Le Souffle au coeur
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2026
Sans sembler émettre de jugement sur ses protagonistes, cette étude de moeurs brosse un portrait éminemment déplorable de la bourgeoisie: père obnubilé par son travail (ou sa secrétaire?), épouse accumulant les amants, enfants se prenant pour des rebelles (de pacotille) fumant, osant des farces puériles, humiliant ou volant leurs proches, méprisant les employées de maison, jouant les adultes blasés. Or, dans cette famille, se remarque un rapport au corps extrêmement malaisant, objet de domination, de violence, d'appropriation. Evidemment cette caractéristique s'exprime pleinement dans la relation pervertie entre la mère et son jeune fils (impressionnant Benoît Ferreux) dont l'intimité (même si elle n'avait pas mené jusqu'à l'inceste) marque un dysfonctionnement profond. En arrière-plan se dessine la situation socio-historique du pays alors que la guerre en Indochine touche à son dénouement - et que le jazz se déploie - ainsi que les (terrifiantes!) méthodes éducatives d'alors, entre risque de pédophilie et crainte du dénigrement (Michael Lonsdale tout en glauque ambiguïté). Louis Malle ose traiter de sujets tabous avec une neutralité embarrassante...
No Quarter
No Quarter

9 abonnés 538 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 février 2026
Peinture d'une bourgeoisie rigide. Gamins insupportables, relation mère fils qui tourne à l'inceste. Une réalisation sobre et le jeu de Léa Massari qui apporte une touche de charme subtil. Un bon film mais un peu longuet.
Christoo H
Christoo H

2 abonnés 44 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 janvier 2026
J'aime globalement beaucoup le cinéma de Louis Malle, mais là j'avoue ma perplexité. Certes les histoires d'adolescents me laissent généralement de marbre, mais là on cherche à comprendre ce qu'a voulu dire le cinéaste, j'ai une impression d'avoir regardé une collection de scénettes mises en lien par une histoire sans grand intérêt, avec interprétations hasardeuses de certains comédiens ... à oublier.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 janvier 2026
Le Souffle au coeur traine une réputation sulfureuse que le temps n'a certainement pas arrangé : si c'est bien la thématique de l'inceste qui a fait scandale à la sortie du film, on peut en dire autant aujourd'hui de cette façon dont Malle sexualise en fait les rapports entre tous les personnages ici - frères, amis, et parents. Tout cela est inévitablement dérangeant, d'autant plus quand on considère que le personnage principal était joué par le très jeune Benoît Ferreux, 15 ans à peine et une allure particulièrement juvénile.
Pour autant, il est aussi évident qu'il y a dans ce film un vrai savoir-faire, et que tout ce scandale n'est pas complètement gratuit. Il dit sûrement quelque chose de l'adolescence et du passage à l'âge adulte, de ce qu'il a de douloureux et étrange, de ce qu'il fait à la psyché. Cela ne fait certainement pas de ce film de Louis Malle un chef d'oeuvre - et probablement pas non plus un film culte, n'en déplaise à ses quelques fans célèbres comme Wes Anderson - mais cela reste une proposition intrigante dans le cinéma français post-68, et un intéressant document d'époque. On pourra retenir aussi un lieu de tournage remarquablement bien trouvé car aussi désuet qu'évocateur : la station thermale de Saint-Honoré-les-Bains dans le Morvan.
Cult K Monde
Cult K Monde

4 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2025
Vu pour la première fois lorsque j'étais encore trop jeune pour comprendre l'entièreté de ce film. Dix ans plus tard, j'ai enfin compris pourquoi il m'avait tant marqué ! J'aime l'authenticité de la vie familiale de ce jeune garçon, les scènes entre frères et cette deuxième partie où Laurent se cherche et découvre la séduction. Il veut devenir un homme, mais il est encore un enfant, et cette nuance est incroyablement bien représentée.

