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ATON2512
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3,0
Publiée le 13 novembre 2017
Certes le film a un peu vieillt . Pour autant il recelle de nombreuses qualités . D'abord, cest le tout premier film allemand de l'après-guerre réalisé entre 1945 et 1946 à Berlin entre autre. D'un réalisme boulversant tant il montre une Allemagne meurtrie et dévastée. Le réalisme même des personnages encore enfermé dans leur propre histoire ou essayant même de la fuir . Et même si la fin aurait été changée par les autorités russes dans l'esprit que la justice ne doit venir que de l'état ; on peut déjà si tôt après le carnage de l'Allemegne Nazie que l'autre Allemegne déjà regarde son passé en face .
C'est vraiment intéressant de voir que le premier film allemand de l'après seconde-guerre mondiale s'inspire beaucoup de l'expressionnisme allemand (qui s'était développé après la première guerre mondiale). On voit vraiment bien les inspirations au niveau de Fritz Lang, y a des scènes qui pourraient être de lui d'ailleurs, ce qui en soit est un joli compliment. Et il faut le reconnaitre que niveau mise en scène le film a quand même des bonnes petites idées, notamment piochées dans l'expressionnisme allemand. Après le film n'est pas inoubliable, il veut dénoncer les atrocités de la guerre mais c'est fait de façon un peu maladroite parfois. Bien entendu, il faut se replacer dans le contexte de l'époque, c'est assez logique, on sort à peine de la guerre. Mais bon, par exemple si on compare ce film à Allemagne, année zéro, qui reprend certains thèmes, je trouve que Les assassins sont parmi nous est plus intéressant et moins explicatif justement.
Film courageux, nécessaire, réaliste et rédempteur de cette Allemagne perdue et meurtrie, accablée et responsable. IL fallait oser parler du sujet à peine un an après la fin. En parler et savoir le traiter dignement. Pas facile mais là c'est assez réussi.
Juste après-guerre, dans Berlin en ruine, un ancien officier allemand, chirurgien dans le civil, erre dans la ville et squatte un appartement qui appartient à une jeune femme, qui justement revient des camps. Une cohabitation s'installe. Mais l'homme est dépressif car il a souffert de la guerre et des massacres auxquels il a dû participer. Il rencontre alors son ancien chef SS, cause de ses tourments. Il a alors le désir de le tuer. Beau film de Staudte, intéresant surtout parce que réalisé juste après guerre. Il sert à montrer la culpabilité de certains allemands et un certain remords. C'est un peu primaire, mais on y croit, d'autant que la réalisation (noir et blanc) n'est pas sans qualité : angles, ombres et lumières, gros plans, etc. Mais c'est néanmoins un peu trop démonstratif. L'acteur principal n'est pas mauvais. Bonnes séquences sur Berlin en ruines.
Cela faisait des plombes que je voulais voir ce film (et mon attente n'a pas été déçue!!!) qui n'est autre que la toute première oeuvre allemande a avoir été tournée après la fin de la guerre. Sans savoir pourquoi, je m'attendais à une oeuvre fauchée réalisée avec deux bouts de ficelle un peu comme "Rome ville ouverte". A tort puisqu'au contraire l'image, qui évoque très fortement l'Expressionnisme, est absolument très belle et les cadrages souvent surprenants. On a même droit à quelques petits plans obliques (il ne serait pas étonnant que Carol Reed ait vu ce film avant de réaliser "Le Troisième Homme"). Mais la force du film réside surtout dans la relation entre les personnages. Les scènes de confrontation entre le personnage principal du chirurgien (Ernst Wilhelm Borchert, sosie de Céline mais en plus bourré et moins nazi!!!) et l'assassin, d'apparence bon bourgeois et très sympathique dont le physique fait un peu penser à celui d'Himmler (un hasard ?) qui a juste le massacre d'un village entier à se reprocher, dégage une très grande intensité psychologique. Et les scènes simples, sans emphase (un simple "Ich Liebe Dich" devant les ruines de Berlin!!!), entre deux êtres blessés, le chirurgien, tourné vers le passé, et une jeune rescapée des camps, tournée au contraire vers l'avenir, interprétée par la magnifique Hildegard Knef, sont émouvantes. Seul le flashback n'est pas à la hauteur, trop platement réalisé, mais il permet une surprenante et belle transition. Réflexion intelligente sur le poids du passé et sur celui de la culpabilité, "Les Assassins sont parmi nous" est une belle réussite.
Ce beau film malgré son succès à sa sortie en salle n'aura malheureusement pas laissé d'héritage dans la production cinématographique allemande de l'immédiat après guerre. Il permet d'entrevoir que tous les allemands n'ont pas été nazis, bien que peu se soient révoltés. Les allemands préféreront tourner la page le plus vite possible en reconstruisant une allemagne complètement détruite. Ce film vaut vraiment par le jeu des deux acteurs principaux et leur recherche désespérée d'une rédamption qui se fera attentre au mileu des ruines berlinoises de 1946.
J'ai bien essayé d'accepter les conventions de l'époque, le cinéma expressioniste et gna gna gna... je n'ai vu dans ce film que de la propagande à la manière soviétique...Même les ruines de Berlin font carton pâte...L'héroïne rentre d'un camp de concentration bien nourrie avec une garde robe chic... Le médecin dépressif a une une vague ressemblance avec Céline... sauf qu'il a le visage lourd, les mains épaisses des héros de la classe ouvrière bref , et pas du tout le profil d'un chirurgien issu de la bourgeoisie allemande, passons mais le pire: lui aussi il est bien nourri dans un monde où les gens crevaient de faim , où les femmes vendaient leur charme pour faire bouffer leurs enfants...Pas un soldat d'occupation en vue, et surtout pas les soudards de l'Armée rouge... On a même droit au couplet sur l'expropriation; elle était propriétaire de son appart, et elle s'en retrouve locataire... Pouah ! Le syndrome post traumatique, d'accord, mais les leçons de morales sous la censure de gens qui avaient massacré 3 millions de civils allemands, femmes enfants vieillards en Prusse orientale, c'est obscène.