Un beau canevas de drame interchangeable ( Aujourd'hui que l'homosexualité n'est + si tabou & que la substance est rarement présente ) sur la revanche ; Fassbinder donne raison à l'amoureux, au challenger contre tous et nous y trouvons soulagement : Toutefois les passages sur les mythes ainsi que les scène de cynisme, de méchanceté gratuite et de rire jaune, sinon des franches provocations de l'adversaire sont un peu passées sous silence...
Un style indéniable – nettement influencé par J-L. Godard au début, pour cette histoire de naïf rustique (rôle principal exceptionnellement joué par Fassbinder lui-même) qui, ayant gagné à la loterie, se fait complètement plumer par un « fils-de » en difficulté financière. Après une description assez crue de milieux homos, le décalage des milieux sociaux est traité avec humour, notamment au cours des repas familiaux. Des scènes surprenantes (« Si vous voulez des garçons, je peux vous envoyer des garçons de service ») et une belle chanson finale.
A travers la romance inéquitable entre deux homosexuels (quoi que le défavorisé croie naïvement être aimé), l'intrigue (aux ellipses plus ou moins pertinentes) montre l'ascendant psychologique que prend le profiteur, rabaissant sa béquille financière, ne cessant de lui rappeler son inculture, ses mauvaises manières, son infériorité sociale. Peignant l'élévation fallacieuse d'un hère aux rêves chimériques, le récit prend des airs de tragédie par les indices semés sur son issue funeste (dès la rencontre providentielle). Outre l'amoralisme méprisant des privilégiés, est dénoncée une humanité cupide (cette fin!), manipulatrice (impérial Karlheinz Böhm), vaine, que la froideur d'une habile mise en scène explicite renforce. Une fable désillusionnée...