Pour son dernier film, Jean-Pierre Melville s’auto-caricature jusqu’à friser le ridicule. Le non-jeu de Delon est à l’image du reste du métrage : glacial et sans nuance. N’ayant pas grand chose à raconter, les séquences s’étirent et se dilatent sans être capables de créer le suspense.
J'ai vu un film... un policier comme on en fait plus... Un policier d'une autre époque... Un dur qui tape, qui frappe, qui intervient... Le film est très lent, un peu classique, sans liant entre les personnages, monté comme une succession d'épisodes de casse et de jeu de chat et de souris. Le scénario est un peu court, les dialogues réduits à minima... On côtoie le monde de la nuit, des gangsters, de la police, sans que cela ne laisse(re) un grand souvenir...
C'est un très bon polar à la française signé Jean Pierre Melville. Il y a Alain Delon et Catherine Deneuve. C'est une ambiance lourde et sérieuse. On y voit la France des années 70. Un flic dans la ville. La ville de Paris. Il y a cette ambiance de vide et de morosité, puis l'ambiance retourne dans les cabarets et ses nuits blanches. La fête et les nouveaux deserts. Les images passent de l'un à l'autre. Alain Delon la grande classe. Des truants très crédibles. Il y a aussi l'acteur américain, Richard Crena, sûrement traduit, car il ne parlait pas le français. Richard Crena possède son étoile à Hollywood Boulevard. Rien que cela. C'est aussi le dernier film de Jean Pierre Melville, il meurt la même année, victime d'un anévrisme.
Pour son ultime partition Melville signe un polar sobre et concis, mais ce n'est certainement pas le meilleur Delon, ni le meilleur Melville, mais c'est loin d'etre raté, comme je peux le lire. alors sur, le scenario n'a rien d'extraordinaire. Le film souffre d'une lenteur qui pourra paraître à beaucoup tout à fait insupportable. C'est un fait, il est lent, languissant même, au point de faire parfois passer un Morricone pour un film survolté, et je dois dire que l'absence régulière de bande son et l'avarice des dialogues ajoute encore à ce sentiment de mollesse. Vraiment c'est sans surprise, et heureusement le casting vient donner un peu de consistance au fond en nourrissant les personnages et en leur donnant même un relief inattendu, en particulier du côté des "méchants". Delon ne surprend pas mais est à la hauteur, froid comme le film et charismatique. parvient tout de même à captiver.Il suffit d'une mise en scène brillantissime, hypnotique,attentive à chaque détail.Il suffit aussi de 2 scènes clés vécus en temps réel, Cependant, les puristes d'un tel art ne pourront qu'apprécier.
C'est une petite plongée au début des année 70 ou où les voyous avaient grande classe et ou existaient encore les attaques de banque. Malgré le peu de paroles l'essentiel est dit ou pressenti. On pourra regretter tout de même quelques longueurs qui donnent l'impression d'occuper la pellicule comme par exemple la trop longue scène d'habillage et de déshabillage dans le train.
J’ai bien aimé ce qui est le dernier film de Jean Pierre Melville. Avec son style très froid un flic m’a vraiment fait penser à des personnages robotisés, mus par des actes réflexes, de l’instinct plus que par des réactions vraiment humaines. À ce titre il utilise bien le côté froid et monolithique de Delon qui de mon point de vue n’est pas un grand acteur mais dont le charisme fonctionne parfaitement dans ce film. Comme je le disais j’ai aimé le côté mécanique du film, qui comme souvent chez Melville renforce la fatalité commune à tous les personnages. Ce n’est pas son meilleur à coup sûr, mais c’est un excellent film.
Dernier film de J. P. Melville Un flic met en scène un A. Delon qui est parfait dans son rôle de commissaire froid et sur de lui. Un braquage vient d'être commis, dans un banque qui se trouve d'ailleurs à un coin de rue, face à la mer. C'est un peu plus tard que la connexion entre Delon et Crenna, l'un des braqueurs se fait dans un bar à Paris où travaille C. Deneuve qui est amoureuse des deux hommes. Le film a un peu vieilli, avec notamment la scène de l'attaque du train bien que bien réalisée fait un peu carton-pâte. Mais on lui pardonne car cela reste un bon policier français des années 70 comme on peut les aimer.
Quelques bonnes scènes bien froides ou l'absence de dialogue est plutôt apreciable , mais ce film souffre cruellement d'un manque de rythme total , entre autres , tous les acteurs ne sont pas au top , les enjeux du film sont difficiles à cerner etc etc Le dernier de Melville n'est semble t'il pas son meilleur
Du noir en voilà du noir ! Un polar à l'ancienne ça fait un bien fou . Merville filme à la perfection le mutisme du flic et du truand . Des scènes impressionnantes de regards dans lesquelles on comprend tout sans avoir besoin de dialogues superflus . Delon est impartial en flic déterminé et revenu de tout . Du cinéma qui donne envie de voir de bons films .
Il est de bon ton, généralement, de dénigrer le dernier film de Melville ; c'est pourtant un très bon polar, bien au-dessus de la moyenne nationale de l'époque et sans doute au niveau de bien des réalisations outre-atlantiques. Le scénario n'est pas d'une solidité à toute épreuve, certes, mais la mise en scène, l'interprétation et l'utilisation des décors sont remarquables. La scène d'ouverture, notamment, reste pour moi comme un grand moment de braquage dans le cinéma français. Delon est au sommet de son art et Deneuve, dans un rôle mineur, définitivement envoutante.
Superbe scène de braquage au début du film, une scène de bravoure avec le hold-up dans le train (un peu trop longue, un beau travail sur le son et des acteurs inspirés ne suffisent pas à combler un scénario vraiment très mince. Mais Melville arrive à nous captiver avec sa mise en scène fascinante.
Un film policier trop banal et lent, des points de scénario inexplicables (pourquoi attaquer le train en hélicoptère?), mais quelques bons passages... ou alors le tout fait partie d'une démarche artistique pas comprise.
Melville disait "je veux qu'à la première image de mes films policiers on se dise "ah celui-là il est mort ! on pourrait presque toujours sous-titrer mes films policiers "les dernières 24 heures de untel", qu'on sente que l'homme est mort".
Le dernier film du légendaire Jean-Pierre Melville fait figure de film testamentaire car on peut le voir comme une somme de ses thèmes existentiels et de ses manies de réalisation : gangsters et policiers sapés comme jamais qui évoluent dans un Paris brumeux, monde de la nuit fait de cabarets et de travestis, disparition de la frontière morale entre les flics et les truands, et surtout fin tragique.
Le film marque d'abord par sa photographie absolument sublime, qui retranscrit une ambiance déprimante. Dès la première scène le ton est posé. Un braquage de banque sur un front de mer de barres d'immeubles, baigné dans la brume, dégénère malgré l'extrême minutie des gangsters. S'ensuit une fuite en avant de cette équipe de malfrats traqué par un policier plus melvillien que jamais, solitaire et insensible. Le film est dépouillé de dialogues et d'un scénario complexe mais se concentre entièrement sur son ambiance crépusculaire.
Une fois de plus, le film s’ouvre sur une citation. Troisième et dernière collaboration (et pour cause) entre Jean-Pierre Melville et Alain Delon, le premier fait cette fois passer le second de l’autre côté de la barrière après ses rôles de tueur à gages (Le Samouraï) et de voleur (Le Cercle Rouge).
Comme souvent chez Melville, ce film se présente selon deux histoires parallèles qui finissent par se rencontrer quand deux personnages se croisent, un casse à moitié raté et le quotidien d’un flic de nuit, l’occasion, dans cette partie-ci, de décrire toute une galerie de personnages en forme de fresque baroque : des joueurs de poker, les clients d’un hôtel de passe, un riche homosexuel, un travesti, ces deux derniers étant représentés objectivement, voire avec bienveillance, ce qui est rarissime pour une époque préférant la condamnation morale ou le rire gras. C’est d’ailleurs une constante dans le cinéma noir de Melville, le souci constant du regard neutre : flics, voyous, indics, quidams, personne n’est jamais complètement bon, jamais complètement mauvais, juste des gens qui évoluent devant la caméra du maître, qui semble porter, à travers ce choix même de la neutralité, un regard assez critique sur la morale bourgeoise. Comme pour la présentation, fugace, de l’homosexualité et de la transidentité (rappelons que nous sommes en 1972!), ce choix détone par rapport au cinéma noir de l’époque, beaucoup plus stéréotypé voire réactionnaire (Lautner, Audiard).
Un peu moins visuellement recherché que les autres films de Melville, celui-ci a en outre la particularité de proposer des effets spéciaux très approximatifs (les décors en 2D d’une rue de Paris, le train Paris-Lisbonne en version Märklin et l’hélicoptère-jouet). Peut-être est-ce là un ultime hommage du réalisateur résolument moderne au cinéma du début de siècle ? Les scènes, enfin, sont toujours aussi lentes et méticuleuses dans la description de tout petits détails afin de relever la cohérence de chacune (cohérence toute relative, d’ailleurs), hélas sans toujours penser à la cohérence générale de l’oeuvre. Celle de l’attaque du train fait immanquablement penser à la scène du casse dans Le Cercle Rouge : à peine 3 phrases prononcées en 20 minutes.
Melville nous offre un dernier film dans la lignée de ses précédents mais avec un soupçon d’âme et de chaleur humaine en moins, un peu plus de lenteur inutile en plus.
Comme dans tous les Melville, il y a ce côté sombre à croire qu'il aimait la grisaille et le sale temps. Et comme toujours le montage est impressionnant, rapide et d'une précision stupéfiante. Moi à part Monsieur Klein, je ne suis pas un grand fan de Delon (moi c'est Bebel), mais j'admets qu'il est excellent, trois fois pour Melville, trois fois excellent. Dans la distribution il y a Paul Crauchet, acteur que j'adore et que j'estime beaucoup. Une très bonne histoire, ce film me plaît beaucoup et de plus il n'est pas long, on n'a pas le temps de s'ennuyer.