Autant le dire tout de suite, on avait de grosses attentes concernant la découverte de "Missouri Breaks" : Arthur Penn aux commandes d'un western mettant face à face Jack Nicholson et Marlon Brando avait de quoi faire saliver. Le résultat est tout à fait déconcertant. Western iconoclaste dans lequel le voleur de chevaux Tom Logan et le mercenaire Robert Clayton s'affrontent, "Missouri Breaks" impose dès le début un rythme laconique, construit sur des scènes dont on suit difficilement l'enchaînement durant un bon moment. Alors que l'intrigue s'installe peu à peu, on savoure un peu plus cette œuvre inclassable dans laquelle Penn démontre que les salauds se trouvent aussi bien du côté de la Loi que de celui des bandits. Anti-manichéen, dénonçant l'absurdité des règles du Far West et de sa violence, le film tire son énergie de l'interprétation relativement sobre de Nicholson en voleur de chevaux idéaliste tandis que Brando en fait des caisses dans le rôle du mercenaire impitoyable et cabotin, prêt à se déguiser en prêcheur ou en bonne femme pour mieux abattre ses victimes. Sans principe, Clayton est un homme particulièrement malin à qui Brando insère une bonne dose de folie. S'il aura du mal à vraiment marquer le genre, de part son scénario un brin décousu et de son montage intriguant, "Missouri Breaks" reste tout de même un bel objet cinématographique à découvrir ne serait-ce que pour son joli casting complété par Harry Dean Stanton, Kathleen Lloyd ou encore Frederic Forrest.
Western d'Arthur Penn qui repose essentiellement sur affrontement psychologique de deux antihéros. Marlon Brando est inoubliable en tueur à gage totalement cinglé.
Impossible, pour mon premier Arthur Penn, de savoir à quoi m'attendre. Surtout pas, en tout cas, à cet anti-western sarcastique, qui verse constamment dans l'ironie, sans doute autant pour distiller en arrière-plan un ton amer et élégiaque que pour verser dans l'humour désacralisant. C'est quand même ce qui fait le charme de cette vision d'un Ouest américain qu'on aura jamais vu filmé de la sorte, jamais transfiguré par des valeurs auquel le film ne croit pas une seconde. Face à un Nicholson plutôt en retenue, bien que très consistant, Marlon Brando s'amuse, en roue libre. Plus que jamais grandiloquent, il adopte une veine excentrique qui aurait pu complètement saborder The Missouri Breaks. Sauf que Brando est Brando, et que comme toujours, il impose plan par plan un personnage unique auquel son charisme octroie tant de place que son rôle définit en grande partie le long-métrage. Côté réalisation, Penn fait dans l'efficace, à base de plans larges répétés, de décors captés fixement opposés à des prises de vue plus intimistes qui serrent les personnages de près. Du grand classique, dans ce genre qui ausculte toujours et encore le rapport de l'homme à l'immensité, mais une mise en scène d'une facture agréable. Autrement, un bon point pour le montage, qui se signale par une grande liberté et évite de placer le spectateur dans une zone de confort, en lui expliquant tout. D'autant plus nécessaire que le film n'avait pas à paraître gentil, avec un scénario si cynique. Bref, un western (si on peut se permettre le raccourci) assez abrupt, qui possède un vrai caractère. Intéressant.
