La Bête de la caverne hantée (1959) est le remake de Naked Paradise (Roger Corman refait un de ses propres films, sorti à peine deux ans plus tôt), en transposant son intrigue à la montagne. Cette fois-ci, le cambriolage a lieu sur les hauteurs enneigées, et les voleurs repartent à ski...sauf qu'une vilaine bébête rôde et attrape les passants pour les vampiriser dans sa caverne. L'intrigue est un peu plus élaborée que d'habitude pour un film "Corman" (on a plutôt en tête ses films "oh un monstre, pouf je l'explose, fin.") et permet de ne pas s'appesantir sur les défauts de qualité de la série B. Évidemment, tout est mal fait, on ne comprend rien à ce que l'on voit de la créature (une araignée avec une tête de grand-mère chevelue ?) et la fin ne s'intéresse qu'à flanquer au bûcher sa bête (on coupe directement après, on se moque des avenirs des personnages, de savoir d'où la bête venait, etc...). Le braquage en lui-même est plutôt bien amené, les acteurs sont pour une fois assez regardables (on ne souhaite pas bâillonner les filles, peu hurleuses ici), on peut même tendre l'oreille pour avoir quelques conseils de pratique du ski (toujours utile pour notre prochaine sortie à la neige, si l'on est peu doué dans ce sport) et on s'amuse à voir la grosse patte de l'araignée qui surgit pour attraper les personnages. En tout cas, on regarde de nouveau l'affiche du film, et on se dit que la créature ne ressemble pas à ça du tout, même si l'on n'a rien compris à sa morphologie. Petit délire d'affichiste ? Il semble avoir vu un intermédiaire du poulpe et de la sangsue, quand de notre côté on pense à la rencontre d'une araignée géante et Mamie Nova.
Même produit par Corman et réalisé par Hellman encore à ses débuts, ce film a tout d'une série Z fauchée et s'avère décevant. On pourra toujours s'amuser à rapprocher le contexte de l'histoire à celui des Bronzés font du Ski, en ajoutant un monstre en toile d'araignée ( ? ), n'expliquant pas l'origine de sa création, tout est peu développé ; le spectateur familier de Hellman pourra reconnaître l'attirance de ce dernier pour les plans généraux de paysages, caractéristiques de ses futurs westerns. Ceci dit on peut considérer que le découpage du cinéaste est un bon point, mais le reste dégrade le film.