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Un visiteur
5,0
Publiée le 23 janvier 2010
Splendide mise en scène de cette histoire tragique qui pourrait se résumer ainsi : jeune femme mûre s'ennuyant en province aimant jeune Parisien mystérieux mais aux sentiments velléitaires... Il se peut que Jacquot ne prenne pas de "risques" dans son adaptation, qui est davantage une illustration de l'ouvrage de Constant, mais que cela est bien fait, que cela est esthétiquement réussi, et passionnément poignant... Et entre nous, Adjani se révèle définitivement mon actrice préférée...
En 2002, Benoît Jacquot tourna Adolphe. Parce qu'Adjani le demandait. Le scénario ne s’éloigne pas du livre. Il le suit, il invoque généreusement les phrases marquantes du roman. Sollicite les moments qui vont effleurer le spectateur adulte. Le film est agréablement reçu. On le trouve inquiétant, à fleur de peau, poignant.
Mais n’est-ce pas, après l’Adjani, Constant que l’on célèbre à nouveau ? Qui, de nos jours, pondrait un scénario aussi touchant ?
Pour moi, Benoît Jacquot n’adapte pas. Benoît Jacquot fait son peintre et ne prend aucun risque. Assisté d’une équipe exercée, il illustre. Et parfois, de bien belle manière.
La plus jolie, pour moi, ce sont les pathétiques premières secondes du film. L’Adjani, drapée comme une morte derrière le Merhar appelle Adolphe. Désespérément. Le Mehrar ne l’entends pas, la voit seulement. Alors, le Merhar se retourne. La caméra s’éloigne. Le Mehrar est devant un miroir. Retour de point – enfin, floutage de l’arrière plan et donc du miroir et de l’Adjani. Changement de plan, on suit le regard du Mehrar : il n’y a rien derrière lui. Noir. Générique du début.
La seule véritable fantaisie de Jacquot consiste donc commencer son film par une scène "hors livre". Cet instant, original et dépouillé, illustre désormais l'existence d'Adolphe après la mort d'Elénore, qui, tel un spectre, n'en fini pas de le poursuivre.
Quest ce que lamour ?Je ne peux répondre à cette question, car jen ai pas la réponse. Mais ce film définit clairement lamour, une réponse royale. Une femme qui ne demande rien, tombe malgré elle amoureuse dun jeune homme immature et enfantin, Adolphe. Ce jeune homme androgyne, qui est à la quête de ce qui est inaccessible, découvre la ravissante Eléonore, qui va tout faire pour la séduire.( comme dans les liaisons dangereuses). Il désire ardemment la posséder, pour cela il met tout à sa disposition, et finalement il lobtient, elle succombe à la tentation. Son désir assouvie, il néprouve plus de sentiments, dattirance envers son égard, juste de la pitié, car elle laime passionnément et quitte tout pour lui, même ses enfants( comme dans Anna Karénine). Nest ce pas magnifique ? je trouve quAdolphe nest pas méprisable mais grandiose, car il naime plus cette femme mais malgré cela il reste à ses cotés jusquà sa mort !Oui elle meurt à cause de lui mais, sa présence éternelle comble son égoïsme. Il la fait souffrir car lui même souffre, il souffre de son devoir dêtre responsable delle, de rester à ses cotés ! Cest ça lamour, aimer en souffrant. Soublier pour lautre Ce film reflète deux aspects primordiales de lamour, deux notions assez complexes, aimer et désirer, aimer cest mourir pour lautre, cest souffrir, cest soublier, devenir fou, être limite une personne que lon ne voulait pas être, bref cest faire des sacrifices. Désir, désirer, cest un terme qui a une connotation sexuelle, cest juste physique, cest un manque qui doit être assouvie absolument. Cest éphémère, non éternel, cest pourquoi cest méprisable ! Pourquoi avoir peur daimer ? a ton peur dêtre malheureux, de souffrir ? nest pas la souffrance qui nous guide vers la passion, qui nous aide à apprécier lamour? Enfin ce film est exquis, cest pourquoi je ne comprends pas les gens ne peuvent pas apprécier ce chef duvre ! Ce film à leau de rose est fait pour les ames sen
Adolphe est un film de commande: Isabelle Adjani croise Benoît Jacquot dans les coulisses d'un théâtre, et lui fait part de son désir d'incarner Elléonore. Une très belle femme qui se déssèche dans la cellule grillagée du mariage. Le film de Benoît Jacquot est fidèle au roman de Benjamin Constant, peut-être un peu trop. Mais il a le mérite de remettre Adjani dans le sillon des héroïnes qui ont bâti sa légende. L'actrice n'a plus l'âge du personnage, mais on lui pardonne tout devant la profondeur de son jeu. Et on finit par croire qu'Elléonore peut se consumer pour un amour non partagé...