Mélodrame à l'ancienne, d'une élégance rare et réalisé avec brio. Le film, sans jamais tomber dans le pathos à outrance, narre avec justesse l'histoire d'une mère de famille dans les années 50, et dresse le portrait d'une famille parfaite qui peu à peu craquelle et finit par s'émietter.
Excellent film sur la différence (raciale et sexuelle) avec un couleur rétro qui semble très bien retranscrire une Amérique des années 50. Julianne Moore est magistrale!
Un drame brossant le portrait dans l’Amérique des années 50 d’une famille en apparence parfaite mais dont le vernis va peu à peu se fissurer pour laisser apparaitre des failles démesurées. Faisant s’entrecroiser deux thèmes différents, à savoir le refoulement de l’homosexualité et la question du racisme latent « Loin du paradis » ne parvient pas à idéalement mettre en valeur son beau sujet à cause d’un traitement bien trop scolaire et d’une réalisation académique, sans oublier une musique trop envahissante. On retiendra davantage la qualité ainsi que la justesse de l’interprétation, avec notamment une composition très touchante de Julianne Moore campant une femme aux opinions modernes devant faire face aux poids des conventions.
J'ai adoré ce film qui montre tout en finesse le racisme dans une Amérique puritaine des années cinquante. L'amitié puis l'amour d'une bourgeoise pour son jardinier noir. Julianne Moore est formidable. A voir absolument.
Un magnifique et éblouissant film qui rend hommage aux mélodrames des années 50, comme les films de Douglas Sirk. Julianne Moore interprète un rôle émouvant : celui d'une ravissante femme au foyer souriante et exemplaire, Cathy Whitaker, l'exemple parfait de la ménagère américaine des années 50. Ce film montre d'une façon extraordinaire le racisme dans l'Amérique et les relations entre personnes noires et blanches. Julianne Moore réalise une prestigieuse et émouvante interprétation pour un splendide film ! Un chef-d’œuvre !
Quand une femme, bonne mère et bonne épouse, observe le vernis de son existence modèle craquer peu à peu et remettre en cause sa place dans la bonne société américaine des années 50: Todd Haynes ne fait pas dans la demi-mesure avec son sujet, appuyant volontairement sur les couleurs criardes et rutilantes qui masquent la part d'ombre, l'homophobie et le racisme sous-jacents. On se retrouve effectivement bien loin du paradis, avec des interprètes jouant formidablement sur la fragilité de leurs personnages (notamment Dennis Quaid, très surprenant), même si le scénario déroule une intrigue somme toute prévisible dans beaucoup de ses aspects. Un drame soigné sur le mal profond de l'intolérance.
Excellente performance de Julianne Moore dans ce rôle d'américaine au foyer des années 1950. Alors qu'elle a tout pour être heureuse, elle découvre que son mari aime les hommes. spoiler: Cela va la rapprocher de son jardinier noir car elle n'a pas de préjugés raciaux à la différence de la population qui ne voit pas d'un bon œil le fait qu'une femme blanche parle à un homme noir. Il s'agit donc de deux problèmes sociaux qui sont présentés à la fois, celui de l'homosexualité d'un homme marié avec enfants et celui du racisme. La réalisation est bien conduite avec une photographie chatoyante mais pour nous européens, c'est assez déstabilisant de voir cette terre de liberté avoir une population à l'esprit si étroit.
Le film baigne dans des couleurs automnales et chaudes -autant qu'artificielles- évoquant une douceur de vivre et de nostalgiques années 50. Dans ce décor à l'eau de rose, les époux Whitaker incarnent le bonheur lisse de la bourgeoisie de province. Pourtant, ces représentants et dépositaires des convenances et du conformisme de leur classe vont, bien malgré eux, saborder leurs propres valeurs. Frank est surpris par sa femme en train d'embrasser un homme ; dans un second temps, l'épouse s'éprend d'un employé noir, qui plus est dans une petite ville où la ségrégation est encore de mise. Ce n'est sans doute pas sans ironie que le Todd Haynes place le couple Whitaker devant son paradoxe, sa "sortie de route" (plus précisément du "socialement correct"). On verra aussi que l'homosexualité est considérée à l'époque comme une maladie et soignée comme telle. Pour autant, le cinéaste ne fait pas le choix de la comédie satirique pour dénoncer les conservatismes et l'intolérance. Au contraire, il opte pour un récit indolent et un ton qui rappellent les mélos d'antan. Mais le style -je ne parle pas des indéniables qualités esthétiques du film- manque de saveur et de relief, satiriques précisémen, tandis que le trouble réel où sont placés les personnages -celui de Cathy est au premier plan- n'est pas réellement touchant, ni ne nous attache, faute sans doute d'un propos et d'une sensibilité plus personnels. Ce qui prévaut chez Monsieur et Madame Witaker est la question morale : en bon bourgeois, Cathy et Frank ne semblent pas avoir l'idée d'assumer leur "déviance" ni de lutter contre les préjugés; ils n'ont que le souci de rentrer dans le rang (à moins que, peut-être, au dénouement...)
