Le Narcisse noir
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BlindTheseus

348 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2009
Ayant essentiellement pour sujet le masochisme ou d'autres pulsions déguisées sous des prétextes divers, "Le narcisse noir" séduit dans son genre par ses descriptions de scènes de nonnes le + souvent haut-perchées en dialogue permanent avec leurs dieux, malgré un tempo plutôt lent - mais certes compréhensible -: Bien évidemment la descente est fatale.
soniadidierkmurgia

1 443 abonnés 4 345 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2026
« Le Narcisse noir » réalisé par Michael Powell assisté d’Emeric Pressburger (17 films en commun sur les 28 réalisés par Michael Powell) fait indéniablement partie du carré magique de sa prestigieuse filmographie avec « Les contes d’Hoffman », « Le Voyeur » ou « Le colonel Blimp » dans laquelle s’insère quelquefois « Une question de vie ou de mort ». Dans les différents classements et palmarès « Le Narcisse noir » est le seul à ne jamais être exclu des trois meilleurs films du grand réalisateur qui durant cette période glorieuse du cinéma anglais cohabite au sommet avec David Lean et Carol Reed ; Charlie Chaplin et Alfred Hitchcock effectuant alors l’essentiel de leur carrière sous le soleil d’Hollywood.
Réalisé juste après-guerre en 1947, « Le Narcisse noir » poétique et surprenant où Powell et Pressburger adaptent un roman de Rumer Godden, réussit la prouesse d’offrir au public un film se déroulant exclusivement en Inde dans la région himalayenne sans qu’aucune scène ne soit tournée hors de Grande Bretagne. En effet Michael Powell surprend toute son équipe s’attendant à effectuer des repérages sur place, en annonçant à ses collaborateurs habituels que le tournage se déroulera essentiellement dans les studios Pinewood et dans les jardins de Leonardslee dans le Sussex.
« Le Narcisse noir » est le premier roman écrit par Rumer Godden en 1939 alors que la jeune femme est âgée de 32 ans. Ayant grandi en Inde à Narayanganj qu’elle quitte avec ses trois sœurs dans le but de suivre ses études en Grande Bretagne, elle y retourne en 1925 pour y entamer sa vie d’adulte, prenant pour vingt ans la tête d’une école de danse. Selon Sumer Godden, ce premier roman est fortement influencé par un événement survenu alors qu’elle visitait le pays avec un groupe d’amis. Powell et Pressburger resteront très fidèle à l’intrigue du roman cherchant leur singularité dans leur capacité à rendre palpable l’atmosphère étrange découlant de cette expérience originale voyant un groupe de cinq sœurs britanniques débarquant dans un palace de l’Himalaya autrefois harem du général (Esmond Knight) qui a offert ce bâtiment battu par les vents et quelque peu vétuste pour en faire un couvent et un dispensaire.
La jeune sœur prenant la tête de la mission est interprétée par Deborah Kerr qui, à la veille de partir pour Hollywood sous contrat avec la MGM, accepte de tenir ce rôle insolite pour celui qui fut son réalisateur (« Le Colonel Blimp ») mais aussi son amant. Ce mystérieux mélange entre fragilité, réserve et froide détermination qui émane de la beauté diaphane de Miss Kerr va être merveilleusement exploité par Michael Powell qui sait pouvoir compter sur son chef opérateur Jack Cardiff, spécialiste anglais du Technicolor, qu’il a déjà utilisé sur « Le Colonel Blimp » et sur son chef décorateur Alfred Junge qu’il connaît bien. Les deux hommes récolteront d’ailleurs chacun un Oscar pour leur contribution lors de la cérémonie de 1948.
Sa somptueuse esthétique jamais vue à l’époque ni égalée par la suite comme son intrigue basée sur le paradoxe osé de l’installation d’une congrégation anglicane dans un ancien harem se nourrissent l’une de l’autre pour faire du « Narcisse noir » une expérience unique dont la fraîcheur et la poésie demeurent intactes à chaque vision. Il fallait en effet une certaine audace pour faire cohabiter dans ce palais autrefois dédié au plaisir des sens deux cultures différentes qui se confrontent journellement quand les nonnes passent devant l’immense fresque trônant dans un gigantesque patio rappelant clairement ce à quoi était dédié le lieu. La présence sur place d’un agent anglais (David Farrar) plutôt sceptique sur la viabilité de ce projet d’évangélisation, intermédiaire entre les autorités anglaises et le général hindou va semer le trouble chez les deux plus jeunes nonnes dont sœur Glodagh (Deborah Kerr) et une autre encore plus jeune, sœur Ruth (Kathleen Byron) dont l’état de santé psychique est préoccupant. Les souvenirs de la vie passée remontent à la surface pour les deux jeunes femmes dont les expériences amoureuses plus ou moins heureuses de chacune. La tension monte imperceptiblement avec l’éveil des sens et le doute qui s’installe. Powell contre toute attente choisit alors une conclusion à la limite de l’épouvante s’avérant très stylisée et opérante, aboutissement inéluctable de l’isolement et de l’hostilité globale des villageois.
On notera la présence de Sabu qui avait été Abu le héros du « Voleur de Bagdad » réalisé en 1940 et surtout l’apparition de la toute jeune Jean Simmons âgée de 18 ans dans le rôle de Kanchi la jeune beauté locale dont la sensualité à fleur de peau va être le catalyseur de l’exacerbation de toutes les frustrations. Le film n’en conserve pas moins la dimension poétique qui en fait tout son prix. Mais Dieu, que Deborah Kerr une des plus grandes actrices anglaises était jolie. Elle retrouvera un rôle de nonne dix ans plus tard sous la direction de John Huston dans « Dieu seul le sait » avec Robert Mitchum tous les deux seuls sur une île déserte au milieu de l’océan Pacifique.
Hotinhere

