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Un visiteur
4,0
Publiée le 10 février 2011
J'adore ce film ! Une véritable critique de la bourgeoisie qui s'emmerde grave. Tous les personnages sont des stéréotypes de la bêtise incarnée. Michel Bouquet est extraordinaire en pauvre type nul à souhait.
Un des meilleurs Chabrol qui a l'immense mérite d'y aller franchement avec son sujet de prédilection, à savoir bien sûr la bourgeoisie, sans la surface du policier ou du inspiré d'un fait divers réel. C'est avec un oeil redoutablement affuté et une précision quasi-chirurgicale que le réalisateur décrit le cas d'un couple de bourgeois qu'un meurtre va paradoxalement réunir. Les interprétations de Stéphane Audran et surtout de Michel Bouquet, un des plus grands acteurs français, sont absolument parfaites. Sans aucun doute le meilleur des "drames bourgeois" mis en scène par le cinéaste ainsi qu'une brillante réussite.
Un scénario assez banal mais pas mauvais, adultère et meurtre. Film moins dérangeant que d'autres oeuvres du cinéaste cela dit le tout est bien interpréter et filmer. Par contre la photographie et lumières sont dignes d'un téléfilm.
Le tableau d’une quiétude et d’une régularité bourgeoise (le haut de la moyenne bourgeoisie des années les plus prospères) tellement parfaites qu’elles en deviennent ironiques. L’aparté le plus réussi à cet égard est la séquence de la panne de la diffusion télévisée… Le cinéma de Chabrol a eu une période sèche, austère, inquisitoriale comme l’examen de conscience hérité de la Contre-réforme (avec le paradoxe de rendre les personnages d’autant plus opaques qu’ils sont fouillés). La fin, suspendue, totalement énigmatique, est des plus surprenante : on a le sentiment que le film congédie le spectateur pour ne plus laisser place qu’à une espèce d’intimité à la fois apaisée et perverse entre les deux principaux protagoniste.
Un magnifique Chabrol à classer parmi ses meilleurs films, la mise en scène est très belle avec une sobriété qui sait éviter des effets inutiles, une histoire somme toute assez simple parfaitement servie par ses acteurs (instant très réussi pendant ce face à face entre l'amant et le mari) mais aussi par une musique en parfait accord avec le ton dramatique du film. La Femme infidèle finit avec une scène émouvante et un beau traveling arrière.
un film tres beau sur l'infidélité et les rouages d'un couple en perdition.....Chabrol s'applique a faire la critique de la bourgeoisie des années 60/70. L'interprétation est remarquable. Stepane Audran est sublime de beauté et d'émotion, Michel Bouquet incroyable de maitrise et de finesse. Petit bémol pour le scénario qui manque d'épaisseur sur la partie "policière". A voir
Avec la femme infidèle Claude Chabrol aborde avec sensibilté et beaucoup de soin certains de ses thèmes favoris, les tourments du couple, la passion, la bourgeoisie, la folie meurtrière. Tout l'intérêt et l'originalité du film, entre drame intimiste et policier, réside dans le portrait d'un homme amoureux, qui en dépit des trahisons de sa femme persistera à l'aimer: car la trahison ne suscite curieusement chez lui ni rejet ni dégout. Il persiste à aimer. Il n'a rien d'un meurtrier et pourtant il tue: magnifique longue scène à la fois étrange et truculente durant laquelle le mari trompé et l'amant se rencontre. Très belle interprétation de Michel Bouquet. Claude Chabrol accorde un soin infime à la photographie (gros plans répétés sur le beau visage de stéphane Audran), aux cadrages (travelling lent, avant et arrière). Le scénario manque somme toute d'originalité et la prestation de Stéphane Audran (fort peu sympathique bourgeoise) est quelque peu inégale. La femme infidèle conserve quarante ans après sa sortie tout son intérêt et son charme et mérite encore toute l'attention des cinéphiles.
La femme infidèle est un bon film policier.Le scénario est bien construit mais manque d'épaisseur.La mise en scène,d'un bon niveau est classique,épuré,Chabrol utilise intelligemment l'ellipse.Le rythme est assez lent,l'intrigue s'accélérant souvent subitement,de manière inattendue.Bon prestation de Michel Bouquet,d'une grande sobriété,l'acteur réussit à retranscrire les nombreux doutes du personnage psychologiquement complexe.Interprétation mitigé de Stéphane Audran,un peu artificiel.Très bon travail au niveau du cadrage,avec des mouvements de caméras fluides,originaux et hardis.La musique est expérimental,angoissante et réussit à créer une atmosphère mystérieuse, étouffante et étrange.Les dialogues sont bien écrit.L'oeuvre contient aussi de jolies paysages forestiers,des rebondissements surprenants et une touche de suspense.La thématique de ce long métrage est très riche:l'infidélité,le soupçon(influence d'Hitchcock),les problèmes de couple,la jalousie,l'incommunicabilité et la complicité.A noter aussi une belle photographie aux couleurs vives.La fin est abrupte et finalement sans surprise.La femme infidèle est donc un bon film qui possède une liberté de ton étonnante et qui contient une critique en surface de la bourgeoisie française.
Comme les apparences peuvent être trompeuses ! Chabrol décortique avec précision les traits de caractère d'une bourgeoisie qui s'emmerde, enfermée dans ses propres codes. Un époux desintéressé, une épouse frustrée... un amant. Et tout bascule vers le désir, la colère puis la vengeance. Une très belle réalisation, des acteurs à couper le souffle et un scénario de premier choix.
Plutôt bon polar décalé ou le cynique Chabrol décrit avec passion ces parvenus aveugles jusqu'à l'os ou imbuvables, et notamment ce genre de vengeance que peut provoquer l'argent: une réussite.
Un des meilleurs Claude CHABROL. C'est d'ailleurs par ce film que je l'ai découvert au début des années 70 avec le Ciné-club de mon lycée. Ce soir, j'ai eu plaisir à le revoir et à l'enregistrer en DVD. La musique est vraiment très belle tout comme les images avec leur flou artistique. Michel BOUQUET est cynique à souhait et Stéphane AUDRAN très crédible en mère dévouée et en femme infidèle. Il en est de même pour tous les autres acteurs adultes, notamment les deux flics, l'amant assassiné et le détective. Quant à Michel, l'enfant du couple, il est merveilleusement bien joué par Stéphane DI NAPOLI, un des enfants-acteurs les plus appéciés de l'époque mais qui a surtout joué dans des téléfilms- on disait alors dramatiques- comme De grandes espérances, des feuilletons comme Poly et surtout Jack tiré d'un roman très noir d'Alphonse DAUDET ainsi notamment que dans un docu-feuilleton se passant sur le France. J'ai eu ce soir beaucoup de plaisir à le revoir dans ce film car j'avais beaucoup apprécié sa prestation. Si ce film existe en DVD et que vous aimez le polar d'ambiance, alors, surtout, n'hésitez pas ! achetez-le sans plus attendre et attendez-vous à passer une soirée des plus agréables.
Un bon film solide avec une ambiance bien particulière chère au réalisateur et que savent si bien rendre Audran et Bouquet, on regrettera quelques longueurs.
La femme infidèle est la quintessence du cinéma de Claude Chabrol. Toutes les qualités du cinéaste sont additionnées : capacité à dérouler une intrigue de la façon la plus pure, direction d'acteurs parfaite, sobriété de la mise en scène proche de Melville, utilisation appropriée de la musique, étude millimétrée d'un milieu (la bourgeoisie) aux relations troubles et la psychologie complexe. Michel Bouquet trouve peut être ici son meilleur rôle : méprisé car trop bourgeois dans ses attitudes, pas assez libéré (la scène du dancing), il a aussi une sorte d'autorité qui en impose aux autres, et notamment à sa famille. Une grande violence perce son regard alors même que son sourire est doux, et semble mettre en confiance ses interlocuteurs. Confronté à une situation qu'il a lui même provoqué (sa femme le trompe, comment en serait il autrement ?), il commet un meurtre, pas forcément prémédité, dans une des scènes les plus mémorables du film. Quand la police tourne autour de sa femme, possible cause de la disparition de l'homme assassiné, celle ci comprends petit à petit ce qui s'est passé et devine chez son mari un caractère qu'elle n'avait jusqu'alors jamais soupçonné, une passion cachée derrière les conventions bourgeoises. Le dernier regard de Michel Bouquet, plein de détresse et de tendresse, clôt magnifiquement le film.
Chabrol fait du chabrol, ici et encore on peut s'en desespérer ou se réjouir d'une habitude prise avec l'angoisse conjugale la plus devastatrice, sns omettre le cynisme qui ici fait du drame un vrai cluedo psychologique, on ne peut se permettre d'attaquer le maître sur un terrain qu'il maîtrise plus que parfaitement (ses origines y sont pour beaucoup), mais on peut s'agacer d'une prise de risques toujours perfidement evité, toujours reculé, ainsi tout est dosé et remarquablement écrit mais est-ce suffisant à l'appréciation profonde du film qui instille un grand classicisme (superbe partition de jansen) sans insuflé de passion ou de partie pris, laissant surtout dans cet opus, de grands moments de cinéma s'envolés pour ne cerné qu'un cadre des interractions et des rapports plutôt limités (c cic une critique globale de son oeuvre quoique trés personnelle). La limite chez chabrol n'est que l'évidence des relations les plus souterraines, qui se tapissent et transpirent sur les acteurs. C sans doute appréciable et jubilatoire mais chabrol ne se réinvente pas beaucoup et reste prisonnier d'un procédé qui m'apparait pour le coup aussi facile qu'évident. J'apprecie d'autant son juste avant la nuit, où la douleure ne vient plus de la séparation, mais de soi, et où chabrol se réintroduit dans un schéma différent, ou s'affronte la page blanche trés étendue du cinéma et la pureté de personnages aux intentions limpides. Ce qui manque cruellement à cette Femme infidèle, c un rapport profond à notre identité.