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Valhondrian
1 critique
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2,0
Publiée le 20 janvier 2026
Lent, ennuyeux et incohérent. C'est du Chabrol, OK, je ne vais pas m'étendre sur la technique qui est (quasi) parfaite. Le problème majeur pour moi est dans la (pseudo) intrigue policière - le dernier plan n'a pas de sens et j'aime bien qu'il y ait un minimum de logique dans le scénario . Les policiers n'ont rien, ni preuves ni indices matériels ni soupçons (à cette époque il n'y a ni luminol ni ADN) . Si Audran peut valablement soupçonner son mari , tant que les 2 disent aux policiers "circulez, il n'y a rien à voir" ils ne seront jamais arrêtés et certainement pas condamnés (pour quel motif ?) . Il n'y a donc aucun risque pour les 2 époux d'avoir des "ennuis" avec la police et ils peuvent vivre leur vie de la manière qui leur convient . Alors à quoi ça rime ce dernier plan qui sous entend lourdement que soit Bouquet va se livrer soit les policiers vont l'arrêter ? Exact - à rien et on reste sur l'impression qu'on se fiche de nous avec ce procédé à 2 balles qui consiste à finir avant la fin puisque tout ce qu'on pourrait dire s'exposerait à une critique (justifiée) d'incohérence et d'un scénario invraisemblable .
Je n'avais pas revu ce film depuis des dizaines d'années et je dois avouer que La femme infidèle m'a complètement convaincu que ce film est de loin le meilleur film de Claude Chabrol d'une vérité et d'une précision chirurgical dans la dissection du monde bourgeois, hypocrite, menteur, trompeur, superficiel, froid, tout y est! Les acteurs sont parfaits : Stéphane Audran, Michel Bouquet, Maurice Ronnet, sans oublier l'autre Michel, Michel Duchaussoy en l'inspecteur Duval. Le dialogue entre Michel Bouquet, le mari trompé, et Maurice Ronnet, l'amant, est magistralement joué et dirigé et se termine par un coup sanglant et fatal avec une statuette bien lourde et bien dure sur le crâne de l'amant. Michel Bouquet et Stéphane Audran sont parfaitement dirigés par Claude Chabrol qui a su leur faire exprimer les parfaites postures et réactions dans une situation pourtant très tendue.
Que ce film est lent, long et ennuyeux. C'est du Chabrol d'accord mais ça ne veut pas dire qu'il faut supporter les longueurs incroyables de ce film. Dommage car le casting etait bien
Un bon thriller des années 60, assez tendu, qui vieillit très bien, comme Chabrol sait produire. Michel bouquet est impeccable en meurtrier tiré à quatre épingles et Stéphane Audran toujours aussi belle. Un bon moment.
Avec "La Femme infidèle", Claude Chabrol nous offre une autopsie glaçante et remarquable du couple bourgeois. Loin d'être un simple thriller sur l'adultère, le film est une démonstration clinique de la vacuité des conventions sociales, portée par une mise en scène d'une précision chirurgicale. Chaque plan est composé avec une rigueur implacable, observant ce couple comme des insectes sous un microscope.
Cette mise en scène précise et clinique trouve son incarnation parfaite dans l’interprétation excellente du couple principal. Michel Bouquet est extraordinaire en mari effacé et méthodique, dont la rigidité cache une violence sourde et inattendue. Face à lui, Stéphane Audran compose une Hélène tout en élégance distante et en secrets feutrés. Leur jeu, tout en retenue, en silences pesants et en regards qui en disent plus que n'importe quel dialogue, est le véritable moteur du film.
C'est là que réside toute la force de Chabrol : sa capacité à livrer une critique acide et profondément subversive de la bourgeoisie. Car le film nous démontre, avec une logique implacable, que ce n'est pas l'infidélité qui menace le couple, mais le mensonge qui en découle.spoiler: Et c'est le crime, paradoxalement, qui va ressouder leur union, en remplaçant un petit secret honteux par un grand secret partagé, créant une tension psychologique bien plus forte et une nouvelle forme de complicité. La structure même du scénario, d'une symétrie parfaite, appuie cette thèse avec une froide intelligence.
Cependant, cette perfection formelle a un prix. L'approche de Chabrol se traduit par un rythme délibérément lent et contemplatif. Le film prend son temps, s'attardant sur les rituels du quotidien, les dîners silencieux, les gestes mécaniques. L'action se fait rare et cette lenteur, si elle est essentielle pour installer l'atmosphère pesante et l'ennui provincial, peut aussi se révéler un obstacle pour le spectateur. Le film exige une patience que tout le monde ne sera pas prêt à lui accorder, sa tension étant plus intellectuelle que viscérale.
