Un western comme, malheureusement, on n'en fait plus. "Rio Bravo" était la perfection faite western. "Eldorado" n'est pas loin de cette perfection. Disons que ce film est, simplement, excellent !
Avec cette relecture de Rio Bravo, Howard Hawks met en scène un western assez prenant, malgré quelques longueurs, avec une bonne dose d'humour, porté par un casting solide.
Avant-dernier film de Howard Hawks, "El Dorado" (1967) orchestre une collaboration au sommet entre John Wayne et Robert Mitchum en même temps qu'il livre le premier rôle important de James Caan. L'ombre de "Rio Bravo" (1959) plane évidemment sur ce long-métrage tant au niveau des personnages (justicier, ami alcoolique, vieillard téméraire...) que du décor central. Pourtant il ne s'agit en aucun cas d'une redite. Le cinéaste complexifie et amplifie son intrigue, livrant de nombreux éléments nouveaux. "El Dorado" gagne ainsi un apport important de la comédie : le film regorge de répliques cultes ainsi que de situations comiques. C'est donc un nouveau film que nous regardons, extrêmement plaisant, comme une journée encore plus ensoleillée que la précédente. Il fallait toute la maestria de Hawks pour parvenir à se renouveler.
El Dorado est souvent considéré comme une variation autour de Rio Bravo (tout comme Rio Lobo qui fait que l’ensemble est généralement considéré comme une sorte de trilogie, les trois volets voyant d’ailleurs la présence de Leigh Brackett au scénario, celle d’Howard Hawks à la réalisation et celle de John Wayne à l’écran). Il ne faut toutefois pas le voir comme un remake bête et méchant. En effet, si les quatre personnages reprennent les mêmes archétypes principaux (John Wayne toujours en cowboy macho sans peur et sans reproche, Robert Mitchum remplaçant Dean Martin en alcoolique, James Caan reprenant le poste du jeune apprenti tenu autrefois par Ricky Nelson et Walter Brennan cède la place à Arthur Hunnicutt en vieillard amusant), l’histoire est très différente et plus complexe. Le tout est plus rythmé et possède plus d’action. De même, le ton est beaucoup plus humoristiquespoiler: (quitte à tomber dans un moment problématique vu d’aujourd’hui quand James Caan imite de manière très caricaturale un asiatique) et cela est illustré par une photographie de Harold Rosson plus lumineuse que celle de Russel Harlan. Ainsi, El Dorado n’ennuie à aucun instant et sa plus grande légèreté peut facilement le faire préférer à Rio Bravo.
Je n'avais pas revu ce film depuis tout petit, j'en gardais pas un bon souvenir parce que c'était un remake du film culte "Rio Bravo" signé par le même réalisateur qu'ici Howard Hawks et je me refusais de le revoir. Puis, il y a pas longtemps, je vois un classement sur internet qui révélait les 15 meilleurs Westerns US de tout les temps que "El Dorado" est classé 13 ème derrière "Rio Bravo", ça m'avait surpris, de quoi faire justice personnellement de le revoir à l'occasion,, chose faite à une diffusion à la télévision et je dois avouer que je donne raison à ce classement parce que j'ai pris beaucoup de plaisir a revisionner ce film en m'amusant un peu de la comparaison mais des personnages montrant plus leurs faiblesses que l'original, une mise en scène inspiré du producteur et réalisateur Howard Howard Hawks, un scénario plus façonné que "Rio Bravo". John Wayne trouve peut ètre là un des roles de sa carrière moins héroique que d'habitude vu que son personnage à une paralysie d'un coté du corps suite à une balle qui l'a blessé, Robert Mitchum remplace Dean Martin dans le role du shérif alcoolique plus fragile que son prédécesseur, James Caan révèle son talent au monde entier dans la peau de Mississipi plus des méchants qui ont de la gueule plus de jolies dames. Dans la vie, il faut toujours accorder une seconde chance et "El Dorado" est pour moi un remake hautement réussit qui vaut mème la stature de chef d'oeuvre.
Western magnifique réalisé sur la trame de « Rio Bravo » par le même Howard Hawks. Si l’histoire y ressemble beaucoup, si l’équipe de héros est très similaire, le film n’est pas pour autant un plagiat. Au moment où le western classique est remplacé par le western spaghetti, Hawks fait son baroud d’honneur – le suivant « Rio Lobo » sera inférieur – avec un réel chef d’œuvre, magnifiquement rythmé et mis en scène et où l’humanité des personnages est omniprésente. Et dont l’interprétation, autant des stars que des seconds rôles, est impressionnante. Tous ces hommes forts et ces femmes tout autant ont leurs faiblesses, leurs fantômes mais en tirent tous une force de vainqueur. Tous agissent dans la droiture, sans trop réfléchir au risque – mentalité de plus en plus rare –, comme le dit un des protagonistes : « Agissons avant de trop réfléchir ». Et sans jamais se départir d’un humour réussi. Un des derniers grands westerns américains de l’âge d’or.
Un très bon western signé Howard Hawks. Il met en scène John Wayne, Robert MItchum et un James Caan en début de carrière. John Wayne est un homme de main qui vient en aide à un ami shériff (Robert Mitchum) alcoolique qui doit affronter une bande de tueurs engagé par un riche propriétaire. John Wayne est parfait, tout en virilité et en force morale face à un Mitchum qui sait montrer les faiblesses d'un sheriff alcoolique. Hawks signe une belle mise en scène et le film est prenant. Un classique du western à voir ou revoir.
Howard Hawks semble vouloir terminer sa carrière tranquillement... Mais beaucoup pensent à tort que Hawks s'est tout bonnement reposé sur son chef d'oeuvre "Rio Bravo" pour en tirer une variation, mais si l'histoire est si similaire c'est d'abord une volonté de Hawks d'approfondir son exploration de l'archétype du genre. Si la trame semble très similaire il y a pourtant de nombreuses différences. Néanmoins ce film reste efficace et particulièrement solide même si, en 1966, ce genre de western n'est plus tellement à sa place (westerns crépusculaires et westerns spaghettis mènent déjà le bal !). Site : Selenie
John Wayne Robert Mitchum et les débuts de l'acteur James Caan, El Dorado est clairement un western des plus solides qui soit. Humour et scènes d'actions pertinente et prenante, dont un passage non-stop poursuite dans une les ruelles pour en arriver à une fusillade dans une église et enfin dans un bar. Mitchum en shérif qui se déchire la gueule sous l'alcool, la rare et belle actrice Michele Carey.
Depuis la fin des années 50, Howard Hawks comme ses collègues réalisateurs de l'âge d'or des studios sent que son heure est en train de passer, Hollywood devant répondre au goût des spectateurs en profonde évolution quant au traitement des thèmes abordés. Beaucoup ont choisi la retraite comme Ford, certains comme Billy Wilder peinent à monter leur projet, d'autres très rares comme Hitchcock font de la résistance. Depuis "Rio Bravo" son dernier succès public, Howard Hawks a subi trois échecs successifs avec "Hatari !" (1962), "Le sport favori de l'homme" (1964) et "Ligne rouge 7000" (1965). A 69 ans, il sait bien que dans une industrie qui oublie aussi vite qu'elle encense, les occasions de travailler vont désormais se faire rares pour lui. Un italien barbu est alors en train de réécrire les codes du western dans les sierras espagnoles avec l'aide d'un acteur américain de télévision (Clint Eastwood) en quête de notoriété. Déjà en 1958, "Le Gaucher" d'Arthur Penn avec Paul Newman avait proposé une vision ambigüe de la légende attachée au brigand Billy the kid. Incontestablement les héros de jadis comme les représentaient les Humphrey Bogart, John Wayne, Gary Cooper ou Kirk Douglas allaient bientôt définitivement tomber de leur piédestal. En réaction à cette remise en cause des valeurs viriles auxquelles il était viscéralement attaché, Howard Hawks décide de ne pas prendre le train en marche mais plutôt d'enfoncer le clou de ses convictions en demandant à John Wayne qui n'est jamais vraiment descendu de son cheval de l'accompagner dans une nouvelle aventure dont la trame ressemblerait en tout point à celle de "Rio Bravo" (1959). Le western traditionnel étant condamné à très brève échéance, Howard Hawks pense sans doute que c'est à lui et à John Wayne d'écrire peut-être le dernier chapitre de son histoire. Leigh Brackett qui était déjà de l'aventure de "Rio Bravo" est cette fois-ci seule en charge du scénario. Les mêmes ingrédients et quasiment les mêmes personnages sont convoqués à nouveau. A nouveau une prison assiégée, à nouveau un mercenaire au grand cœur (John Wayne inamovible) et un shérif devenu ivrogne (Robert Mitchum à la place de Dean Martin) accompagnés d'un vieux briscard (Arthur Hunnicutt à la place de Walter Brennan) et d'un jeune chien fou (James Caan à la place de Ricky Nelson). Tous rejoints par une superbe femme qui épouse leur cause (Charlene Holt et Michele Carey en lieu et place de la sublime Angie Dickinson). Nous sommes donc placés en territoire connu pour que rien ne manque à notre plaisir. Le pari est osé pour Hawks qui peut facilement donner raison à ceux qui