On attaque le nanar pur et dur. Mouillez-vous la nuque, c'est important avant un film de la Cannon... Quoique, on s'était tellement ennuyé avec le précédent, que la politesse de ne durer que 1h29 de cet opus nous a semblé être un véritable atout. Le démarrage n'est même pas trop mal, entre l'accident de métro, l'évasion de Lex Luthor grâce à son neveu "un peu tsoin-tsoin" (il n'est pas fini, ce pauvre garçon, mais il est attachant), cela reste divertissant. Sauf que bien vite, les travers typiques d'un film estampillé Cannon refont surface : un scénario qui n'a aucun sens dans la chronologie de la saga (Loïs Lane
re-découvre que Clark Kent est Superman, car il l'a "oubliettée"
, ce qui n'a pas beaucoup de sens si l'on considère le deuxième opus : pourquoi ne l'avait-il pas fait dès sa boulette révélatrice de la cheminée, dans le Superman II ? Ça ne tient pas une seconde), ou dans sa propre cohérence (les missiles nucléaires qui volent dans l'espace, c'est bien connu...). Ce film de la Cannon a quand même quelques scènes très sympas (sérieusement) comme l'inter-échange entre Clark Kent et Superman pour un "dîner à 4" mouvementé, mais malheureusement ces courts moments de bonheur pur luttent fermement avec des scènes nanardesques comme la reconstruction de la Muraille de Chine (avec le regard de Superman... Depuis quand sait-il faire ça ? Il aurait pu s'en servir mille fois, dans les autres opus) sur laquelle (d'ailleurs) il n'y a pas un seul figurant "typé asiatique" (si vous vous posiez la question de la vraisemblance), ou une traversée des étages d'un immeuble avec la tête du méchant (Nuclear Man, alias "coupe-toi les ongles, t'es pas Wolverine") qui ne l'empêche pas d'arriver bien après Superman (il va vachement vite, son ascenseur !), ou une lutte sur la Lune dont les bruitages sont à pleurer de rire (si vous avez déjà eu quelqu'un qui vous mâche ses corn-flakes dans les oreilles : ça va vous rappeler des souvenirs), ou un montage effroyable (ils sont sur la Lune, puis non le méchant est dans l'étage du Daily Planet, puis de nouveau dans l'espace). Et l'on ne parle même pas de la résolution finale : Superman
cache le Soleil en poussant la Lune (une éclipse, quoi)
, ce qui neutralise instantanément le méchant qui a besoin d'UV, apparemment (ce n'est pas comme s'il y avait du Soleil dans les locaux du Daily Planet où il déambulait tranquillement à la scène d'avant... "Oui, mais la lumière des néons ?", ça ne marche pas, puisque dans la scène où Lex Luthor nous présente sa faiblesse lumineuse, il y a de la lumière artificielle dans la pièce, et Nuclear Man s'écroule quand même... Ouh-la, réfléchir dans un nanar, ce n'est pas bon pour l'équilibre mental). On terminera sur une chouette scène de discours de Superman dont le film se contrefiche ouvertement (il est coupé au beau milieu), et plaçant un hideux lampadaire à gauche du héros (ah, on n'a pas pu tourner là où c'était joli, hein ?). Les nanarophiles apprécieront