Comédie horrifique, coécrite et réalisée par Stuart Gordon, Re-Animator est un très bon film. L'histoire nous fait suivre Herbert West, un étudiant en médecine à l'université du Zurich, qui tente de ramener à la vie son professeur Dr Hans Gruber, sans succès. Suite à cela, l'homme se rend à l'université Miskatonic à Arkham, dans le Massachusetts, où il y suit les cours du professeur Carl Hill sur la physionomie et le fonctionnement du cerveau. En désaccord, les deux hommes s'opposent car West prétend pouvoir vaincre la mort. Cherchant un domicile, il s'installe en colocation avec un autre étudiant, Dan Cain. Ce dernier fréquente en secret Megan Halsey, la fille du doyen de l'université. Dans la cave de l'immeuble, transformée en laboratoire, West met au point une étrange mixture qui, selon lui, permettrait de réanimer les morts. C'est ainsi que Dan se laisse embarquer dans les expériences d'Herbert. Ce scénario, adapté librement de la nouvelle Herbert West, réanimateur d'Howard Phillips Lovecraft, publiée en 1922, nous transporte pendant un peu plus d'une heure et demie dans une intrigue aussi farfelue que prenante. Celle-ci donne le ton dès sa scène d'ouverture et ce dernier s'intensifie ensuite au fil des minutes. On assiste pendant tout ce temps à un récit traitant de l'expérimentation scientifique sur un ton aussi drôle que gore. Ce mélange des genres donne lieu à des scènes saugrenues dans lesquels le sang gicle avec humour. Tout cela est franchement drôle et peu effrayant mais sacrément divertissant, voir carrément hautement jouissif dans sa dernière partie en totale roue libre. L'ensemble est porté par des personnages marquants, interprétés par une distribution convaincante comprenant Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Barbara Crampton, David Gale, ou encore Robert Sampton pour les rôles principaux. Tous ces individus entretiennent des rapports de rivalité amusants et inquiétants. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène nous plonge dans un bain de sang dans un environnement morbide. De plus, les maquillages et les effets spéciaux répugnants sont d'un excellent niveau, permettant ainsi de crédibiliser cette immense boucherie. Ce visuel sanguinolent est accompagné par une bonne b.o. signée Richard Band. Ses compositions collent bien à l'ambiance et à l'action. On retiendra surtout le thème principal revisitant celui que Bernard Hermann écrivit pour le film Psychose d'Alfred Hitchcock. Cette expérience mortelle s'achève sur une fin réussie venant mettre un terme à Re-Animator, qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert.