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Emmanuel Cockpit
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1,0
Publiée le 27 août 2024
Ce n’est pas parce que le sujet du film est tabou et qu’il a été peu traité au cinéma que c’est un chef-d’œuvre. La réalisation et pâle avec beaucoup de scènes où ça discute sans intérêt. Le héros est peu crédible et même énervant avec son accent du midi et ses sourcils froncés en permanence. C’est difficile de pénétrer sa psychologie, sinon qu’il reste un paysan un peu abruti. Dans l’ensemble, les personnages ne sont pas attachants sauf le couturier et sa fille. Le changement d’attitude de Lucien est peut détaillé et son intégration dans l’équipe de police allemande est peu crédible. Bref un film qui survole le sujet, sans profondeur et sans beaucoup d’intérêt. Déçu !
C'est un sujet passionnant , un film réellement interressant et bien fait mais malheuresement il y a vraiment trop trop trop de longueurs a mon gout , dommage , c'est quand meme un bon film
Par quel concours de circonstances un Français lambda se retrouve à collaborer avec les Nazis durant l'Occupation ? Voilà la question posée par ce film. Elle n'y répond qu'en partie. On comprend bien que finalement, ce pauvre type se laisse guider par sa rancœur et par l'appât du gain, et qu'il ne partage en rien les thèses racistes nazies. Très bien. Mais le personnage est trop superficiel, on a l'image d'un gros bourrin ne ressentant rien si ce n'est du désir pour la jolie [je ne suis pas convaincu] juive. On ne voit pas assez ses faiblesses. Il s'agit d'un ado égaré dans un milieu de fanatiques du régime nazi. Par ailleurs, on peut reprocher au film une certaine lenteur. Du coup, je reste un peu sur ma faim.
Un film complexe par la psychologie du personnage principal et le refus radical de trancher quant à ses choix. Ce n'est pas un pamphlet anti-collaboration, mais plutôt le portrait d'un jeune homme balloté par le jeu des évènements ; il ne collabore pas par conviction, pas plus qu'il ne voulait joindre le maquis par conviction. Sa personnalité, tour à tour violente et naïve, le mènera à toutes les contradictions. Il est comme inconscient. Le film est aussi l'occasion de toucher au climat d'une période décidément très sombre de notre histoire.
Quel film ! Louis Malle nous démontre que la frontière entre le bon et le mauvais est souvent ténue. Il ne juge pas et laisse à chacun le soin de poser ses propres jugements ; c'est sans doute ce qui en a dérangé certains.
D'abord le choix du casting s'avère aussi judicieux que primordial. L'acteur Pierre Blaise joue à contre coeur dans le film, son côté grincheux et mutique est ainsi naturel et sert à merveille son personnage immature et paumé, tandis que Aurore Clément alors débutante également est à l'époque décrite par le réalisateur comme "paniquée devant la caméra" et "manquant de confiance en elle", ce qui serait tout aussi compréhensible pour une jeune femme juive en couple avec un membre de la Gestapo ! Par contre, il est vrai que Lucien/Blaise est si immature, si en retrait des choses qu'il est impossible d'avoir un minimum d'empathie pour lui, il est trop alexithymique ce qui crée un décalage avec France/Clément qui est constamment entre l'effroi et l'amour éperdu. En effet, Lucien Lacombe n'est nullement nazi, il est juste un ado paumé sans culture suffisante pour s'y intéressé, il est surtout issu d'un milieu modeste voir pauvre qui le pousse à choisir la facilité pour une condition matérielle et sociale plus aisée. Louis Malle signe un drame sans doute un peu trop clinique mais le scénario reste d'une intelligence et d'un à-propos qui pousse à la réflexion tout en étant digne d'un authentique témoignage. A conseiller. Site : Selenie.fr
Le film a le défaut d'être particulièrement laborieux dans son déroulement. C'est certainement voulu par son réalisateur qui voulait montrer comment la progression s'opère par paliers chez ce jeune pour devenir collabo. Avec cela, le film est très bien filmé mais ne m'a pas intéressé plus que ça car j'ai trouvé ce jeune acteur assez moyen.
Évoquant le destin d’un jeune garçon naïf qui s’engage dans la collaboration par opportunisme, Louis Malle signe un drame glaçant, au scénario intéressant et courageux, mais plombé par un sacré manque de rythme.
Un film qui fit beaucoup de bruit à sa sortie, tant le sujet de la collaboration, des jeunes embrigadés dans la milice vers la fin de la guerre 39-45 , effectuant toutes les sales besognes des nazis, était un sujet sensible . Le film avait été perçu comme peut -être un peu « bienveillant » avec le héros principal, tentant d'expliquer l'inexplicable, il créa une grave polémique qui spoiler: poussera d'ailleurs Louis Malle à l'exil . Revu en 2024 le film a mal vieillit, très lent, filmé sans brio, Louis Malle , pourtant souvent très bon , a du mal à trouver un bon rythme. Le sujet du « déterminisme », du choix par hasard de son héros qui aurait voulu s'engager dans la résistance, mais finira avec les miliciens, est bien le centre du film. On a vite compris. ';histoire d'amour avec Aurore Clément, dans son premier rôle (la meilleure du film) est peu crédible, et poussive. Le personnage du héros est quand même très brut de béton, un peu benêt et trop rustique.