Tout est d'un réalisme incroyable, presque théâtral, tellement juste. Laurent ne veut plus être un enfant, et son amour pour sa mère devient confus. Il est poussé à grandir trop vite par la pression sociale, par l'idée qu'il doit représenter une certaine image de la bourgeoisie. Ce film montre la difficulté pour un jeune garçon de penser qu'il doit devenir un homme pour séduire, et qu'il ne veut pas être considéré comme un enfant. Mais vouloir grandir trop vite peut être dangereux, et c'est là toute la beauté de ce film, signé d'un scénario parfaitement maîtrisé. C'est en comprenant bien le film qu'on comprend que certaines scènes ne peuvent pas être censurées.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 février 2025
Sorti en 1971, dans un contexte post-soixante-huitard marqué, Le souffle au cœur est resté célèbre pour sa scène incestueuse entre une mère et son fils. Si elle a toujours été au cœur de la polémique, cette séquence qui se déroule dans les dix dernières minutes du film, est encore plus décriée aujourd’hui, tant elle présente cet acte de manière frivole et anodine. Au delà de cette séquence, qui se déroule dans un deuxième partie du long-métrage un peu longuette, le film vaut surtout pour sa première partie, qui se déroule à Dijon en 1954, au cours de laquelle le provocateur Louis Malle, s’amuse à éreinter une société bourgeoise décrite comme ennuyante et creuse, et qui contraste avec le portrait d’une jeunesse aspirant à casser les codes de leurs aînés – ils commettent des petits larcins, méprisent l’importance accordée à certains marqueurs de leur classe (le tableau de Corot) et sont très portés sur les questions de sexualité. Plus encore, il dresse un portrait au vitriol de l’institution catholique, à travers le personnage d’un prêtre ostensiblement attiré par les jeunes garçons génialement interprété par Michael Lonsdale. Inspiré de la propre vie du réalisateur, cette chronique adolescente sur la perte de l’innocence vaut le détour.
Mac Murphy
Mac Murphy

9 abonnés 272 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2024
Un film remarquable que je viens seulement de découvrir. Louis Malle y fait une satire au vitriol de la bougeoisie provinciale tout en abordant avec une rare subtilité une relation ambiguë puis carrément incestueuse entre le jeune heros (en pleine éducation sentimentale) et sa mère. Les decors, la bande son (des morceaux de jazz exceptionnels) nous plongent également avec bonheur au milieu des années 50. On n'est pas très loin ici du chef d'oeuvre.
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2024
Le film débute par la présentation d'une famille bourgeoise de Dijon dans les années 50, le père rustre et peu présent est gynécologue, sa jolie femme infidèle est italienne, ils ont 3 fils très turbulents. Louis Malle s'intéressera surtout à Laurent, le plus jeune, un passionné de Jazz (des posters de Charlie Parker sont au mur de sa chambre) mais aussi de littérature (il lit Boris Vian, Marcel Proust, Albert Camus), il découvre les débuts de la sexualité. Il tombe malade et a un souffle au coeur suite à un rhumatisme articulaire aigu (la ressemblance avec la vie de Boris Vian est évidente on l'aura compris). Cette fragilité le rapprochera de sa mère, déjà très aimante, et ira jusqu'à l'inceste. Cependant, Louis Malle ne présente pas cela comme un besoin sexuel mais plutôt comme quelque chose qui est arrivé de manière naturelle, un peu désinvolte. Le film a peut être choqué à l'époque mais l'inceste n'est que la toute fin du film. Le reste est une comédie et la description d'une famille bourgeoise loin d'être exemplaire! Les interdits, le sexe et la rigolade sont de mise, ce n'est pas une famille coincée, loin de là! J'ai adoré l'ambiance Jazzy et les nombreuses références littéraires qui jalonnent le film, la BO de Charlie Parker et de Sidney Bechet est vraiment agréable. Un très bon film.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 décembre 2024
L’éducation sentimentale troublante (voire bien choquante à la fin) d'un jeune bourgeois de province découvrant la sexualité face à sa mère incarnation de la séduction (incarnée par la sublime Léa Massari, ceci (n’)explique (pas) cela).
SB88
SB88

