Le Narcisse noir
Note moyenne
4,0
597 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

69 critiques spectateurs

5
15 critiques
4
20 critiques
3
16 critiques
2
13 critiques
1
5 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2026
« Le Narcisse noir » réalisé par Michael Powell assisté d’Emeric Pressburger (17 films en commun sur les 28 réalisés par Michael Powell) fait indéniablement partie du carré magique de sa prestigieuse filmographie avec « Les contes d’Hoffman », « Le Voyeur » ou « Le colonel Blimp » dans laquelle s’insère quelquefois « Une question de vie ou de mort ». Dans les différents classements et palmarès « Le Narcisse noir » est le seul à ne jamais être exclu des trois meilleurs films du grand réalisateur qui durant cette période glorieuse du cinéma anglais cohabite au sommet avec David Lean et Carol Reed ; Charlie Chaplin et Alfred Hitchcock effectuant alors l’essentiel de leur carrière sous le soleil d’Hollywood.
Réalisé juste après-guerre en 1947, « Le Narcisse noir » poétique et surprenant où Powell et Pressburger adaptent un roman de Rumer Godden, réussit la prouesse d’offrir au public un film se déroulant exclusivement en Inde dans la région himalayenne sans qu’aucune scène ne soit tournée hors de Grande Bretagne. En effet Michael Powell surprend toute son équipe s’attendant à effectuer des repérages sur place, en annonçant à ses collaborateurs habituels que le tournage se déroulera essentiellement dans les studios Pinewood et dans les jardins de Leonardslee dans le Sussex.
« Le Narcisse noir » est le premier roman écrit par Rumer Godden en 1939 alors que la jeune femme est âgée de 32 ans. Ayant grandi en Inde à Narayanganj qu’elle quitte avec ses trois sœurs dans le but de suivre ses études en Grande Bretagne, elle y retourne en 1925 pour y entamer sa vie d’adulte, prenant pour vingt ans la tête d’une école de danse. Selon Sumer Godden, ce premier roman est fortement influencé par un événement survenu alors qu’elle visitait le pays avec un groupe d’amis. Powell et Pressburger resteront très fidèle à l’intrigue du roman cherchant leur singularité dans leur capacité à rendre palpable l’atmosphère étrange découlant de cette expérience originale voyant un groupe de cinq sœurs britanniques débarquant dans un palace de l’Himalaya autrefois harem du général (Esmond Knight) qui a offert ce bâtiment battu par les vents et quelque peu vétuste pour en faire un couvent et un dispensaire.
La jeune sœur prenant la tête de la mission est interprétée par Deborah Kerr qui, à la veille de partir pour Hollywood sous contrat avec la MGM, accepte de tenir ce rôle insolite pour celui qui fut son réalisateur (« Le Colonel Blimp ») mais aussi son amant. Ce mystérieux mélange entre fragilité, réserve et froide détermination qui émane de la beauté diaphane de Miss Kerr va être merveilleusement exploité par Michael Powell qui sait pouvoir compter sur son chef opérateur Jack Cardiff, spécialiste anglais du Technicolor, qu’il a déjà utilisé sur « Le Colonel Blimp » et sur son chef décorateur Alfred Junge qu’il connaît bien. Les deux hommes récolteront d’ailleurs chacun un Oscar pour leur contribution lors de la cérémonie de 1948.
Sa somptueuse esthétique jamais vue à l’époque ni égalée par la suite comme son intrigue basée sur le paradoxe osé de l’installation d’une congrégation anglicane dans un ancien harem se nourrissent l’une de l’autre pour faire du « Narcisse noir » une expérience unique dont la fraîcheur et la poésie demeurent intactes à chaque vision. Il fallait en effet une certaine audace pour faire cohabiter dans ce palais autrefois dédié au plaisir des sens deux cultures différentes qui se confrontent journellement quand les nonnes passent devant l’immense fresque trônant dans un gigantesque patio rappelant clairement ce à quoi était dédié le lieu. La présence sur place d’un agent anglais (David Farrar) plutôt sceptique sur la viabilité de ce projet d’évangélisation, intermédiaire entre les autorités anglaises et le général hindou va semer le trouble chez les deux plus jeunes nonnes dont sœur Glodagh (Deborah Kerr) et une autre encore plus jeune, sœur Ruth (Kathleen Byron) dont l’état de santé psychique est préoccupant. Les souvenirs de la vie passée remontent à la surface pour les deux jeunes femmes dont les expériences amoureuses plus ou moins heureuses de chacune. La tension monte imperceptiblement avec l’éveil des sens et le doute qui s’installe. Powell contre toute attente choisit alors une conclusion à la limite de l’épouvante s’avérant très stylisée et opérante, aboutissement inéluctable de l’isolement et de l’hostilité globale des villageois.
