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White Fingers
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4,0
Publiée le 29 janvier 2023
Les héros sont vieillissants… La première scène du film met en scène un Robert Mitchum un peu bedonnant et un John Wayne un peu au-delà de la force de l’âge. Le premier va sombrer dans l’alcool et le deuxième va se retrouver avec une AAH pour cause de balle qui lui touche la colonne vertébrale. Vous ajoutez un jeune inexpérimenté (James Caan) et un vieillard (Arthur Hunnicutt) et vous obtenez une superbe équipe de « bras-cassés » qui va s’interposer entre un méchant rancher ambitieux et sa bande de mercenaires qui veulent s’en prendre à un clan familial pour une histoire de point d’eau. L’intérêt principal du film réside dans les rapports entre les quatre principaux personnages : ça se taquine, ça plaisante, ça se chambre. On sent que qu’Howard Hawks aime ses personnages qui sont pétris de valeurs et de principes. La dernière image du film est sympathique et symbolique, John Wayne et Robert Mitchum marchant côte-côte avec chacun sa béquille. Un très beau film sur les rapports humains. Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1).
Pas du tout une simple redite de Rio Bravo, il y a une filiation évidente (et assumé de toute façon) c'est clair (en terme de personnages plus ou moins équivalent notamment), mais ce El Dorado s'en éloigne sur plein d'aspect.
C'est toujours superbement écrit que ce soit les personnages et leurs combats, évolutions, ou le fait qu'ils ne soit pas considérés comme des héros mais des types plein d'humanité et de sincérité, du fait qu'il soit d'autant plus imparfait et/ou vieillis, tous ayant quelque chose qui ne va pas, entre handicap (John Wayne), alcoolisme (Robert Mitchum) ou incapacité d'user du revolver (James Caan). Les dialogues ou la trame elle même du scénario (classique mais diablement efficace) ne sont pas laisser de côté niveau écriture.
Je viens aussi de remarquer que le traitement des femmes chez Howard Hawks est vraiment super et diffère des autres western de l'époque. Lui qui a exploré plusieurs genre auparavant, allant du western donc, à la comédie musicale avec Marylin Monroe.
Pour son avant dernier film Hawks réalise aussi plusieurs prises de vues et effets de mise en scène vraiment géniaux, créant une vraie tension dans les scènes d'actions (pour la plupart, car comment ne pas rire devant James Caan imitant un chinois dans l'assaut finale) bien plus nombreuse que dans Rio Bravo. C'est d'ailleurs là peut être la plus grosse différence avec le chef d'oeuvre d'Howard Hawks, l'intrigue prend presque le pas sur les personnages, en tout cas les deux cohabitent véritablement, là où les personnages mangaient l'histoire dans Rio Bravo.
Un des chefs-d'œuvre d'Howard Hawks. Le film est presque parfait. Seules une ou deux transparences datent le film, ainsi que sa chanson générique, tout aussi kitsch en version originale qu'en version française. Et peut-être une ou deux saillies pittoresques de Buggle - Arthur Hunnicutt - (même défaut avec Stumpy - Walter Brennan - dans Rio Bravo (1959) mais plus léger ici, pas aussi balourd que dans Rio Bravo). Cet El Dorado vieilli beaucoup mieux que Rio Bravo dont il est un remake, une re-fabrication. Sur les cadrages, l'influence de la télévision se fait sentir. Les cadrages dégagent beaucoup plus d'ampleur, d'espaces et de profondeur sur Rio Bravo. Ici, les cadrages donnent plus le sentiment d'un film en chambre (les scènes dans la prison, les séquences de nuit qui restreignent tout au premier plan). Les personnages sont parfaitement écrits et tiennent bien malgré l'âge du film. La relation John Wayne et Robert Mitchum, mais aussi la relation de John Wayne avec le love interest, Charlene Holt, sont parfaites et plus réussis quand dans Rio Bravo où John Wayne n'est pas à l'aise face à Angie Dickinson. Ici sa relation avec Charlene Holt traite les deux personnages à égalité. Dans Rio Bravo, les duos avec John Wayne sont des shows d'Angie Dickinson et John Wayne n'est que faire valoir. La jeune génération est ici représentée par James Caan, efficace et juste en contrepoint des personnages de John Wayne et de Robert Mitchum. Beaucoup plus développé que le Colorado de Ricky Nelson de Rio Bravo. Le méchant, Christopher George, est moins caricatural que dans Rio Bravo. Sa relation avec John Wayne / Cole Thornton est un exemple de courtoisie professionnelle, chère à Howard Hawks, comme le dit Nelse McLeod lui-même dans le film. Autre variante, c'est le personnage de Michele Carey, inexistant dans Rio Bravo, qui rend El Dorado plus intéressant, qui campe un personnage clé dans les arcs dramatique du film.