35 abonnés 1 574 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2024
Très moderne pour l'époque sur le thème de la famille et de l'adolescence très turbulente.
Il y a beaucoup de longueurs et le film s'essouffle donc car l'intrigue est inexistante. Intéressant pour le portrait de cette famille et le passage avec le prêtre très...en face de la réalité....
L'ado a une bonne bouille, ça aide à aller jusqu'au bout du film
3/5
GéDéon
GéDéon

133 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 novembre 2024
Ce film de Louis Malle a suscité une vive polémique lors de sa sortie en 1971 compte tenu des sujets évoqués. En effet, dans ce récit découpé en deux actes, le réalisateur aborde avec un réalisme brut l’éveil sexuel d’un jeune adolescent. Si la première partie contient la lecture amusée des agissements d’une famille bourgeoise décadente, la seconde se veut plus intimiste avec la relation équivoque entre une mère (Lea Massari) et son fils. Le fait de ne porter aucun jugement de valeur sur cet agissement incestueux renforce le caractère provocateur du propos. Malgré tout, le comportement irrespectueux des différents personnages masculins demeure trop caricatural. Bref, une comédie de mœurs restant très audacieuse pour son époque.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 octobre 2024
Un film détonnant et surprenant qui vu en 2024 nous parait tellement moderne, tellement libre, tellement frais, tellement anticonformiste. C’est un film que l’on ne pourrait plus faire aujourd’hui, plus possible de monter une telle production, pas même de l’écrire , car les mœurs ont bien changé et le politiquement correct à ( presque ) complétement envahi l’espace culturel. En premier lieu il faut apprécier l’effet de mise en abime utilisé par Louis Malle , en situant son récit dans les années 50, mais utilisant des thématiques très années 70’s, l’espace libertaire parenthèse de cette « décennie d’or » : tel que la libération de la femme, la liberté sexuelle, le parler cru , la dénonciation du rôle ambiguë, voir border line , des prêtres et de l’église , la politique , l’immigration. Et de fait le film reste complétement d’actualité sur toutes ces thématiques. Plus que le thème de l’inceste, come on le dit souvent, qui n’occupe que 5mn du film et qui est traité de manière très tendre, très respectueuse, comme l’aboutissement d’une relation fusionnelle, mais sans suite, rien de malsain, le film traite de l’éducation sensuelle et sexuelle d’un jeune garçon de 14 ans d’un milieu bourgeois, néo-catholique mais très moderniste . Et certaines scènes nous paraissent, encore aujourd’hui, effectivement complétement hors sol, surréaliste, presque Buñuelienne par leur hyperréalisme : masturbation masculine, mesure des sexes en groupe, visite au bordel, couple principal très libéré qui trompe leur conjoint tout naturellement. Le film ne soucie pas de la morale bourgeoise, il y a une « amoralité » fraiche, presque Rousseauiste, naturelle , c’est le fil rouge, une liberté absolue tout particulièrement dans le personnage de Léa Massari , féministe , libre, formidable actrice ,et qui tient là son meilleure rôle, pour le cinéma français . Une grande beauté et un charme irrésistible. A noter une bande son jazzy exceptionnelle tellement en phase ( et pourtant je n’aime pas le jazz), mais là c’est juste perfect. La réalisation de Malle est sobre et élégante, avec des dialogues incisif et empreint de culture iconoclaste ; citations multiples de Albert Camus, Boris Vian, Proust et même de Brasillach le pestiféré (car les trois jeunes frères sont de fins lettrés). Encore une fois, comme dans le superbe « Feu Follet », Louis Malle arrive par un effet looping , à créer un film intemporel, décalé, d’une modernité, d’une acuité mordante. Chapeau bas
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2024
On a eu beau considérer que l'inceste constituait le sujet de ce long-métrage, il n'en reste que très peu aujourd'hui, plus de 50 ans après sa sortie. Tout d'abord parce que cette séquence est fort chaste et ensuite car elle dure moins de cinq minutes. Le film est donc plutôt la chronique de l'émancipation progressive d'un adolescent souffreteux, issu d'une famille bourgeoise, brutalement coaché par ses frères aînés, admirateur de Charlie Parker et de Dizzy Gillespie, et, plus que tout, amoureux d'une mère toujours belle, qui collectionne les amants (sublime Léa Massari).
On y trouve une vraie sensibilité et un ton d'auteur indéniable mais le tout est submergé par un académisme puissant qui sied peu à cette évocation de l'adolescence. A ce "Souffle au cœur", on peut aisément préférer certaines œuvres de Pialat ou d'Eustache autrement plus intenses.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2024
spoiler: L'inceste
, dont certains se sont complaisamment effarouchés comme si Malle en faisait l'apologie, entre un adolescent et sa mère n'a, en jugeant du tact de Louis Malle, rien d'indécent ni de hideux, et n'est que la péripétie finale, la conclusion, d'un malaise affectif que le cinéaste signifie tout au long du film.
Sans rentrer dans le détail psychologique, "Le souffle au coeur" reste avant tout le portrait d'un adolescent ordinaire et sensible qui s'éveille au sentiment et à la sensualité. Avec pudeur, mais sans tabou, Louis Malle affine le portrait de Laurent, évoque l'affectivité et le caractère de l'adolescence sans tomber dans les clichés ou les généralités.

