Far from Heaven ne se contente pas d'emprunter un style visuel des années cinquante parfaitement restitué et ce de manière flamboyante, ce ne constitue pas seulement une reprise de la photographie, le film marie magnifiquement ce style intimiste avec une nature humaine dissimulatrice. Des sujets intemporels, transposables aujourd'hui donc, encore plus douloureux à ces époques pas si lointaines où puritanisme, racisme, religiosité, intolérance, voire animosité, engendraient douleurs et situations de destructions... Mieux! sa plastique de douceur et de retenue laisse échapper plusieurs subtilités très marquantes, qui passeront inaperçues: racisme réciproque, codification homosexuelle, définition de l'amour, altruisme et sacrifice de soi, place de l'enfant, la société des non-dits, réalisme et pragmatisme... La liste serait très longue, tant l'intelligence du récit est patente, à tel point qu'une fois n'est pas coutume, même la politesse autoriserait à rire du quidam ne saisissant pas ces subtilités. C'est pourquoi, Far from Heaven est une merveille de cinéma, servie par une actrice invariablement parfaite, taillée par et pour l'intelligence.
Superbe film, touchant, qui traite de sujets graves comme le racisme et l'homophobie. Todd Haynes choque par cette histoire parlant sur la peur de(s) (la) différence(s) qui passe malheureusement par l'intolérance, dans les années 1950 aux Etats-Unis. A voir absolument.
Je sais enfin de qui Marc Cherry s'est inspiré pour créer le personnage de Bree dans "Desperate Housewives" ! Cette Cathy est tellement "parfaite" qu'elle en est pathétique. Ce qui l'est encore plus c'est de constater que 60 plus tard, homophobie et racisme tiennent encore le haut du pavé...
D’emblé ce film nous plonge dans la magnificence du cinéma de Douglas Sirk. Une comparaison assumée, revendiquée et magnifiée par une photo sublime et par une forme plastique en tout point remarquable. Les questions posées par le film se situant dans les années 50 sont intemporels : acceptation de l’autre (de par sa couleur ou son orientation sexuelle) et acceptation de soi (comment briser une image pour être tout simplement différent, dans une société conservatrice propice au jugement et à la condamnation). Magnifique film d’un point de vu formel, magnifique film dans sa construction narrative et magnifique film tout simplement car il brise le masque des apparences pour faire place à la vie et donc à l’émotion.
un film qui nous transporte dans les années 50 , au Connecticut, dans un faubourg bourgeois où le souci des apparences et les préjugés imprègnent la vie sociale... un couple modèle, avec 2 enfants, apparent bien intégré, va peu à peu plonger dans la déchirure parce que justement et successivement, le mari et l'épouse , de façon impulsive franchissent la frontière entre ce qui est socialement admis et ce qui est interdit, homosexualité pour l'un, attirance envers un jardinier de couleur pour l'autre. Donc pour l'essentiel, c'est de la peinture de cette société policée et intolérante que traite le film. peinture est le mot car chaque scène se déroule sur un fond aux teintes soulignées, le roux de l'Automne, le blanc de l'hiver, les tableaux de Miro de l'exposition... La reconstitution des années 50 et de stéréotypes (mode, habitat, automobile) est bien rendue, le cadrage est parfait, les scènes peaufinées, et pourtant, pourtant, chez moi, ce film n'a guère entrainé l'émotion que doit susciter un grand film
Drame violent sur l’Amérique puritaine et conservatrice des années 50 ou les affres d’une Housewife face à la déliquescence de son couple et de l’image qu’elle véhicule le tout sous fond de tolérance, de liberté sexuelle… Julianne Moore éblouit comme d’hab, D.Quaid frappe fort aussi, une prestation impressionnante pour un drame subtil et intime.
« Loin du paradis » porte bien son nom. Homosexualité et ségrégation dans l’Amérique puritaine et hypocrite des années 50 exsudent dans un violent cocktail. Le glamour très présent et les sourires bien policés sont férocement effacés par le contexte dramatique de cette histoire d’amour impossible. Julianne Moore, superbe et ardente face à Dennis Quaid déchirant, remuent une douloureuse émotion, sublimée par la superbe photographie. Le metteur en scène Todd Haynes nous émerveillera aussi avec « Carol », dans un contexte identique. Splendide !
Magnifique du début à la fin. La dernière scène dans la gare est époustouflante, sans un mot tout est dit. Acteurs, décors, costumes sont exceptionnels.
