Un drame conjugal glaçant et fascinant qui dresse un portrait acerbe de la bourgeoisie et de ses apparences, porté avec brio par le couple formé par Michel Bouquet plus inquiétant que jamais et la sublime Stéphane Audran.
"La femme infidèle" de Claude Chabrol, se distingue en plaçant l’action sur le mari trompé et comment il découvre puis règle cette infidélité. C’est un film de Chabrol avec l’ambiance qui va avec et avec Stéphane Audran qui colle parfaitement à cet univers. Michel Bouquet est comme souvent très bon, dans le rôle de ce mari presque parfait. Très bon film, le scénario est bien construit.
Seizième long-métrage du prolifique Claude Chabrol, sorti en pleine France pompidolienne de 1969, La femme infidèle est une brillante étude de mœurs qui nous plonge au cœur de la vie d'un couple bourgeois bien sous tout rapport mais qui s'est enkysté dans une vie familiale sans passion. Porté par un magnifique duo de comédiens – Stéphane Audran, sublime et insaisissable, et Michel Bouquet, tout en retenue dans son rôle de mari trompé – ce film à la modernité évidente prend la forme d'un festival de non-dits et de violence larvée qui connaîtra son acmé dans une dernière partie tout à fait étonnante, qui interroge les fondements de l’amour et du désir, en y apportant un début de réponse subversif et inattendu.
Ambiance feutrée , bourgeoise , malaisante dans la relation de couple. Stephane Audran est d'une beauté hypnotique et Michel Bouquet est fascinant de part sa torture interne. Un excellent film. Lent mais du grand Chabrol
Un classique de Chabrol sur une femme infidèle scrutée par son mari transi, jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable. Une énième critique en creux d'une certaine bourgeoisie qui a les défauts du mari, c'est gentil et taiseux. Il manque d'asperité, de caractère et même de corps mais aussi d'explications.
Ah l'alcoolisme mondain de la bourgeoisie... Très nuancé et fin psychologiquement, ce drame présente une épouse encore complice, respectueuse, reconnaissante envers son mari et impliquée dans son rôle de mère mais qui par manque d'air, par ennui ou par pure attirance prend un amant avec lequel la relation n'est pas purement sexuelle. Intelligemment, spoiler: ce n'est pas la tromperie seule qui déclenche le coup de sang de l'époux mais la déception, la douleur, la colère de constater qu'il existe une autre vérité sur sa relation avec sa femme. Dans une mise en scène parfaitement maitrisée, le récit déroule sa fluide mécanique spoiler: (jusqu'au cynique dénouement) , porté par un excellent casting, une musique tendant l'atmosphère et des dialogues délectables par leur sous-texte (qu'il s'agisse des questions faussement innocentes du cocu, de sa confrontation avec son rival ou des doubles sens des enquêteurs). Une acide étude de moeurs pertinente.
“La Femme infidèle” est un excellent thriller réalisé par Claude Chabrol, souvent surnommé le “Hitchcock français”. Ce film nous plonge au cœur d’un triangle amoureux, une intrigue à la fois simple et efficace. Chabrol excelle une fois de plus dans son exploration de la bourgeoisie, où, derrière des façades impeccables et des jardins soigneusement entretenus, se cachent de sombres secrets.
Les performances des deux acteurs principaux sont tout simplement remarquables. Michel Bouquet incarne un homme dont le calme apparent dissimule un gouffre d’angoisse, tandis que Stéphane Audran joue une femme à la fois élégante et mystérieuse. Leur alchimie à l’écran rend l’histoire encore plus captivante.
En somme, “La Femme infidèle” est un film qui réussit à allier tension psychologique et critique sociale, le tout servi par des performances d’exception. 8/10
Dès la présentation des personnages, on voit la précision et le savoir-faire de Chabrol. Les évènements sont ensuite montrés dans le même style, et l’on suit avec intérêt une intrigue qui se déroule presque naturellement, même si l’utilisation d’une musique dissonante destinée à créer une ambiance dramatique est excessive. La narration est factuelle, sans nuances psychologiques … jusqu’aux dernières scènes, vertigineuses d’ambiguïté, où les sentiments et motivations, avec leurs complexité et contradictions, prennent le pas sur un dénouement « traditionnel » de l’histoire.
Première fois que je vois ce film, depuis je ne cesse de le regarder, il est tout simplement parfait. L'époque des années 68, les cafés, les bagnoles, la clope (quelle horreur !), les vêtements, on regarde ce film avec beaucoup de nostalgie, de plus ce film n'à pas pris une ride. Beaucoup de rythme, du suspense, précision du scénario, mise en scène sobre, on ne s'ennuie pas, très agréable à suivre. Bouquet et Audran excellents dans leur rôles respectifs, d'ailleurs tous les acteurs sont parfaitement dans leur rôles. La scène du crime est impressionnante car bien préparée par Charles Desvallées, la fin du film est inoubliable. Ce film peut paraitre lent, mais cette lenteur n'est qu'apparente, dans le contexte d'une petite vie douce et bourgeoise se dessine un drame familial avec un mécanisme d'une précision diabolique et glaçante.
Un très grand cru de Chabrol , au sommet de son art. Sur un scénario assez simple , une femme adultère dans un milieu bourgeois conservateur, Chabrol nous livre un film parfait , maîtrisé, très soigné, dans le moindre détail. Une réalisation au cordeau, des plans ingénieux , élaborés, comme ce plan final , sorte de long travelling latéral et circulaire, mystérieux, se terminant par un flouté énigmatique. Peut -être le plus grand film réalisé sur l’adultère, sur l’amour perdu, le drame sentimental, le crime passionnel. Un vrai must. Mis en scène comme un polar oppressant, ambiance lourde, étouffante, avec toujours cette musique exceptionnelle de Pierre Jansen , qui vient étoffer, accompagner, améliorer, rehausser les plans les plus cruciaux. Quelques répliques cultes, et des scènes , au cynisme piquant mais savoureux, Et bien sûr Stéphane Audran magistrale, bourgeoise faussement ingénue, ultra-classe, et surtout Michel Bouquet , immense acteur qui tient là un de ses son meilleur rôle de cinéma, , incroyable de délicatesse , de finesse, mais aussi de rage quand il le faut. Acteur un peu oublié qui pourtant était un de plus grands.
Un mari trompé tue l'amant de sa femme. Superbe prestation de Michel Bouquet et Stéphane Audran dans ce Charbol sobre et élégant qui, comme à son habitude, dissèque à merveille la bourgeoisie (ici dans la fin des années soixante).
En 1969, Claude Chabrol propose un drame conjugal dans lequel Stéphane Audran (son épouse de l’époque) livre une énième prestation reposant sur son charme sophistiqué. Le mari d’une femme infidèle engage un détective pour découvrir son amant. Cette comédie de mœurs repose essentiellement sur le talent de Michel Bouquet, absolument irrésistible en époux placide mais déterminé. La lenteur du récit, associée à une intrigue manquant de cohérence, ne permet pourtant pas à ce film d’atteindre les sommets de tension propres à une réalisation d’Alfred Hitchcock. Le regard ambivalent sur la nature des sentiments (jalousie, affection et protection) combiné à une scène finale totalement ouverte, laisse un sentiment de grand désarroi. Bref, une réflexion macabre sur le mensonge.
Film lent, long et daté mais avec une véritable intensité à partir du point de bascule de l'histoire. Michel Bouquet et Stéphane Audran tiennent un peu le film à bout de bras, grâce à leur personnalité plutôt que par leur jeu d'acteur d'ailleurs.
Un pur Chabrol. L'autopsie d'un couple de bourgeois des années 60. La mise en scène, qui semblait novatrice à l'époque, paraît bien datée de nos jours. Reste le plaisir de retrouver une pléiade d'acteurs, convaincants dans leurs personnages, aujourd'hui disparus.