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Bernard D.
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5,0
Publiée le 2 mars 2021
J’ai vu « Camille Claudel » le premier long-métrage de Bruno Nuytten (1988), après avoir vu le « Rodin » de Jacques Doillon (2017) et admirer la rétrospective de ce sculpteur à Paris … ce qui vient peut-être fausser mon jugement ? Si l’artiste était exceptionnel, l’homme devait être assez singulier, egocentrique, mégalo et brutal dans ses propos et ses rapports avec les hommes, signant des œuvres de ses élèves … et en ce sens le choix de Gérard Depardieu était juste si je puis dire. A l’opposé, Camille (Isabelle Adjani), était une écorchée vive d’où sa ténacité à atteindre l’excellence dans son travail et ce dans un monde très machiste à l’époque. Même chose avec Rodin dont elle n’a pas admis qu’il ne se sépare pas de son épouse pour être entièrement à elle et ce malgré plusieurs grossesses/avortements. Les aventures féminines ultérieures de Rodin sont venues enfermer Camille dans un univers psychopathologique et une folie paranoïaque : elle sera internée en 1913 - à l’âge de 49 ans - jusqu’à sa mort en 1943 ! Avant d’être internée, le travail de Camille sera d’ailleurs dominé par le thème de la vieillesse après à sa rupture avec Rodin alors qu’elle avait moins de 30 ans. L’interprétation d’Isabelle Adjani est excellente car elle vit son personnage et son César est vraiment mérité. A noter le rôle de son père, Prosper (Alain Cluny), conservateur des hypothèques, qui certain du talent de sa fille et conforté par l’avis d'Alfred Boucher, l’a toujours soutenue contre sa mère, étant par ailleurs certain de la destinée politique de son fils Paul (Laurent Grévill) dont il découvrira le talent littéraire plus tardivement. La mort de ce père en 1913 a probablement facilité la bascule de Camille dans la folie. Un film superbe en termes de photo, de décors, de costumes … qui nous incite à découvrir l’œuvre de Camille Claudel mal connue hormis peut-être « La Valse » offert à Claude Debussy.
Jeune femme de bonne famille, Camille Claudel s'adonne passionnément à la sculpture et le réalisateur Bruno Nuytten sait rendre compte de sa créativité fiévreuse -dont on ne sait d'ailleurs si elle a réellement influencé l'histoire de la discipline. La première partie du film est plutôt intéressante, qui évoque notamment la rencontre entre Camille et le maître Rodin, artiste déjà consacré et pas indifférent au talent de celle qui devient sa protégée. Le film est alors, également, une introduction, pour le profane, à l'art méconnu, voire obscur, qu'est la sculpture. Cependant, l'académisme de la mise en scène -dont l'antuthèse pourrait être le "Van Gogh" de Pialat- devient vite pesant, à la fois par son esthétisme ostentatoire, tant dans les cadrages et éclairages que dans la reconstitution d'époque, et par les clichés attachés à l'artiste maudit, à la création dans la douleur.
Bientôt, leur relation amoureuse déchirée ou leur rivalité artistique font de Camille Claudel et de Rodin deux sombres figures romanesques exposées aux affres de la création et de la passion. Sans doute, la composition d'Isabelle Adjani est intense -qui tourne au numéro d'actrice lorsque Camille se perd dansspoiler: la paranoïa et la démence - mais ce n'est pas le cas de la mise en scène, qui manque de singularité, de vitalité, qui manque tout simplement d'épouser le caractère passionné de l'héroine. Trop long, le film consiste en une succession de scènes dramatiques au formalisme conventionnel, de moments intimistes ternes, parfois redondants, qui nous détournent de la part la plus intéressante du sujet, oubliée au fur et à mesure du récit: le mystère de la création, la beauté du geste du sculpteur.
Film d'actrice plus que de metteur en scène, Bruno Nuytten n'en est d'ailleurs pas un mais il fait le même travail qu'un réalisateur chevronné. L'angle d'attaque est la biographie conventionnelle, celle d'une artiste enflammée, de ses débuts jusqu'à sa chute sans n'avoir jamais connu la réussite sociale, et c'est cet aspect du personnage qui nous intéresse avant tout. Le refus de concéder quoi que ce soit aux mondanités, aux conventions, au prestige des salons parisiens qui font et défont les réputations. C'est le point de rupture entre elle et Rodin dans ce film de prestige typique de ce que la qualité française des années 80/90 produisait de plus riche, de plus intelligent, à cheval sur le cinéma grand public et le cinéma d'auteur. Les interprètes sont tous impeccables dans ce film patiné par le temps devenu un classique populaire.
Que dire d'un tel film qui n'a pas déjà été dit et même râbaché !!!! . Un grand et beau film un projet porté à bras le corps par Isabelle Adjani et quel résultat ! . Je me souviens de l'émotion que j'ai pu ressentir surtout dans la deuxième partie du film au moment où la folie de Camille commence à devenir dévorante . Cette scène où Adjani se met à hurler sous les fenêtres de Rodin je ne l'ai jamais oublié . Il fait parti des films que je revois au moins une fois par an . Il y a beaucoup d'émotions dans ce film et c'est une grande réussite de cinéma français populaire qui malheureusement pour moi n'existe plus !