La justesse du milieu familial et social dans lequel vit le jeune Laurent contribue à la vérité du personnage (quelle est sa part autobiographique?) et, irréductible du sujet, cette peinture de la bourgeoisie du début des années 50 détermine son originalité. Entre un père distant et une mère oisive, l'adolescent bénéficie avec ses frères, dont il se distingue par l'intelligence, d'une grande liberté et semble peu contraint par l'éducation bourgeoise et religieuse qu'il reçoit. De sorte que le film n'est ni austère ni affecté mais humain et vivant tout simplement.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mars 2024
Le jeune Laurent Chevalier semble être un avatar du cinéaste, qui s’empare de la suspension morale chez l’adolescent comme d’un garde-fou à partir duquel représenter le trouble sexuel d’un être entre deux âges, tiraillé entre l’innocence de l’enfant et la maturité de l’adulte, écart que reconnaissent volontiers divers personnages rencontrés, des femmes matures fréquentant la maison close au père Henri qui caresse la cuisse du petit pécheur. Louis Malle investit le milieu bourgeois de la plus détonante façon qui soit, opposée à l’approche d’un Claude Chabrol par exemple : il en fait un espace où l’ordre moral se renverse, où les frères comparent la taille de leur sexe et abordent des thématiques aussi variées que le suicide, où la mère trompe sans vergogne son mari sous les yeux des passants, des enfants et de la gouvernante, où le mari tente de reconquérir le lit conjugal, bien trop étroit pour deux personnes, où le jazz enfin, modernité musicale et révolte sociale, relie les séquences entre elles.
Le long métrage prend des allures de comédie de mœurs, et son audace tient alors au regard respectueux porté sur la vie privée, notion chère au cinéaste, au contact de normes sociétales et de valeurs morales tour à tour contraignantes et hypocrites. La relation incestueuse qui se construit pas à pas entre mère et fils est traitée avec un naturel et une douceur qui déconcertent, reflet de deux époques – puisque les années 70 dialoguent avec les années 50, temporalité revendiquée de la diégèse – disposant chacune de sa réglementation morale distincte. Le Souffle au cœur reste ainsi en mémoire pour l’atomisation de la définition consensuelle de l’adolescence, rétablie dans sa complexité et dans son trouble fondamentaux. Un grand film, malgré quelques longueurs.
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