Au final, "La Femme infidèle" est un exercice de style brillant, un drame psychologique d'une intelligence redoutable. C'est une œuvre aussi glaciale que fascinante, à condition de se laisser porter par sa lenteur hypnotique et d'accepter la froideur d'une démonstration qui privilégie la thèse à l'émotion pure.
Avec un scénario que n'aurait pas renié Alfred Hitchcock, Claude Chabrol prend le prétexte d'un triangle amoureux pour égratigner la bourgeoisie parisienne. Il raconte l'histoire de Charles, qui a une très belle situation, un jeune fils brillant, une épouse complice. Et tout ce monde vit dans une somptueuse demeure près de Versailles. Mais voilà, Charles commence à soupçonner une infidélité de son épouse. Le poison du doute va malheureusement vite se concrétiser... L'intérêt principal du film est à mon sens double. D'un côté, la peinture acerbe de cette bourgeoisie prétentieuse. On voit dans le regard de Charles qu'il juge, toise, évalue en permanence son entourage, généralement "inférieur". La notion de hiérarchie et de pouvoir est fondamentale pour lui, il ne peut supporter qu'un moins riche ou moins puissant lui vole sa femme. De l'autre, c'est l'histoire de ce couple, raconté avec grande finesse. Principalement dans des non-dits, grâce aux jeux raffinés de Michel Bouquet et Stéphane Audran. Quelques regards suffisent pour comprendre, selon la situation, l'amour, la détresse, la colère, ou la déprime. Quelques gestes ou mouvements de caméras en diront beaucoup, dont ce fameux dernier plan particulièrement astucieux. Et il y a cette conversation excellente d'hypocrisie entre le cocu et l'amant. S'il est secondaire, le volet policier demeure aussi grinçant qu'appréciable. Avec ce duo d'inspecteurs impassibles : le poli Michel Duchaussoy pose des questions, et son acolyte sinistre Guy Marly écoute les réponses de manière délicieusement perfide ! J'ajouterai que comme souvent avec Chabrol, c'est aussi l'occasion d'avoir un vision presque documentaire sur le cadre et l'époque, en l'occurrence le Paris de la fin des 60's. Avec quelques éléments qui font sourire aujourd'hui (la pile de bottins dans la cabine téléphonique par exemple). Ou d'autres qui paraissent terriblement archaïques : le patron qui envisage de virer sa secrétaire canon, car celle-ci ne supporte plus les remarques sexistes d'un collègue qui a déjà couché avec elle !
« La femme infidèle » est un excellent thriller réalisé par Claude Chabrol en 1969, avec Stéphane Audran (Hélène Desvallées), son actrice fétiche et son épouse à l'époque, Michel Bouquet (Charles Desvallées) et Maurice Ronet (Victor Pégala). Claude Chabrol poursuit son étude critique de la bourgeoisie en montrant la routine et l'ennui d'un couple bourgeois aisé, les époux Desvallées. Le thème principal du film est la possession. La mise en scène est magnifique, le dernier plan du plan est prodigieux et mémorable, du grand Chabrol.
Un face à face prenant entre Stéphane Audran et Michel Bouquet, ambiance de huis-clos qui tire sur le thriller de façon redoutablement efficace. On se laisse volontiers engluer jusqu'au dénouement parfaitement filmé et qui reste, somme toute, ouvert. Lors d'une scène en voiture, aux trois quarts du film, mon regard a eu le temps d'accrocher le titre "Les Biches" sur la façade d'un cinéma : un autre film de Chabrol tourné l'année précédente (1968).
Ambiance typiquement "chabrolienne", bourgeoisie versaillaise confinée, musique étrangement discordante, silences lourds de sous-entendus...
Stéphane Audran magnifique et mystérieuse...
On sent bien sa frustration au lit avec Michel Bouquet, qui l'incite à aller "voir ailleurs"...
Dialogue entre le mari trompé, pseudo "libéré", et l'amant croustillant...
Le gag du briquet géant, cadeau du 3ème anniversaire de mariage, qui va bouleverser le mari trompé et le transformer, presque malgré lui ?, en assassin est... énorme !
« La femme infidèle » sorti sur les écrans en 1969 est de fait inscrit dans la période la plus féconde de Claude Chabrol allant des « Biches » (1968) aux « Noces rouges » (1973) et régulièrement désignée comme le « cycle pompidolien » du prolifique réalisateur. Il représente encore aujourd’hui le film-étalon de ce que le cinéaste aux 57 longs métrages, maîtrisait le mieux, l’étude de caractère insérée dans une observation tout à la fois minutieuse, acerbe et ironique du milieu social dans lequel évolue les personnages, le tout nimbé le plus souvent d’une forme de suspense très personnel (parfois comparé à celui d’Hitchcock) distillé de manière chirurgicale. Ajoutée au titre déjà signifiant, l’entame du film dans le parc d’une très confortable villa versaillaise où une mère (Louise Rioton) possiblement castratrice fait remarquer à sa bru (Stephan Audran) en regardant les photos de jeunesse de son fils (Michel Bouquet) que celui-ci s’est empâté, livre une partie des fondements de ce qui va suivre. spoiler: Une mère veuve ? Un fils probablement unique s’étant confronté tardivement et avec difficulté à la vie hors du nid ? Un manque de confiance en soi découlant d’un physique passe-partout difficilement assumé ? Mais aussi Hélène, une femme superbe au port altier laissant transparaître une sensualité ne parvenant pas à s’épanouir au sein du couple. Cadeau empoisonné pour son époux qui dix ans après leur union et l’arrivée d’un enfant ne semble toujours pas avoir réellement admis qu’une telle femme a pu s’intéresser à lui. Les dialogues entre les deux époux à dessein atones, maniérés et très convenus montrent un Charles comme emprunté toujours en train de faire sa cour. La scène du coucher interroge sur l’inhibition sexuelle de Charles alors que sa femme s’offre voluptueusement à lui.
Chabrol qui a écrit lui-même le scénario de son film montre beaucoup dans le premier quart d’heure sans jamais être explicite, laissant au spectateur la liberté d’imaginer à sa guise tous les ressorts psychologiques qui animent Charles Desvallèes. Mais de manière évidente le ver est dans le fruit depuis un temps certain alors que Chabrol nous présente le couple dans quelques scènes du long fleuve tranquille de sa vie quotidienne. Via la mère rappelant à Charles qu’il a épaissi, la mèche est peut-être allumée, faisant prendre conscience à son fils lui reprochant assez sèchement de saper son autorité que ce qu’il redoutait dans une petite partie de son cerveau est peut-être déjà en marche. Dès lors l’intérêt n’est plus tant ce qu’il va se passer que comment cela va se passer mais aussi se terminer. Souvent comparé à un entomologiste, le réalisateur se délecte d’orchestrer le cheminement intellectuel d’un Charles mis sur des rails dont il sera incapable de sortir. À son caractère introverti et quelquefois autoritaire dans la gestion des choses matérielles s’ajoute une bonne dose de masochisme qui va amenerspoiler: Charles à imprudemment se frotter à l’amant de sa femme sur le lieu même de leurs ébats lors de l’une des plus belles scènes du film. Un amant joué par un Maurice Ronet tout en suavité et en détachement soit l’exact contraire d’un Charles ayant cru que tel David affrontant Goliath il allait s’apercevoir que le géant n’était pas si terrible que redouté et ainsi pouvoir enfin accéder à la confiance qui lui fait tant défaut. Pourquoi pas, l’audace aidant ne pas finir par inviter l’amant de sa femme à déjeuner ? Mais l’image de lui-même que lui renvoie ce collectionneur de femmes trop poli mais aussi un peu moqueur va se révéler être l’aboutissement du parcours doloriste de Charles . Un Charles sans doute dans la méprise sur les réelles attentes d’Hélène qui alors qu’il repart encadré par deux inspecteurs de police va enfin pouvoir lâcher la phrase toute simple : « Je t’aime comme un fou » qui était sans doute la clef d’une porte qu’il n’a jamais pu ni même tenté d’ouvrir. Secondé par un trio d’acteurs parfaits au diapason de leur réalisateur, Chabrol accomplit un travail d’orfèvre pour livrer sa version du triangle amoureux « mari/femme/amant » qu’il pimente de sa vision caustique d’une bourgeoisie dont il a toujours aimé brocarder la frilosité et l’étroitesse d’esprit même si le quelquefois très brillant réalisateur demeure avant tout un cinéaste des humeurs parfois baroques d’une comédie humaine qui le fascinera jusqu’au bout. La musique lancinante (piano,violon) de son fidèle compositeur Pierre Jansen met formidablement sous tension l’intrigue car placée quelquefois en avance sur les événements pour entretenir un climat pesant qui ne lâchera jamais le spectateur. À ce sujet il est bon de rappeler que l’art de Claude Chabrol aura toujours eu besoin d’équipes soudées et fidèles pour parvenir à délivrer un art plus souvent qu’à son tour subversif. Ainsi, outre Pierre Jansen, Jean Rabier à la photographie, Jacques Gaillard au montage, Guy Chichignoud au son ou encore André Génovès à la production ont accompagné Chabrol sur une très longue période.
