Persona
Note moyenne
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135 critiques spectateurs

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Raphaëlle Gr
Raphaëlle Gr

2 abonnés 57 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2022
L'un des plus beaux films au monde : visuellement et dans l'exploration de la psyché. Le film s'ouvre et se ferme sur une projection cinématographique, symbole de ce qu'il propose : une réflexion fine sur la représentation et les rôles sociaux. De très beaux gros plans qui scrutent l'âme des formidables actrices Liv Ullman et Bibi Anderson, pour mieux les rapprocher et les confondre. Une merveille !
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2026
Persona s’impose comme une expérience de cinéma radicale, qui observe le langage et l’identité se fissurer plutôt que de raconter une histoire. Un film majeur par son geste, mais dont la sécheresse et l’abstraction m’ont tenu à distance.

Né d’une crise profonde d’Ingmar Bergman, Persona se présente d’emblée comme un geste de rupture plus que comme un récit classique. Le film privilégie un dispositif épuré, centré sur les visages, les silences et la matière même du cinéma. Tourné dans des lieux isolés et dépouillés, il demande au spectateur une réelle disponibilité et une acceptation de l’opacité, en s’affranchissant volontairement de toute narration rassurante.

Sur le fond, Persona interroge l’échec du langage et la fragilité de l’identité. Le mutisme et la parole s’y opposent comme deux stratégies face au monde, sans que l’une n’offre de solution. Parler ne garantit ni la vérité ni la communication, et le silence peut devenir un espace de pouvoir, de retrait ou de dissolution du moi. L’identité apparaît alors comme un masque instable, susceptible de se fissurer sous le regard de l’autre.

Le film explore également la relation entre regard, domination et mise à nu. L’asymétrie entre celle qui se tait et celle qui se livre crée une tension sourde, où l’intimité devient un terrain de projection et de contrôle. Bergman ne cherche jamais la résolution, mais observe la manière dont les frontières entre les individus se brouillent, jusqu’à rendre incertaine toute séparation nette entre soi et l’autre.

De mon côté, je ressors de Persona assez perplexe. J’ai le sentiment d’être passé à côté du film lors de ce premier visionnage, au point où une redécouverte ultérieure me paraît presque nécessaire. J’en reconnais pleinement l’audace formelle, l’importance historique et la puissance des thèmes abordés, ainsi que son rôle fondateur dans le cinéma moderne. Mais je n’ai pas réussi à y adhérer autrement que sur un plan intellectuel, ce qui a limité mon engagement émotionnel.

Cette distance tient en grande partie à l’opacité assumée du dispositif. La narration éclatée et le cadre très conceptuel installent une froideur parfois cérébrale. Des choix cohérents et pleinement assumés, mais qui demandent une familiarité avec ce type de cinéma, sans laquelle l’expérience peut rester aride.

Persona demeure ainsi une œuvre essentielle à appréhender pour ce qu’elle a ouvert dans l’histoire du cinéma, mais plus fascinante à analyser qu’à ressentir, du moins à ce stade.
Niels C.
Niels C.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2021
Mon premier Bergman

Quel rôle jouons nous dans notre cercle sociétal ? C'est la grande question de Persona, évidemment directement tiré de la persona de Jung. De cette question surgit l'opposition.

D'un coté Elizabet, femme tentant de se défaire de son rôle sociétal au travers d'un mutisme. Il est amusant alors de tracer un parallèle entre son rôle maternel qu'elle acquiert par défaut et auto pression et son métier d'actrice l'amenant à endosser des personnalités étrangères à son Moi. Qui est alors le plus faux ? La mère qui ne le voulait pas ou l'actrice qui reflète l'irréel ?

De l'autre coté, Alma opère comme la stricte opposée d'Elizabet, obéissant principalement à ses pulsions, l'amenant alors à rentrer en conflit avec sa volonté d'être une bonne épouse.
Et alors que la rencontre entre les deux femmes amènera Alma à confier ses pensées et ses souvenirs les plus intimes, on se retrouvera avec le constat suivant : malgré leurs oppositions, les deux personnages désireront ce que l'autre a ou a pu faire.

Et comme cette première couche de philo n'était pas suffisante, Bergman propose une analyse de la distribution du pouvoir dans les relations, au niveau inconscient, le mutisme d'Elizabet lui donnant du pouvoir sur Alma. Dans son excès de narcissisme, l'actrice aura besoin de la reconnaissance de l'infirmière qui a contrario aura besoin d'une confidente et d'une personne pour la juger.

Niveau mise en scène, tout est fait pour augmenter l'ambivalence des deux personnages. Alors que les relations entre les femmes se dégradent, les ombres deviennent plus contrastées, jusqu'à couvrir la moitié des visages.
Toujours dans cette idée de dualité, les scènes d'intérieur ne dévoileront que peu de mobilier et d'espace tandis que les extérieurs projetteront des lignes d'horizons infinies. La maison devient donc un lieu protégé où les histoires et confessions ne peuvent s'échapper mais également une prison physique où l'ennui se fait tour le temps sentir. De l'autre coté, la plage se transforme en une source de liberté, un échappatoire, mais aussi un espace de solitude.

Il serait vain d'épiloguer sur la réalisation virtuose de Bergman qui réinvente à chaque plan les codes et gimmicks du genre. De même, il serait inutile d'épiloguer sur les immenses prestations de Bibi Andersson et Liv Ullmann.

Chef d'oeuvre interdimensionnel
DanielOceanAndCo
DanielOceanAndCo

3 abonnés 384 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 octobre 2020
Le meilleur Bergman que j'ai vu, une oeuvre à la fois métaphysique et onirique emmennée par deux commédiennes absolument sublimes. On retrouve ici de nombreux thèmes chers à Bergman : le désir et l'introspection de soi entre autres. S'ajoute à cela une magnifique photo et une réalisation sobre et élégante et le plaisir du spectateurs est total.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un très bon film. Liv Ullmann est une actrice jouant « Electre », pièce de théâtre filmée. Elle perd la parole en pleine scène. Infirmière, Alma ( Bibi Andersson), va l’accompagner au bord de la mer quelques semaines. L’actrice restera muette, l’infirmière, elle, en dira peut-être trop… Igmar Bergman se sert ici librement des principes de Karl Jung, homme qui mettra en avant le « Persona » correspondant au masque social et l’ »Alma » se rapportant au subconscient. D’après le psychanalyste suisse la souffrance humaine provenait du conflit irrémédiable de ces deux principes. Bergman l’utilise en nous montrant deux femmes que tout semble opposer. Pourtant leur rapprochement sera de plus en plus troublant. La perte de la parole sert ici de masque, de protection mais également à l’incapacité de communication. La scène où arrive le mari de Liv Ulmann, d’ailleurs atteint de cécité, nous montre très explicitement le rôle de l’inconscient, des pensées et des réflexions que l’on ne peut transmettre que si difficilement aux autres et, de surcroît, au monde. Comme elle ne possède pas les mots pour lui parler elle le fait faire par…l’autre ? Où bien est-ce uniquement se fameux subconscient qui s’en charge ? A-t-on à faire à deux femmes ? Bergman amplifie encore cette dualité, de façon incroyablement intelligente, dans une merveilleuse double scène où les évènements passés des deux femmes se rapprochent. Bergman nous livre ici un film très riche, surtout pour une œuvre de moins d’une heure trente. Là encore, il a l’audace d’aborder de nombreux thèmes comme l’amour, la haine, la solitude, l’incommunication, la mort. Contrairement à ce que l’on a pu lire où entendre, le thème de Dieu est réellement abordé, notamment dans les plans-séquences du début du film où l’on entrevoit une main se faisant transpercer et une araignée, déjà utilisée par Bergman comme symbole de Dieu dans « A travers le miroir » en 1961 et réutilisée chez Zulawski en 1984 dans « La femme publique » .De plus les
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 août 2011
Ca fait du bien, ça nettoie. ça coupe net et c'est du franc parler/montrer. nébuleux vers la fin, plusieurs vision sont toutes enrichissantes. Bibi pète le feu, la destruction est de mise et el sol brulé qu'il reste est fertile parbleu!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 décembre 2008
Un chef-d'oeuvre, tout simplement.
Moi qui adore le cinéma je n'ai pourtant pas une énorme connaissance dans ce domaine malheureusement.
C'est récemment que j'ai découvert Ingmar Bergman.
On m'en avait dit beaucoup de bien et suite à cela j'ai cherché dans un premier temps "Cris et chuchotements", mais pas facile à trouver en location.
Alors j'ai opté pour ce qui se présentait à moi, Persona en dvd.
Le début et très intriguant, je ne m'attendais pas à une telle "introduction", j'aime, j'accroche!
Les scènes sont tournées avec une telle simplicité, une telle justesseque l'ensemble n'en est que véritablement très beau!
Persona est très inovateur également, la fusion des deux personnalités pour au final se retrouver à l'opposé de ce qu'elles sont au départ se fait de façon très sensible, douloureuse et envoutante.
Et suite à cela je ne pense pas qu'à l'époque ce film était accessible à tous.
Il a beau daté des années 60, il est à hauteur voir supérieur à ce que l'on peut faire de nos jours!
Impréssionant!
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 avril 2026
Expérience de cinéma vertigineuse, Persona dissout les frontières entre identité, langage et représentation. Avec une radicalité formelle saisissante, Ingmar Bergman fragmente le récit pour sonder les zones les plus obscures de la psyché. Le face-à-face entre Bibi Andersson et Liv Ullmann devient un jeu de miroirs troublant, où les personnalités se confondent jusqu’à l’effacement. Les gros plans, d’une intensité presque invasive, transforment les visages en paysages intérieurs chargés de tension. De cette austérité expérimentale naît un chef-d’œuvre fascinant, dont le mystère continue d’alimenter les interprétations les plus diverses.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2011
Un chef-d'oeuvre du grand Bergman ! Une recherche et une réflexion incroyables. Son cinéma est toujours très enrichissant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 mai 2007
"Chaque gros plan est un gros plan de visage" (Deleuze) mais cette oeuvre montre - plus qu'aucune autre - que le visage n'est que la face visible de l'iceberg.
Un film inoubliable sur l'inconscient et la maternité.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 avril 2011
Tout simplement un des meilleurs films du monde. Interprétation magistrale, images sublimes, psychologie des personnages sidérante... Le meilleur Bergman.
Mike78
Mike78

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 août 2023
ce film est un miracle. toute la poétique de Bergman est au rendez-vous dans une forme limpide, parfaite.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 juin 2010
"Ho non, la, ya pas de baston, ya pas d'histoire, ya pas de blagues... mais c'est pas un film les gars"
... Vive les bienfaits de notre société. Et aprés on se demande pourquoi certains disent que le cinéma est un art.. Bin tiens. Faut savoir que vous etes pas obligé de faire genre "pff, faut réfléchir", c'est pas pour moi ça", vous etes meme pas obligé de parler du film.. Mais si vous en parlez, alors avouez.. C'est le minimum.
Alors oui, c'est un chef d'oeuvre, et si il s'y passe plein de choses.. mais surement pas aussi explicites que dans le dernier navet..
M'enfin, c'est un avis coup de gueule, tellement ce film est génial, et qu'il y en a qui refuse de voir le cinéma autrement qu'une comédie ou un film d'action. Alors jetez vous dessus !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 août 2007
Ben tiens ! Un des plus grands films de tous les temps. Concis, une mise en scène fabuleuse. Ce film vous prend aux tripes et celui qui dira que ce film l'a laissé indifférent, ne le croyez pas.Persona est un concentré de tous les thèmes et névroses chers à l'auteur: réflexions sur l' art et la vie,l'altérité,la non communication, l'humiliation,l'absence de dieu,la peur du néant et j'en oublie surement...Ce film,on ne peut plus onirique, vous entraine dans l'inconscient des ames et cela, par la pure magie du cinéma. Car tel est bien ce que Bergman veut nous dire: l'art dépasse la vie en ce sens qu'il nous livre le vrai sens de la vie. Avec trés peux de moyens et un travail de montage extraorinaire, Persona réussit la démonstration du pré supposé.L'artiste n'est pas dieu, il est meme pitoyable. Le public n'est pas philistin et sans lui, l'artiste n'existerait pas.La rencontre d'élizabeth, l'actice et d'alma, sa soignante,son "public", ces deux contraires et complementaires,leur symbiose,ne peut aboutir qu'à une impasse. Reste l'art,ce tout petit quelque chose, qui rend la vie supportable dans un monde absurde.... voilà tout ce que nous dit ce film : un éloge de l'art , du cinéma.La preuve par 9 : jamais un film n'a fait rarement preuve d'autant d!inventivité et de créativité et je le répète avec si peux de moyens.Conclusion: laissez vous envahir par Persona. Vous ressortirez émérveillé de ce moment de pur cinéma
Reapingdeath
Reapingdeath

18 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2026
Première rencontre avec le cinéma de Bergman, "Persona" m'a laissé une impression contrastée. Le film commence de manière étrange avec un générique et une scène introductive résolument expérimentaux, portés par une musique du même acabit. Cela m'a semblé assez séduisant et de bonne augure pour la suite. On ne saisit pas trop le lien entre cette introduction et la suite du film, mais passons. L'histoire qui nous est racontée est celle d'une actrice, hospitalisée en psychiatrie, manifestement pour dépression. Celle-ci ne parle plus et reste résolument prostrée. Sa convalescence se poursuit dans un village côtier, en tête-à-tête avec son infirmière. Si le début du séjour à la mer est assez ennuyeux, les choses commencent à devenir intéressantes lorsque des frictions émergent entre les deux femmes. Bergman est doué pour créer des atmosphères pesantes, tout en subtilité, il faut bien l'avouer.

Le film prend une tournure encore plus glaçante lorsque l'actrice se met à prendre possession de l'infirmière - à moins que ce ne soit l'infirmière qui se prend pour l'actrice, on ne sait pas trop car Bergman a volontairement voulu laisser planer le doute. Mais au bout d'un moment, je dois avouer qu'il m'a perdue. On finit par ne plus savoir ce qui constitue la réalité, le rêve, les fantasmes ou la folie, et on finit par ne plus accrocher. Dommage, car Bergman est indéniablement un grand cinéaste qui sait comment filmer (les images sont superbes !), créer la tension et diriger les acteurs. Le face-à-face entre Bibi Andersson et Liv Ullmann est saisissant, même si cette dernière ne parle pas pendant tout le film.

Bref, du bon et du moins bon dans ce "Persona", mais une chose est sûre, c'est un film singulier qui mérite un visionnage.
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