Les frères Dardenne offrent un rôle sur mesure à Olivier Gournet dans ce drame tendu et parfois poignant. On pense rapidement comprendre les tenants et aboutissants du scénario mais les Dardenne ont plus d’un tour dans leur sac et c’est une fois que les enjeux se dessinent vraiment que le métrage prend un tout autre sens. C’est fort et si l’on apprécie le style tout en retenue et peu propice à la joie des réalisateurs, on n’est pas à l’abri de se laisser embarquer une fois encore avec eux pour découvrir la définition du véritable pardon.
Un film austère et fort qui montre la résilience de cet homme qui a choisi le travail et le partage de son savoir pour en quelque sorte exorciser sa douleur sourde et rééduquer ce jeune en échec. C’est de savoir ce qu’il a fait qui lui permet de comprendre le jeune et à la manière d’un Victor Hugo qui prônait l’instruction et non l’enfermement, lui donner une seconde chance. C’est vraiment dense et passionnant
Malgré ses ressorts dramatiques et la qualité de son interprétation, je suis resté pour le moins insensible à ce drame des frères Dardenne dont le cinéma dépouillé peut rendre – ce fut le cas pour moi – l’accès très difficile. On s’ennuie ferme sur un récit évoquant pourtant un sujet fort.
Sujet intéressant, mais au bout d'une heure de film, on commence à sentir des longueurs. Il aurait fallu couper environ 10 minutes au montage pour donner un peu plus de rythme à l'ensemble. Olivier Gourmet dans le rôle du formateur dans un centre pour apprentis en menuiserie est crédible dans ce rôle réaliste. La question du pardon face au pire est centrale dans ce film. Toutefois tout se déroule sans grands discours. Nous ne saurons jamais vraiment pourquoi le personnage incarné par Gourmet choisit la voie du pardon. Les raisons lui sont propres, et c'est au spectateur de faire ses propres déductions.
Chez les Dardenne, tout semble toujours partir d’un geste : ici, ce n’est pas tant le pardon qui est interrogé que la possibilité même d’un geste vers l’autre, quand cet autre est porteur d’un passé que nul mot ne peut réparer.
Le film entier est suspendu à ce que l’on ne sait pas et même lorsqu’on l’apprend, rien ne se débloque. Olivier, lui, sait déjà. Il a reconnu l’adolescent. Il a compris. Et tout le film se tiendra dans cet intervalle de non-dit, entre le moment où le personnage sait et celui où le spectateur commence à ressentir.
Ce garçon, coupable d’un meurtre que le film n’explicite jamais, devient à la fois l’ennemi et l’occasion d’un renversement. Ce que tente Olivier, sans se l’avouer, ce n’est pas de pardonner : c’est de désamorcer l’idée même de vengeance. Il ne cherche pas à éduquer Francis, mais à ne pas se perdre lui-même. Il le regarde, le jauge, le mesure comme un morceau de bois qu’on ne sait pas encore s’il faut le scier ou le garder.
Il y a si peu de mots, dans Le Fils. Si peu d’explications. Le silence du travail, le silence des repas, le silence du regard. Le film ne nous dit jamais comment Olivier souffre, ni même s’il souffre encore. Il ne fait que poser, en creux, cette question terrible : que reste-t-il quand la justice a été rendue mais que rien n’a été réparé ?
L’idée du film est intéressante et les acteurs principaux ont tant à dire sur le tragique de la situation. Mais on tourne en rond, c’est long, c’est long, et ça finit sans voix et sans voie. Et puis cette façon de filmer les gens par l’arrière, la caméra fixée sur l’objectif, la tête dans le guidon, est déconcertante et même gênante. Bref, un gisement d’or qui n’a pas été exploité !
Vu en VOD, alléchée par la note de la presse. Je me suis rarement autant ennuyée !!! C'est long, long, il ne se passe rien, l'acteur principal passe sont temps à monter et descendre des escaliers, à monter dans sa voiture, à avoir l'air de réfléchir, de douter. Tout est lent et sans émotion. Tellement ennuyeux qu'on se met à en rire (avant d'être malade tant la caméra bouge en permanence). Et puis des incohérences graves. Comment ce gamin a-t-il pu être envoyé en apprentissage précisément chez ce menuisier ? Personne n'a rien vérifié avant ? Et comment ce gamin peut-il ne pas se souvenir de cet homme ? Un film prétentieux, des critiques presse incompréhensibles. Bref, à fuir.