Dans leur propriété de banlieue, les Desvallées donnent l'image doucereuse du bonheur bourgeois. Chabrol brise vite cette image trop lisse en laissant entendre que l'épouse a un amant. Et comment en serait-il autrement? Elle est le modèle de la bourgeoise oisive qui s'ennuie tandis que le mari, absorbé par son travail, est sympathique mais terne. Chabrol ne réinvente en rien le classique cas de figure mari-femme-amant. Au contraire, il en donne une lecture très simple, revient aux sources si l'on peut dire, en se refusant à de quelconques effets singuliers ou rebondissements spectaculaires. spoiler: Même si l'assassinat de l'amant sort du contexte le plus courant de l'adultère!
L'interpretation contribue naturellement, autant que la mise en scène, à la vérité des personnages. Michel Bouquet, plus particulièrement, donne à son emploi de bourgeois cocu une humanité intéressante et sensible qui ne relève evidemment pas du vaudeville et pas davantage d'un figure de polar. Froid et impénétrable, Charles Desvallées ne trahira, malgré ses soupçons et sa jalousie, qu'une seule fois son émotion.spoiler: Emotion fatale qui le conduit à tuer son rival au terme d'une entrevue aussi brève qu'incongrue.
La suite relève d'une situation policière et psychologique très hitchcockienne. Chabrol met en scène un drame classique qui n'est dépourvu ni d'ironie ni de sensations et qui reste dans une constante justesse.
Opus ( selon moi) majeur de la longue filmographie de Claude Chabrol ( plus de cinquante titres) , " la femme infidèle" est au travers d'un scénario convenu ( un bourgeois soupçonne son épouse de le tromper. Il charge un détective d'enquêter), propose une réflexion sur les névroses, les troubles de la personnalité de la classe dominante et sur l'institution du mariage.
La mise en scène est au scalpel et décrit une ambiance glacée soulignée par une bande son qui se marie à merveille aux images.
Il faut relever le casting exceptionnel servit par la sublime Stéphane Audran ( épouse à la ville du cinéaste) et par Michel Bouquet dont le personnage est formidable d'hypocrisie et de jalousie pathologique.
Avec " que la bête meure", " le boucher", " les noces rouges", " la femme infidèle" représente à mon goût, la quintessence du cinéma de ce metteur en scène de premier ordre, que fût Claude Chabrol.
Difficile de juger de la qualité d'un film quand Michel Bouquet s'empare d'un rôle corps et âme. Il fait parti de ces acteurs qui me transportent dans un état de catharsis, comme Lino Ventura, Gabin, Michel Simon ou Depardieu.. Un seul acteur de cette trempe peut suffire au cinéma.
La référence à la voiture qui coule dans psychose est plutôt jolie. Ce clin d'oeil n'est pas qu'un clin d'œil, puisqu'il représente quasiment la même situation (disparition d'un cadavre), mais surtout un procédé narratif quasi identique en moins puissant : procurer de l'empathie envers un protagoniste monstrueux; alors que chez Hitchcock, il s'agit de faire passer le spectateur d'un protagoniste à un autre.. Tout le film me fait un peu cet effet : un Hitchcock raté.
L'intrigue qui partait plutôt bien se dénoue malheureusement dans la facilité et le diabolicus ex machina ellipsé (l'auteur ne prend pas la peine d'informer le spectateur de son récit), en contre point de la musique qui se dénoue elle même à mesure qu'elle s'essaye.
Franchement rien de vraiment nouveau ou etonnant dans ce film. Un theme que chabrol a souvent exploré, la femme bourgeoise et oisive qui trompe son riche mari, mais qui reste avec lui quoiqu'il arrive. ça sent bon la fin des années 70 et la nouvelle vague ,mais cela ne fait tout de même pas un film 4 etoiles.