Todd Haynes convoque tout le cinéma de Douglas Sirk dans "Loin du Paradis", mélodrame subtil et délicat qui survient comme une jolie surprise, comme la résurrection de tout un pan de cinéma que l'on ne croyait plus jamais voir. Nous voilà donc plongés dans la vie de Cathy Whitaker, une femme au foyer typique de l'Amérique des années 50 et qui, selon les critères de l'époque, a tout pour être heureuse. Mais quand elle découvre que son mari Frank est homosexuel, son monde bascule. Le seul homme vers qui elle peut se tourner est Raymond, son jardinier noir. Mais les préjugés de l'époque et la bêtise d'une société fustigeant tout ce qu'elle ne connaît pas empêche leur relation de s'épanouir... Si ce qui attend Cathy est loin d'être joyeux, le film évite tous les écueils du genre et en fait ainsi alors qu'il aborde des thèmes aussi forts que le racisme et l'homosexualité. D'une délicatesse infinie, jamais démonstratif, jamais complaisant, jamais sordide. Ce que filme le cinéaste, c'est le destin d'une femme qui bascule à mesure que son univers s'écroule et qu'elle se retrouve seule. Dans ce rôle, Julianne Moore est tout simplement bouleversante, amenant à son personnages son lot de nuances. A ses côtés, Dennis Quaid et Dennis Haysbert sont également impeccables, semblant tout droit sortis de cette époque. Il faut dire qu'Haynes a mis les moyens : tout son film transpire le cinéma des années 50. Les mouvements de grue sont superbes, la photographie est magnifique et la musique, composée par le grand Elmer Bernstein, vient souligner une œuvre pleine de subtilité et d'émotion comme en témoigne certaines scènes qui ne saurait laisser insensible. Bouleversant.
Todd Haynes marche dans les pas de Douglas Sirk en signant ce mélodrame qui dépasse largement le simple hommage pour atteindre une quintessence du genre. D’un point de vue formel : réalisation sur du velours, flamboyance automnale des couleurs, décors et costumes d’une élégance folle, luxe de détails dans la reconstitution d’époque, belle musique lyrique, direction d’acteurs impeccable et interprétation exceptionnelle (Julianne Moore en tête, tout en sourires extérieurs et tourments intérieurs). L’ensemble est d’une sophistication somptueuse – raffinement ultime des codes esthétiques du genre – sans se réduire heureusement à un pur exercice de style. Sur le fond : au-delà du récit d’un amour impossible, motif classique et incontournable, au demeurant ici particulièrement émouvant, c’est tout le vernis social du « rêve américain » que le cinéaste s’applique habilement à effriter pour faire apparaître les monstres cachés derrière les rideaux feutrés. Monstres du puritanisme, des préjugés. Monstres d’une ségrégation sociale, raciale et sexuelle. L’enfer derrière le paradis, dépeint avec une intelligence sans esbroufe, avec une délicatesse qui magnifie les accents douloureux et cruels de l’histoire.
Hommage explicite aux mélodrames de Douglas Sirk, Todd Haynes réalisait en 2002 ce film qui nous embarque au cœur d’un foyer américain des années 50, modèle absolu de la famille parfaite, vivant dans un pavillon de banlieue tout aussi parfait. Mais derrière le vernis, la situation n’est pas aussi idyllique : monsieur est attiré par les hommes, et madame, se sentant délaissée, éprouve une irrésistible attirance pour son jardinier noir. Assumant un parti pris de costumes et de décors magnifiquement pop, légèrement kitsch, Loin du paradis ne tombe dans aucun des pièges que son scénario pouvait présager, du fait de ses personnages très bien écrits et jamais caricaturaux (tout en étant, en partie, des caricatures de leur époque). Julianne Moore est époustouflante dans son rôle de femme au foyer qui ne quitte jamais son sourire, même lorsque son monde intérieur s’effondre. Brillant.
Hommage au cinéma américain et aux grands mélos des 50's, "Loin du Paradis" est une libre adaptation, plus sombre et pessimiste de "Tout ce que le ciel permet" de Douglas Sirk. Reprenant tous les grands thèmes de la critique sociale américaine chère à Sirk (hypocrisie, puritanisme, racisme), "Loin du paradis", s'impose comme un grand film des années 2000.
Un bon film, qui sous des aspects relativement lisse (comme la société de l'époque), est une énorme critique de la place de la femme, des noirs et des homosexuels dans la société des années 50, amis qui est aussi à rapprocher de la place de ces mêmes personnes dans la société actuelle. Les acteurs sont très bons, et on passe un agréable moment.
On était très loin du paradis dans les années 50 aux Etats-Unis à en croire cette représentation, certes très caricatural, du modèle familiale et communautaire idéal. C'est extrêmement cucul la praline mais il faut reconnaitre que le racisme, l'homophobie et le commérage de l'époque sont bien traités...