Un film sur l'amitié, c'est ce que je retiens d'El Dorado. Il n'y a pas d'or malgré le nom mais on y revient, un peu comme la maison bleue en haut de la colline … et Mitchum et Wayne sont assez drôles en éclopés alcooliques, coolitude assurée. Par contre si vous cherchez de l'action il faudra repasser, c'était comme ça en 66 à El Dorado.
Pas trop fana des westerns "à la John Wayne", j'ai trouvé ce film très sympa et amusant, surtout grâce à la belle prestation de James Caan. Beaucoup trouvent que Rio Bravo était plus réussi... à chacun ses goûts...
Avec cette relecture de Rio Bravo, Howard Hawks met en scène un western assez prenant, malgré quelques longueurs, avec une bonne dose d'humour, porté par un casting solide.
Cette relecture de Rio Bravo présente des variations par rapport au film originel qui manifestent le potentiel créatif d'Howard Hawks, capable de nuances qui mises bout à bout offrent une nouvelle œuvre à l'humour plus présent, au scénario plus ramifié et à la force féminine plus manifeste. Cependant, John Wayne devient un mercenaire sentimental dont les nouveaux adjuvants s'assimilent à des ersatz des précédents, jusque dans leurs surnoms (Mississippi remplaçant Colorado), même si les notions initiales d'individualisme fraternel et de défense de valeurs viriles sont évidemment conservées, emblématiques de l'esprit même du western, malgré une moindre recherche psychologique, la faute peut-être à l'absence de scènes d'amitié intime. Novateur dans la mise en scène d'un ocni entre reboot et suite, le réalisateur maintient sa maîtrise technique sans atteindre le charme de l'inégalable première mouture. Une curiosité divertissante néanmoins.
Sorti sept ans plus tard, El Dorado réécrit Rio Bravo en accentuant la fragilité de ses protagonistes principaux : soit un John Wayne cabossé que l’on fait tomber de cheval encore et encore, qui traîne la patte et souffre d’une paralysie partielle causée par une balle logée près de la colonne vertébrale ; un Robert Mitchum en shérif alcoolique qu’il faut ramener à la raison en lui jetant de l’eau au visage, en lui administrant une potion immonde composée d’épices et de poudre à canon ; un Arthur Hunnicutt en adjoint à ce point nostalgique des guerres contre les Indiens qu’il ne peut s’empêcher de décocher une flèche dans le dos d’un ennemi ; un James Caan enfin, jeune premier au chapeau fort laid qui ne sait pas tirer mais qui imite un Chinois à la perfection ! Voilà donc une équipe plus boiteuse que celle de Rio Bravo, et Howard Hawks la suit dans son quotidien mouvementé : il ménage ainsi quelques séquences d’action fort bien menées, notamment celle de l’église où la fusillade se transforme en concert de cloches, d’autant plus efficaces qu’elles cassent un rythme volontiers lent qui démythifie quelque peu l’imagerie épique et grandiloquence de l’Ouest dans les westerns. Nous percevons d’ailleurs l’influence de la comédie, genre de prédilection du cinéaste, dans l’écriture des dialogues et la direction d’acteurs : les répliques fusent, la répartie s’avère percutante et donne lieu à des échanges mémorables ; un comique de répétition s’installe en parallèle, comme lorsqu’il s’agit d’envoyer encore et encore Mississipi en éclaireur ou de consulter le shérif sur son « plan ». Howard Hawks n’a pas son pareil pour insuffler, dans un genre qui commence ailleurs à être parodié – Sergio Leone a tourné sa Trilogie du dollar – une âme bon enfant qui exploite le comique sans tomber dans la pochade : il confère ainsi à ses personnages une profondeur et une authenticité qui font chaud au cœur. Notons que la lutte entre les partis oppose les tenants d’une modernité violente et amorale d’une part, les défenseurs d’une tradition que John Wayne, chantre des valeurs conservatrices, rappelle ardument à ce shérif qui ne fait pas honneur à son insigne. Un grand film qui procure un vrai plaisir de spectateur.
Un western comme, malheureusement, on n'en fait plus. "Rio Bravo" était la perfection faite western. "Eldorado" n'est pas loin de cette perfection. Disons que ce film est, simplement, excellent !