Bien que le réalisateur veuille sans doute montrer comment les circonstances peuvent créer un collabo, la cruauté brutale de Lucien, son absence de conscience politique, son inconséquence niaise l'y prédestinaient pour le moins! Et quand il se rend auprès d'un résistant, c'est par oisiveté, ou par naïveté, non par conviction - ce que son interlocuteur perçoit dans un mélange d'humanité et de lucidité. Évidemment, en obtenant un pouvoir (néfaste), le personnage n'en devient que plus cruel, plus abject, plus inique - en restant ignorant. Face à lui, de manière attendue, les autres partisans de Pétain affichent un cynisme amoral non dépourvu de cupidité, de sadisme ou de haine (c'est selon) tandis que les résistants (dont ce drame a au moins l'honnêteté de montrer qu'ils sont en minorité) vivent avec la même menace constante que les Juifs de "zone libre" (saisissant Holger Löwenadler - quoi que le comportement suicidaire de son personnage surprenne). Quant au pseudo récit initiatique, il se double d'une romance invraisemblable (dont la présence semble surtout une volonté de provocation) au lieu d'insister sur le quotidien des Français d'alors, élément au final le mieux maîtrisé... Faussement subversif.
Un film sur la collaboration qui ne va pas au bout de sa démarche dénonciatrice en multipliant les invraisemblances dans la deuxième partie du film. Il y a du bon et du très folklorique dans ce film qui se veut historique. Ce qui tient la route : La dérive du jeune est crédible et bien amenée. Elle est cohérente avec une certaine prédisposition à la violence et au sadisme du personnage principal qui apparaît dès les premières minutes. Un réel travail de reconstitution historique a été effectué: le lieu de travail de la Gestapo est des plus fiable , le conflit entre les collaborateurs et les résistants l'est tout autant ; embuscades et crimes de part et d'autre. La violence est partout ! Pour ce qui est du casting, l'acteur principal s'en sort pas si mal bien que certaines lignes de dialogue tiennent plus de la récitation que d'autre chose. La photogénie est glaciale et je me demande s' il jouait mal ou si il se laissait aller à l ' improvisation. L'acteur incarnant le rôle du père juif livre une prestation remarquable: un jeu sobre et intense sans aucun pathos. Ce qui déraille : Je n'ai pas très bien compris pourquoi mais Louis Malle veut à tout prix humaniser au maximum son collabo. Quoi de mieux que de le faire tomber amoureux d'une juive? Lorsque l' on connaît le degré d'antisémitisme dans la Gestapo ( et dans la société française dans les années 40 en général ) à l'époque , on se pince au point de s'arracher le bras. Je veux bien croire que ce pauvre Oui-Oui Lacombe a vu de la lumière et qu'il est entré chez les collaborateurs mais quand même ! Une famille de juifs vit en se cachant à peine à deux pas de la Gestapo. Tranquillou, pépère, en 1944 ! Pratiquement pas de stress : oh ben non, pourquoi faire ? C' est crédible ça ? Et le jeune collabo vient par la suite régulièrement squatter dans cette famille, et un autre collabo vient y amener la mère de ce très cher Lucien pour qu'elle y voit son fils. C'est un poil étonnant quand on sait, petit détail sans guère d' importance visiblement, que la Gestapo française a pris part à la chasse aux juifs. La cohabitation juifs / Gestapo française: un nouveau concept ? On part dans le délire total, dans l'historiquement aberrant ! Louis Malle avait sans doute de bonnes intentions mais son sens de l' Histoire défie les lois de la gravité. C'est d' un ridicule achevé ...
Chef d'œuvre historique parce qu'il montre bien comme l'engagement dans la résistance ou dans la collaboration tenait beaucoup aux circonstances. La série "Un village français" va plus tard développer ce point de vue.
Louis Malle réalise avec Lacombe Lucien un film foutrement complexe et ambigu dont on retiendra la souffrance terrible qui y émerge ! Ce film fait mal, le désespoir dans lequel Lucien ( Pierre Blaise bluffant ! ) se vautre et s'enterre est extrêmement douloureux, le plaisir qu'il éprouve est quand à lui très violent ! Les rapports entres protagonistes sont tout aussi esquinté, les acteurs sont d'ailleurs des plus troublants et parfaits dans leurs composition. Tout ici prend à la gorge pour nous faire sentir et ressentir l'horreur ... Le tout sans véritable jugement, dans le décors et à la fois dans son envers, film bouleversant et majeur de son époque et de la notre.
En 1974, Louis Malle signe un film abordant un sujet généralement enfoui sous les décombres de la mémoire collective. Durant la Seconde Guerre mondiale, en pleine occupation allemande, un jeune paysan intègre la Gestapo française. Le réalisateur développe ainsi, sans véritable jugement de valeur, le quotidien de ces collaborateurs faisant tout autant preuve d’engagement idéologique que d’opportunisme crapuleux. Même si l’on peut reprocher la lenteur du récit, cela permet de développer le portrait psychologique de ces individus ayant la possibilité de jouer avec la vie d’autrui. Pierre Blaise (qui décédera tragiquement dans un accident de la route un an plus tard) interprète ce garçon niaiseux propulsé au statut de tyran malgré un fond généreux. Bref, une œuvre qui démontre parfaitement l’ambiguïté de la nature humaine.
L'ascension prétentieuse, perverse et naïve d'un porte flingue illettré à qui il suffit de fournir un costume de bonne coupe pour en faire l'instrument temporaire d'un dominant.
L’acharnement d'un personnage insensible, brutal et maladroit dont les persécutions irréflechies sont entretenus par une population éteinte par la peur.
L'éveil à la sensualité et aux délires d'un jeune age atténuent par instants l'inexpérience d'un adolescent grisé par la récupération d'un rapport de forces.
Pierre Blaise est effarant. Il n'est plus Pierre Blaise il est Lacombe Lucien.