La première moitié: Rodin bien interprété par Depardieu, Adjani en délicatesse avec sa famille, la naissance d’une passion, la sculpture abordée de manière passionnée et intéressante, l'engueulade... est réussie. Puis le film, trop prétentieux pour être efficace, devient lourd, surjoué, pesant et trop long quand Camille part en vrille.
Rédiger ma critique en dépassant les histoires privées de Gérard Depardieu. Ce film, inspiré de l œuvre de Reine Paris, petite fille de Paul Claudel, reste un choc, un bouleversement, un flot d'émotions inspiré par le portait de la femme artiste à la fin du XIX eme siècle. L'histoire de Camille Claudel réhabilitée vers les années 80 se voit relatée d'une manière très pertinente par le jeu du clair obscur, les sculptures des deux inspirateurs, amants et concurrents. Camille de la Lumière à l ombre. Enfin rien ne manque, ni la faiblesse de Paul Claudel à défendre comme il se doit sa soeur, ni le rôle terrible joué par Madeleine Robinson en mère castratrice, dominatrice et rejettant sa fille, origine véritable drame de Camille d ailleurs. Cette tension entre l oeuvre et la vie de l artiste se manifeste dès le début par Louise Athanaise voulant contacter les gendarmes, anadyplose de la fin tragique avec l emprisonnement de Camille en exil. Elle se ressent dans ce huit clos familial bourgeois pesant, lourd révélant la famille toxique de la jeune sculptrice qui avec cette main de fer frappe sa colère et la sublime sur le marbre. Paul Claudel non mis en avant révèle sa passion naissante pour Rimbaud révélateur de son oeuvre, suivie de sa conversion. La passion des deux amants, en Lumière au début s obscurcit par les jeux de lumière au sens cinématographique, par la déchéance de la beauté de Camille magnifiquement interprétée par Isabelle Adjani. Rien n est oublié, la démence paranoiaque, l appui d Eugène Blot, l autodestruction de l artiste qui réduit ses oeuvres en miettes. Un chef d oeuvre du cinéma français.
Camille, alias Adjani, magnifique, souveraine et écorchée de la vie, être fêlé à l'extrême aux prises avec une solitude totale et progressivement définitive. Adjani fait corps avec son rôle, elle est gagnée par lui, envahie, dévorée. Sa manière d'appréhender la matière avec force, vie, rage, nous met au coeur du propos et de l'indissoluble. Camille et Paul, bien sûr, tantôt à se côtés, tantôt éloigné, tantôt encore dérangé par les expressions viscérales et pathétiques de sa soeur. On notera le passage sombre et un brin effrayant de "Tête d'Or", avec la voix quasi d'outre-tombe du père, qui vacille dans la confiance donnée jusque là à sa fille même si l'amour demeure. Un film qui rend hommage à une créatrice hors du commun, dans une époque où être statuaire n'était pas l'apanage des femmes!
Je me rappelle qu'Adjani avait porté ce projet de film à bout de bras. Je crois d'ailleurs que c'est un peu grâce à ce film que le grand public (dont moi) a découvert Camille Claudel . C'est une très belle œuvre toute en sensibilité et intelligence, longue car introspective, sur un sujet difficile à mettre en scène : la quête de l'artiste, son talent créatif, ses sources d'inspiration, sa vulnérabilité, son orgueil, son égoïsme, son penchant auto destructeur. Je pense à deux films sur ce sujet : black swan et la belle noiseuse, qui n'ont pas à mes yeux le même niveau de finesse pour l'un et d'intérêt pour l'autre . Une réussite.
Rythme un peu lent (film de 2h42). Evidemment l'interprétation d'Isabelle Adjani est très intense et illumine le film. Celle de Depardieu donne de la puissance au personnage avec parfois quelque doute sur sa crédibilité (personnage un peu léger, rythme de voix un peu trop rapide). Le film donne bien évidemment envie de s'intéresser de plus près à la sculpture et met en lumière le difficile travail de l'artiste, à la fois pour Rodin et pour Claudel. En cela il atteint largement son objectif.
ADJANI meilleur actrice française récompensée au César 6 fois nominée au Oscar 2 fois. Actrice de génie qui fait passer des émotions dure et brute . J'adore cette femme aucune actrice d'aujourd'hui ne lui arrive a la cheville surtout pas cotillard. Elle immortalise Camille Claudel par sa beauter et ses sentiment pour Rodin, hystérique, génialissime folle amoureuse a un perde la raison. Cette femme mérite son statut d'ICONE et de REINE du CINEMA Françaie
Un film magnifique avec une incarnation absolue,celle d'adjani en Camille Claudel.20 ans après ce film n'a pas pris une ride.Un classique du 7ème art.Un role mythique pour Isabelle Adjani.
Un rôle idéal pour Isabelle Adjani qui sert admirablement son personnage. En voyant ce film, on comprend mieux l'art de Camille Claudel. La musique très mahlérienne de Gabriel Yared contribue de manière décisive à l'atmosphère du film et la mise en scène.