Comment, bien entendu, ne pas penser à « Rio Bravo » en regardant « El Dorado » ? Même réalisateur, même tête d’affiche, mêmes enjeux, mêmes types de personnages, mêmes situations, même ton, même résolution, mêmes types de décors, etc., font qu’il est difficile de considérer ce film comme une simple variation du classique d’un western tourné à peine huit ans plus tôt. Sauf qu’en huit ans, le cinéma a changé : James Bond a déboulé sur les écrans, Sergio Leone a redéfini les codes du western et de nouvelles têtes d’affiche se font une place au soleil. Du coup, cette relecture de « Rio Bravo » s’apparente à un délicieux exercice de style. Howard Hawks, en fin de parcours, réalise un western à l’ancienne avec la star d’hier qui brille toujours, misant sur l’action et l’humour. Une sorte de « Rio Bravo » solaire, dénué du ton tragique de son modèle, fait simplement pour prolonger le plaisir d’un cinéma appelé à disparaitre. Parfaitement et volontairement codifié, « El Dorado » est un film positif où les gentils, même s’ils souffrent de quelques maux, triomphent des méchants, où les malentendus s’arrangent, où les amours sont possibles, où les amitiés sont plus fortes que les aléas de la vie. John Wayne est, bien sûr, totalement à l’aise dans son rôle d’éternel cow-boy au bon cœur, à côté d’un Robert Mitchum (parfait évidemment) capable de se refaire la cerise en 24 heures, d’un James Caan plus convaincant que Ricky Nelson, et des seconds rôles, peut-être moins aboutis que dans « Rio Bravo », mais cependant suffisants pour emballer le tout. Si « Rio Bravo » était un film d’auteur, « El Dorado » est un film de distraction où Hawks se contente de déclarer son amour à un certain cinéma qu’il a contribué à créer. Et ce cinéma-là, il faut bien l’avouer, malgré ces facilités parfois, on l’aime aussi.
Avant-dernier film de Howard Hawks, "El Dorado" (1967) orchestre une collaboration au sommet entre John Wayne et Robert Mitchum en même temps qu'il livre le premier rôle important de James Caan. L'ombre de "Rio Bravo" (1959) plane évidemment sur ce long-métrage tant au niveau des personnages (justicier, ami alcoolique, vieillard téméraire...) que du décor central. Pourtant il ne s'agit en aucun cas d'une redite. Le cinéaste complexifie et amplifie son intrigue, livrant de nombreux éléments nouveaux. "El Dorado" gagne ainsi un apport important de la comédie : le film regorge de répliques cultes ainsi que de situations comiques. C'est donc un nouveau film que nous regardons, extrêmement plaisant, comme une journée encore plus ensoleillée que la précédente. Il fallait toute la maestria de Hawks pour parvenir à se renouveler.
Un film pleins de qualités, mais par moments des trous d'air, surprenant. Le scénario ressemble trop à Rio bravo.,c'est dommage. Mais dans l'ensemble, on s'ennuie pas. Le duke égale à lui même, Robert Mitchum arrive à donner de lui même pour Howard Hawks. Pierre
Je n'avais pas revu ce film depuis tout petit, j'en gardais pas un bon souvenir parce que c'était un remake du film culte "Rio Bravo" signé par le même réalisateur qu'ici Howard Hawks et je me refusais de le revoir. Puis, il y a pas longtemps, je vois un classement sur internet qui révélait les 15 meilleurs Westerns US de tout les temps que "El Dorado" est classé 13 ème derrière "Rio Bravo", ça m'avait surpris, de quoi faire justice personnellement de le revoir à l'occasion,, chose faite à une diffusion à la télévision et je dois avouer que je donne raison à ce classement parce que j'ai pris beaucoup de plaisir a revisionner ce film en m'amusant un peu de la comparaison mais des personnages montrant plus leurs faiblesses que l'original, une mise en scène inspiré du producteur et réalisateur Howard Howard Hawks, un scénario plus façonné que "Rio Bravo". John Wayne trouve peut ètre là un des roles de sa carrière moins héroique que d'habitude vu que son personnage à une paralysie d'un coté du corps suite à une balle qui l'a blessé, Robert Mitchum remplace Dean Martin dans le role du shérif alcoolique plus fragile que son prédécesseur, James Caan révèle son talent au monde entier dans la peau de Mississipi plus des méchants qui ont de la gueule plus de jolies dames. Dans la vie, il faut toujours accorder une seconde chance et "El Dorado" est pour moi un remake hautement réussit qui vaut mème la stature de chef d'oeuvre.
Western magnifique réalisé sur la trame de « Rio Bravo » par le même Howard Hawks. Si l’histoire y ressemble beaucoup, si l’équipe de héros est très similaire, le film n’est pas pour autant un plagiat. Au moment où le western classique est remplacé par le western spaghetti, Hawks fait son baroud d’honneur – le suivant « Rio Lobo » sera inférieur – avec un réel chef d’œuvre, magnifiquement rythmé et mis en scène et où l’humanité des personnages est omniprésente. Et dont l’interprétation, autant des stars que des seconds rôles, est impressionnante. Tous ces hommes forts et ces femmes tout autant ont leurs faiblesses, leurs fantômes mais en tirent tous une force de vainqueur. Tous agissent dans la droiture, sans trop réfléchir au risque – mentalité de plus en plus rare –, comme le dit un des protagonistes : « Agissons avant de trop réfléchir ». Et sans jamais se départir d’un humour réussi. Un des derniers grands westerns américains de l’âge d’or.