Arthur Penn, réalisateur de films renommés tels que "Bonnie and Clyde" et "La poursuite impitoyable", décide de se lancer dans le domaine du western en opposant deux stars internationales, Marlon Brando et Jack Nicholson. Un casting de rêve, un excellent réalisateur, un scénario génial, une musique de John Williams, une réalisation parfaite, "Missouri Breaks" appartient à la catégorie des monuments du cinéma. Le long-métrage d'Arthur Penn raconte une nouvelle fois la fragilité, la corruption, la possession, la jalousie, la vengeance, le crime, la folie, l'inceste, l'amour, tous ces paramètres qui correspondent à la gente humaine. Ce western réalisé la même année que "Josey Wales hors la loi" détient des paramètres communs avec le film de Clint Eastwood hormis que dans ce film, Arthur Penn démontre que le pardon et la capacité de vivre avec les autres sont des valeurs qui ne peuvent s'appliquer à cette époque et aujourd'hui encore plus. Marlon Brando incarne un régulateur, une sorte de tueur à gages et d'espion travaillant, si tuer est considéré comme une activité, non pas pour devenir riche ni amasser de l'argent mais pour assouvir ses plaisirs sadiques. En effet, la façon dont il s'y prend pour massacrer les voleurs a de quoi épouvanter et l'on sent en lui une rage et une tourmente, un homme qui a perdu tout sens des valeurs et qui se laisse emporter par une folie meurtrière qui le soulage de la douleur de son passé. Face à lui, Jack Nicholson incarne un fermier qui décide de se lancer dans des affaires illégales avec ses amis et partenaires pour agrandir sa ferme. Le voyou qu'il incarne est surtout un homme au grand coeur qui trouve l'amour et qui complique ses intérêts. La tournure que prendront les nombreux évènements qui suivront le transformeront en homme assoiffé de vengeance. Arthur Penn élabore un western violent autant physiquement que psychologiquement et c'est ce qui le rend si prenant car le spectateur scotché à son siège se demande bien qui des deux protagonistes aura raison de l'autre, le tueur à gages sadique et mélancolique ou le voleur revanchard? Un western d'anthologie avec des personnages torturés, un drame puissant mené par deux acteurs au meilleur de leur forme, un des plus grands films des années 1970!
Étant un grand admiratif du cinéma d'Arthur Penn, c'est toujours avec une certaine attente que je découvre un de ses films, ici The Missouri Breaks, où il nous fait suivre un voleur de chevaux qui s'installe dans un ranch dans une région du Montana.
Le metteur en scène de Bonnie & Clyde va surtout se concentrer sur la traque de celui-ci par un "régulateur", commandé par le propriétaire local. Il prend son temps pour dresser le portrait de ce voleur puis du face-à-face qui l'attendra dans la seconde partie du film, cassant les codes du western pour y ajouter une touche de dérision mais aussi, faire ressortir l'humanisme du voleur qui va découvrir une nouvelle vie, et façon de vivre. L'histoire passe clairement au second plan, ce sont eux qui font avancer le film et le rendent passionnant tant Penn, bénéficiant déjà d'une bonne qualité d'écriture, trouve toujours le bon équilibre.
C'est d'ailleurs, et surtout, le tableau du voleur que dresse Arthur Penn qui est vraiment intéressant, ce dernier mettant en avant une sorte de rédemption pour celui-ci. Le face-à-face permettra à Penn de mettre en avant une vision très nuancée du "bon" face au "méchant", montrant finalement que l'humain est par nature assez violent et enclin à suivre ses pulsions sans se fixer de limite, et c'est à travers un régulateur tueur, excentrique et limite sadique qu'il le fait. Et c'est là aussi que l'oeuvre prend une dimension particulière, lorsque le voleur trouvera un certain humanisme et que les rôles s'inverseront, la séquence où Brando est dans sa baignoire est remarquable en ce point-là.
Il se montre inventif sans tomber dans un quelconque excès et tout le long imprévisible, tant les réactions des personnages sont difficiles à anticiper. Comme dans The Left Handed Gun, il démystifie le western, dont il s'approprie les codes, et met en place une ambiance souvent désenchantée, légèrement mélancolique et complexe. Penn nous plonge tout droit dans l'ouest américain et sublime, à travers une reconstitution aussi réussie que la photographie est belle, les longues contrées du Montana ainsi que le contexte et les mœurs de l'époque. Devant la caméra, Brando est savoureusement excessif tandis que Nicholson se montre très à son aise dans un rôle pourtant assez complexe.
Après The Left Handed Gun et Little Big Man, Arthur Penn continue de s'approprier les codes du western et livre là une oeuvre aussi originale que réussie, où il va dresser de complexes, justes et passionnants tableaux humains.
Un western pas désagréable, mais sans grand-chose d’inspiré, d’original. Il y a de grands comédiens (M. Brando, J. Nicholson, H. Dean Stanton…), Brando compose un tueur excentrique qui n‘as pas par contre d‘équivalent. Le plus intéressant est peut être l’esprit libertaire du film. Les voleurs sont sympathiques comme des gamins, les femmes ont du caractères, sont libres et indépendantes, les grands propriétaires (et pères en même temps) sont odieux. C’est bien dans l’esprit des westerns des années 70 (« John Mc Cabe » et autres…). La séquence du règlement de compte entre le personnage joué par Nicholson et celui joué par Brando est assez surprenante.
C'est mon deuxième visionnage de "Missouri Breaks " d'Arthur Penn, réalisateur talentueux, ma première fois, j'étais passé à côté, mais en lisant des critiques sur Allocine, je me suis dis de lui peut être donner une seconde chance et elle est meilleur avis à mon goût. Je trouve que ce long métrage possède une belle photographie, de beaux paysages bien filmés, un scénario bien construit sur des hommes qui pillent un Wagon de train ou voler des chevaux pour avoir une vie meilleur mais un étrange homme est à leurs trousses. Ce dernier est joué par Marlon Brando, quand on connaît la filmographie de ce comédien, gloires, chutes, résurrection, monument du cinéma, on croirait ici qu'il est en roue libre de faire ce qu'il veut du personnage, d'en faire des tonnes, en faite, il est quelqu'un d'inquiétant à sa sauce d'improvisation et c'est original. A ses côtés, de grands comédiens remarquables comme Jack Nicholson, Harry Dean Stanton, Randy Quaid entre autres plus la belle musique de John Williams. Un bon Western de 1975.
Western peu courant. Marlon Brando en personnage décalé est excellent. Nicholson fait lui aussi le job. Plutot bien, malgré quelques petites longueurs.
Un anti-western d’Arthur Penn avec deux monstres sacrés - Marlon Brando et Jack Nicholson - qui s’affrontent en rivalisant de cabotinage (Marlon Brando l’emporte d’ailleurs haut la main en ce domaine !) dans un univers en décadence qui fleure bon les années soixante-dix… Il y a de bons moments mais le rythme est beaucoup trop lent et le propos très dispersé. Le ton désenchanté – pour ne pas dire misanthrope - de Penn, que l’on retrouve tout au long de son œuvre, finit par lasser et la fin, très imparfaitement construite et qui n’apporte aucune résolution, arrive comme une délivrance. Une œuvre inégale et décevante.
Comment classer ce Missouri Breaks? Est-ce vraiment un western, ou est-ce seulement une apparence qui cache une expérimentation originale du réalisateur? En tout cas, le spectateur ne retrouvera pas les codes confortables qu'il pourrait attendre en voyant l'affiche. Arthur Penn réalise ce film dans les années 70, le genre étant déjà en déclin. Un petit peu dans la lignée du Liberty Valence de Ford, on assiste à une démythification du genre. Au final, on ne sait pas qui est vraiment gentil ou méchant, il semble que tous les personnages sont un peu anti héros. Ainsi, les voleurs de chevaux ne sont pas les pires, les propriétaires exploiteurs et avides de possession semblent tout aussi mauvais. Penn centre l'intrigue sur deux personnages, joués par deux des acteurs les plus mythiques du cinéma américain : Marlon Brando et Jack Nicholson. Ce dernier dirige une bande de voleurs de chevaux qui essaie de rentrer dans le rang (construction de son propre ranch, relation amoureuse avec la fille d'une de ses victimes) tandis que Brando joue un personnage totalement atypique, sans équivalent dans le cinéma. Il joue Lee Clayton, tueur à la fois totalement guignolesque et terriblement efficace. Imprévisible, lorsqu'il apparait à l'écran, on ne sait jamais comment la scène va finir. Un exemple frappant est visible aux différents costumes qu'il porte tout au long du film, avançant masquer pour mieux frapper. Drôle et terrible à la fois, mais du coup assez inégal. On sent parfois Brando inspiré, parfois improvisateur brouillon. Nicholson, lui, propose une évolution plus linéaire, perdant petit à petit ses illusions. Ceci a pour conséquence qu'il donne l'impression de s'effacer devant Brando l'extravagant, et l'alchimie ne passe pas aussi bien qu'on pouvait l'espérer. Les deux acteurs semblent parfois jouer deux films différents... Mais cela n'empêche pas l'un et l'autre d'offrir de grands moments dans certaines scènes. Arthur Penn filme l'Ouest américain avec beaucoup de talent. Il propose un rythme déconcertant : la plupart des scènes sont relativement lentes, avec ça et là des explosions soudaines de violence. Le réalisateur sombre parfois dans la surenchère, mais il propose heureusement pas mal d'humour noir pour créer un décalage. Missouri Breaks n'est certainement pas un mauvais film, mais on pouvait attendre mieux de la part du trio Penn-Brando-Nicholson..
Un western atypique des seventies qui s'avère être bien trop plat pour créer une véritable accroche, la rencontre entre Jack Nicholson et Marlon Brando méritait mieux !
Un western désabusé avec un duo remarquable au casting. Certes ces acteurs sont à la hauteur mais ils ne sauvent pas un film long et lent de sa torpeur, les dialogues et la réalisation perdent un peu le spectateur dans les meandres d une intrigue pas tellement prenante.
Arthur Penn,fidèle à ses convictions,livre un anti-western élégiaque,plus prompt à manier la psychologie quotidienne qu'à dégaîner les colts.Ce parti pris est assez déconcertant,et il faut pouvoir y adhérer.Ce que j'ai eu beaucoup de mal à faire je l'avoue.Pourtant,"Missouri Breaks"ne manque pas d'atouts.En premier lieu,un face à face de légende entre Jack Nicholson et Marlon Brando.Le premier est un régulateur,chargé de fusiller tous les voleurs du bétail appartenant à un propriétaire terrien.Le second est justement un de ces voleurs,installé avec sa bande.Logiquement,les intérêts s'opposent.La querelle prend son sens.Très étonnant la manière dont Brando joue avec les nerfs de Nicholson.Il est imprévisible,sarcastique,au bord de la folie.Nicholson,lui,est immédiatement attachant,pauvre homme aux motivations finalement assez saines.A côté,Penn multiplie les longueurs sur des paysages,certes apaisants,mais loin de valoir les quelques gros plans sur les visages masculins.Si ce qui est recherché,c'est la retranscription des difficiles conditions de vie d'une époque que tous voient sous le sceau du mythe,cela ne parvient pas jusqu'à nous.Trop pépère,pas assez intense.
"Missouri Breaks" s'inscrit dans la suite logique du cinéma d'Arthur Penn à qui l'on doit l'inoubliable "Little Big man". Moins réussi que ce dernier ou que l'incontournable "Poursuite impitoyable", le film vaut surtout par la curiosité du duo Nicholson-Brando qui éclabousse le reste du casting. Trop sans doute. Car à force de se frotter à ces deux monstres du cinéma, les autres acteurs finissent par y perdre leur latin. Reste un western honnête, très naturel, dans la verve des productions de l'époque, dont "Jeremiah Johnson" reste le meilleur exemple, mais dont l'intérêt s'étiole au fil des minutes. Bref, on est ici bien loin de "Bonny and Clyde" ou du sublime "Gaucher".
Western au rythme lent, atypique, démystifié, affrontement d’antihéros. Les ingrédients du western sont là superbement mis en scène : chevaux, affrontement aux revolvers, pendaison, poursuite de rivaux dans les magnifiques décors naturels des grands espaces. Mais les codes sont détournés, l’esprit libertaire des années 70’ imprègne le film (voleurs sympathiques, émancipation féminine, pouvoir paternel critiqué) et l’essentiel est dans la confrontation psychologique de deux acteurs monstres, Brando dans un numéro parodique de tueur à gages adipeux et névropathe aux accoutrements ridicules et Nicholson voyou au grand cœur tout en retenue.