L'air sévère et ombrageux, Olivier enseigne la menuiserie à quelques jeunes apprentis. Un nouvel élève arrive, qui semble le bouleverser. On saura pourquoi au cours du film. Le drame psychologique des frères Dardenne se fonde sur une situation exceptionnelle pour laquelle l'acteur Olivier Gourmet compose un homme accablé par le souvenir, soucieux de découvrir qui est, au sens de la personnalité, son nouveau jeune élève, et comme désireux de tisser une relation filiale avec lui. La caméra des frères réalisateurs tournoie autour d'Olivier, colle au plus près du personnage pour capter sa fébrilité, son émotion indicibles. Cette façon de procéder qui bannit le plan large, qui se consacre exclusivement à la vérité des personnages, n'est pas sans faire naître un sentiment de claustrophobie... Et ce d'autant qu'on n'est pas forcément touché par la souffrance uniforme du menuisier. Le sujet des Dardenne m'a semblé parfois étriqué, voire affecté sinon artificiel. Conjointement à la symbolique du bois, le film montre les approches d'Olivier amorçant un dialogue difficile mais utile à exorciser sa douleur. Son émotivité intériorisée ne nous atteint pas toujours.
Désolé ce film est décrit comme réaliste par plusieurs mais il est toutefois truffé d’erreurs au niveau de la psychiatrie clinique. Les erreurs présentées à ce niveau sont tellement majeures qu’elles peuvent expliquer à elles- mêmes l’issu du film. 1) On ne sépare pas une personne en détresse suicidaire de ses parents pendant des jours 2) On intervient pour connaître les enjeux personnels et familiaux, les parents sont questionnés 3) Si il y a indication absolue de garder hospitalisé , la décision légale revient aux médecins 4) Les parents ne peuvent savoir qu’une personne qui s’améliore trop vite est à risque très élevé de suicide.Très mauvais film du point de vue stigmatisation de la maladie mentale perpétuant le mythe de la psychiatrie qui enferme les enfants et les gavent de médicaments!!!
Un chef d'oeuvre. Une leçon de cinéma organique et tendu, et ce sans violence. Et la mise en scène qui s'articule autour de prestations d'acteurs excellents et une volonté des cinéastes d'aller toujours à l'essentiel sans chi-chi, en purgeant le superficiel. Magnifique.
Attention il ne faut pas lâcher car le film démarre (enfin ne démarre pas plutôt) très très lentement. En plus on ne voit pas grand chose à part des gros plans, il n'y a pas de musique (alors que j'avais bien apprécié quelques courtes mesures orchestrale du mouvement lent du 5ème concerto de Beethoven à divers moments dans "le gamin au vélo" et enfin un passage plus long avec l'entrée du piano comme une libération dans le générique de fin). Ici rien de tel juste des bruits d'un atelier assez sinistre (mais là encore c'est fait exprès). Mais connaissant les Dardenne; je suis quand même resté et je ne le regrette pas car la seconde partie avec l'arrivée de l'excellent Morgan Marinne illumine le film. Pourtant à ce moment-là j'étais persuadé que cet adolescent voulait s'excuser auprès du père meurtrie qui aller se laisser attendrir après l'avoir refuser (sino pourquoi choisir juste cet atelier pour apprentissage) et ce pour la simple raison que sa vie depuis le drame de la mort de son fils était morne comme le signifie le début du film. Ben je me trompé... Et puis en effet comment ce jeune enfermé à onze pour cinq ans aurait-il pu oublier le nom du jeune du même âge qu'il a tué, si encore il est possible qu'il est oublié la figure paternelle lors du procès. Ben non j'oublie toujours qu'avec le cinéma il faut passer sur les invraisemblances ! Alors ok c'est donc le père qui cherche une raison de ne pas haïr plus avant ce meurtrier qu'un malin hasard met en contact très proche... et bien lui en prendra car en fait il trouvera dans cette relation la force de le pardonner. Comment ? Difficilement on s'en doute, avec l'opposition et l'incompréhension de la mère de l'enfant tué, avec la vendeuse qui veut les rassembler trop vite, les prenant sans doute comme étant de la même famille, en proposant que le père paie l'addition des deux (ce qu'il avait l'intention de faire en demandant à son apprenti si il avait faim), en ne comprenant pas vraiment ce qu'il cherche exactement dans ce rapprochement (Olivier Gourmet joue tous ces moments avec un réalisme surprenant). Il finira pourtant par trouver une raison à la mort de son fils voyant la peur du jeune à l'annonce de son lien avec sa victime malgré son regret tout égocentrique, grâce au revirement de celui-ci venant après la fuite, finir de lui un coup de main en preuve de sa compassion. Cet ado paumé avec un père absent et une mère éloignée depuis le drame (ou peut-être même avant) mais en recherche d'un adulte pour le guider. Un beau film donc qui a quelque chose à dire (et ce n'est pas si courant) et qui le dit bien (et c'est tout ce que l'on demande au cinéma après tout).
