qui veut que les dialogues des acteurs se chevauchent pour rendre compte d’une cacophonie explosive) pour donner un peu de nerf à une intrigue certes très articulée mais sans doute un peu trop mécanique. Le grand réalisateur qui n’avait sans doute plus l’instinct aussi aiguisé qu’à son apogée à refuser souhaitant que l’ensemble des dialogues patiemment écrit par lui-même et Diamond soit totalement compréhensif.
Heureusement l’entrée en scène du redoutable Walter Matthau va dynamiser cette « Spéciale première » un peu atone qui va s’emballer dans son dernier tiers. Billy Wilder comme souvent profite de l’occasion pour asséner quelques vérités qui font mouche montrant à plusieurs reprises que dans ces milieux très exposés à fort enjeux la parole donnée ne vaut souvent pas grand-chose. La critique ne sera pas spécialement tendre avec le grand réalisateur qui finira sa carrière et sa vie un peu aigri de ce qu’il estimait être un abandon immérité de la part d’une industrie dont il avait été pendant vingt ans l’un des principaux rouages. Heureusement, il pourra quitter la scène en ayant réalisé quatre ans plus tard le très émouvant « Fedora » qui exhale via William Holden et Marthe Keller des senteurs de « Sunset Boulevard », le chef absolu et indépassable de son auteur.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse