Film âpre et pas commode, difficile à saisir par moments. Mais le noyau du récit est une puissante métaphore sur l'addiction à l'image en parallèle avec l'héroïne, drogue dure qui faisait des ravages en Epagne à l'époque (Iván Zulueta, le réalisateur, est décédé d'une overdose d'ailleurs). La métaphore est d'une telle puissance, que le film reste d'une actualité intense, féroce. Par ailleurs, il y a quelques séquences qui valent pour tout le film. Ce n'est pas étonnant qu'il soit devenu un film culte, comme on dit.
Une réflexion sur le rapport morbide à la cinéphile, vue par le prisme de 3 protagonistes (un réalisateur de film d’horreur en panne de créativité, une actrice héroïnomane et un apprenti cinéaste).
Ce "classique" du cinéma underground espagnol est à réserver à un public averti. Une sorte de branIette expérimentalo-philosophique sur la cinéphilie.
En ce qui me concerne, je n'ai absolument pas réussi à y adhérer, j'ai pourtant insisté (et résisté) longuement (le film dure péniblement 2h) et contrairement à quelques spectateurs dans la salle, je n'ai pas quitté la séance en plein milieu, me raccrochant à l'idée que peut être, le film finirait tant bien que mal par me surprendre (ce qui n'arrivera jamais).
Arrebato (1979) est un trip psychédélique qui donne l'impression d'avoir été réalisé sous acide, la bande-son est abjecte et irritable au plus haut point (composée de divers bruits dont la "boite à meuh" à répétition, au point de vouloir s’en crever les tympans) et surtout, la voix du narrateur est insupportable (celle de l'autiste / apprenti cinéaste qui passe le plus clair de son temps devant sa caméra Super8 ou à tripoter du slim).
L'intrigue est chiantissime et difficilement explicable spoiler: (il est question d'un "non-monde" où la caméra finit par dévorer/ absorber son sujet, d'obsession, d'addiction, de la mort, de la perte de soi, …) .
Bref, j'ai été dans l'incapacité totale de lâcher prise et d'y adhérer pleinement, de comprendre les personnages, le sens (voir même l'intérêt) du film, c'était très long et éreintant. Je suis visiblement passé à côté de quelque chose de formidable, puisqu’à en croire certains médias, il s’agit d’un d’un film culte, voire même d’un chef d’oeuvre.