Éblouissant, c'est le premier mot qui me vient ... Ce film est empli d'une tristesse et d'un sens esthétique qui lui est propre, inutile d'en dire plus, un classique !
Cathy forme avec son mari et ses 2 enfants le couple modèle des 50’s aux Etats-Unis ; une vraie couverture de magazine. Mais voilà, Cathy doit affronter l’homosexualité de son mari, c’est une maladie que l’on doit soigner à l’époque. Sur les entre fait, elle trouve une oreille attentive auprès de son jardinier, noir. spoiler: Ces quelques discussions sans arrières pensées sont surprises par quelques voisins. Et c’est la deuxième lame du carcan social de l’époque qui va s’abattre sur elle. Ce film a pour vertu de montrer une société corsetée par des principes et des croyances privant de leur liberté de conscience et d’action tous leurs membres. Après çà le scénario est hyper prévisible et la mise en scène sans génie et d’un autre âge. Le réalisateur décide aussi de filmer avec les codes esthétiques de l’époque en question, un choix esthétique contestable et sans plus value. Dans les années 50, on aurait jamais fait un film aussi frontal ce qui génère un anachronisme. De fait, on peut largement se passer de ce film beaucoup trop convenu. Peut être la prestation de Julianne Moore vaut le détour.
Décidément les femmes inspirent le réalisateur qui livre un excellent film tant celui-ci est dense. L'ensemble est parfaitement bien orchestré, les acteurs sont impeccables et les sujets traités avec intelligence. Un film fort et émouvant doté d'une certaine complexité.
Un bijou d'intelligence que ce film qui décrit, sans juger, la place du racisme et de l'homosexualité dans l'Amérique puritaine des années 50. Julianne Moore est tout à fait exceptionnelle dans le rôle d'une femme "normale". Les années 50 sont restituées avec un indiscutable talent, et photo et bande son finissent par faire un excellent film.
Un film d'une grande force mélodramatique et historique tant dans la forme que dans le fond de l'histoire. Une reconstitution des années cinquante parfaite jusque dans les tenues vestimentaires, les voitures.....L'image est somptueuse et les couleurs magnifiques. Jeu magistralement avec une Julianne Moore admirable, touchante , d'une grande force et sensibilité. Denis Quaid dans un registre dont (de lui) on n'a pas l'habitude est lui excellent voire étonnant. Un film fort, touchant et malgré les progrès contre les discriminations combien d'actualité !
Un bel hommage surtout au cinéma de Douglas Sirk, la mise en scène du décor environnement qui s'y glisse, de la douceur zen propre à ce grand réalisateur de films sitcoms. L'influence sur ce cinéaste où il nous faut une intrigue d'amour contrarié, le triangulaire comme thème central. En plus de lever le voile sur un tabou de la société américaine des années 50, en une transposition à cette époque actuelle. Homosexualité, racisme, l'acceptation des mentalités face à ces enjeux sociaux qui fait avancer son histoire. Rock Hudson fut l'acteur fétiche de ces feuilletons cinémas, à la fois le reflet du mari en lutte contre sa sexualité, un secret de polichinelle. Et aussi du jardinier noir un peu trop amical, donc intimité supposée par la visibilité aux yeux de tous familièrement, ce qui a de plus terrible est le blâme sur la femme pas gâtée autrefois. Il manque un brin d'émotion pour relever le scénario d'un coup de génie du chef-d'œuvre, tout semble classique que ça me donne envie de voir d'autres films de Mr Sirk. Merci Todd Haynes de votre franchise qui lui est dédié, tout ce que le ciel permet au studio Hollywoodien !