On notera la présence de Sabu qui avait été Abu le héros du « Voleur de Bagdad » réalisé en 1940 et surtout l’apparition de la toute jeune Jean Simmons âgée de 18 ans dans le rôle de Kanchi la jeune beauté locale dont la sensualité à fleur de peau va être le catalyseur de l’exacerbation de toutes les frustrations. Le film n’en conserve pas moins la dimension poétique qui en fait tout son prix. Mais Dieu, que Deborah Kerr une des plus grandes actrices anglaises était jolie. Elle retrouvera un rôle de nonne dix ans plus tard sous la direction de John Huston dans « Dieu seul le sait » avec Robert Mitchum tous les deux seuls sur une île déserte au milieu de l’océan Pacifique.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2026
Avec Le Narcisse noir, Michael Powell et Emeric Pressburger transforment le mélodrame en expérience sensorielle d’une intensité troublante. La mise en scène, portée par des couleurs somptueuses et des décors stylisés, fait du couvent un espace mental où les désirs réprimés finissent par affleurer. Le film explore la fragilité des certitudes spirituelles face à la puissance du désir et de l’environnement. Deborah Kerr et Kathleen Byron incarnent avec une tension remarquable cette progressive désagrégation intérieure. Une œuvre hypnotique et fiévreuse, où la beauté plastique devient le vecteur d’un véritable vertige psychologique.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 avril 2025
Extrêmement colorée, l'image en Technicolor prouve le talent de ceux qui réalisèrent les trucages sur caméra - bien que l'on ne puisse pas les confondre avec des paysages naturels indiens! Dans ce décor prétendument himalayen, cinq nonnes se retrouvent confrontées à leur passé, à leurs désirs enfouis, à leurs pulsions caricaturalement féminines (érotomanie, jalousie, hystérie, fleurs!), comme si le dépaysement, le dessein premier du lieu (château recelant un harem) ou la rudesse des conditions climatiques (qui n'empêchent pas le mâle de se promener torse nu) avaient détruit tout engagement spirituel. Bien que la thématique fut prometteuse, les incohérences (la soeur semblant sortir de chez Frank Provost au milieu de nulle part!), les facilités narratives (un général rajput décide de faire venir une congrégation en payant les locaux pour qu'ils s'y fassent soigner ou instruire), le manque de densité psychologique empêchent toute implication émotionnelle et renforcent l'ennui que l'absence d'événements surprenants ou stimulants faisait planer. Malgré l'implication des acteurs, les "romances" inévitables semblent artificielles, à l'instar des effets de musique ou de luminosité pour illustrer l'esprit halluciné. Affecté.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 avril 2025
Entre féerie orientale et drame psychologique, le film des duettistes Powell et Pressburger est une curiosité qui, toutefois, ne convainc guère. Son exotisme coloré semble aujourd'hui bien désuet et les tourments d'une nonne éprise d'un aventurier cynique restent très convenus.
Bien loin d'exacerber leur mysticisme, la haute montagne népalaise, où cinq religieuses ont fondé un couvent, les ramène à des sentiments plus terre à terre. Pour deux d'entre elles, le sentiment amoureux spoiler: qu'elles portent au même homme
va jusqu'à les opposer et faire vaciller leurs principes d'existence. Cette rivalité, qui n'est véritablement qu'une péripétie, est pourtant un des rares moments forts du film parce qu'elle symbolise de toute évidence la lutte intérieure et la personnalité double du personnage que Deborah Kerr interprète avec une grâce très austère.
Pour le reste, les protagonistes demeurent conventionnels, tandis que la cohabitation entre les couleurs chatoyantes et les émois dépouillés de la vie monastique s'avère pour le moins étrange.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2024
J'ai bien aimé ce film classique datant de 1949, Deborah Kerr splendide et touchante... Une ambiance bien exotique, de magnifiques photos... Un film à la fois religieux et humaniste...