797 abonnés 5 502 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2022
Un drame étrange et envoûtant qui explore le trouble et les pulsions de religieuses isolées sur les hauteurs de l'Himalaya, filmé dans un Technicolor flamboyant même si les décors studios font très fictifs, et certains personnages sont assez caricaturaux.
cinono1

370 abonnés 2 294 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 avril 2023
La reconstitution du film en studio, avec ses peintures en trompe l'œil, et son Technicolor riutilant est superbe et à donné au film son aura. On ne peut pas en dire autant du scénario et des relations entre les personnages, qui a tout de la mécanique mal huilé. Les personnages manquent d'ambiguïté, on ne ressent guère leurs intériorité, leurs tourments dans ce lieu Inhospitalier, et on devine vite ce qu'il va se passer. On s'ennuie pas mal, ne ressentant ni frisson, ni inquiétude, ni même compassion pour les personnages plats comme des encéphalogrammes.
evariste75
evariste75

213 abonnés 252 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2024
J'ai bien aimé ce film classique datant de 1949, Deborah Kerr splendide et touchante... Une ambiance bien exotique, de magnifiques photos... Un film à la fois religieux et humaniste...
Claude DL
Claude DL

124 abonnés 1 938 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2023
Ce film, de 1947 (!), est absolument extraordinaire en matière de qualité d’image, que ce soit la netteté ou les couleurs Technicolor, absolument somptueuses. Cette caractéristique explique sans doute les notes très élevées pour ce film où les cinéphiles ont manifesté positivement leur réaction. Pour le scénario qui, si j’ai bien compris, explique la montée du désir charnel pour ces nonnes isolées dans l’Himalaya, le propos est sans doute un peu discret, même si on perçoit la critique du catholicisme qui interdit ces pulsions, pourtant bien humaines. Autrement, le jeu des acteurs est un peu suranné mais cet ovni mérite vraiment d’être vu.
Nicolas L.
Nicolas L.

120 abonnés 2 091 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2022
Des nonnes sont mutees dans un ancien harem perché  et isolé dans les montagnes de l'Himalaya mais peu à peu les lieux hantent les esprits des religieuses. Histoire super osée pour un film de cette époque. La mise en scène est bluffant de trouvailles et d'ingéniosité. Et la photo est juste magnifique avec des plans qui pourraient s'apparenter à des tableaux. C'est visuellement exceptionnelle. Après le jeu des acteurs et certaines scènes ont pris tout de même un petit coup de vieux. Mais très bonne surprise tout de même.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

95 abonnés 4 384 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 avril 2025
Entre féerie orientale et drame psychologique, le film des duettistes Powell et Pressburger est une curiosité qui, toutefois, ne convainc guère. Son exotisme coloré semble aujourd'hui bien désuet et les tourments d'une nonne éprise d'un aventurier cynique restent très convenus.
Bien loin d'exacerber leur mysticisme, la haute montagne népalaise, où cinq religieuses ont fondé un couvent, les ramène à des sentiments plus terre à terre. Pour deux d'entre elles, le sentiment amoureux spoiler: qu'elles portent au même homme
va jusqu'à les opposer et faire vaciller leurs principes d'existence. Cette rivalité, qui n'est véritablement qu'une péripétie, est pourtant un des rares moments forts du film parce qu'elle symbolise de toute évidence la lutte intérieure et la personnalité double du personnage que Deborah Kerr interprète avec une grâce très austère.
Pour le reste, les protagonistes demeurent conventionnels, tandis que la cohabitation entre les couleurs chatoyantes et les émois dépouillés de la vie monastique s'avère pour le moins étrange.
Kubrock68
Kubrock68

58 abonnés 1 349 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2020
Un groupe de nonnes installe un couvent dans le nord de l'inde dans un ancien sérail. Le film étonne par son originalité du propos. Dean (le heros masculin) moque les croyances et les nonnes sont plus femmes que nonnes. Les plans sont trés elaborés, les decors (tout en studio) soignés. Un film pour cinéphile indispensable.
alexdelaforest
alexdelaforest

39 abonnés 206 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 septembre 2014
Une oeuvre très noire et rouge sang. Très forte. Dégage un malaise et une grande fascination.
belo28
belo28

87 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2011
Comment des nonnes perdues dans les montagnes et qui s'engueulent peuvent autant passionner? Une photographie comme on en voit rarement, des cadrages impossibles et pourtant magnifiques! Il se dégage quelque chose de profondément malsain qui dérange longtemps après la fin de la vision du film! Des acteurs profondément impliqués, qui sont pourtant des stéréotypes (le beau mec, la folle, et la perfectionniste). Peut on faire un film érotique avec des nonnes et sans le moindre sein? Regardez le Narcisse noir!
Jipis
Jipis

45 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juin 2012
Certaines images de cet opus sensuel et procédurier sont d'un esthétisme magnifique.

Des couleurs grandioses sur un site isolé, froid et venteux domicile temporaire de toute une évacuation sensorielle impossible à comprimer malgré la parole donnée.

Être religieuse et investie ne peut empêcher un esprit d'endormir un sensitif virulent.

L'isolement et l'attrait de la mission s'évapore vite devant un besoin d'exister basé sur la dominance, la jalousie, la volupté et la convoitise.

Un film étrange et surprenant sur la solitude, mère d'un désir menant vers la folie ou la réminiscence des souvenirs des esprits privés d'indépendances pensives.

Le rejet ou l'énorme difficulté de porter un uniforme d'éthique consumant par ses contraintes toutes les passions interdites.
benoitparis
benoitparis

143 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2011
Un film qui par son histoire coloniale et son romanesque échevelé a tout pour tomber dans le du kitsch et qui reste pourtant captivant, une cinquantaine d’années après son tournage. Le scénario est étonnant, cette situation d’un couvent de nonnes catholiques s’installé dans un ancien harem d’un prince des montagnes de l’Inde… Le huis clos féminin, avec ses sentiments exacerbés fonctionne parfaitement bien. Le film se base sur un fait avéré : l’Inde est le pays des extrêmes et rend fou les européens qui s’y perdent. Visuellement,la mise en scène, la photos, le jeu des couleurs vives, sont au diapason de cette réalité. C’est réellement splendide à regarder. Les interprètes, D. Kerr au premier chef, une des plus grandes actrices britanniques, apportent une contribution décisive à la réussite de l’œuvre.
loulou451
loulou451

148 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mars 2010
Encore un chef-d'oeuvre pour Michael Powell. Un film d'une puissance exceptionnelle, peut-être le plus fort en ce sens dans l'intensité psychologique donnée à chacun de ses personnages. Poweel est manifestement attiré par cette histoire forte et en dehors du temps où le mal et le bien s'entremêle dans une atmosphère alourdie par les éléments. Powell, au diapason de ses décors, de l'équilibre fragile dans lequel évolue chacun de ses personnages, joue les virtuoses, tire le meilleur de sa caméra, magnifie chaque instant, jusqu'à la scène culte de la cloche et de la chute dans le précipice. Mais que serait le génie du réalisateur anglais sans l'interprétation sublime de ses actrices, Déborah Kerr en tête, qui interprète là son meilleur rôle à l'écran. Un monument du cinéma.
Claricewins
Claricewins

91 abonnés 1 053 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 août 2011
Esthétiquement, le film est très réussi : il y a beaucoup de couleurs, qui contrastent avec la sévérité des tenues des religieuses. Il y a aussi le choc des cultures, qui est très bien traité, puisqu‘on arrive peu à peu et de façon très naturelle à l‘acceptation mutuelle. La sœur devenue folle fait vraiment peur, ses dernières scènes sont particulièrement intenses.
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