pensent qu'il est fini et tout juste bon à radoter. Mais en changeant un peu l'entame du film pour ne pas tomber immédiatement dans le huis clos et en accentuant nettement l'aspect humoristique de cette aventure "entre copains", le vieux réalisateur réussit haut la main son pari qui est de faire retomber en enfance ceux qui dans leurs jeunes années ont rêvé de passer l'écran pour chevaucher à bride abattue aux côtés de Gary Cooper ou de John Wayne. Cette petite bande est constituée d'un mercenaire estropié et vieillissant, d'un shérif alcoolique bedonnant, d'un jeune cowboy ne sachant pas tirer et d'un vieillard édenté. Autant dire que la crédibilité du récit est à peu près nulle. Pourtant Hawks et sa bande d'acteurs prennent tellement de plaisir à être ensemble que l'on se laisse prendre au jeu sans problème, sûrs que John Wayne à la tête de l'opération, rien de grave ne peut arriver. Oserait-on encore faire des westerns de cette trempe aujourd'hui ? Trouverait-on des acteurs pour accepter de jouer avec l'innocence et l'application des enfants quand ils imitent leurs héros? Rien n'est moins sûr. Hawks a donc bien eu raison de se dépêcher de faire son film testament d'une époque désormais oubliée. Il tentera bien le coup à nouveau quatre ans plus tard avec "Rio Lobo" mais l'énergie avait quitté le vieil homme et John Wayne accusait cette fois le poids des ans et de la maladie.
Intrigue assez proche du précédent Rio Bravo, deux immenses têtes d'affiche et un James Caan en jeune loup plein de belles promesses: Howard Hawks jouait surtout sur les fondamentaux pour faire vivre cet El Dorado qui, s'il n'effacera pas son aîné (un peu trop copié malheureusement), gagne quand même à être connu du fait de sa complexité dans les relations entre les personnages et d'un dosage plutôt adroit entre action et drame, mâtiné de quelques pointes d'humour. Ça foisonne peut-être trop question personnages (difficulté à dégager un réel "méchant" dans l'histoire tant celle-ci focalise sur les faiblesses des héros), mais le spectacle est assuré pour un des derniers westerns à l'ancienne mode.
Bien que l’histoire diffère, quantité d’éléments de ce western proviennent directement du génialissime « Rio Bravo », réalisé 7 ans plus tôt. Howard Hanks s’en est d’ailleurs jamais caché et les personnages de John Wayne, Robert Mitchum, James Caan et Arthur Hunnicutt reprennent les caractéristiques de ceux tenus jadis par Wayne, Martin, Nelson, Brennan. Calqué de la sorte, l’intérêt de ce récit est quelque peu bafoué mais « El Dorado » n’en demeure pas moins une bonne variation.
Entre "Rio Bravo" et "El Dorado", mon coeur balance. Ces 2 films de Howard Hawks sont vraiment très similaires et ont chacun leurs qualités et leurs défauts. John Wayne (présent dans les 2) vient cette fois ci aider son ami et shérif Robert Mitchum, épaulé par un viel adjoint et un jeune cowboy contre Nelse McLeod et son commanditaire Bart Jason....avouez que les ressemblances sont flagrantes! Malgré tout, plus de scènes sont tournées en extérieur (principalement au début), ce qui "aère" un peu l'ensemble et l'humour est beaucoup moins "lourdeau". Au final, je ne peux que conseiller les 2 sans en privilégier un seul...car tous les ingrédients sont réunis pour un bon western.
Sur une variation du scénario de "Rio Bravo" qui ne prend pas vraiment la peine de cacher ses similitudes avec ce dernier, voici "El Dorado" dans lequel deux amis (l'un en proie à des paralysies temporaires depuis qu'il a une balle logée près de sa colonne vertébrale, l'autre devenu alcoolique) affrontent une horde de bandits pour protéger une famille. Leurs seuls alliés sont un gamin qui ne sait pas tirer et un vieil homme. Effectivement, ça paraît déjà vu mais le scénario est tout de même plus intelligent que ça et fait de cette variation un film divertissant, une histoire d'amitié virile comme Hawks les aime avec le sens de l'honneur et du sacrifice. Comme c'est très bien filmé et parfaitement interprété (John Wayne, Robert Mitchum mais aussi James Caan, au début de sa carrière), on se laisse prendre à l'histoire et on ne voit pas le temps passer. Un western comme on n'en fait plus.