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2024
Le Technicolor a offert certaines œuvres à l’esthétique magnifique. Le Narcisse noir est de celles-là ! En effet, il est indéniable que le film de Michael Powell et d’Emeric Pressburger possède une photographie (signée Jack Cardiff) tout bonnement sublime. Le travail de composition et des couleurs fait que, à l’image d’un Barry Lyndon, chaque plan pourrait faire penser à un tableau et réussit à faire accepter sans aucun problème la présence visible de magnifiques matte paintings (le film ayant été tourné intégralement en studio). On pourra peut-être reprocher au long métrage le jeu des comédiens un peu exagéré typique de cette époque, une Inde fantasmée et un scénario qui n’est pas obligatoirement extrêmement passionnant et qui met un peu de temps à réellement démarrer mais la splendeur visuelle (récompensée par les Oscars de la meilleure photographie et de la meilleure direction artistique pour Alfred Junge) que nous offre le duo Powell-Pressburger (à la fois réalisateurs, scénaristes et producteurs via leurs société The Archers) compense ces faiblesses et fait que Le Narcisse noir est une œuvre qui reste dans l’Histoire du cinéma.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 avril 2023
La reconstitution du film en studio, avec ses peintures en trompe l'œil, et son Technicolor riutilant est superbe et à donné au film son aura. On ne peut pas en dire autant du scénario et des relations entre les personnages, qui a tout de la mécanique mal huilé. Les personnages manquent d'ambiguïté, on ne ressent guère leurs intériorité, leurs tourments dans ce lieu Inhospitalier, et on devine vite ce qu'il va se passer. On s'ennuie pas mal, ne ressentant ni frisson, ni inquiétude, ni même compassion pour les personnages plats comme des encéphalogrammes.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2023
Ce film, de 1947 (!), est absolument extraordinaire en matière de qualité d’image, que ce soit la netteté ou les couleurs Technicolor, absolument somptueuses. Cette caractéristique explique sans doute les notes très élevées pour ce film où les cinéphiles ont manifesté positivement leur réaction. Pour le scénario qui, si j’ai bien compris, explique la montée du désir charnel pour ces nonnes isolées dans l’Himalaya, le propos est sans doute un peu discret, même si on perçoit la critique du catholicisme qui interdit ces pulsions, pourtant bien humaines. Autrement, le jeu des acteurs est un peu suranné mais cet ovni mérite vraiment d’être vu.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 novembre 2022
Le chef d'œuvre britannique magnifique de Michael Powell de 1947 sur un couvent de bonnes sœurs en Himalaya .
noizet
noizet

7 abonnés 213 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 novembre 2022
Si la beauté des images était le seul critère ce serait un bon film, mais il y a en a d'autres qui rentrent en ligne de compte et sous ces aspects ça ne présente aucun intérêt à mon sens ...
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2022
Des nonnes sont mutees dans un ancien harem perché  et isolé dans les montagnes de l'Himalaya mais peu à peu les lieux hantent les esprits des religieuses. Histoire super osée pour un film de cette époque. La mise en scène est bluffant de trouvailles et d'ingéniosité. Et la photo est juste magnifique avec des plans qui pourraient s'apparenter à des tableaux. C'est visuellement exceptionnelle. Après le jeu des acteurs et certaines scènes ont pris tout de même un petit coup de vieux. Mais très bonne surprise tout de même.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 juillet 2022
Ce qui m’a le plus frappé à la découverte de ce film c’est sa modernité pour un film de 1949. Cette histoire de bonnes sœurs qui créent un couvent dans un ancien harem dans l’Himalaya et dont les frustrations vont sembler s’exacerber au contact de ce lieu et d’un agent anglais est d’une audace incroyable pour un film de cette époque. Sa trame m’a beaucoup fait penser à « Les Proies » de Don Siegel. La tension entre les différents protagonistes est presque palpable et monte crescendo tout le long. Autre aspect marquant: sa beauté plastique; c’est une succession de tableaux en tous points remarquables. Un petit bijou de tension et de suggestion qui a traversé le temps de formidable manière.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2022
Un drame étrange et envoûtant qui explore le trouble et les pulsions de religieuses isolées sur les hauteurs de l'Himalaya, filmé dans un Technicolor flamboyant même si les décors studios font très fictifs, et certains personnages sont assez caricaturaux.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2022
L’impossible installation d’un couvent-école-dispensaire dans les montagnes de l’Himalaya par des religieuses inexpérimentées. Plutôt film d’aventures avec de belles images reconstituées en studio, une belle photo justement oscarisée mais aussi étude psychologique de personnages déracinés et vulnérables, et des scènes choc. En revanche, la description des mœurs indigènes reste condescendante.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 mai 2021
J'attendais avec impatience Le Narcisse noir car je considère Deborah Kerr comme une excellente actrice et Powell et Pressburger comme des réalisateurs importants. Mais je l'ai trouvé l'histoire bidon en termes de scénario et totalement peu convaincante en termes de personnages. Cinq sœurs anglicanes sont envoyées dans le palais himalayen de Mopu cadeau d'un général indien mais qu'est ce que c'est bidon comme histoire. Il a une attitude terriblement condescendante à l'égard de la population indigène qui est montrée d'une manière un peu absurde aggravée par les actrices anglaises qui jouent les rôles d'Angu Ayah et de Kanchi. Le personnage de Farrar qui porte un short une chemise semi-ouverte et des sandales dans un couvent à 8000 pieds d'altitude est ridicule. Les décors sont manifestement des constructions de studio et les couleurs ont l'air terriblement délavées. Le seul aspect rédhibitoire de ce film est l'apparence démoniaque de Kathleen Byron...
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse