La Piste des geants
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TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mars 2013
Avant de porter un jugement il est nécessaire de rappeler que ce grand western date de 1930 ce qui ne le sort pas complètement du cinéma muet. Aussi y retrouve t-on beaucoup de points communs qui raviront certains mais en indisposeront beaucoup..Pour ma part je fais partie des ravis et je suis totalement admiratif et bouleversé par les scènes de grands spectacles tournés en décors naturels (une année de tournage dans le Wyoming) avec des figurants par centaines et des animaux par milliers. Les hommes et les femmes semblent disparaître totalement dans la nature hostile tout en en faisant totalement partie. La magnifique attaque des indiens qui se soldera par des morts dans les deux camps est une péripétie comme une autre parmi les montagnes, les orages, le froid, le désert, compagnons inéluctables de l’homme lors de la conquête d’une terre inconnue. J’irais même jusqu’à dire que les deux points d’accroches du scénario: la vengeance et l’attirance amoureuse sont anecdotiques dans un tel film. Sa valeur cinématographique est énorme de même que l’ambition de Walsh qui cherche à nous faire dépasser toutes nos limites. La fin, aux pieds des séquoias géants est édifiante...Elle nous fait penser à la musique céleste pour ceux qui y croient.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 décembre 2011
C'est en 1930 que Raoul Walsh aura réalisé cet excellent western qui mobilisa de moyens assez conséquents pour l'époque.
En tête d'affiche et pour son premier grand rôle au cinéma, on retrouve un John Wayne dejà bien affuté et qui fait preuve d'un certain talent dans le rôle d'un jeune guide qui accepte de diriger un convoi du Missouri à l'Oregon.
A ses côtés, on a le plaisir de retrouver dans un second rôle le très bon Tyrone Power ou encore la magnifique Marguerite Churchill.
Pour l'époque, la mise en scène est vraiment de qualités sur pas mal de séquences ( la traverséé d'une rivière déchaînée, l'attaque des Indiens ... ) et l'ensemble fait que cette oeuvre épique à plutôt bien vieilli.
Caine78

7 754 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le premier film important de John Wayne. On se rappellera des beaux décors et de la mise en scène très inspirée de Raoul Walsh. Quelques scènes spectaculaires tout de même.
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juin 2021
Une mise en scène magistrale , des paysages superbes, une remarquable ode aux pionniers , presque un documentaire avec des moyens considérables pour l'époque .
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 723 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2018
Le film est une véritable aventure. Les péripéties, les tensions et surtout l’avancement des pionniers vers l’inconnu, le danger et l’inconnu.
Le début est un peu long mais le spectacle est passionnant avec cette histoire de vengeance en fond.
this is my movies

821 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2019
Un tournage pharaonique et épique d'un an, un film tourné en 4 langues (avec un casting différent), un tournage avec un matériel lourd suivant le même parcours que les colons du film, 7 morts sur le tournage, et au final, un échec commercial qui condamna Wayne à errer dans les bades bis de la Republic Pictures avant que John Ford ne l'en sorte pour l'iconiser au cœur d'un travelling avant mythique. Wayne campe un trappeur pro-indien, au cœur d'un triangle amoureux classique et du récit de la traversée d'un pays par des colons. Tous les ingrédients du western y sont, avec une science du cadrage (comment Walsh filme les décors ou met en place ses personnages, comme par exemple l'illustration du triangle amoureux qui se dessine) et de la narration (en 25 minutes, le réalisateur introduit une dizaine de personnages, les enjeux à venir) toujours aussi sidérants 90 ans après sa fabrication. Visuellement magnifique (et vu via TCM dans une copie HD éblouissante de netteté, une restauration sublime), c'est une leçon et un incontournable pour les fans du genre. Le 1er classique parlant du western ! D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
yayo
yayo

75 abonnés 1 221 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 septembre 2013
Ce ne sera pas pour le scénario d'une banalité confondante qu'on regarde ce film, mais surtout pour admirer les paysages extraordinaires et John Wayne dans son premier grand rôle. Pour un film de 1930 on ne peut que saluer les prouesses réalisées pour obtenir de telles séquences dont certaines sont franchement bluffantes. Un conseil, regardez le dans sa version originale qui respecte le format souhaité par le réalisateur (une sorte d'ancêtre du cinémascope) pour prendre réellement compte de l'ampleur de la mise en scène.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 avril 2018
Sans doute la première superproduction western du parlant. Walsh a su y imprimer un véritable souffle épique à ce point que les deux sous-intrigues y paraissent anecdotiques. Il y a d'énormes moments de mise en scène, notamment le passage de la rivière, mais aussi un souci du réalisme qui disparaîtra du western que pour renaître a la fin des années 1960, on y meurt beaucoup y compris des enfants. Les indiens sont présentés sans trop de manichéisme, on regrettera juste quelques prêchi-prêcha, mais que voilà un grand film !
SYNEPHIL
SYNEPHIL

61 abonnés 1 135 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2016
Un western de facture très classique mais qui possède la particularité de pouvoir y apprécier l'immense John Wayne dans son premier grand rôle.La réalisation de Walsh mettant en valeur les grands espaces s'avère excellente tout comme le jeu des comediens qui entoure un "Duke" certes encore un peu maladroit dans sa démarche mais au charisme déjà bien présent.Entre l'intrigue centrale du règlement de compte ,l'histoire d'amour ou la présence des "méchants" indiens ,le scenario ne possède rien de bien original mais les sublimes paysages de l'Ouest Américain et le nombre impressionnants de figurants a l'écran mérite le respect.
selenie

7 440 abonnés 6 644 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 février 2013
Tourné en 70mm avec le système dit "grandeur" Raoul Walsh use à fond de la technique dans des plans extra-larges mettant en avant les paysages grandioses de l'ouest sauvage. malheureusement en 1930 l'effet visuel ne marquera personne car les salles de cinéma refusèrent de s'équiper en conséquence ; le krach de 1929 et l'investissement pour passer du muet au parlant n'ont pas aidés au succès du film. Ce western est aussi important car c'est le premier grand rôle de John Wayne, choisi par Raoul Walsh sur les conseils du futur mentor de la star, John Ford. 80 acteurs et 1800 chevaux furent nécessaire au film, ajouté au système "grandeur" et au tournage en espace naturel le film était une production audacieuse, mais trop en avance sur son temps. John Wayne devra attendre près de 10 ans avant de pouvoir se remettre de l'échec du film. Et pourtant... Outre ces détails techniques ce film est un grand western. Hommage aux premiers colons vers l'Ouest, on suit une caravane sur plusieurs milliers de kilomètres, avec les dangers habituels et surtout une mise en scène qui évite au maximum les gros plans pour favoriser les grands espaces. Précisons que les indiens du film sont de vrais amérindiens, chose rare à cette époque. Quelques petites erreurs (cheyennes amis puis en une seconde ennemis ?! Cheyennes allliés aux crows avant que ces derniers soient de Shoshones), des détails. Un humour toujours présents, qu'on pourrait qualifier d'humour fataliste (la scène de la mule enfoncée dans la boue) que symbolise le trublion avec sa belle-mère. Un western ambitieux et épique.
onsefaitunetoile
onsefaitunetoile

85 abonnés 1 487 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 avril 2013
Plus qu'un film, un témoignage, l'épopée du autre temps, la trace des chariots vers l'ouest Américain, c'est un trait de l'histoire souligné par Raoul Walsh. Il plane un souffle de cinéma muet, avec ces interstices qui nous offre un autre tableau de l'histoire, qui pourrait dire aujourd'hui, qu'à travers les années, le cinéma d'aventures des années trente se transformerait en romanesque tranche d'histoire. Il y a bien sûr, l'histoire dans l'histoire, mais qu'importe si ce jeune bellâtre de Wayne entre par la petite porte de l'histoire du cinéma à travers ce ténébreux et passionné trappeur. Et oui, l'histoire avec un grand H, voilà ce qu'il faut retenir de ce moment de Cinéma.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mai 2011
On a toute l'imagerie liée aux pionniers du grand Ouest dans ce film : la traversée du fleuve, la chasse aux bisons (mon côté SPA est content, il y a aucun bison de tué!!!), l'inévitable attaque des indiens (bonne surprise : le film ne se montre pas trop manichéen sur ce plan-là!!!) pendant toute la durée de deux heures. Et il faut avouer que vu qu'au niveau des moyens les producteurs n'ont pas été avec le dos de la cuillère et que Raoul Walsh étant très loin d'être un manchot (même s'il était borgne!!! oui, je sais que c'est nul ce que j'écris!!!), ces scènes-là sont vraiments spectaculaires. Bon on appréciera le culot (qui n'a pas hélàs été payant à l'époque!!!) d'engager que des inconnus dans la distribution et d'avoir donné la tête d'affiche à un petit accessoiriste (mesurant quand même 1m93!!!) qui n'avait fait uniquement que de la figuration jusqu'ici, Marion Robert Morrison, qui prendra le nom de John Wayne (moi je dis qu'il ne fera pas une grande carrière!!!). Il y a bien sûr les habituels méchants, la fille dont le héros tombe amoureux (jusqu'ici rien de bien original!!!) et aussi quelques traits d'humour bien décochés. Dommage que quelques facilités décribilisent un peu l'ensemble (par exemple : oh leur caravane est cinq jours derrière nous, sans prendre de réserve avec lui John Wayne arrive en une minute à la rejoindre à cheval, à inscrire dans le Guinness Book de toute urgence!!!). Mais malgré cela "La Piste des géants" reste un beau morceau westernien qui en fait certainement le premier film majeur du genre du cinéma parlant.
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

18 abonnés 675 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2022
Ce film de Raoul Walsh est passionnant à plus d'un titre.
C'est un film de 1930 réalisé en deux formats, dont un format cinémascope (visionné ici) et appelé "Grandeur", qui fut un échec et abandonné. Format "Grandeur" qui est magnifique en noir et blanc et qui nous montre de magnifiques paysages naturels (le film a été tourné dans le Wyoming) avec une exploitation du format et une composition des plans magnifique.
C'est le premier western (et film) dans lequel John Wayne est la vedette masculine. Qui sera un échec et qui le confinera aux séries B voire Z jusqu'à Stagecoach de John Ford. On y trouve déjà beaucoup des éléments de sa future mythologie, comme le sens de l'honneur, ou sa relation aux femmes.
Le film souffre de ses intertitres, parfaitement inutiles, mais qui sont l'héritage du muet encore en vigueur un an avant. Ou alors de son type casting qui indique immédiatenent qui sont les méchants (ici ils sont trois, un barbu gros, deux moustachus); on sait que ce sont eux les méchants dès leur apparition.
On y note aussi une sensibilité certaine pour les indiens (le personnage de Wayne les respecte et connaît leurs coutumes) et les utilise pour les séquences où c'est nécessaire (l'attaque de la caravane ou la discussion pour autoriser le passage); là encore ce sont de vrais Indiens et pas des acteurs blancs maquillés.
Au total le film est spectaculaire l'utilisation de décors réels est un plus et ancre toute l'histoire dans une réalité certaine.
chrischambers86

16 163 abonnés 13 115 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2009
Raoul Walsh tourna son premier western tout au dèbut du cinèma parlant! En effet, c'est en 1930 que sortit "The Big Trail", rèalisè silmutanèment en trois versions, amèricaine, française et allemande! Disposant de moyens ordinaires, le film fût saluè avec enthousiasme à l'èpoque! Walsh a brossè les tableaux d'une ampleur saisissante de tout un peuple en marche, s'ètendant à perte de vue sous un ciel lourd et soulevant sous ses pas un halo de poussière! il faut signaler la poursuite d'un troupeau de buffles, l'attaque des indiens: deux passages d'un mouvement très sûr, d'un rythme prècipitè, excellent, et la tornade avec sa photographie ètourdissante, un splendide morceau de rèalisation! Une page d'histoire frèmissante, certes, mais aussi une leçon d'endurance et de courage humains! Un western plus ambitieux et plus èpique que les westerns habituels de l'èpoque, avec dèjà en vedette, le grand John Wayne...
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2020
Réalisé en 1930 par Raoul Walsh, La piste des géants marque l’histoire du septième art de son empreinte pour le premier grand rôle qu’il attribue à celui qui deviendra quelques années plus tard l’une des plus grandes légendes du cinéma américain : John Wayne, alors âgé de 23 ans seulement.
L’arrivée du cinéma parlant à partir de la fin des années 1920 a apporté un frein à la réalisation des westerns, un genre qui en est encore à ses balbutiements, consacré pour la première fois en 1924 avec La Caravane vers l’Ouest, premier grand western épique. Néanmoins, Raoul Walsh, connu depuis sa réalisation du célèbre Voleur de Bagdad (1924), persiste et signe la co-réalisation d’In Old Arizona en 1928, au côté d’Irving Cummings, et marque les débuts du western dans le cinéma parlant. Mais lors du tournage, Walsh, qui s’était attribué l’un des rôles principaux, est victime d’un accident de voiture qui lui provoque la perte d’un œil. Qu’à cela ne tienne, cette grave blessure ne le décourage pas pour autant et l’année suivante, la Fox lui confie un million de dollars pour concrétiser un nouveau projet cinématographique en restant dans le genre western : La piste des géants. Nostalgique d’un genre sur le déclin, la Fox espère renouer avec le succès après La Caravane vers l’Ouest, 5 ans plus tôt, dont elle veut ainsi faire une sorte de remake, mais cette fois, dans le cinéma parlant.
Pour le premier rôle, Gary Cooper est d’abord évoqué, mais indisponible en raison de son engagement contractuel avec la MGM. C’est alors que Walsh fait alors la rencontre fortuite d’un accessoiriste occupé à décharger un camion, qui a également été figurant dans certains longs-métrages de John Ford depuis 1928, un certain Duke Morrison dont la stature et le charisme attirent l’intérêt du cinéaste. Après quelques essais convaincants, Walsh et la Fox décident de lui attribuer une nouvelle identité pour son entrée dans l’industrie cinématographique. Pour le prénom, « John » est rapidement choisi pour son côté américain. Pour le nom, c’est le général Anthony Wayne, général plusieurs fois victorieux lors de la révolution américaine, qui laisse son patronyme à cette nouvelle recrue du grand écran. Et c’est ainsi que John Wayne est né. Pour l’anecdote, précisons d’ailleurs que d’après les propos de Bill Finger lui-même, créateur de Batman, l’identité de Bruce Wayne est également inspirée de la même figure historique. Pour en savoir plus sur cette rencontre décisive pour le cinéma américain, lire le témoignage passionnant du réalisateur Raoul Walsh dans son autobiographie Un demi-siècle à Hollywood, qui revient plus en détail sur cet évènement.
Le budget en poche, le premier rôle trouvé, le tournage peut enfin commencer à Yuma, en Arizona, et se poursuivre dans les décors naturels et grandioses du Wyoming, judicieusement choisis pour faire rêver le spectateur. Il s’agit là d’une volonté de Raoul Walsh, qui a souhaité conférer à son œuvre un aspect documentaire et réaliste pour rendre hommage aux pionniers de la conquête d’un Ouest rude et sauvage, d’une wilderness brute et naturelle que ces hommes et ces femmes ont colonisé dans le but de donner naissance à une nouvelle nation, comme le précise justement l’un des cartons du film.
L’entreprise est ambitieuse mais les producteurs se donnent les moyens pour la réussir, quitte à mettre en place une logistique monumentale : plus de 80 acteurs engagés, 2 000 figurants Indiens ainsi que 1 800 chevaux et mules. A l’époque, les films n’étaient pas doublés et il arrivait parfois qu’un long-métrage soit tourné en plusieurs versions. Dans le cas de La piste des géants, Walsh a mené le tournage d’une version allemande et a coréalisé la version française, avec Pierre Couderc, qui sort dans les salles en 1931.
Après un an de tournage, notamment contrarié par la dysenterie dont a été victime John Wayne et qui l’a contraint de s’éloigner du plateau pendant trois semaines, le temps de la guérison, La piste des géants voit enfin le jour. Deux formats ont été adoptés, l’un en 35 mm (d’une durée de 125 minutes) et l’autre en 70 mm (d’une durée de 158 minutes). Mais ce dernier procédé est vite abandonné à cause du coût d’installation en salles, un rejet regrettable car le format 70mm a une meilleure profondeur de champ et aurait permis d’observer davantage de détails à l’arrière-plan, renforçant ainsi l’aspect documentaire voulu par le réalisateur. Mais c’est finalement la version en 35 mm qui est retenue pour l’exploitation.
La première mondiale a lieu le 24 octobre 1930 dans un grand cinéma de Hollywood. Malgré les moyens mis en œuvre, le film est un échec et la carrière de John Wayne à peine lancée s’arrête brutalement. La conséquence pour lui est qu’au long des années 1930, il redevient un acteur méconnu, jouant dans des westerns de série B, sous contrat à 75 dollars la semaine.
Hormis le jeune et vaillant Breck Coleman, interprété par John Wayne, plusieurs personnages manquent de profondeur, de finesse et de nuances : Red Flack peut-être assimilée à une bête presque inhumaine tandis que la jeune femme de la famille Cameron est assez caricaturale et exaspérante par sa naïveté. Heureusement, le maladroit Gussie et le vieillard sage et bienveillant Zeke sont deux personnages attachants et agréables. Le premier marque le film de plusieurs touches humoristiques qui détendent l’atmosphère de cette traque pesante et silencieuse, quand le deuxième est intéressant dans l’histoire du genre western pour être l’un des premiers vieillards d’une longue série que l’on retrouvera plus tard dans d’autres films du genre, ces vieux loups de mer qui ont toujours de sages conseils à distribuer aux personnages principaux et qui illuminent l’écran par leurs facéties et leur joie de vivre. Enfin, pour conclure dans les aspects négatifs, le long-métrage manque parfois un peu de rythme et aurait peut-être nécessité d’être raccourci dans certains passages.
Malgré cet échec, ce « documentaire épique » (Jacques Lourcelles) est salué par certains cinéastes de renom, comme Marcel Carné. Au-delà d’avoir offert à Wayne son premier grand rôle, anecdote qui mérite à elle-seule de placer le film au rang des longs-métrages marquants de l’histoire du cinéma, La piste des géants demeure comme étant le premier grand western épique parlant. Toutefois, il est pertinent de préciser que pour un film tourné aux premiers temps de cette nouveauté technologique majeure, La piste des géants ne compte pas beaucoup de dialogues et se résume à des échanges essentiels entre les différents protagonistes, comme si le réalisateur avait tenu à focaliser l’attention du public sur la mise en scène, les paysages naturels somptueux et la rudesse d’une longue conquête.
A ce titre, certaines séquences sont impressionnantes par leur mise en scène : la descente de la falaise escarpée avec les chariots suspendus au-dessus du vide, ou encore, les derniers plans sur les séquoias majestueux de l’Oregon, que Coleman décrit plus tôt à l’élue de son cœur (« ces grands pins qui grimpent comme pour traverser les portes du paradis »).
Il est également essentiel d’évoquer le traitement accordé à la population amérindienne. Pour la plupart des personnes peu intéressées par les westerns et adeptes des clichés tenaces sur ce genre, La piste des géants ne serait que l’un de ces films que l’on peut résumer à de simples affrontements entre cow-boys et indiens, et qui véhiculerait aussi des messages racistes sur ces derniers. Or, à ces critiques simplistes et infondées, il serait légitime de rétorquer que ce long-métrage présente les Amérindiens sous un jour précocement avantageux, vingt ans avant l’étape marquante opérée par La Flèche brisée (1950). En effet, ici, la plupart des rencontres qui se produisent avec ce peuple autochtone se déroulent pacifiquement sous l’arbitrage de Breck, qui revendique ouvertement son amitié et son estime eux. Alors que les enfants du convoi lui demandent s’il a déjà tué un Indien, le protagoniste interprété par John Wayne leur répond « Non et en plus de ça, les Indiens m’ont tout appris ». Raoul Walsh a même été jusqu’au bout de sa démarche humaniste en recrutant plusieurs vrais Indiens, dont l’Iroquois Chef John Big Tree, qui participe à 61 films américains entre 1915 et 1950.
En dépit de l’échec critique reçu lors de sa sortie dans les salles, La piste des géants reste comme étant le premier grand film épique d’un genre qui en est à ses débuts, qui atteint sa maturité et apparait sous la lumière des critiques que neuf ans plus tard, avec un John Wayne qui marque son grand retour en tête d’affiche : La Chevauchée fantastique de John Ford, emblématique et légendaire western qui lance définitivement John Wayne sur la voie du succès.
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