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Norbert Sautelles
21 abonnés
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4,5
Publiée le 21 juin 2022
La première excursion de Sacha Baron Cohen dans le long métrage avec ce personnage de rappeur blanc plus rappeur et plus noir que tous les rappeurs noirs. Dans le Roayaume-Unis des banlieues, pauvres et faiblement développées, qui jouent au méchant, et s'affrontent entre gangs de quartiers. Les affrontements sont d'ailleurs des joutes verbales ridicules et hilarantes. La première moitié du film est une réussite, dans le genre, qui consiste en l'installation du personnage d'Ali G, de ses copains et de son univers. Puis ensuite l'histoire principale est lancée et cadencée par l'intrigue qui veut que Ali G soit élu et participe au gouvernement anglais: le postulat est que le parti dominant, pour rajeunir son image va chercher des jeunes de banlieue. Au total la qualité ou les défauts des personnages de Baron Cohen sont là: pastiches, sexe, énormités, manque de rythme quelquefois. Mais toutes les énormités fonctionnent parfaitement.
Ne m'attendant à rien, et pensant tomber sur une comédie bas de gamme au vu de la bande annonce, j'ai étais grandement surpris par la débilité de ce film (dans le bon sens du terme).
Pour son premier long-métrage, Mark Mylod met en scène le personnage de fiction joué par Sacha Baron Cohen, à savoir Ali G, qui donne son titre au film par la même occasion. L'histoire nous fait donc suivre cet énergumène qui partage son temps entre sa bande du quartier ouest, sa copine, et le centre de loisirs ou il enseigne aux enfants l'attitude à adopter. Seulement, sa vie va changer lorsqu'il apprend que ce lieu doit fermer. Il entame alors une grève de la fin qui va involontairement le propulser en politique au poste de député. Ce scénario a le mérite de proposer une intrigue assez sympathique et bien rythmée pendant une petite heure et vingt minutes. Cependant, il aurait été appréciable que cette bouffonnerie dénonce d'avantage le monde politique dans lequel il s'immisce. En l'état, ça critique beaucoup trop gentiment en étant faussement subversif. Il faut dire que l'humour, qui déclenche tout de même quelques rires, montre rapidement ses limites puisque tout tourne autour des deux même sujets, à savoir la drogue et le sexe. Tout le comique des situations se passe en dessous de la ceinture ce qui fini par user sur la durée. Il ne faut s'attendre à aucune finesse dans cet enchainement de scènes plus débiles les unes que les autres. En même temps, quand on voit l'individu qui est la tête d'affiche, cela parait impensable qu'il en soit autrement. En effet, Ali G est un personnage complètement crétin et grossier ce qui le rend peu attachant et plutôt fatigant à la longue. Il est en tout cas parfaitement incarné par Sacha Baron Cohen qui s'en donne à cœur joie. Les autres rôles qui lui servent de faire-valoir sont plus appréciables et interprétés par des comédiens de qualité comme Charles Dance, Rhona Mitra, Michael Gambon ou encore Kellie Bright. Les relations entre tous ces protagonistes partent dans tous les sens, en témoigne les dialogues très souvent vulgaires. L'ensemble est réalisé de façon assez quelconque et aurait mérité un peu plus d'effort de mise en scène. La b.o. pour sa part se veut majoritairement portée sur le rap en proposant des morceaux qui collent bien au ton. Reste une fin correcte, dans l'esprit de ce à quoi on vient d'assister. En conclusion, Ali G est une comédie franchement moyenne ayant peu d’intérêt malgré quelques séquences bien senties.