cinéastes exigeants, les Dardenne nous proposent un cinéma physique qui filme de près les épaules rentrées d'un Gourmet jouant Olivier avec un intériorité impressionnante. Pas d'artifice musical, une tension venant du seul parcours des acteurs et de la montée très progressive d'une confrontation vers une fin ouverte comme toujours chez les deux frères: spoiler: pardon, rejet ou adoption ? Une réussite pour appréhender leur travail précis de mise en scène. Festival Lumière 2020
Oui, Olivier Gourmet est formidable. Mais la sécheresse du film des frères Dardenne peut vraiment rebuter. Quand on connaît le drame qu'il a vécu, on comprend mieux pourquoi il est en mode zombie. Les frères nous le montre longuement dans son quotidien morne. Formateur en menuiserie. Ce sont toujours les mêmes gestes, le même regard vide, les mêmes déjeuners pris sur le pouce. Le tout filmé caméra à l'épaule en plan-séquence. C'est tempête sous un crâne. Derrière, on devine chez lui de la colère, de la souffrance, de la haine, de la rancune, du regret. Ça fait beaucoup pour un seul homme. Un homme brisé, qui plus est. Même si des années se sont écoulées, est-il prêt à pardonner ? C'est difficile à dire. Une partie de lui doit être d'accord. Une autre ne l'est pas. Et les deux s'affrontent. C'est plus facile pour le jeune sorti de prison. Lui, estime qu'il a payé sa dette. Que c'est du passé. Que tout est effacé. Alors que non. La solitude, elle, elle reste. Et c'est elle qui accompagne Olivier tous les jours. Chez lui, dans son appartement, au travail, n'importe où. C'est pour ça qu'on ne sait pas trop à quoi il joue avec cet apprenti. Il a envie de lui donner une seconde chance mais il y a un dégoût en parallèle. L'envie d'avoir une explication. Tant qu'il n'aura pas refait sa vie, qu'il n'aura pas rencontré quelqu'un d'autre, tant qu'il n'aura aucun loisir pour lui vider la tête, il ruminera. Sa vie n'a pas fini d'être grise.
Un film très austère écrit et mis en scène par Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne. Un drame sans musique, avec des dialogues minimalistes et peu de décors extérieurs, mais d'une intensité impressionnante. Bien qu'étant d'une extrême simplicité, le scénario original des frères Dardenne fait preuve d'une superbe progression dans l'intrigue ; la lenteur calculée de l'histoire accroît l'intensité de ce puissant malaise programmé. Filmé de près (et même de très près), Olivier Gourmet dans le rôle principal, est magnifiquement mis en images. Il se révèle excellent dans ce personnage de père malheureux. Il a reçu a juste titre le Prix d'interprétation masculine pour ce rôle à Cannes en2002.
Un film absolument éblouissant et bouleversant qui dit mille choses en un silence et en un plan, en une coupe de montage. Les frères Dardenne se sont admirablement emparé du langage cinématographique pour servir leur propos. Et Olivier Gourmet est magnifique.